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L’art annexé comme source d’inspiration. Un paysage de Rembrandt venu de Cassel à Paris et une peinture de Georges Michel

Pages 36 à 43

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  • Grave, J.
(2023). L’art annexé comme source d’inspiration. Un paysage de Rembrandt venu de Cassel à Paris et une peinture de Georges Michel. Revue de l'art, 221(3), 36-43. https://doi.org/10.3917/rda.221.0036.

  • Grave, Johannes.
« L’art annexé comme source d’inspiration. Un paysage de Rembrandt venu de Cassel à Paris et une peinture de Georges Michel ». Revue de l'art, 2023/3 N° 221, 2023. p.36-43. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-de-l-art-2023-3-page-36?lang=fr.

  • GRAVE, Johannes,
2023. L’art annexé comme source d’inspiration. Un paysage de Rembrandt venu de Cassel à Paris et une peinture de Georges Michel. Revue de l'art, 2023/3 N° 221, p.36-43. DOI : 10.3917/rda.221.0036. URL : https://shs.cairn.info/revue-de-l-art-2023-3-page-36?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/rda.221.0036


Notes

  • [1]
    Voir Cecil Gould, Trophy of Conquest : The Musée Napoléon and the Creation of the Louvre (Londres, Faber and Faber, 1965) ; Bénédicte Savoy, Patrimoine annexé. Les Biens culturels saisis par la France en Allemagne autour de 1800, 2 tomes (Paris, Éd. de la Maison des sciences de l’homme, 2003).
  • [2]
    Nous n’en donnerons que deux exemples : [Joseph] Wid[emann], « Kunst-Ausstellungen in Paris im Herbste 1807 », dans Morgenblatt für gebildete Stände n° 262, 2 novembre 1807, 1045-1046 et n° 264, 4 novembre 1807, 1055 ; N. B. F. Lefrançois, « Galerie du Musée. Réclamation d’un amateur » dans Journal de Paris, n° 314, 10 novembre, 1813, 2-4.
  • [3]
    Voir Alison McQueen, The Rise of the Cult of Rembrandt. Reinventing an Old Master in Nineteenth-Century France (Amsterdam, Amsterdam University Press, 2003), 19-25. Avant 1789, les collections royales possédaient huit peintures de Rembrandt (voir McQueen 2003, 20). Entre 1793 et 1815, plus de cinquante peintures de Rembrandt, ou qui lui étaient attribuées, furent confisquées et ramenées en France (21). Trente et une de ces œuvres se retrouvèrent au Louvre (22). — Sur la réception de Rembrandt en France au xviiie siècle, voir Jean Cailleux, « Esquisse d’une étude sur le goût pour Rembrandt en France au xviiie siècle » dans Nederlands Kunsthistorisch Jaarboek 23 (1972), 159-166 ; Aude Prigot, La réception de Rembrandt à travers les estampes en France au xviiie siècle (Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2018).
  • [4]
    Voir Ernst van de Wetering, Rembrandt’s Paintings Revisited. A Complete Survey (A Corpus of Rembrandt Paintings, vol. VI) (Dordrecht: Springer, 2015), 593-597, n° 206.
  • [5]
    François Dequevauviller et Jean Mathieu, Le Moulin, d’après Rembrandt, 1787. Gravure à l’eau-forte.
  • [6]
    Au début du xixe siècle, Le Paysage avec un pont de pierre de Rembrandt (v. 1638-1640, Amsterdam, Rijksmuseum, inv. n° SK-A-1935) se trouvait aussi en France dans la collection privée de Jean-Joseph-Pierre-Augustin Lapeyrière, Paris, d’où il arriva ensuite à Londres après une vente aux enchères en 1817. Voir Josua Bruyn et al., A Corpus of Rembrandt Paintings, III : 1635–1642 (La Haye, Nijhoff, 1989), 357-361, notamment 361.
  • [7]
    Antoine Michel Filhol et Joseph Lavallée, Galerie du Musée Napoléon, tome 8. Examen des planches. Quatre-vingt-cinquième livraison (Paris, Filhol, 1812), 6-7. Au sujet des peintures actuellement attribuées à Roelant Roghman, voir Gregor J. M. Weber (éd.), Rembrandt-Bilder. Die historische Sammlung der Kasseler Gemäldegalerie, exh. cat. (Munich, Hirmer, 2006), 123-30, n° 12-13.
  • [8]
