Article de revue

Filmer la prison, filmer en prison

Les nouvelles représentations du monde carcéral dans le cinéma français

Pages 18 à 29

Citer cet article


  • Leroy, A.
(2011). Filmer la prison, filmer en prison Les nouvelles représentations du monde carcéral dans le cinéma français. Esprit, Janvier(1), 18-29. https://doi.org/10.3917/espri.1101.0018.

  • Leroy, Alice.
« Filmer la prison, filmer en prison : Les nouvelles représentations du monde carcéral dans le cinéma français ». Esprit, 2011/1 Janvier, 2011. p.18-29. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-esprit-2011-1-page-18?lang=fr.

  • LEROY, Alice,
2011. Filmer la prison, filmer en prison Les nouvelles représentations du monde carcéral dans le cinéma français. Esprit, 2011/1 Janvier, p.18-29. DOI : 10.3917/espri.1101.0018. URL : https://shs.cairn.info/revue-esprit-2011-1-page-18?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/espri.1101.0018


Notes

  • [*]
    Doctorante à l’université de Provence.
  • [1]
    Diffusé sur le site : prisonvalley.arte.tv
  • [2]
    Voir Corinne Rostaing, « Interroger les changements de la prison. Des processus de déprise et de reprise institutionnelle », dans Tracés. Revue de sciences humaines, 2009, no 19, p. 102 (http://traces.revues.org/index4228.html).
  • [3]
    Depuis les films de Robert Bresson et Jacques Becker : La fille de l’air, de Maroun Bagdadi (1992) ; Mémoires d’un jeune con, de Patrice Aurignac (1996) ; Les aveux de l’innocent, de Jean-Pierre Améris (1996) ; Zonzon, de Laurent Bouhnik (1998)…
  • [4]
    Jean-Louis Comolli, « Prisons du regard », dans Voir et pouvoir. L’innocence perdue : cinéma, télévision, fiction, documentaire, Paris, Verdier/Lagrasse, 1996, rééd. 2004, p. 326.
  • [5]
    Les prisons de Frédéric Pottecher et Charles Brabant (France, 1963-1965).
  • [6]
    Des films tels que Marguerite Duras à la Petite Roquette, de Jean-Noël Roy, qui met la directrice de la prison de la Petite Roquette (seule femme à ce poste en 1967) face à Marguerite Duras. Ou encore Les prisons aussi, d’Hélène Châtelain et René Lefort, qui s’inscrit en plein dans cette première vague de documentaires carcéraux. Cette production du Groupement d’information sur les prisons (Gip), fondé par Michel Foucault, Jean-Marie Domenach et Pierre Vidal-Naquet en 1971, donne en effet la parole à d’anciens détenus aussi bien qu’à des surveillants ou de simples passants aux abords d’une prison et interroge la perception de la prison à la suite des émeutes de 1971.
  • [7]
    Samuel Collardey, Une certaine approche du documentaire, mémoire de fin d’études à la Femis. L’auteur y explique les réflexions qui l’ont amené à mettre en œuvre un certain dispositif filmique dans la réalisation de son film documentaire L’apprenti.
  • [8]
    Alain Moreau cependant avait, dès 1982, institué un atelier expérimental de vidéo documentaire à la prison de la Santé, « Fenêtre sur cour ».
  • [9]
    Voir Catherine Blangonnet-Auer, « Filmer en prison », Images documentaires, 1er trimestre 2005, no 52-53.
  • [10]
    Entretien réalisé avec Anne Toussaint le 23 mars 2010 à Paris.
  • [11]
    Sur le canal interne de la Santé, « Espace public ».
  • [12]
    Tous les deux mois sont ainsi projetés des films choisis par les détenus de l’atelier, en même temps qu’une série d’essais filmiques qu’ils ont réalisés en regard des films programmés.
  • [13]
    Entretien réalisé avec Anne Toussaint le 23 mars 2010 à Paris.
  • [14]
    Sur ce film précis, Sans elle(s), sa démarche se rapproche également du travail de Stéphane Mercurio filmant les familles de détenus dans l’espace d’accueil des familles, à la périphérie de la prison. Voir À côté, de Stéphane Mercurio (France, 2007).
