S'abonner
Article de revue

Chronique. Pour un ministère des contes publics ?

Pages 63 à 64

Citer cet article


  • Pierron, J.-P.
(2026). Chronique. Pour un ministère des contes publics ? Études, 4335(3), 63-64. https://doi.org/10.3917/etu.4335.0064.

  • Pierron, Jean-Philippe.
« Chronique. Pour un ministère des contes publics ? ». Études, 2026/3 N° 4335, 2026. p.63-64. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-etudes-2026-3-page-63?lang=fr.

  • PIERRON, Jean-Philippe,
2026. Chronique. Pour un ministère des contes publics ? Études, 2026/3 N° 4335, p.63-64. DOI : 10.3917/etu.4335.0064. URL : https://shs.cairn.info/revue-etudes-2026-3-page-63?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/etu.4335.0064


Notes

  • [1]
    Ces mots sont extraits de la liste des mots interdits ou « suspects » par l’actuelle administration de Donald Trump aux États-Unis. Tout projet de recherche universitaire ou associatif contenant ces termes est, de ce fait, annulé. Mais, pour n’être pas en reste en France, on notera que certaines collectivités territoriales et la FNSEA (Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles) notamment se sont attaquées, dans le même esprit, à l’Office français de la biodiversité, à l’Agence nationale sanitaire et à l’Inrae (Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement).
  • [2]
    Sandra Lucbert, Le ministère des contes publics, Verdier, « La petite jaune », 2021, p. 13.

« Des mots, toujours des mots, rien que des mots », dénonce la chanson. Elle n’y trouve que vanité, flatus vocis, éphémère parole et chétif phrasé. La puissance du langage est si vaine qu’il faudrait déserter ses pauvres forces. La vie du langage, qui a ses maladies, vibre d’ambivalences : multiplications des néologismes et des acronymes, disparition des nuances. Le changement climatique s’accompagne d’un climat sémantique. Il devient urgent de veiller sur la puissance natale de mots politiquement mis sous surveillance. Car, d’un même mouvement, s’éteint la biodiversité et se ronge la diversité langagière. Quelle thérapeutique du langage pour lutter contre l’instrumentalisation des mots ? Comment dépolluer le débat public des manipulations lexicales ?
Disparition des langues, novlangue, discours officiels, storytelling et mots interdits sont le quotidien de nos mots. Les plus puissants politiquement, industriellement ou économiquement, en Chine ou aux États-Unis, fauchent systématiquement la force des substantifs et veillent à brûler, en d’effrayants autodafés, les subtiles nuances des adjectifs et des mots qui comptent. Si l’on en doute, voici une liste non exhaustive de vocables faisant l’objet d’une chasse lexicale, nourrie par une haine à l’égard des pensées nuancées, des concepts critiques, des expressions complexes qui résistent au simplisme des slogans et des pensées prêtes à l’emploi : « Activisme, biais, communauté indigène, crise climatique, discours haineux, équitable, injustice, oppression, plaidoyer, pollution, préjudices, science du climat, vulnérabilité…


Date de mise en ligne : 02/03/2026

https://doi.org/10.3917/etu.4335.0064

Cet article est en accès conditionnel