    Voir Pierrefitte-sur-Seine, Archives nationales (désormais cité AN), 20150162/17 (Inventaire général du musée Napoléon, 1810, Peintures, vol. II), 281, n° 4550, 4553 et 4718 et 282, n° 2822. — La restitution de ces peintures à leurs légitimes propriétaires fut consigné dans des minutes en 1815 ; voir AN, 20150162/53 (Musées royaux : procès-verbaux de remise des tableaux, antiquités, sculptures). Concernant Brunswick, voir 189, n° 58 (« Un paysage effet d’orage, par Rembrand »), concernant Cassel voir 240, n°39 (« Un Paysage, Rembrandt »), n° 42 (« Paysage, Rembrand »), 246, n° 227 (« Petit paysage, Rembrand »).
  • [9]
    Voir Savoy, Patrimoine annexé, II, 240-242, n° 536-539.
  • [10]
    Voir notamment Govert Flinck, Landscape with an Obelisk, 1638, huile sur toile, Boston, MA, Isabella Stewart Gardner Museum, on ignore où il se trouve actuellement ; voir Bruyn et al., A Corpus of Rembrandt Paintings, III, 737-742, notamment 742.
  • [11]
    Voir Weber, Rembrandt-Bilder, 123-130, no 12-13.
  • [12]
    Voir Magali Briat-Philippe et Ger Luijten (éd.), Georges Michel. Le paysage sublime, cat. d’exposition. (Paris, Fondation Custodia, 2017), n° 10-11.
  • [13]
    Grégoire Hallé, « Georges Michel et le Moulin de Rembrandt : l’artiste et les maîtres hollandais » dans Briat-Philippe/Luijten, Georges Michel, 32-36. Voir aussi Jacques Foucart, « La Hollandomanie de Georges Michel, un défi de peintre » dans Briat-Philippe/Luijten, Georges Michel, 24-31, notamment 29.
  • [14]
    Foucart, « La Hollandomanie de Georges Michel », 24 ; Alfred Sensier, Étude sur Georges Michel, Paris 1873, 17 et 43. – Il n’existe pas à ce jour de catalogue raisonné de l’œuvre de Georges Michel.
  • [15]
    Hallé, « Georges Michel et le Moulin de Rembrandt », 36.
  • [16]
    Georges Michel, Paysage aux environs de Paris, huile sur toile, Palais des Beaux-Arts de Lille. Voir Briat-Philippe/Luijten, Georges Michel, n° 25.
  • [17]
    Voir Vincent Pomarède et Gérard de Wallens (éd.), L’école de Barbizon. Peindre en plein air avant l’impressionnisme, cat. d’exposition (Paris, Réunion des Musées Nationaux, 2002), 137, n° 71 ; Briat-Philippe/Luijten, Georges Michel, n° 41.
  • [18]
    Voir [William Ernest Henley et Paul Durand-Ruel], Collection Cottier Catalogue. Catalogue de tableaux anciens et modernes, œuvres importantes des écoles française, anglaise et hollandaise (Paris, Durand-Ruel, 1892), 31, n° 89. – On peut trouver un moulin très semblable orienté vers la gauche dans Georges Michel, Moulins de Montmartre près de Paris, huile sur toile, localisation actuelle inconnue. Voir Bernd Müllerschön et Thomas Maier, Die Maler der Schule von Barbizon. Wegbereiter des Impressionismus (Stuttgart, éditions Thombe, 2002), 293.
  • [19]
    Voir Bruyn et al., A Corpus of Rembrandt Paintings, III, 514-520, n° B 12 ; Gregor J. M. Weber, « Flusslandschaft mit Windmühle » dans Christiaan Vogelaar et Gregor J. M. Weber (éd.), Rembrandts Landschaften, cat. d’exposition (Munich, Hirmer 2006), 124-133 ; Van de Wetering, Rembrandt’s Paintings Revisited, 557-558, n° 152.
  • [20]
    Voir Sensier, Étude sur Georges Michel, 13.
  • [21]
    Voir Erich Herzog, Die Gemäldegalerie der Staatlichen Kunstsammlungen Kassel (Hanau, Peters, 1969), 42-55 ; Bernhard Schnackenburg, « Pan und Syrinx von 1747 bis 1814. Stationen aus der Geschichte eines Kasseler Galeriebildes » dans Michael Eissenhauer (éd.), Pan und Syrinx. Eine erotische Jagd. Peter Paul Rubens, Jan Brueghel und ihre Zeitgenossen, cat. d’exposition. (Cassel, Staatliche Museen, 2004), 17-39, notamment 33-39 ; Thorsten Smidt, « Der Kunstraub in Kassel. Kehrseite und Konsequenz des napoleonischen Modernisierungsprojekts » dans Michael Eissenhauer (éd.), König Lustik!? Jérôme Bonaparte und der Modellstaat Königreich Westphalen, cat. d’exposition (Munich, Hirmer, 2008), 38-45 ; Anna Franz et Daniel Reupke, « Der Lagrange’sche Kunstraub von 1806 in Kassel. Historischer Kontext und juristische Aspekte », dans Zeitschrift des Vereins für hessische Geschichte und Landeskunde 120 (2015), 83-114.