  • [15]
    Il n’est pas anodin qu’Anne Toussaint et Renaud Victor aient tous deux travaillé la question du langage chez l’enfant avant de s’intéresser à l’univers carcéral : le premier film de Renaud Victor, Ce gamin-là (1975), portrait d’un enfant autiste, s’inspire de la méthode Deligny qui envisage le cinéma comme un médiateur entre les autistes et le monde des autres. Institutrice de formation, Anne Toussaint a beaucoup travaillé avec des enfants étrangers primo arrivants et des enfants sourds avant de se tourner vers le cinéma. « Quand je regarde mon parcours aujourd’hui, j’y vois une certaine cohérence comme si j’avais toujours cherché à travailler avec des gens privés d’une capacité de communication orale. J’ai toujours placé le cinéma dans le rapport entre l’intérieur et l’extérieur, ou soi et les autres » relève-t-elle.
  • [16]
    Notamment, Fragments d’une rencontre : impasse Saint-Denis, de Akim, Antoine et Anne Toussaint (France, 2005, 15 minutes, production : atelier « En quête d’autres regards », Les yeux de l’ouïe).
  • [17]
    À la limite… Traces, de Regina de Almeida, Kamel Regaya, Anne Toussaint et Luc Bitsch, Charles Cretello, Christian, Didier, Hakim El Bachir, Joël, Marcel, Nordine Benziane, Philippe Tolila (France, 2009, 32 minutes).
  • [18]
    Entretien réalisé avec Léa Fehner et Élise Domenach le 18 décembre 2009 à Paris.
  • [19]
    Ibid.
  • [20]
    Entretien réalisé avec Brigitte Sy le 23 février 2010 à Paris.
  • [21]
    Entretien réalisé avec Brigitte Sy le 23 février 2010 à Paris.
  • [22]
    Si Brigitte Sy, au contraire de Léa Fehner, a tourné dans une véritable prison, elle raconte l’étrangeté de ce tournage au sein d’un établissement pour mineurs délinquants flambant neuf : « Nous étions les premiers occupants de cette prison, et en même temps nous étions là pour en donner une représentation. Nous avons donc tourné dans cet espace surréaliste d’une prison qui tourne à vide. »
  • [23]
    J.-L. Comolli, « Prisons du regard », art. cité, p. 328.
  • [24]
    Figures du fantôme et du double qui sont aussi à l’œuvre chez Jacques Audiard à travers les scènes de dialogues entre Malik et le fantôme halluciné de sa victime, la carotide tranchée et encore sanguinolente comme une métaphore de l’innocence à jamais perdue du meurtrier.
  • [25]
    Alain Masson, « L’échange des corps dans l’œuvre de Kieslowski », dans Estève Michel (sous la dir. de), Krzysztof Kieslowski, Paris, Lettres modernes, 1994.
  • [26]
    Ibid., p. 8.
  • [27]
    Entretien réalisé avec Léa Fehner et Élise Domenach le 18 décembre 2009 à Paris.
  • [28]
    Cet échange des corps va parfois même jusqu’à un certain mysticisme de l’incarcération, comme chez Jacques Audiard dans Un prophète, avec la multiplication des séquences de rêve, d’hallucinations, de prémonitions, et la figure lancinante du double, le prisonnier assassiné par Malik, gorge encore ensanglantée, portant haut la cicatrice, symbole du crime originel.
  • [29]
    A. Masson, « L’échange des corps dans l’œuvre de Kieslowski », art. cité, p. 9.
  • [30]
    Amiel Vincent, Kieslowski, Paris, Payot & Rivages, 1995, p. 13.
Français

Si le succès d’Un prophète a rappelé la longue complicité qui unit le cinéma à l’univers carcéral, ce film doit être situé dans une large production, de fiction et de documentaire, qui s’intéresse à la prison aujourd’hui. Pourquoi le cinéma témoigne-t-il de cette capacité à représenter un lieu dont on parle si peu dans la société française aujourd’hui ?


Date de mise en ligne : 01/08/2012

https://doi.org/10.3917/espri.1101.0018

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