Algérianité et spécificité chez Slimane Azem à travers la chanson lful D ibawen : l’art de dire la même chose autrement, et en prendre ombrage
Pages 49 à 55
Citer cet article
- DOURARI, Abderrezak,
- Dourari, Abderrezak.
- Dourari, A.
https://doi.org/10.3917/edb.032.0049
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Notes
-
[*]
Conformément au vœu de l’auteur, la Rédaction n’est guère intervenue dans la transcription des parties berbères de cette contribution.
-
[1]
Ici « algérien » ne s’oppose pas à « non algérien », mais signale seulement le degré de diffusion de la langue arabe algérienne qui est aussi maghrébine, et est, de ce fait, une langue véhiculaire pour les berbérophones et les arabophones dans tout le Maghreb avec quelques variations qui n’empêchent pas l’intercompréhension.
-
[2]
La rédaction a respecté les transcriptions de l’auteur pour les énoncés berbères.
-
[3]
Mhenna Mahfoufi, « La chanson kabyle en immigration : une rétrospective », in Hommes et migrations. Les Kabyles. De l’Algérie à la France, no 1179, septembre 1994, pp. 32-39.
-
[4]
Youcef Nacib, Slimane Azem, le poète, Alger, Zyriab, 2002, 713 p.
-
[5]
C’est notre traduction.
-
[6]
Abderrezak Dourari (sous la direction de Daniel Reig), Dialogue entre le Maghreb et le Machreq, le discours idéologique arabe contemporain, thèse de doctorat de l’université de la Sorbonne : études arabes et orientales, 1993, 465 p. Abderrezak Dourari, « Le concept de savoir colonial dans les études postcoloniales contemporaines », communication au colloque international Bencheneb Mohammed, centenaire de l’université d’Alger, du 15-18 décembre 2009. En cours de publication. On sait aussi la thèse de Malika Hachid sur les premiers Berbères.
-
[7]
En 2010, la presse algérienne privée a publié des échanges très vifs à propos de la berbérité du Maghreb avec en toile de fond le match Algérie-Égypte, entre d’un côté Lahouari Addi (sociologue), Yacine Temlali (journaliste bilingue), Kamel Daoud (universitaire et journaliste), Mustapha Benfodil (journaliste, reporter et romancier), et Mohammed Abbou (ancien ministre de la Culture), et de l’autre Djamel Labidi (universitaire) et Othmane Saadi (ex ambassadeur d’Algérie en Syrie), arabistes connus comme négateurs de la berbérité du Maghreb. Le Quotidien d’Oran, quotidien national d’information (en français), 7 janvier 2010.
-
[8]
Sur la fonction de reconnaissance, voir l’ouvrage de Jacques Lacan, Écrits I, Paris, Seuil, 1966, p. 182 : « Mais si j’appelle celui à qui je parle, par le nom quel qu’il soit que je lui donne, je lui intime la fonction subjective qu’il reprendra pour me répondre, même si c’est pour la répudier. Dès lors apparaît la fonction décisive de ma propre réponse et qui n’est pas seulement... d’être reçue par le sujet comme approbation ou rejet de son discours, mais vraiment pour le reconnaître ou l’abolir comme sujet ».
-
[9]
Abderrezak Dourari, « Les élites face au plurilinguisme et à l’équation identitaire en Algérie : entre histoire, vécu et représentation idéologique de soi », colloque sur « La toponymie : Savoir et mémoire », Alger, CNRPAH, 21-24 avril 2001.
1Slimane Azem, à l’instar d’El Hasnaoui, Allaoua Zerrouki, Akli Yahiatene, ou Salah Sadaoui, fut un des chanteurs kabylophones à avoir chanté en kabyle mais aussi en arabe algérien (ci-après algérien [1]), tous conscients de la diversité linguistique de leurs auditoires algériens et maghrébins, tant en exil que dans leur pays d’origine. Une telle attitude est somme toute compréhensible quand on sait que la production de cet art, sa diffusion et ses usages se situent dans le cadre des industries culturelles, au sein desquelles la posture commerciale, l’offre et la demande sont parmi les éléments qui ne sont pas absents dans le dispositif.
2Dans cette contribution, nous prenons comme échantillon d’étude et d’analyse un poème chanté et composé par Slimane Azem, Lful d Ibawen [2] (« Les fèves [en arabe] et les fèves [en berbère] »), qui met en relief les malentendus qui résultent de la non-compréhension entre deux interlocuteurs unilingues, l’un ne s’exprimant qu’en arabe l’autre qu’en berbère. Et c’est tout un art pour ces deux protagonistes de se dire la même chose autrement, et au final d’en prendre ombrage : un drame d’incommunicabilité en somme.
La chanson lful D ibawen et ses motifs
3Slimane Azem, (1918-1983) a émigré en France en 1937 et n’aurait commencé à chanter que sept ou huit ans plus tard [3].
