Donner la mort et agir selon la justice. La réception de Phinées des Maccabées aux premiers chrétiens
Pages 125 à 150
Citer cet article
- VAN DEN KERCHOVE, Anna,
- Van den Kerchove, Anna.
- Van den Kerchove, A.
https://doi.org/10.3917/etr.941.0125
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- Van den Kerchove, A.
- Van den Kerchove, Anna.
- VAN DEN KERCHOVE, Anna,
https://doi.org/10.3917/etr.941.0125
Notes
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[1]
Du côté français, le principal spécialiste est Jean Flori qui a consacré de nombreux ouvrages sur le sujet. Citons en particulier Jean F, L’idéologie du glaive. Préhistoire de la chevalerie, Genève, Droz, 1983 (20102) ; I., La première croisade. L’Occident chrétien contre l’islam, aux origines des idéologies occidentales 1095-1099, Paris, Éditions Complexe, 1992 ; I., La guerre sainte. La formation de l’idée de croisade dans l’Occident chrétien, Paris, Aubier, coll. « Historique », 2009.
-
[2]
Jean Flori, « L’Église et la Guerre Sainte : de la “Paix de Dieu” à la “croisade” », Annales 47 (1992), p. 453.
-
[3]
Amaury Levillayer, « Guerre “juste” et défense de la patrie dans l’Antiquité tardive », Revue de l’histoire des religions 3 (2010) [en ligne] : DOI : 10.4000/rhr.7619, § 1 (mis en ligne le 1er octobre 2013, consulté le 10 septembre 2018).
-
[4]
J. Flori, La guerre sainte, op. cit.
-
[5]
Voir en particulier Georges Kalantzis, Caesar and the Lamb : Early Christian Attitudes on War and Military Service, Eugene, Oreg., Cascade Books, 2012. Voir aussi Michel Hornus, Évangile et Labarum. Étude sur l’attitude du christianisme primitif devant les problèmes de l’État, de la guerre et de la violence, Genève, Labor et Fides, 1960 ; Roland H. Bainton, Christian Attitudes toward War and Peace : A Historical Survey and Criticial Re-Evaluation, Nashville, Abingdon Press, 1960.
-
[6]
Voir notamment Edward A. Ryan, « The Rejection of Military Service by the Early Christians », Theological Studies 13 (1952), p. 1-32.
-
[7]
Louis J. S, The Early Fathers on War and Military Service, Wilmington, Del., Michael Glazier, 1983. Pour un point de vue non polémique, voir James J. Megivern, « Early Christianity and military service », Perspectives in Religious Studies 12 (1985), p. 175-183 et Patrick G. Barber, « Christian views of military participation prior to the reign of Constantine », Restoration Quarterly 53 (2011), p. 101-112. Pour un apercu de la recherche en ce domaine : David G. Hunter, « A decade of research on early Christians and military service », Religious Studies Review 18 (1992), p. 87-94. Plusieurs auteurs se sont en particulier intéressés au concile d’Arles qui se tint en 314 et qui paraît constituer une rupture avec la période précédente ; parmi eux, André Méhat en propose une nouvelle interprétation qui met l’accent sur la continuité : André Méhat, « Le Concile d’Arles (314) et les Bagaudes », Revue des sciences religieuses 63 (1989), p. 47-70.
-
[8]
L. J. Swift, The Early Fathers on War, op. cit., p. 29 (« represents a major shift rather than a reversal in Christian thinking, a shift that was made possible by earlier ambiguities and disagreements concerning the use of coercion and made necessary by the altered political circumstances in which Christians now found themselves »).
-
[9]
Voir J. J. Megivern, « Early Christianity and military service », art. cit., p. 175-177 : l’auteur revient sur le caractère confessionnel de nombreux travaux antérieurs, avant d’annoncer que son étude se veut œcuménique. Voir également P. G. Barber, « Christian views of military participation prior to the reign of Constantine », art. cit., en particulier p. 112. Nous aurions une ambiguïté équivalente chez les juifs des premiers siècles : Emmanuel Friedheim, « La culture gréco-romaine et le milieu rabbinique ou la question de l’identité juive en Palestine romaine », Annuaire de l’École pratique des hautes études, Section des sciences religieuses. Résumé des conférences et travaux 124 (2017), en ligne : http://journals.openedition.org/asr/1599, § 2 (consulté le 3 août 2018).
