Article de revue

Valorisation des archives audiovisuelles à la bibliothèque nationale d’Algérie

Note de synthèse du projet

Pages 203 à 206

Citer cet article


  • Ould-Braham, O.
(2014). Valorisation des archives audiovisuelles à la bibliothèque nationale d’Algérie Note de synthèse du projet. Études et Documents Berbères, 33(1), 203-206. https://doi.org/10.3917/edb.033.0203.

  • Ould-Braham, Ouahmi.
« Valorisation des archives audiovisuelles à la bibliothèque nationale d’Algérie : Note de synthèse du projet ». Études et Documents Berbères, 2014/1 N° 33, 2014. p.203-206. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-etudes-et-documents-berberes-2014-1-page-203?lang=fr.

  • OULD-BRAHAM, Ouahmi,
2014. Valorisation des archives audiovisuelles à la bibliothèque nationale d’Algérie Note de synthèse du projet. Études et Documents Berbères, 2014/1 N° 33, p.203-206. DOI : 10.3917/edb.033.0203. URL : https://shs.cairn.info/revue-etudes-et-documents-berberes-2014-1-page-203?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/edb.033.0203


Notes

  • [1]
    Le projet a fait l’objet d’un cahier du charge à l’intention des autorités compétentes.
  • [2]
    Ce qui s’impose sera l’inscription à un chapitre du budget de l’État d’une action pour la sauvegarde du patrimoine audiovisuel national. Il ne faudrait pas exclure la recherche de fonds complémentaires au niveau du Nord dans le cadre du développement et d’un éventuel transfert de compétences et de technologie (UNESCO, Union européenne, AUF, INA...).

1Ces dernières années, l’activité archivistique est en plein essor du fait de l’intérêt grandissant que suscitent les documents audiovisuels en tant que partie intégrante du patrimoine et de la mémoire culturelle. Partout dans le monde, et l’Algérie n’est pas en reste, la question de la préservation de ces archives et leur valorisation est à l’ordre du jour, eu égard aux prodigieuses avancées en matière de technologies de l’information.

2En effet, le développement des outils de traitement et de conservation des archives offre une opportunité sans précédent pour la transmission de ce patrimoine, bien que se posent des questions cruciales essentiellement d’ordre juridique et culturel. La place de choix qu’occupent ces archives audiovisuelles se traduit par la mise en œuvre de programmes spécifiques, où l’usage du numérique est privilégié, pour assurer la pérennité des ressources du patrimoine dans un cadre juridique adéquat et en favorisant les bonnes pratiques.

I. Justification du projet

3Le projet de sauvegarde, de préservation, de numérisation et de valorisation du fonds d’archives de la BN, ainsi que les fonds que des partenaires institutionnels qui auraient confiés pour des besoins de conservation, trouve tout son sens, à la fois, dans un devoir de mémoire et dans une obligation de sauvegarde du patrimoine audiovisuel algérien, le plus ancien, détenu par les institutions culturelles du pays et dont l’établissement en a de droit la responsabilité de lui donner une seconde vie.

4Sauvegarder le patrimoine audiovisuel est une préoccupation majeure pour des instances internationales, comme l’Unesco par exemple, et ce depuis des décennies, qui ne cessaient d’inviter, à travers leurs nombreux appels, ces institutions à la nécessité et à l’urgence d’initier une bonne politique de conservation des patrimoines audiovisuels.

5Comme la menace qui pèse sur la durabilité de ce patrimoine est à prendre au sérieux, il s’agira de mettre en œuvre un projet permettant de rassembler en un fonds unique tous les documents audiovisuels, aussi bien sonores qu’audiovisuels et quel qu’en soit le support de conservation. Un système de recherche devra être élaboré suivant les meilleurs protocoles de l’informatisation du fonds.

6Cette sauvegarde des informations véhiculées par les divers supports réunis dans un fonds général donnera indubitablement du sens à cette action et cela permettra d’avoir une vision ultérieure d’exploitation claire en parfaite adéquation avec le volet organisationnel des archives.

7Bien sûr, le projet s’avérera coûteux mais il s’agit ici d’un investissement stratégique qui donnera lieu dans l’avenir à des retombées intéressantes à plus d’un titre. En consentant des efforts pour instaurer un système de conservation adéquat qui en assurera la pérennité est une œuvre utile qui, plus est, revêt un intérêt historique évident. Ce patrimoine audiovisuel qui est un patrimoine historique vivant, il est temps de le sauver des pertes irrémédiables.

II. Objectifs

8Essentiellement, les objectifs généraux projet sont :

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  1. D’exercer pleinement, au plan national, son rôle de leadership en matière de documentation photographique, sonore et audiovisuelle.
  2. D’assurer la sauvegarde du patrimoine audiovisuel national par le traitement du fonds détenu par l’établissement et par le suivi des autres fonds appartenant à d’autres institutions. Ceci passerait par la centralisation des archives en un dépôt unique.
  3. D’assurer la restauration, la conservation et la numérisation du patrimoine audiovisuel de la nation.
  4. De valoriser lesdites archives à des fins éducatives, scientifiques et culturelles pour les professionnels des médias, les chercheurs, les historiens, les étudiants algériens et étrangers.
  5. D’exploiter ce fonds à travers d’autres supports tels que l’Internet et la vidéo à la demande.
  6. Et au besoin de le commercialiser, ce qui représente à la fois une richesse culturelle et une source de revenues inestimables pour la BN d’Algérie.

