La lucidité et l’engagement
En mémoire de Pierre Hassner
- Par Joël Hubrecht
Pages 131 à 136
Citer cet article
- HUBRECHT, Joël,
- Hubrecht, Joël.
- Hubrecht, J.
https://doi.org/10.3917/espri.1809.0131
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https://doi.org/10.3917/espri.1809.0131
Notes
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[1]
Simone Weil, Œuvres complètes, t. VII, vol. 1, Correspondance, éd. de Robert Chenavier, Paris, Gallimard, 2012.
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[2]
Voir la chaîne de l’Université de tous les savoirs sur www.canal-u.tv.
-
[3]
Raymond Aron, Mémoires, préface de Tzvetan Todorov, Paris, Robert Laffont, 2003.
-
[4]
Anne-Marie Le Gloannec et Aleksander Smolar (sous la dir. de), Entre Kant et Kosovo. Études offertes à Pierre Hassner, Paris, Presses de Sciences po, 2003.
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[5]
Jean Birnbaum, « Pierre Hassner, en un savant désordre », Le Monde, 5 septembre 2003.
-
[6]
Alain Lamballe, « Le monde selon Pierre Hassner. À propos de l’ouvrage de Pierre Hassner, La Terreur et l’empire », Futuribles, n° 294, février 2004, p. 18.
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[7]
Pierre Hassner, La Revanche des passions. Métamorphoses de la violence et crises du politique, Paris, Fayard, 2015, p. 194 et 196.
-
[8]
P. Hassner, La Violence et la Paix, Paris, Esprit, 1995 ; La Terreur et l’Empire, Paris, Seuil, 2003 ; et La Revanche des passions, op. cit.
-
[9]
Dans P. Hassner, La Revanche des passions, op. cit., p. 352.
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[10]
Michel Agier résume ainsi la multiplication et la banalisation des camps de réfugiés sur toute la planète. Voir M. Agier (sous la dir. de), Un monde de camps, Paris, La Découverte, 2014. Un problème auquel Pierre était sensible depuis très longtemps, comme en témoigne le très beau texte de février 1995, « Les intrus. Théorie et pratique des relations internationales devant le problème des réfugiés », en accès libre sur le site de la revue Esprit.
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[11]
Accroché dans les locaux de la revue Esprit, l’un de ces tableaux magnétise depuis plusieurs années ceux qui s’y réunissent.
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[12]
S. Weil, Attente de Dieu, préface de Joseph-Marie Perrin, Paris, Fayard, 1985.
Que peut signifier l’héroïsme pour un intellectuel ? Pierre Hassner rappelait malicieusement l’expérience de Simone Weil au sein des brigades internationales qui tourna court parce que, « en bonne philosophe » disait-il, elle mit accidentellement le pied dans une casserole d’eau bouillante… Empotée, sans doute, ridicule, assurément pas : la militante ébouillantée fut en effet l’une des rares intellectuelles qui, tout en fustigeant l’abandon des Républicains espagnols par les démocraties européennes, dénonça également la contamination de la violence jusqu’au sein de son propre camp : « On part en volontaire, avec des idées de sacrifice, et on tombe dans une guerre qui ressemble à une guerre de mercenaires, avec beaucoup de cruautés en plus et le sens des égards dus à l’ennemi en moins », écrit-elle dans une lettre à Georges Bernanos, une autre référence incontournable de Pierre. C’est avec une pareille lucidité, puisée aussi bien chez les Grecs que chez les classiques, qu’il pensa les métamorphoses de la guerre, ce « caméléon » comme l’écrivait Clausewitz, en s’affranchissant des écoles en « néo- » et en « -isme » et de leurs maîtres-penseurs. De l’audace, il en fallait pour sortir de la prétendue neutralité scientifique qu’arborent tant d’experts, trop heureux de n’avoir pas à prendre parti. Du courage, il en fallait également pour s’engager aux côtés des dissidents et des intrus de son temps. Il apportait ainsi la démonstration que, même à notre époque, il reste possible d’associer pensée et action, volonté et lucidité, sans reproduire les errements de…
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