-
[10]
A. Levillayer, « Guerre “juste” et défense de la patrie dans l’Antiquité tardive », art. cit., § 3.
-
[11]
J. J. Megivern, « Early Christianity and military service », art. cit., p. 111 ; P. G. Barber, « Christian views of military participation prior to the reign of Constantine », art. cit., p. 107, à propos des arguments avancés par Tertullien contre le service militaire. Voir aussi John Helgeland, « Christians in the Roman Army from Marcus Aurelius to Constantine », Aufstieg und Niedergang der römischen Welt II, 23 (1979), p. 724-834.
-
[12]
Pour les ive et ve siècles, la réception de Phinées par les penseurs chrétiens a déjà été bien étudiée : Martine Dulaey, « Histoire et doctrines du christianisme latin (Antiquité tardive) », Annuaire de l’École pratique des hautes études, Section des sciences religieuses. Résumé des conférences et travaux 117 (2010), en ligne : http ://journals.openedition.org/asr/829 (consulté le 3 juillet 2018) ; Marie-Odile Boulnois, « Un Dieu jaloux qui fait des émules. Interprétations patristiques d’Ex 20,5, Nb 25,11 et Dt 32,21 », in Hedwige Rouillard-Bonraisin (éd.), Jalousie des dieux, jalousie des hommes, Turnhout, Brepols, 2011, p. 249-276. Voir aussi Mark DelCogliano, « Phinehas the Zealot and the Cappadocians : Philo, Origen, and a Family Legacy of Anti-Eunomian Rhetoric », Annali di storia dell’esegesi 34 (2017), p. 107-123.
-
[13]
À compléter par les références suivantes : Louis Feldman, « The Portrayal of Phinehas by Philo, Pseudo-Philo, and Josephus », Jewish Quarterly Review 92 (2002), p. 315-345 ; David A. Bernat, « Josephus’s portrayal of Phinehas », Journal for the Study of the Pseudepigrapha 13 (2002), p. 137-149 ; Ryan S. Schellenberg, Timothy J. Geddert, « Phinehas and the Pharisees : Identity and Tolerance in Biblical Perspective », Direction 34 (2005), p. 170-180 ; Carolyn J. Sharp, « Phinehan Zeal and Rhetorical Strategy in 4QMMT », Revue de Qumran 18 (1997), p. 207-222 ; Claude Tassin, « Un grand prêtre idéal ? Traditions juives anciennes sur Pinhas », Revue des études juives 167 (2002), p. 1-22.
-
[14]
Cette histoire et ses conséquences (l’ordre de Dieu d’attaquer les Madianites, Nb 25,26-18) proviendraient d’un récit sacerdotal. Ce dernier aurait été ajouté au premier récit qui est relatif à l’incident de Baal de Péor et qui met en scène les filles de Moab. Voir Baruch A. Levine, Numbers 21-36. A new Translation with Introduction and Commentary, New York/Londres/Toronto/Sydney/Auckland, Doubleday, coll. « The Anchor Bible 4A », 2000, p. 279-303.
-
[15]
Aux versets 14 et 15, le nom de l’Israélite est donné : Zambri, fils de Salô, ainsi que celui de la Madianite : Khasbi, fille de Sour.
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[16]
La traduction est de Gilles Dorival, Nombres, Paris, Cerf, coll. « La Bible d’Alexandrie 4 », 1994.
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[17]
Notons que contrairement aux hommes d’Israël qui ont entretenu des relations avec les filles de Moab, dans le cas de l’Israélite tué par Phinées, il n’est pas question d’une attitude religieuse qui ferait l’objet d’une réprobation. Néanmoins, l’accent mis sur l’attitude sexuelle montre l’importance de celle-ci et peut en faire le symbole de tout détournement du culte de Dieu.
-
[18]
Sur cette histoire, voir notamment John J. Collins, « The zeal of Phinehas : the Bible and the Legitimation of Violence », Journal of Biblical Literature 122 (2003), p. 3-21, ici p. 12-13.