10Les objectifs spécifiques, quant à eux, concernent des actions qui sont au fait des éléments en lien avec la chaîne documentaire dans son ensemble. Il s’agira :

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  1. De recenser tous les documents des divers fonds existants, d’abord, à la BN et, ensuite, dans différentes structures de service public. Ce recensement des supports est indispensable pour une estimation à sa juste valeur de l’existant et des infrastructures adéquates pour la conservation.
  2. De mener une opération similaire sur des fonds appartenant à des particuliers.
  3. Mener des opérations de conservation curative et préventive du patrimoine audiovisuel national par la restauration des documents et l’amélioration des conditions d’entreposage des collections.
  4. De classer les documents ainsi collectés. Ceci, afin de faciliter le repérage et leur utilisation ultérieure.
  5. De sauvegarder les documents en faisant migrer des informations vers des supports contemporains.
  6. De faciliter l’exploitation de ces documents à travers un fichier informatique optimisé répondant aux besoins des utilisateurs. Ceci en faisant l’usage de logiciels dédiés.
  7. Indexer les contenus, les annoter et les enrichir par des métadonnées.
  8. Améliorer les compétences techniques et technologiques des personnels du service audiovisuel de la BN.

III. Résultats attendus

12Le projet, une fois réalisé, ambitionnera d’atteindre les résultats suivants :

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  • Assurer la sauvegarde, la conservation dans de meilleures conditions.
  • Mettre en valeur le patrimoine audiovisuel de la BN.
  • Rendre accessible et exploitable le fonds d’archives audiovisuelles pour les besoins des médias, de plus en plus nombreux, tant dans le secteur public que le secteur privé, mais aussi pour le besoin de l’éducation et de la recherche académique.
  • Reconstituer l’histoire politique, économique, culturelle, sportive de l’Algérie en son et en image.
  • A terme, la mise sur un site des ressources patrimoniales, dans le volet audiovisuel, du pays.

IV. Mise en œuvre du projet

14Il s’agit ici d’un projet structurant et ambitieux aussi bien dans ses objectifs que dans sa mise en œuvre. Mais on peut en réduire les coûts qui, au départ, peuvent paraître faramineux ; pour y arriver, il conviendra de mobiliser les ressources nécessaires qu’elles soient humaines, matérielles ou financières. Tout d’abord, il faudra faire l’inventaire exhaustif des ressources disponibles afin de détecter l’effort complémentaire à consentir.

15La BN dispose actuellement des ressources humaines (documentalistes, documentalistes audiovisuels, informaticiens) mais ce qui s’impose est le recrutement de nouveaux professionnels (même à titre temporaire) ainsi que la formation du personnel actuellement en poste.

16Il y aura lieu ensuite de mettre en place une politique de collecte de ressources et de commencer à procéder à un traitement rigoureux aux recettes disponibles au sein de l’établissement (fonds audiovisuels). Pour le financement, il est nécessaire de saisir la tutelle pour que celui-ci soit conséquent et pluriannuel [2].

V. Chronogramme

17Nous proposons que ce projet soit étalé sur une durée de trois ans, renouvelable une seule fois.

18Le détail du chronogramme se trouve dans un document plus complet (rapport Projet audiovisuel, pp. 11 et 12).

VI. Actions à entreprendre

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  • Centraliser toutes les archives tous supports confondus.
  • Acquisition d’équipements de contrôle, de traitement, et de sauvegarde.
  • Mise en place d’une politique d’archivage bien élaborée.
  • Établissement d’un plan de sauvegarde du patrimoine audiovisuel algérien : inventaire exhaustif du fonds, avec indications techniques et descriptives des productions (titre, durée, personnalités, date, nombre de supports par sujet, etc.).
  • Mise sur pied d’une chaîne de traitement documentaire appuyée par un logiciel dédié (étiquetage, indexation, gravure et recherche) ; elle s’étalera sur plusieurs années en prenant en compte aussi bien le fonds ancien que les productions journalières. Pour ce faire, il sera nécessaire que la BN puisse disposer d’un Intranet.
  • Mise en place d’un système d’exploitation à caractère commercial des archives eu égard à la demande croissante par des privés.
  • Instaurer un circuit officiel de commercialisation des archives. Ce qui revêt un double intérêt : (1) ce sera un moyen de lutter contre la vente frauduleuse et le vol des archives (ce qui est souvent la source de disparition de nombres de documents) par des personnes indélicates, en les décourager de cette manière ; (2) l’utilisation du circuit pourra générer des revenus destinés pour la maintenance de la qualité du fonds et sa pérennité.
  • Octroi de bourses pour la formation du personnel professionnel comme non professionnel engagés. Car c’est de la formation et de la transmission des compétences et des savoir-faire dont dépend la qualité du travail.
  • La phase de transfert et de numérisation du fonds documentaire existant nécessitera plus de temps et doit être inévitablement accompagnée de moyens humains et d’une dotation en matériels techniques supplémentaires.

20Paris, le 25 mai 2014.


Date de mise en ligne : 02/02/2020

https://doi.org/10.3917/edb.033.0203