Article de revue

Création de formes convivialistes

Pages 213 à 215

Citer cet article


  • Gendreau, S.
(2014). Création de formes convivialistes. Revue du MAUSS, 43(1), 213-215. https://doi.org/10.3917/rdm.043.0213.

  • Gendreau, Sylvie.
« Création de formes convivialistes ». Revue du MAUSS, 2014/1 n° 43, 2014. p.213-215. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-du-mauss-2014-1-page-213?lang=fr.

  • GENDREAU, Sylvie,
2014. Création de formes convivialistes. Revue du MAUSS, 2014/1 n° 43, p.213-215. DOI : 10.3917/rdm.043.0213. URL : https://shs.cairn.info/revue-du-mauss-2014-1-page-213?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/rdm.043.0213


Notes

  • [1]
    Voir en particulier Cornélius Castoriadis, La Montée de l’insignifiance, Seuil, Paris, 1996, p. 111.

1Dans ce monde complexe qui est le nôtre, il est amusant de créer, par petites touches, des moments d’effervescence propices à la réflexion des uns et des autres sur les formes et tournures que pourrait prendre une société convivialiste.

2 Il ne s’agit pas ici, vous l’aurez compris, d’une réflexion analytique en profondeur comme le feraient des intellectuels et des savants. Peut-être même que le mot vision serait plus approprié. L’idée étant d’élargir au plus grand nombre la possibilité d’imaginer. Le droit de rêver.

3 C’est avec cette idée en tête que j’ai fait mon entrée dans le cercle des convivialistes. Mais comment faire pour unir petits et grands de différents continents dans un même élan, une hybridation d’imaginaires portés vers une société du mieux vivre.

4 C’est un rêve fou, cela va de soi. Mais sans rêves, ni désirs, jamais nous ne parviendrons à donner des formes concrètes à nos idéaux sociétaux et démocratiques. J’ai donc fait de Cornélius Castoriadis [1], mon compagnon imaginaire, me convainquant que cette aventure n’aurait pu que lui plaire. Il en est donc le parrain. J’espère qu’il ne m’en veut pas de pendre cette liberté en son nom. Il nous fallait aussi un premier partenaire les pieds sur terre. Je l’ai trouvé au laboratoire d’Étude et de recherche en environnement et santé (LERES) de l’École de hautes études en santé publique (EHESP). La direction a accepté de nous offrir les contenants qui porteront nos rêves. Après une longue vie de mesures et d’analyses de nos impacts humains dans l’air, l’eau et le sol, leurs anciens contenants — éprouvettes, ballons et flacons de toutes sortes — seront reconvertis pour la création collective d’une œuvre convivialiste.

5 Un mouvement important, une intention poétique, un parrain inspirant, une jolie verrerie, les choses commencent à prendre forme. Il fallait un titre à l’aventure : Bouteilles à la mer a été choisi pour inviter au voyage vers l’autre, à l’importance de l’eau, de la nature et de l’aléatoire et aux tempêtes qu’il nous faudra affronter pour réussir la cocréation d’une société convivialiste.

6 Mais il manque l’essentiel : Les rêveurs. Qui sont-ils ? Un et tous. Ceux vers qui nous irons. Ceux qui viendront vers nous. Depuis le mois de novembre 2013, le travail est en cours. Quatre compositions ont été créées jusqu’à maintenant : À Namur et à Mons en Belgique, à Nantes et à Rennes en Bretagne et les prochaines seront créées à Montréal au Québec. Ensuite, c’est ouvert, nous attendons les invitations.

7 Déjà, le début de l’expérience nous apprend des choses intéressantes :

8 La première constatation, il faut sortir au grand air, être dans le mouvement du monde pour faire rêver et réfléchir… Il nous appartient de créer des moments d’effervescence pour favoriser l’émergence. La théorie ne suffira pas. Il faut de l’événementiel et de l’expérientiel pour partager les connaissances et mieux les intégrer individuellement et collectivement.

9 Ensuite, il y a un socle commun de désirs. Aux premières questions posées, les réponses qui viennent spontanément sont l’amour, l’amitié, l’empathie, la solidarité, l’harmonie, la liberté, le partage, le plaisir, la convivialité… Il suffit parfois de parler de lumière pour la faire jaillir. Trop de négativisme et de pessimisme tue le désir. Il est évident qu’il faut dénoncer et expliquer ce qui ne va pas, mais il est tout aussi important de proposer des pistes de solution et d’ouvrir des chemins porteurs pour une réinvention.

10 Finalement, il y a un sentiment de connexion. Tous semblent ravis de retrouver leurs rêves réunis dans un même flacon. Il y a, dans les heures qui suivent la cocréation de la composition, un sentiment de joie palpable, un sentiment de bien-être, parce que, pour un court instant, tous croient que nous y arriverons.

11 « L’imagination n’est pas simplement la capacité de combiner des éléments déjà donnés pour produire une autre variante d’une forme déjà donnée, écrit Cornélius Castoriadis, l’imagination est la capacité de poser de nouvelles formes. »

12 Voir ses rêves pour inventer les nouvelles formes d’une société convivialiste, c’est l’invitation que vous fait le projet de création collective Bouteilles à la mer. Cocréons ces formes. Ne sommes-nous pas tous des êtres imaginants ?


Date de mise en ligne : 12/06/2014

https://doi.org/10.3917/rdm.043.0213