-
[19]
David Lincicum, « Philo on Phinehas and the Levites : Observing an Exegetical Connection », Bulletin for Biblical Research 21 (2011), p. 43-49, ici p. 45.
-
[20]
Sur cette domination, voir Simon C. Mimouni, Le Judaïsme ancien du VIe siècle avant notre ère au IIIe siècle de notre ère. Des prêtres aux rabbins, Paris, Presses universitaires de France, coll. « Nouvelle Clio », 2012, p. 289-306.
-
[21]
Ibid., p. 303.
-
[22]
Ibid., p. 324-328.
-
[23]
S. C. Mimouni relève que les causes de cette révolte sont actuellement toujours sujettes à caution – plutôt religieuses pour les uns, politiques pour les autres – et propose d’envisager que plusieurs partis aux opinions politico-religieuses divergentes entrent en conflit les uns avec les autres : voir ibid., p. 345-350, et pour la révolte : ibid., p. 332-344.
-
[24]
Étienne Nodet, La crise maccabéenne. Historiographie juive et traditions bibliques, Paris, Cerf, coll. « Josèphe et son temps 6 », 2005, p. 64. Sur la datation, voir aussi S. C. Mimouni, Le Judaïsme ancien du VIe siècle avant notre ère au IIIe siècle de notre ère, op. cit., p. 332-334.
-
[25]
1 M 2,54 (LXX). La traduction est nôtre.
-
[26]
Cet événement serait à dater de la fin de l’année 167 ou du début de l’année 166 avant l’ère commune. É. Nodet, La crise maccabéenne, op. cit., p. 159. Voir aussi André Dupont-Sommer, « Histoire ancienne de l’Orient », Annuaire de l’École pratique des hautes études. Section des sciences historiques et philologiques 102 (1970), p. 131-160, ici p. 133-134.
-
[27]
1 M 2,26 (LXX). La traduction est nôtre.
-
[28]
1 M 2,24 (LXX). La traduction est nôtre.
-
[29]
S. C. Mimouni, Le Judaïsme ancien du VIe siècle avant notre ère au IIIe siècle de notre ère, op. cit., p. 412.
-
[30]
Ibid., p. 441 ; Cl. Tassin, « Un grand prêtre idéal ? », art. cit.
-
[31]
William Reuben F, Maccabees, Zealots, and Josephus. An Inquiry into Jewish Nationalism in the Greco-Roman Period, New York, Columbia University Press, 1956, p. 177-178 (« capable of turning away the wrath of God from his disobedient people » et « redemptive instrument »).
-
[32]
S. C. Mimouni, Le Judaïsme ancien du VIe siècle avant notre ère au IIIe siècle de notre ère, op. cit., p. 700-704.
-
[33]
Ibid., p. 698.
-
[34]
P’A, De specialibus, I,54, trad. Suzanne Daniel, in I., De specialibus legibus I-II, Paris, Cerf, coll. « Œuvres de Philon d’Alexandrie 24 », 1975. Comme le fait remarquer D. Lincicum, « Philo on Phinehas and the Levites », art. cit., p. 44-45, à propos de la réécriture de cette histoire dans De vita Mosis, Philon met l’accent sur l’idolâtrie et n’évoque pas l’attitude sexuelle répréhensible. Il en va de même ici.
-
[35]
Philon d’Alexandrie, De specialibus, I,55.
-
[36]
Ibid.
-
[37]
Ibid., I,57.
-
[38]
Ibid. Philon s’appuie probablement sur Nb 25,15.
-
[39]
De vita Mosis, I,302 ; les sections 301-303 se présentent comme une réécriture de l’histoire de Phinées. Voir Philon d’Alexandrie, De vita Mosis, introduction, traduction et notes par Roger Arnaldez et al., Paris, Cerf, coll. « Œuvres de Philon d’Alexandrie 22 », 1967.
-
[40]
Ibid., I,295.
-
[41]
Il existe toutefois un débat à ce sujet ; voir D. Lincicum, « Philo on Phinehas and the Levites », art. cit., p. 43-44.
-
[42]
Voir S. C. Mimouni, Le Judaïsme ancien du VIe siècle avant notre ère au IIIe siècle de notre ère, op. cit., p. 698.