4Nous n’avons nul besoin, pour étayer notre propos, de prendre un chanteur, fût-il poète reconnu, pour un penseur, sémioticien, sociologue ou philosophe. Il nous suffit de le prendre pour ce qu’il est : une subjectivité réceptive des conditions spatio-temporelles politiques, culturelles et historiques. Cette subjectivité s’exprime spontanément, fait partager ses intuitions et ses sentiments et vise l’assentiment de l’audience à laquelle elle s’adresse.
5Dans cette chanson à travers deux individus, Lful d Ibawen, Slimane Azem [4] réduit la société algérienne au micro-univers de ses deux composantes linguistiques, arabophone et berbérophone, entre lesquelles s’effectue un échange (discours rapporté à une audience prise à témoin par je, en l’occurrence le chanteur, ayant qualité de narrateur omniscient et dans lequel le tu est manifesté par le pronom personnel netsa = lui) par le truchement métonymique de deux actants (un arabophone et un kabylophone) signifiés formellement par deux pronoms personnels autonomes (ou leurs substituts indices de personne affixés) singuliers et un pronom collectif pluriel.
6Ces protagonistes, actants du discours, sont : je (nek, nekini), lui (netsa, instance du discours rapporté correspondant à ketch « tu » dans le discours direct), et nous (nukni = moi et lui, formellement marqué par l’indice de personne « n- » préfixé au radical) que ce soit dans leurs formes affixées (d’indices de personne) ou autonomes (n-heddar : nous parlions ; y-eqqar : il disait ; o-qargh-as : je lui disais)... L’autre actant représente les tiers qui interviennent pour envenimer le malentendu (medden = les gens).
L’énonciation
7Voici brièvement les marques de l’énonciation et de la deixis subjectivo-spatio-temporelle articulée autour d’une structure actantielle simple. Il s’agit bien entendu des circonstances de l’émigration en France, mais il ne faut pas perdre de vue le fait que les chanteurs algériens émigrés de cette époque – et les proscrits tout particulièrement, et c’est le cas de Slimane Azem – avaient en vue la communauté d’origine qui les suivait par le biais des ondes courtes de la radio française. La lecture sémantique de cette structure est tout aussi simple, car la forme dialogique du discours ainsi que la caractérisation prédicative et qualificative des actants est rapidement circonscrite.
8Voici les prédicats à charge thymique (liste des verbes exprimant la passion, colère et mépris) et les qualificatifs (portant jugement condamnant les deux attitudes) qui sont rattachés aux actants du discours. Et commençons par la structure prédicative :
- yeqqar – qqarghas (il me disait et je lui répliquais)
- nhedder (on parlait)
- nmzeggad (les propos sont de plus en plus excessifs)
- lukan nemsefham (si on s’était entendu)
- netemchentar (on se querellait)
- wer nerbih (nous n’y avions rien gagné)
- wer nethenna (nous n’avions pas gagné de paix)
- kul wa aken yessaram (chacun rêvait)
- kul wa aken ihedder (chacun parlait à sa façon)
- ghilegh – ghil (je le croyais – il me croyait)
- nemghunza (on se boudait)
- wer nemsefham (on ne s’accordait pas)
- kul yiwen senda yahmel (chacun s’égarait de son côté)
- nettemyekhzar (on se lorgnait)
- netnagh (on se querellait)
- wer nemseqsa (on ne se demandait pas)
- lukan nenugh wehdnegh (si on se querellait seul à seul)
- ne’ya, nehbes (fatigués on se serait arrêtés)
- smentagen (allumaient le feu)
- rwin al aqliya (ils nous brouillaient la raison)
10En somme, tout renvoie à un échange vif et pathétique (l’implication égale des deux actants est exprimée surtout par les prédicats à schème de réciprocité, nemsefham, netemchentar, netnagh, netemyekhzar...). L’usage de verbes d’attitudes psychiques à sémantisme négatif (nemghunza, netemchentar, sedaw thit netsemyekhzar, netnagh...) renforce l’effet sémantique de l’usage du procédé discursif de la forme négative (propositions assertives) mettant en cause l’absence d’effort pour l’intercompréhension.
11L’aspect verbal dominant est l’aoriste (l’inaccompli), ce qui apparaît dans nos traductions à travers l’option de l’imparfait de la langue française. Ce choix aspectuel du poète donne aux prédicats verbaux une valeur sémantique non limitée dans le temps et on peut penser par conséquent que le poète ne se représente pas la querelle comme conjoncturelle mais bel et bien comme structurelle et les solutions préconisées devraient l’être tout autant.
