Thomas Meyer Hannah Arendt Traduction de l’allemand par Olivier Mannoni. Calmann-Lévy, 2025, 560 pages, 25,90 €.
Pages 132a à 133
Citer cet article
- ALBANEL, Véronique,
- Albanel, Véronique.
- Albanel, V.
https://doi.org/10.3917/etu.4333.0134a
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https://doi.org/10.3917/etu.4333.0134a
■ Plus de quarante ans après l’ouvrage de référence d’Elisabeth Young-Bruehl (1946-2011), cette biographie apporte des éclairages nouveaux et des compléments importants sur la vie et l’œuvre de Hannah Arendt (1906-1975). Thomas Meyer fait des choix : il insiste, en particulier, sur les années parisiennes, après la fuite de l’Allemagne, du 7 octobre 1933 au 23 mai 1940, date à laquelle Arendt est internée au camp de Gurs (Basses-Pyrénées, actuelles Pyrénées-Atlantiques). Ces années ne constituent pas seulement un tournant politique, elles révèlent un engagement durable et déterminé dans l’Alya de la jeunesse, à savoir le sauvetage des enfants juifs vers la Palestine. L’auteur pointe l’enthousiasme efficace d’Arendt, son énergie intellectuelle et « son attitude incontestable à l’égard des personnes en souffrance ». Et il révèle que, lors de l’affaire Eichmann, nombreux ont été les détracteurs qui ont « veillé à respecter un silence complet sur ces années, donc sur l’engagement d’Arendt ». Meyer met aussi en lumière l’importance de la théologie dans le parcours d’Arendt, qu’elle soit catholique avec Romano Guardini, protestante avec Rudolf Bultmann, Martin Dibelius et Paul Tillich, mais aussi juive avec le programme du Jewish Theological Seminary. Cette biographie réévalue surtout la pertinence des Origines du totalitarisme qu’Arendt envisageait de nommer : Les trois piliers de la haine, Antisémitisme – impérialisme – racisme. À partir de l’édition allemande des Origines du totalitarism…