  • [22]
    Cette délégation était constituée de Georg Ferdinand von Lepel, d’Ernst Friedrich Ferdinand Robert et de Johann Ludwig Völkel. À Paris, elle fut soutenue par Ludwig Christoph Graf Keller et Jacob Grimm ; voir Albert Duncker, « Eines hessischen Gelehrten Lebenserinnerungen aus der Zeit des Königs Jérôme. Zwei Manuscripte des Oberhofraths Dr. Ludwig Völkel » dans Zeitschrift des Vereins für hessische Geschichte und Landeskunde NF 9 (1882), 249-347, notamment 319, et Werner Moritz, « Jacob Grimm in Paris » dans Hanau 1985–1986. 200 Jahre Brüder Grimm. Reden zum Jubliäum, édité par la cité de Hanau (Hanau, Stadt Hanau,1986), 119-146, notamment 134 ; Savoy, Patrimoine annexé, 162-166.
  • [23]
    Voir par exemple Cassel, Archiv der Museumslandschaft Hessen Kassel (cité par la suite MHK), 32 (« Gemäldegalerie. Rückführung der Gemälde aus Paris. Kassel Braunschweig 1813–1815 »), dossier I (« Verzeichniß der unter dem Hieronimus Bonaparte weggekommen[en] Gemälde wovon diejenigen mit einem Strich versehenen im Juli 1814 aus Paris zurück erhalten, wieder abgenommen und nach Cassel geführt worden »), fol. 5r., n° 158 : « Paysage avec un pont, et un Chateau. Rembrandt » (Dans la liste, cette œuvre est accompagnée d’un trait, indiquant qu’elle a été restituée).
  • [24]
    Voir Marbourg, Hessisches Staatsarchiv (cité par la suite HStAM) 5, n° 15941 (« Zurückführung mehrerer dem Museum und der Bibliothek entfremdeter Kunstsachen und Bücher von Paris nach Kassel »), et plusieurs autres documents à Cassel, MHK, 32, dossier 1.
  • [25]
    Cette partie débute ainsi : « Was die zurückerhaltenen Gemälde von deren damit beauftragten Personen der ehmaligen Westphälischen Regierung betrifft […]. » ; Marbourg, HStAM 6a, n° 208, fol. 10 v.
  • [26]
    Voir Marbourg, HStAM 6a, n° 208, fol. 11 v : « Rembrandt / Eine Landschaft mit einer Brücke auf dem Vordergrund ». Grâce à d’autres nombres ajoutés, l’entrée se réfère explicitement à l’inventaire imprimé de Simon Causid, Verzeichniß der Hochfürstlich-Heßischen Gemählde-Sammlung in Cassel (Cassel, Estienne, 1783), 176, n° 42 : « Rembrandt von Ryn. Eine Landschaft, mit einer Brücke auf dem Vordergrunde. Auf einer Anhöhe ein altes Bergschloß mit Ruinen ».
  • [27]
    Voir Marbourg, HStAM, 6a, n° 208, fol. 9 v : « P.P. Rubens/Pan und Syrinx ».
  • [28]
    Voir Albert du Casse, « Documents inédits relatifs au premier Empire. Napoléon et le roi Joseph (suite) » dans Revue historique 11, n° 1 (1879): 81-103, notamment 84 ; et August von Schlossberger (éd.)., Briefwechsel der Königin Katharina und des Königs Jérome von Westphalen, sowie des Kaisers Napoleon I. mit dem König Friedrich von Württemberg, 3 tomes (Stuttgart, Kohlhammer, 1886-1887), II, 66.
  • [29]
    Voir Cassel, MHK, 32, dossier 2 (« Actum den 29 May 1814 »): « […] Montags den 20t. Juni gingen wir früh 8 Uhr in des Card. Fesch Hause, wo die Kisten mit den Gemählden lagen, es waren 8 von sehr verschiedener Größe. Eine nach der andern wurde geöffnet, u. es lagen darin unter einander Braunschweiger u. Casselsche Bilder, nebst vieler großer Porträts v. Hieronymus [= Jérôme] u. Personen seines Hofs. »
  • [30]
    Voir Briat-Philippe/Luijten, Georges Michel, 189-190.
  • [31]
    Voir Sensier, Étude sur Georges Michel.
  • [32]
    La recherche récente a parfois remis en question le récit de Sensier ; voir Foucart, « La Hollandomanie de Georges Michel », 25. Cependant, en l’absence d’autres sources, la biographie de Sensier reste une base indispensable pour la recherche sur Michel ; voir Geneviève Lacambre, « Fortune critique de Georges Michel » dans Briat-Philippe/Luijten, Georges Michel, 13-23, notamment 18.