12S’agissant de la structure prédicative, le constat est que l’attitude des deux protagonistes, l’un comme l’autre, est blâmable et le jugement n’est pas renvoyé à l’implicite. C’est ce que montrent les énoncés qualificatifs des actants :
- nhedder bla lf’ul ;
- netemchentar mebla lma’na ;
- nehmeq wer ne’sa la’qel, am lmal bla meksa ;
- wer nemseqsa ma fel haq nagh fel batel ;
- chehna thugi atekes...
14La condamnation d’une telle attitude est explicite et sans appel. Les deux acteurs, s’ils ne gagnent rien (wer nerbih wer nethenna) à se chamailler inutilement tout en affirmant le même contenu (lful d ibawen), auraient tout à gagner s’ils faisaient l’effort de s’entendre.
Les thèmes du texte de la chanson
15Aussi, le chanteur et poète, postulant un dialogue imaginaire rapporté entre un kabylophone (nek = je) et un arabophone algériens (netsa = lui), pouvait-il déclarer : « Il me parle de fèves dans sa langue, et je lui parle de fèves aussi, dans la mienne ; si on s’était entendu de bon cœur, on aurait su que les fèves étaient les fèves, que ce soit dans sa langue ou dans la mienne ! » [5]
16Le comble est que les protagonistes en prennent ombrage (nemzeggadh deg meslayen = nos propos étaient de plus en plus agressifs), tout en disant la même chose (lful d ibawen = les fèves sont des fèves), mais toutefois sans le savoir par manque de volonté (lukan nemsefham seggul = si on s’était entendu de bon cœur).
17Nous sommes bien devant la situation de deux Algériens, s’accordant sur le contenu et adoptant des expressions différentes non intelligibles l’un à l’autre qui provoquent par ce fait un regrettable malentendu. Ce qui amène chacun à se vanter de la même façon et chacun dans son mode expressif (« layeqqar ana wana, nek qqarghas dnikini » = Il se vantait de sa personnalité, et je me vantais de la mienne) sans qu’aucun des deux n’y gagne quoi que ce soit (wer nerbih wer nethana mad netssa nagh nekini).
18Chacun avait ses rêves et son langage (mkul wa daken yessaram, mkul wa daken ihedder), mais chacun donnait l’avantage à l’autre, car chacun prenait l’autre pour le maître de maison (nek ghilegh d bab bekham, netsa ghiled d mul ddâr). Le mode expressif est certes différent (kabyle / arabe algérien), à chacun son langage qui correspond le mieux à ses rêves et à ses aspirations, mais il s’agit bien des mêmes contenus investissant l’autre, l’alter ego dirions-nous, de l’autorité de référence ! Sli-mane Azem aurait pu dire : « je me prenais pour le maître de maison et lui se prenait pour le maître de maison », ce qui renverrait les deux protagonistes dos à dos !
19Nous savons combien cette question des premiers habitants de l’Afrique du Nord (mul d dâr ou bab bukham), le Maghreb, a suscité et suscite encore de discours et contestations [6]. Souvent, on assimile à tort la langue arabe classique (dont les premières grammaires ont été écrites au viiie, xixe et xe siècles de l’ère chrétienne) et l’arabe moderne (scolaire), d’un côté, et cette langue, classique ou moderne, et la politique d’arabisation menée par l’Algérie indépendante, d’un autre côté. On confond aussi l’arabophonie maghrébine avec la politique d’arabisation menée sous l’étendard de l’arabe scolaire non autochtone. C’est ce qui justifie notre proposition de distinguer ces variétés de langue par arabe algérien ou maghrébin, arabe classique et arabe moderne ou scolaire ; de parler d’arabisant lorsqu’il s’agit de spécialiste de la langue arabe classique ou scolaire, et d’arabophones pour les locuteurs de l’arabe algérien.
20Mais il s’agit bien, pour le cas du berbère et de l’arabe scolaire ; de deux systèmes linguistiques différents, quand bien même ils sont de la même famille linguistique, mais qui n’ont certainement pas le même statut pour les Algériens auprès desquels l’arabe scolaire continue de jouir d’un certain prestige, sans qu’ils ne le comprennent ou l’utilisent dans la communication quotidienne. En effet, l’arabe scolaire se perd de plus en plus en raison de son incapacité avérée [à] véhiculer des savoirs modernes et du fait du soutien dont il jouit auprès des forces régressives des sociétés dites arabes dans l’expression du conservatisme le plus archaïque. Tout en accordant ce prestige à cette langue scolaire, les Algériens utilisent leurs propres langues maternelles (berbère ou arabe algérien) au quotidien et même dans le discours onirique et ludique ! L’expression théâtrale (Alloula, Kateb Yacine, etc.), l’humour (Fellag) et la musique la plus répandue (le Rai par exemple), qui exprime en même temps la joie et la douleur, se déclinent en algérien kabyle ou en arabe. En somme tout ce qui concourt à la socialisation s’effectue dans ces deux langues [7].