-
[43]
C’est en particulier le cas dans De confusione linguarum 57, De ebrietate 72-75 ou De specialibus legibus III,242.
-
[44]
Voir aussi D. A. Bernat, « Josephus’s portrayal of Phinehas », art. cit.
-
[45]
Il donne en effet de nombreux détails qui ne se trouvent pas dans le livre des Nombres, comme le plaidoyer de Zambrios (le Zambri des Nombres) contre Moïse (Antiquités juives, IV, § 145-149) et comme le nombre des morts : 14 000 sous sa plume (Antiquités juives, IV, § 155), alors qu’il est de 24 000 dans Nb.
-
[46]
Pour le texte et la traduction : Flavius Josèphe, Antiquités juives, texte établi, traduction et notes par Étienne Nodet, Paris, Cerf, coll. « Flavius Josèphe 2 », 20042 (1995).
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[47]
Antiquités juives, XII, § 270 ; sur les différences entre le récit de Josèphe et 1 M, voir É. Nodet, La crise maccabéenne, op. cit., p. 427. Lire aussi Flavius Josèphe, La Guerre des juifs, I,36.
-
[48]
A. Dupont-Sommer, « Histoire ancienne de l’Orient », art. cit., p. 145.
-
[49]
Paul pourrait se fonder sur des traditions différentes, dont Josèphe témoignerait lui aussi. Sur ce passage paulinien, voir Michel Quesnel, La Première épître aux Corinthiens, Paris, Cerf, coll. « Commentaire biblique : Nouveau Testament 7 », 2018, p. 225-232.
-
[50]
En ligne : http://www.biblindex.info/ (consulté le 10 mai 2018).
-
[51]
Thesaurus Linguae Graecae, en ligne : http://stephanus.tlg.uci.edu/ (consulté le 15 mai 2018). Library of Latin Texts, Series A, en ligne : http://clt.brepolis.net.janus.biu.sorbonne.fr/llta/pages/QuickSearch.aspx (consulté le 20 mai 2018).
-
[52]
M.-O. Boulnois, « Un Dieu jaloux qui fait des émules », art. cit., p. 250-256 pour le zèle de Dieu et p. 267 pour celui de Phinées.
-
[53]
Ibid., p. 251
-
[54]
Cette ambivalence n’est pas propre à l’époque antique. Elle a également été relevée par Chrystel B et Frédéric G (dir.), Critique du zèle. Fidélités et radicalités confessionnelles (France, XVIe-XVIIIe siècle), Paris, Beauchesne, coll. « Théologie historique 122 », 2013.
-
[55]
Ibid., p. 251-255, qui mentionne le Deuxième traité du Grand Seth, NH VII, 2, p. 64.18-25 et le Témoignage véritable, NH IX, 3, p. 48,4-5. Nous pouvons aussi ajouter le Livre des secrets de Jean, BG, p. 44.13-18.
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[56]
M.-O. Boulnois, « Un Dieu jaloux qui fait des émules », art. cit., p. 267.
-
[57]
En particulier, il n’y a aucune mention de Phinées dans les écrits coptes de Nag Hammadi. La première mention de Phinées par un polémiste grec se trouverait sous la plume de Julien l’empereur, frag. 33 et 36 : voir ibid., p. 268-269.
-
[58]
Il suffit de lire plusieurs apologies écrites au iie siècle : leurs auteurs, tout en défendant leurs pratiques et leurs croyances et tout en critiquant celles des polythéistes, souhaitent montrer combien ils sont de bons citoyens, loyaux à l’Empire et à l’empereur. Voir Justin, Apologie, ou Athénagore, Supplique au sujet des chrétiens.
-
[59]
C’A, Stromate III 32 ; T, Scorpiaque III et De pudicitate VI, 13.
-
[60]
Origène, Commentaire sur Jean, VI, 83 et XX, 220 ; homélies sur Nb 15, 20 et 25 ; homélies sur Gn 16 ; homélie sur (1 et 2) Rois et dans quelques fragments. Cyrpien de Carthage, Lettre 73 à Julianus. Il faut y ajouter quelques fragments attribués à Hippolyte de Rome.