  • [33]
    Voir Sensier, Étude sur Georges Michel, 24, 33, 90 et 174 ; voir aussi Raymond Bouyer, « Petits maitres oubliés. Georges Michel » dans Gazette des beaux-arts, 3. pér. 18 (1897) : 304-313, notamment 307 ; Léo Larguier, Georges Michel (1763–1843) (Paris : Delpeuch, 1927), 49, ainsi que Sarah Herring, National Gallery Catalogues. The Nineteenth Century French Paintings, I : The Barbizon School (Londres, Yale Univ. Press, 2019), 372.
  • [34]
    Sur l’absence de reproductions et deux copies peintes, voir Bruyn et al., A Corpus of Rembrandt Paintings, III, 520.
  • [35]
    Sensier, Étude sur Georges Michel, 44.
  • [36]
    Pour une liste d’œuvres de Michel présentées publiquement de son vivant, voir Briat-Philippe/Luijten, Georges Michel, 189-190.
  • [37]
    Sensier, Étude sur Georges Michel, 45 : « L’époque des Salons nous paraît être celle où il se prit à peindre, avec une grande minutie, une série de petits tableaux qui ne se recommandent que par leur préciosité, par la finesse de la touche et par une façon de pasticher les petits maîtres flamands du dix-huitième siècle. »
  • [38]
    Sensier, Étude sur Georges Michel, 50. La terminologie employée par Sensier trahit une façon de penser en catégories d’influence qui s’est imposée depuis longtemps. Pour une approche critique de cette façon de penser, voir Michael Baxandall, Patterns of Intention. On the Historical Explanation of Pictures (New Haven, Yale University Press, 1985), 58-62.
  • [39]
    Sensier, Étude sur Georges Michel, 50.
  • [40]
    Le travail de Sensier sur Michel doit être considéré dans le contexte de sa collaboration avec la galerie d’art Durant-Ruel ; voir Christopher Parsons et Neil McWilliam, « Le Paysan de Paris. Alfred Sensier and the Myth of Rural France » dans Oxford Art Journal 6, n° 2 (1983) : 38-58, notamment 39.
  • [41]
    Sensier, Étude sur Georges Michel, 52-53.
  • [42]
    Sensier, Étude sur Georges Michel, 49-50.
  • [43]
    Voir Jacques Foucart, « The Dutch Inspiration » dans John Sillevis et Hans Kraan (éd.), The Barbizon School, cat. d’exposition. (La Haye : Haags Gemeentemuseum, 1985), 21-34, notamment 21.
  • [44]
    Voir par exemple Steven Adams, The Barbizon School and the Origins of Impressionism (Londres, Phaidon Press, 1994), 43-48 ; Vincent Pomarède, « Songe à Barbizon, cette histoire est sublime » dans Pomarède/Wallens, L’école de Barbizon, 30-53, notamment 40-42 ; Michel Schulman, « De Georges Michel à Thèodore Rousseau : Essai d’itinéraires croisés » dans Briat-Philippe/Luijten, Georges Michel, 64-70. – Michael Clarke pensait que Camille Corot avait pris tôt connaissance de l’œuvre de Michel, mais dut laisser la question ouverte ; voir Michael Clarke, Corot and the Art of Landscape (Londres, British Museum Press, 1991), 42.
Français

The article explores the considerable impulses that have been generated by paintings which had come to Paris in the wake of the confiscations of works of art during the Napoleonic Empire. At the centre of the contribution is a revealing case study that shows how, around 1814, the French painter Georges Michel responded to a landscape by Rembrandt and used it as inspiration for his own painting. Based on this example, two questions are addressed : On the one hand, Michel’s painting exemplifies how much contemporary landscape painting in Paris benefited from the unusually good presence of Rembrandt’s landscapes in the years up to 1815. On the other hand, the case study could allow to determine the chronology of Michel’s oeuvre more precisely.


Date de mise en ligne : 05/01/2024

https://doi.org/10.3917/rda.221.0036

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