Article de revue

Le Nom des gens, une anthropologie de la grippe aviaire

Pages 183 à 187

Citer cet article


  • Keck, F.
(2011). Le Nom des gens, une anthropologie de la grippe aviaire. Esprit, Février(2), 183-187. https://doi.org/10.3917/espri.1102.0183.

  • Keck, Frédéric.
« Le Nom des gens, une anthropologie de la grippe aviaire ». Esprit, 2011/2 Février, 2011. p.183-187. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-esprit-2011-2-page-183?lang=fr.

  • KECK, Frédéric,
2011. Le Nom des gens, une anthropologie de la grippe aviaire. Esprit, 2011/2 Février, p.183-187. DOI : 10.3917/espri.1102.0183. URL : https://shs.cairn.info/revue-esprit-2011-2-page-183?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/espri.1102.0183


Notes

  • [1]
    Un film de Michel Leclerc, avec Sara Forestier (Bahia Ben Mahmoud), Jacques Gamblin (Arthur Martin), Zinedine Soualem, Jacques Boudet, Carole Franck, Michèle Morreti. Scénario de Baya Kasmi et Michel Leclerc. France, genre : comédie, durée : 104 minutes, sortie en salle : 24 novembre 2010. Les dialogues sont reconstitués de mémoire.

Le Nom des gens débute par un événement en apparence absurde : un homme (Jacques Gamblin) parle sur France Inter des risques de contagion par la grippe aviaire ; une femme (Sarah Forestier) entre sur le plateau en hurlant : « Arrêtez de nous faire chier avec la grippe aviaire ! Vous voulez qu’on ait peur des canards, et après, qu’on chasse les immigrés ? » L’homme et la femme se retrouvent à la sortie du studio, et commence une histoire d’amour à la fois drolatique et passionnée. Cette romance est pour le cinéaste, Michel Leclerc, l’occasion de révéler les catastrophes constitutives de la subjectivité française des années 2000, dans une synthèse étourdissante que permet la narrativité cinématographique.
La rencontre entre ces deux personnages est en effet un de ces événements improbables que seule la fiction rend possible. L’homme travaille pour l’Office français des épizooties : il parcourt les fermes et les marais à la recherche d’oiseaux morts pour dépister leurs virus. Son père est un ancien responsable d’une centrale nucléaire, qui a gardé de ses fonctions un besoin obsessionnel de contrôle – il ne part pas en vacances sans vérifier trois fois que les portes sont fermées – et une passion pour les objets technologiques de pointe. Il a rencontré sa mère lors de leurs études de mathématiques : elle avait été recueillie par un orphelinat après la déportation de ses parents pendant la guerre, et n’a plus jamais reparlé de cet événement. La femme, elle, multiplie les petits boulots, mais elle se définit véritablement comme « une pute » qui couche avec les hommes de droite pour changer leurs opinions politiques – les dix secondes avant l’orgasme sont, dit-elle, un moment où le cerveau est plus réceptif que dans n’importe quelle discussion politique…


Date de mise en ligne : 01/08/2012

https://doi.org/10.3917/espri.1102.0183

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