Fragonard et le pastel
Nouvelles contributions à la connaissance du portraitiste
Pages 61 à 73
Citer cet article
- DUPUY-VACHEY, Marie-Anne,
- Dupuy-Vachey, Marie-Anne.
- Dupuy-Vachey, M.-A.
https://doi.org/10.3917/rda.205.0061
Citer cet article
- Dupuy-Vachey, M.-A.
- Dupuy-Vachey, Marie-Anne.
- DUPUY-VACHEY, Marie-Anne,
https://doi.org/10.3917/rda.205.0061
Notes
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[1]
P. Ratouis de Limay, Le pastel en France au xviiie siècle, Paris, 1946, p. 175-176.
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[2]
Londres, 2006, p. 182-186. La notice a été depuis considérablement enrichie sur la version en ligne et abondamment illustrée (http://www.pastellists.com/Articles/Fragonard.pdf).
-
[3]
P. Rosenberg et Cl. Lebrun-Jouve, Les Fragonard de Besançon, 2006, p. 164-166, no 90.
-
[4]
Avant de figurer à la vente Walferdin (12-16 avril 1880, no 346), le pastel a peutêtre appartenu à Pierre Carlier (1743 ?-1818), peintre, restaurateur de tableaux au Louvre qui, à ce titre, devait connaître Fragonard. Figure en effet dans sa vente (25-27 mars 1819, no 13) un « Portrait de la servante de Fragonard » dont ni les dimensions ni la technique ne sont précisées.
-
[5]
Vente Londres, Christie’s, 5 juillet 2011, no 80. L’œuvre avait été auparavant publiée par J. P. Cuzin, Jean-Honoré Fragonard. Vie et œuvre, Fribourg, 1987, p. 231, fig. 290, p. 256, note 18.
-
[6]
E. et J. de Goncourt, L’art du xviiie siècle, Paris, éd. 1874, II, p. 368.
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[7]
M.-A. Dupuy-Vachey, cat. exp. Fragonard. Les plaisirs d’un siècle, Paris, musée Jacquemart-André, 2007-2008, p. 65, no 22.
-
[8]
Pierre noire, rehauts de craie blanche et de pastel rouge, sur papier bleu ; 20,4 × 17,7 cm ; Besançon, musée des Beaux-Arts et d’Archéologie (inv. D. 2937). Rosenberg et Lebrun Jouve, op. cit. à la note 3, p. 112, no 45.
-
[9]
Pierre noire, pastel ; 10,8 cm (médaillon) ; Besançon, musée des Beaux-Arts et d’Archéologie (inv. D. 2937). Rosenberg et Lebrun Jouve, op. cit. à la note 3, p. 167-168, no 92.
-
[10]
De l’aveu même des spécialistes il est parfois très difficile de déterminer la nature des craies employées autrement que par des examens directs et très poussés.
-
[11]
Le pastel de Rosalba Carriera appartient aux collections royales anglaises (RCIN 400647 ; cat. exp. Canaletto & the Art of Venice, Londres, Royal collection Trust, 2017, p. 318-319, no 152). La copie de Fragonard, qui appartint à Pierre Adolphe Hall (1739-1793), autre pastelliste notoire (M.-A. Dupuy-Vachey, « Lugt 1285 : From Gabriel Huquier to Peter Adolf Hall », Master Drawings, 2017, no 4, p. 503, no, 34, p. 536, note 81), n’est plus connue qu’au travers de sa contre-épreuve (P. Rosenberg et B. Brejon de Lavergnée, Panopticon Italiano. Un diario di viaggio ritrovato, 1759-1761, Rome, 1986, p. 388, no 221). Charles Natoire (1700-1777), directeur de l’Académie de France à Rome – que venait de quitter Fragonard –, avait également copié L’Hiver de Rosalba, dans le même médium (vente [Montullé], 22 décembre 1783, no 111 ; B. Sani, « La « furia francese » de Rosalba Carriera. Ses rapports avec Watteau et les artistes français », Antoine Watteau (1684-1721). Le peintre, son temps et sa légende, Paris-Genève, 1987, p. 73-84, et p. 83 pour la référence à Natoire).
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[12]
L’œuvre de Sebastiano Ricci copiée par Fragonard n’est pas identifiée.
-
[13]
Selon l’usage au xviiie siècle, on « peint au pastel » et les ventes de l’époque listent souvent ces œuvres parmi les tableaux.