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[61]
Voir L. J. Swift, The Early Fathers on War, op. cit. ; Stephen Gero, « Miles gloriosus : the Christian and Military Service According to Tertullian », Church History 39 (1970), p. 285-398 ; J. J. Megivern, « Early Christianity and military service », art. cit., p. 174 ; J. Helgeland, « Christians in the Roman Army », art. cit., p. 735-744, où l’auteur débute son enquête par Tertullien.
-
[62]
Voir en particulier la Passion de Perpétue et Félicité, X, 7-11.
-
[63]
S. Gero, « Miles gloriosus : the Christian and Military Service According to Tertullian », art. cit.
-
[64]
M.-O. Boulnois, « Un Dieu jaloux qui fait des émules », art. cit., p. 268-270, avec un intérêt accordé essentiellement à Julien et Cyrille. Compléter avec M. DelCogliano, « Phinehas the Zealot and the Cappadocians », art. cit., qui ne semble pas connaître l’article de M.-O. Boulnois.
-
[65]
M. Dulaey, « Histoire et doctrines du christianisme latin », art. cit. Pour une étude de l’ensemble des représentations de la catacombe, voir Liselotte Kötzsche-Breitenbruch, Die Neue Katakombe an der Via Latina in Rom. Untersuchungen zur Ikonographie der Alttestamentlichen Wandmalereien, Munich, Aschendorffsche Verlag, coll. « Jahrbuch für Antike und Christentum Ergänzungsband 4 », 1976.
-
[66]
Clément et Tertullien notamment ne sont pas étudiés par M.-O. Boulnois, « Un Dieu jaloux qui fait des émules », art. cit., ni par M. DelCogliano, « Phinehas the Zealot and the Cappadocians », art. cit.
-
[67]
Annewies H, Clement of Alexandria and his Use of Philo in the Stromateis. An Early Christian reshaping of a Jewish Model, Leyde/New York/Copenhague/Cologne, Brill, 1988, p. 73, montre le lien que Clément établit entre la loi et l’éducation à la vertu.
-
[68]
Stromate, III, IV, 31-32. La traduction est nôtre.
-
[69]
A. van den Hoek, Clement of Alexandria and his Use of Philo in the Stromateis, op. cit.
-
[70]
Nous avons vu qu’une idée équivalente était déjà présente sous la plume de Philon, supra p. 132.
-
[71]
Voir supra p. 133.
-
[72]
Dans ses commentaires de Tertullien, De pudicitate, t. II, Paris, Cerf, coll. « Sources chrétiennes 395 », 1993, p. 337, Claudio Micaelli considère en effet que Tertullien avait une connaissance directe du livre des Nombres. Néanmoins, cela n’empêche pas que Tertullien ait pu être plus particulièrement intéressé par cette information suite à sa lecture de Paul, qu’il cite souvent.
-
[73]
La traduction est nôtre.
-
[74]
Philon d’Alexandrie, De vita Mosis I,303 ; voir D. Lincicum, « Philo on Phinehas and the Levites », art. cit., p. 46.
-
[75]
Peter N, Penser la tolérance durant l’Antiquité tardive, Paris, Cerf, coll. « Les conférences de l’École Pratique 294 », 2018, p. 65-91.
-
[76]
Claudio Micaelli, « Introduction », in Tertullien, De pudicitate, t. I, texte critique et traduction de Charles Munier, Paris, Cerf, coll. « Sources chrétiennes 394 », 1993, p. 13.
-
[77]
Tertullien, De pudicitate, t. I, op. cit., VI, 12-13.
-
[78]
Voir supra n. 58.
-
[79]
Homélie 20, 5,1, dont il sera question plus loin.
-
[80]
Il est difficile d’être plus précis.
-
[81]
Cicéron, De optimo genere oratorum, 14. Voir Marguerite Harl, Gilles Dorival, Alain Le Boulluec, « Introduction », in Origène, Traité des principes (Peri Archôn), introduction et traduction par Marguerite Harl, Gilles Dorival et Alain Le Boulluec, Paris, Études augustiniennes, 1976, p. 14.
