Article de revue

Avant-Propos

Pages 5 à 6

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  • Ollivier-Trigalo, M.
(2012). Avant-Propos. Flux, 88(2), 5-6. https://doi.org/10.3917/flux.088.0005.

  • Ollivier-Trigalo, Marianne.
« Avant-Propos ». Flux, 2012/2 n° 88, 2012. p.5-6. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-flux1-2012-2-page-5?lang=fr.

  • OLLIVIER-TRIGALO, Marianne,
2012. Avant-Propos. Flux, 2012/2 n° 88, p.5-6. DOI : 10.3917/flux.088.0005. URL : https://shs.cairn.info/revue-flux1-2012-2-page-5?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/flux.088.0005


1Ce nouveau numéro de Flux est un varia qui démontre une nouvelle fois la vitalité et le renouvellement des questions de recherche suscitées par les réseaux techniques. Notamment, les quatre articles publiés dans cette nouvelle livraison montrent combien les réseaux techniques restent de bons décrypteurs des évolutions tant de nos sociétés que des manières de penser ces évolutions.

2Taoufik Souami s’attache à la pratique de la récupération et de l’utilisation de l’eau de pluie, qui reste un phénomène récent et de peu d’influence sur la gestion et la consommation d’eau liées aux réseaux classiques. Cependant, l’auteur s’interroge sur l’attention que suscite cette pratique tant du côté d’un programme de recherche sur la ville et l’environnement (CNRS et ministère de l’Écologie) que du côté de l’action publique territoriale (conseil régional de Poitou-Charentes). Son analyse montre que la manière de penser cette nouvelle pratique ainsi que la manière d’agir pour la gérer ou tout simplement la faire exister sont fortement dépendantes des acteurs qui dominent le modèle classique du monopole de gestion de l’eau et de l’assainissement et le font perdurer.

3Roland Canu et Franck Cochoy font appel à une approche par la photographie pour analyser ce que nous révèle « la logistique piétonne » – ce que transportent les piétons lorsqu’ils marchent dans la ville – sur l’évolution de la société de consommation. En s’appuyant sur un corpus important de photographies, courant du début du XXe siècle jusqu’à nos jours et réalisées sur trois sites à Toulouse, les auteurs parviennent ainsi à mettre en perspective une pratique qui semble ainsi avoir toujours existé avec les discours contemporains et les actions afférentes concernant la ville durable et le développement de la marche (généralement, considérée avec le vélo comme un mode « doux »). Les auteurs mettent en lumière combien la logistique piétonne est une pratique qui contribue d’une certaine manière à l’adaptation des personnes aux injonctions de la ville durable tout comme elles s’adaptaient aux conditions de vie urbaine par le passé. Ce faisant, ils nous conduisent à nous interroger sur les raisons pour lesquelles les recherches et les politiques dans le champ des mobilités ont assez largement négligé cette pratique.

4Benjamin Motte-Baumvol, Leslie Belton-Chevallier, Miriam Schoelzel et Guillaume Carrouet interrogent l’organisation de la livraison à domicile à l’aune de l’accessibilité aux denrées alimentaires pour des populations qui ont des difficultés de déplacements, pour diverses raisons dont habiter dans les espaces périurbains. Les auteurs se sont intéressés à la manière dont les offres de livraison à domicile sont gérées en périphérie de Dijon, que la livraison soit issue de la vente en ligne ou la conséquence d’un déplacement en magasin, qu’elle soit gérée directement par une grande surface ou par un autre opérateur. Leur analyse montre que les logiques économiques (coûts et rentabilité) conduisent les opérateurs de livraison à domicile, d’une certaine manière comme n’importe quel opérateur de transport, à privilégier les espaces densément peuplés. Ainsi, certaines attentes (technicistes ?) espérant que les nouvelles technologies de la communication (ici, les cybermarchés) viendraient compenser la dépendance des habitants du périurbain à l’automobile sont ici questionnées. Pour autant, les auteurs renvoient ce questionnement aussi aux modalités de régulation du secteur de la livraison à domicile.

5Adrien Gey développe l’idée de considérer la ville comme un objet technique, ou plus précisément comme « un méta objet technique », en revisitant la notion de sous-système technique urbain et en lui faisant passer l’épreuve de la désormais omniprésente « ville durable » dans la pensée urbaine. Par cette approche, l’auteur propose de filer la métaphore mécanique pour analyser comment la polyfonctionnalité des objets constituant un système urbain (logements, monuments, réseaux techniques, par exemple) pourrait répondre à la mise en œuvre de la notion de ville durable. Il passe ainsi en revue les réponses faites au concours du Grand Paris qui retiennent bien cette idée de polyfonctionnalité. Par cette approche, tout en mettant l’accent sur la vision partielle de la réalité urbaine qu’elle analyse, l’auteur nous invite à (re)prendre au sérieux la philosophie et l’anthropologie des techniques que la conception de la ville durable lui semble appeler.

6Deux rubriques complètent ce nouveau numéro de Flux. Dans un Portrait d’entreprise, Antoine Frémont poursuit la série consacrée aux opérateurs portuaires en faisant le récit de l’histoire d’A.P. MØLLER (anciennement Maersk) qui est le leader mondial du transport maritime (1er armement mondial pour les transports des conteneurs, notamment). Dans un Sens de l’événement, Ander Audikana rend compte de la disparition plus ou moins complète du programme de grande vitesse ferroviaire des débats des élections américaines, programme qui faisait partie du plan de relance économique de 2009 porté par le président Obama. Outre les ouvrages reçus, la revue des revues et le signalement de sommaires et d’articles, les Repères bibliographiques comptent trois notes de lecture.


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Date de mise en ligne : 05/11/2012

https://doi.org/10.3917/flux.088.0005