Article de revue
La fin des mandarins allemands
Pages 26 à 39
Citer cet article
- DURAND-GASSELIN, Jean-Marc,
- Durand-Gasselin, Jean-Marc.
- Durand-Gasselin, J.-M.
https://doi.org/10.3917/espri.1508.0026
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- Durand-Gasselin, J.-M.
- Durand-Gasselin, Jean-Marc.
- DURAND-GASSELIN, Jean-Marc,
https://doi.org/10.3917/espri.1508.0026
Notes
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[*]
Philosophe, il est notamment l’auteur de l’École de Francfort, Paris, Gallimard, coll. « Tel », 2012.
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[1]
Le mot de « rééducation », utilisé de manière polémique par Habermas, était employé par le camp conservateur pour critiquer les méthodes de l’occupant pour remettre l’Allemagne dans le « droit chemin » de la démocratie. Sa revendication par Habermas, en manière de bravade, surtout pour un philosophe dans un pays qui donne à la philosophie un tel prestige, est une sorte d’acte politique revendiquant la légitimité de la rupture historique avec le fascisme et son arrière-plan culturel.
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[2]
Ce que nous présentons est l’image que Habermas se fait de cette histoire. Nous recoupons ici un ensemble de textes de Habermas comme Philosophisch-politische Profile, Francfort-sur-le-Main, Suhrkamp, 1971, notamment les textes non traduits, regroupés par Habermas sous le titre de Zur Deutschen Ideologie, p. 435-468, ou, pour les textes ou les recueils traduits : Écrits politiques, trad. Christian Bouchindhomme et Rainer Rochlitz, Paris, Le Cerf, 1990 ; Textes et Contextes. Essais de reconnaissance théorique, trad. M. Hunyadi, Paris, Le Cerf, 1994 ; Une époque de transitions. Écrits politiques 1998-2003, trad. C. Bouchindhomme, Paris, Fayard, 2005 ; le Discours philosophique de la modernité, trad. C. Bouchindomme et R. Rochlitz, Paris, Gallimard, 1988 ; Droit et morale. Tanner Lectures, trad. C. Bouchindhomme et R. Rochlitz, Paris, Le Seuil, 1997 ; la Pensée postmétaphysique, trad. R. Rochlitz, Paris, Armand Colin, 1993.
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[3]
Le cliché culturel du peuple de poètes et de penseurs est un cliché romantique qui exprime au moins en partie une frustration politique sublimée, et qui concentre donc dans la classe intellectuelle toutes les perspectives d’avenir. Il a d’ailleurs eu un effet identificatoire durable pour cette classe intellectuelle. C’est en ce sens que Habermas lit, en en projetant les thèses plus en amont dans l’histoire politique et intellectuelle allemande, l’essai de Fritz K. Ringer, The Decline of the German Mandarins. The German Academic Community 1890-1933, Cambridge, Harvard University Press, 1969, dans Philosophisch-politische Profile, op. cit., p. 458-468.
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[4]
De ce point de vue le livre de Karl Popper, la Société ouverte et ses ennemis, t. I et II [1962], trad. Jacqueline Bernard et Philippe Monod, Paris, Le Seuil, 1979, dont le premier tome est consacré à Platon, est tout à fait symptomatique, et ouvre la voie de la piste généalogique empruntée par Habermas. Voir aussi sur la référence à Platon dans le nazisme, Johann Chapoutot, le Nazisme et l’Antiquité, Paris, Puf, 2008.
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[5]
Il se rapproche en ce sens de Paul Ricœur en France. Les itinéraires de ces deux philosophes sont d’ailleurs souvent parallèles. Voir le texte de Sébastien Roman dans ce numéro, p. 69.
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[6]
Ainsi l’évolutionnisme, l’hygiénisme, la génétique, etc. ont été réappropriés sous des formes appauvries et naturalisantes par les pensées conservatrices aux xix e et xx e siècles.
Français
La philosophie de Habermas est un contrepoint à une certaine tradition « platonico-allemande », faite d’élitisme intellectuel ou de chantage à l’anarchie démocratique. Pour lui, outre sa dimension conservatrice et ses compromissions avec le fascisme (Carl Schmitt, Heidegger), cette tradition ne peut rendre compte de la physionomie des sociétés modernes.
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