-
[82]
Le contexte est celui d’une controverse qui se développe autour d’Origène et de ses idées, notamment à la suite d’allégations d’Épiphane de Salamine dans son Panarion. Voir les préfaces que Rufin a écrites pour sa traduction du Peri Archôn : Marguerite Harl, Gilles Dorival, Alain Le Boulluec, « Dossier annexe – Rufin d’Aquilée », in Origène, Traité des principes, op. cit., p. 270-273.
-
[83]
Ici, homélie 15, 2,1, Rufin introduit une glose pour expliquer son néologisme supermaledico qui permet de traduire le grec ἐπικαταρῶμαι, ce que ne faisaient pas, selon lui, les traductions latines antérieures de la LXX.
-
[84]
Scandalus : homélie 15, 2,2. Origène explique en quoi consiste le scandale dans l’homélie 25.
-
[85]
Homélie 15, 2,2 ; traduction de Louis Doutreleau, in Origène, Homélies sur les Nombres, t. II : Homélies XI-XIX, nouvelle éd. par Louis Doutreleau, Paris, Cerf, coll. « Sources chrétiennes 442 », 1999.
-
[86]
Homélie 20, 5,1 ; traduction de Louis Doutreleau, in Origène, Homélies sur les Nombres, t. III : Homélies XX-XXVIII, nouvelle éd. par Louis Doutreleau, Paris, Cerf, coll. « Sources chrétiennes 461 », 2001.
-
[87]
Au début de l’homélie 20, 1,1, Origène annonce aussi vouloir parler du recensement du peuple (Nb 26). Finalement, il n’a pas le temps de le faire dans l’homélie 20 ; celle-ci est ainsi entièrement consacrée au thème de la fornication. Il aborde le thème du recensement dans l’homélie 21.
-
[88]
Origène a déjà évoqué ce conseil dans l’homélie 15.
-
[89]
Ce lien a déjà été fait dans l’homélie 15 et également dans les œuvres de ses prédécesseurs, Philon, mais aussi Tertullien.
-
[90]
Il s’agit là probablement d’une idée qu’il reprend de Philon, De vita Mosis I,294-295.
-
[91]
M. DelCogliano, « Phinehas the Zealot and the Cappadocians », art. cit., p. 111-112, rappelle que dans cette homélie Origène s’approprie et réoriente l’interprétation de Philon.
-
[92]
Ce que l’on avait déjà lu sous la plume de Tertullien, quand il parle de fornication du corps et de fornication de l’esprit.
-
[93]
Cette édification correspondrait à la première façon de comprendre les Écritures dont Origène parle dans son Traité des principes, œuvre qui a probablement été composée à la fin des années 220 ou au début des années 230, soit avant les homélies sur le livre des Nombres. Voir Traité des principes IV, 2,4 : « Pour que les plus simples soient édifiés par ce qu’on peut appeler le corps même des Écritures, si l’on peut dire – nous appelons ainsi l’intelligence ordinaire et historique », traduction d’Henri Crouzel, in Origène, Traité des principes, t. III, Livres III et IV, texte grec et traduction d’Henri Crouzel et Manlio Simonetti, Paris, Cerf, coll. « Sources chrétiennes 268 », 1980.
-
[94]
Cette étape pourrait correspondre à la deuxième façon de comprendre les Écritures dont Origène parle dans son Traité des principes, IV, 2,4 : « Pour que ceux qui ont un peu commencé à progresser et peuvent en saisir quelque chose de plus, soient édifiés par l’âme de l’Écriture elle-même », traduction d’Henri Crouzel, in Origène, Traité des principes, t. III, op. cit.
-
[95]
Philon comparaît lui aussi l’homme qui a été transpercé à « toute réflexion qui accompagne l’opinion attribuant à des natures passives ce qui revient à Dieu », dans De ebrietate 73, traduction de Jean Gorez, in Philon d’Alexandrie, De confusione linguarum – De ebrietate, texte grec et traduction de Jean Gorez, Paris, Cerf, coll. « Œuvres de Philon 11-12 », 1962.
-
[96]
Lire en particulier Philon d’Alexandrie, De ebrietate 73 : la sonde, siromastes, est comparée à ce qui permet d’explorer et de chercher « les secrets de la création périssable », traduction de Jean Gorez, in Philon d’Alexandrie, De confusione linguarum, op. cit.