21Si l’État hésite encore quant à l’identité véritable des Algériens, quarante-huit ans après l’indépendance, Slimane Azem ne s’y était jamais trompé. Mieux, pour lui les Algériens berbérophones, autant que les arabophones, pensent chacun de son côté que c’est l’autre qui est le propriétaire de la maison. Ils se reconnaissent mutuellement et tout un chacun, non seulement comme interlocuteurs égaux, mais qui plus est, encore plus comme le véritable propriétaire des lieux, donc porteurs de l’identité de référence [8].
22Quant à la querelle entre l’arabophone et le kabylophone, qui se reconnaissent comme sujets à part entière, elle n’est pas habituelle, car les deux protagonistes ne s’entendaient pas (nemghunza ur nemsefham) et se lorgnaient du coin de l’œil (seddaw thitt i netsemyekhzar) parce que chacun était prêt à concéder à l’autre l’autorité de propriétaire des lieux sans que l’un comprenne l’attitude de l’autre [9] !
23L’inanité de la querelle et des raisons qui auraient pu la susciter est avancée, et Slimane Azem en vient à en condamner l’attitude irresponsable qui y a mené : la stupidité (ama dnek ama d netsa nehmeq ur nes’i laaqel = nous manquions tous les deux de sagesse et de raison) et le manque de discernement et de réflexion sur les raisons de celle-ci. Alors faut-il persister dans l’erreur, semble nous dire Slimane Azem ?
- Benabou Mostefa et Behnsthedt Peter, « État actuel de la frontière entre l’arabe et le berbère », in Insâniyyât, Revue du Centre de recherche en anthropologie et en sociologie culturelle, Oran, no 21, juillet-septembre 2003.
- Dourari Abderrezak, Dialogue entre le Maghreb et le Machreq, le discours idéologique arabe contemporain, thèse de doctorat de l’université de la Sorbonne : études arabes et orientales, sous la direction de Daniel Reig, 1993, 465 p.
- Dourari Abderrezak, « Les élites face au plurilinguisme et à l’équation identitaire en Algérie : entre histoire, vécu et représentation idéologique de soi », colloque sur La toponymie : Savoir et mémoire, Alger, CNRPAH, 21-24 avril 2001.
- Dourari Abderrezak (dir.), Cultures populaires et culture nationale en Algérie, Paris, L’Harmattan, 2002, 251 p.
- Dourari Abderrezak, Les Malaises de la société algérienne, crise de langues et crise d’identité, Alger, Casbah Éditions, 2003, 174 p.
- Dourari Abderrezak, « Pluralisme et unité linguistiques en Algérie, une question au concept d’interculturalité », communication au Colloque international Les points communs des cultures, Vienne, 6-9 novembre 2003.
- Dourari Abderrezak, « The tamazight claim in Algeria, a long lasting struggle for ‘‘algerianity’’ and democracy », communication au colloque international Berbers and other minorities in North Africa, Portland Oregon State University, juin 2005.
- Dourari Abderrezak, « Choix épistémologiques et profil sociolinguistique de l’Algérie : un problème d’adéquation ? », QVR, Vienne, no 27/2006, pp. 7-23.
- Dourari Abderrezak, Introduction à la Grammaire Générative, Alger, ENAG, 2007 (en arabe scolaire).
- Dourari Abderrezak, « Le concept de savoir colonial dans les études postcoloniales contemporaines », communication au colloque international Bencheneb Mohammed, centenaire de l’université d’Alger, du 15-18 décembre 2009. En cours de publication.
- Echourouk al yawmi, quotidien national algérien d’information (en arabe scolaire), 22 novembre 2009.
- EL-Watan, quotidien national algérien d’information (en français), du 26 novembre 2009.
- Green André, « Atome de parenté et relations œdipiennes », in Claude Lévi-Strauss (dir.), L’identité, Quadrige/Presses universitaires de France, 2e édition, 1987, pp. 81-98.
- « Idir al-Wataniy ou l’Algérie libre vivra », Alger, Le combat algérien, 2001.
- Lacan Jacques, Écrits I, Paris, Seuil, 1966, 923 p.
- Le Quotidien d’Oran, quotidien national d’information (en français), 22 novembre 2009.
- Le Quotidien d’Oran, quotidien national d’information (en français), 7 janvier 2010.
- Mahfoufi Méhenna, « La chanson kabyle en immigration : une rétrospective », in Hommes et migrations. Les Kabyles. De l’Algérie à la France, no 1179, septembre 1994, pp. 32- 39.
- Nacib Youcef, Slimane Azem, le poète, Alger, Zyriab, 2002, 713 p.
- Toualbi Nouredine, « Le prétexte à une formidable clameur identitaire », in Le Soir d’Algérie, quotidien national algérien d’information (en français), 22 novembre 2009.