Gilles Hieronimus Gaston Bachelard Presses universitaires de France, « Que sais-je ? », 2025, 128 pages, 10 €. Jean-Jacques Wunenburger La philosophie de l’imaginaire chez Bachelard Presses universitaires de France, 2025, 160 pages, 21 €.
- Par Julio Schumacher
Page 132
Citer cet article
- SCHUMACHER, Julio,
- Schumacher, Julio.
- Schumacher, J.
https://doi.org/10.3917/etu.4333.0134
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- Schumacher, Julio.
- SCHUMACHER, Julio,
https://doi.org/10.3917/etu.4333.0134
■ Une pensée novatrice est condamnée à se couler dans un vocabulaire dépassé, ce qui explique à la fois les réticences et les contresens qu’elle provoque. Ainsi en va-t-il de la pensée de Gaston Bachelard (1884-1962). D’autant plus que cette pensée, difficile à unifier, s’appuie sur des intérêts très divers, des notions tremblantes (matérialisme « rectifié » voire « onirique », « surrationalisme ») qui font droit aux rationalités régionales bien éloignées d’une raison surplombante, disqualifiée aux yeux du philosophe. Outre son épistémologie bien connue dont l’apport est massif pour la philosophie contemporaine, l’intérêt de Bachelard pour l’imagination, la poésie, la méditation des quatre éléments alchimiques (feu, eau, terre et air), le surréalisme et l’esthétique à la suite de Carl Gustav Jung et de la philosophie romantique allemande ont freiné sa réception en France, même si le courant phénoménologique français lui doit beaucoup. C’est le mérite de Gilles Hieronimus dans son « Que sais-je ? » d’avoir clarifié l’épistémologie bachelardienne fondée dans une démarche inductive à partir des théories physique, relativiste ou quantique. Il montre également, chez Bachelard, la fécondité de l’imaginaire dans de multiples domaines de l’esprit, rejoignant ainsi les très fécondes recherches phénoménologiques. Pour sa part, Jean-Jacques Wunenburger, en relisant et prolongeant non sans prolixité plusieurs études antérieures, laisse percevoir que Bachelard, sensible à l’autonomie de l’imaginaire, esquisse cependant le chemin d’une réconciliation du rationnel et de l’onirique dans la création littéraire, jusqu’au seuil de la découverte scientifique…