-
[97]
Origène, Commentaire sur Jean, livre VI, § 83, à propos de Jn 1,21. Voir M. DelCogliano, « Phinehas the Zealot and the Cappadocians », art. cit., p. 110 et aussi la note de Cécile Blanc, dans Origène, Commentaire sur s. Jean, t. II (livres VI et X), texte grec, avant-propos, traduction et notes par Cécile Blanc, Paris, Cerf, coll. « Sources chrétiennes 157 », 1970, p. 188-190, n. 2.
-
[98]
Origène, Commentaire sur Jean, livre XX, § 220, traduction de Cécile Blanc, dans Origène, Commentaire sur s. Jean, t. IV (livres XIX et XX), texte grec, avant-propos, traduction et notes par Cécile Blanc, Paris, Cerf, coll. « Sources chrétiennes 290 », 1982, p. 188-190, n. 2.
-
[99]
Philon d’Alexandrie, De ebrietate 74 : « Ne serait-ce pas un assassin (ἀνδροφόνος) au jugement de la plupart des hommes, qui sont prisonniers des coutumes à la manière des femmes ? Mais devant Dieu, souverain et Père, il sera jugé digne d’innombrables éloges et louanges, de récompenses inaliénables, récompenses immenses et fraternellement associées, paix et sacerdoce. » Traduction de Jean Gorez, in Philon d’Alexandrie, De confusione linguarum, op. cit.
-
[100]
Comparer le texte d’Origène dans son Commentaire sur Jean et ce que dit Philon dans De ebrietate 74, cité note n. 97.
-
[101]
Cyprien, Lettre 73, X, 1-2 : « C’est le devoir d’un bon soldat de défendre contre les rebelles et les ennemis le camp de son général. C’est la gloire d’un chef de garder les enseignes qu’on lui a confiées. Il est écrit : “Le Seigneur ton Dieu est un Dieu jaloux”. Nous qui avons reçu l’Esprit de Dieu, nous devons avoir le soin jaloux de la foi divine. C’est par ce zèle que Phinées plut à Dieu et l’apaisa, lorsque dans sa colère, il faisait périr son peuple. Pourquoi tiendrions-nous compte de ce qui est adultère, étranger, ennemi de la divine Unité, nous qui ne connaissons qu’un Christ, et qu’une Église, la sienne ? » (traduction dans M.-O. Boulnois, « Un Dieu jaloux qui fait des émules », art. cit., p. 267, n. 73). Il s’agit de la seule et unique mention de l’histoire de Phinées sous la plume de Cyprien.
-
[102]
P. van Nuffelen, Penser la tolérance, op. cit., en particulier p. 93-151.
Des chercheurs ont régulièrement opposé ce qu’ils considéraient être le pacifisme des premiers chrétiens au discours guerrier des chrétiens des siècles ultérieurs, situant la rupture au ive siècle, notamment avec Ambroise et surtout Augustin. Dans l’étude qui suit, Anna Van den Kerchove revient sur cette rupture en abordant la manière dont est considéré le fait de donner la mort, élément sous-jacent à l’acceptation ou non de la guerre. Pour cela, elle s’intéresse à la réception par les premiers chrétiens de l’histoire de Phinées racontée dans Nombres 25. Remettant ce discours en perspective, l’auteure revient à la fois sur les Maccabées et Philon, qui portent un regard positif sur Phinées, également sur Josèphe, plus circonspect, et examine les écrits chrétiens qui, longtemps silencieux, conditionnent durablement la lecture de l’histoire de Phinées.
Researchers have regularly compared what they considered the pacifism of the first Christians to the war rhetoric of later Christians, e.g. in the ivth century with Ambrose and above all Augustine. In the following study, Anna Van den Kerchove revisits this rupture treating the subject of death, causing death, which is the underlying element to accepting war or not. For that she looks at the reception of Phinehas by the first Christians in history, as related in Numbers 25. Putting this speech in perspective, the author writes of the Maccabees and Philo, having a positive attitude to Phinehas, also on Josephus, more circumspect, and examines Christian writings, long silent, now conditioning the reading of the story of Phinehas.