-
[14]
A. Dayot et L. Vaillat, L’œuvre de J.-B.-S. Chardin et de J.-H. Fragonard, Paris, 1908, p. xix, no 161. Le dessin appartient alors au baron Edmond de Rothschild. Pastel sur papier bleu ; 20 × 14 cm. L’œuvre paraît de qualité et nous regrettons de n’avoir pu la localiser pour l’étudier. A. Ananoff, L’œuvre dessiné de Jean-Honoré Fragonard (1732-1806), I, 1961, p. 49-50, no 48*, fig. 23 (II, 1963, p. 295 ; III, 1968, p. 290). Notons par ailleurs que pour G. Wildenstein (The Paintings of Fragonard, Londres, 1960, p. 262, sous no 279), ces rehauts de pastel pourraient être de la main de Saint-Non.
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[15]
Cuzin, 1987, op. cit. à la note 5, p. 295, no 187 ; P. Rosenberg, Tout l’œuvre peint de Fragonard, Paris, 1989, p. 108, no 327. Sur l’interprétation érotique d’une telle représentation : G. Faroult dans cat. exp. Fragonard amoureux, Paris, musée du Luxembourg, 2015-2016, p. 176-177, no 58.
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[16]
Mercure de France, janvier 1773, p. 183-184. Sur le propriétaire des pastels, l’architecte Claude-Jean-Baptiste Jallier de Savault (1739-1806), voir S. Catala et Y. Plouzennec, « Jallier de Savault, 1762 : Some Italian Drawings Rediscovered », Master Drawings, 2019, no 1, p. 93-100.
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[17]
1er mars 1773, p. 130. La lettre de la gravure indique que le propriétaire est « M. Le Brun », sans aucun doute le marchand Jean-Baptiste Pierre Lebrun (1748-1813) opérateur de la première vente de 1778 et expert de la seconde (http://piprod.getty.edu/starweb/pi/servlet.starweb).
-
[18]
On se souvient qu’il fut reproché à Fragonard d’imiter les coloris de Federico Barocci (1535-1612), (A. Montaiglon, J. Guiffrey, Correspondance des directeurs, XI, Paris, 1901, p. 216-217). Une autre copie au pastel, celle-ci d’après le Portrait d’acteur de Domenico Fetti (1589-1623), fut attribuée à Fragonard (vente Yves Le Moyne, Paris, 5 février 1912, no 47). Pour J.-P. Cuzin et D. Salmon (Fragonard. Regards croisés, Paris, 2007, p. 41-42 et p. 227, note 136), cette attribution est « hautement improbable ». On note toutefois que l’original appartint à Pierre Crozat (Saint-Pétersbourg, musée de l’Hermitage) dans la collection duquel Fragonard copia plusieurs autres œuvres.
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[19]
Un lavis (Vienne, Albertina, inv. 12.726 ; A. Reuter dans cat. exp. Fragonard. Poesie & Leidenschaft, Karlsruhe, Staatliche Kunsthalle, 2013, p. 105-107, no 34) et une gravure du comte de Paroy (1750-1824) d’après un autre dessin, non retrouvé, de Fragonard, illustrent le thème de la « réunion conjugale » qui est aussi celui du tombeau du comte Claude-Henri d’Harcourt (1704-1769) commandé à Jean-Baptiste Pigalle (1714-1785) en 1770 (Paris, Notre-Dame ; J.-R. Gaborit, cat. exp. Pigalle, Paris, musée du Louvre, 1985, p. 17, p. 84-87).
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[20]
Vente Prault, Paris, 27 novembre 1780, no 24 : « Le buste d’un Enfant portant des cerises dans son chapeau. Hauteur 14 pouces, Largeur 11 pouces. Il est aussi ovale. » Pour une version plus petite dont l’attribution est discutée, voir Cuzin, 1987, op. cit. à la note 5, p. 348, no D 84 ; Rosenberg 1989, op. cit. à la note 15, p. 95, no 219.
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[21]
R. Mesuret, Les expositions de l’Académie royale de Toulouse de 1751 à 1791 : livrets, Toulouse, 1972, p. 463, no 27.
-
[22]
Vente Londres, Sotheby’s, 5 juillet 1993, no 210, repr. (circle of J.-H. Fragonard). Nous remercions Pierre Rosenberg de nous avoir fourni une bonne image de ce pastel que nous n’avons pu retrouver. Jeffares le catalogue sous le nom de Marie-Anne Gérard : http://www.pastellists.com/Articles/FragonardM.pdf
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[23]
Pierre noire, sanguine et craie blanche, sur papier bleu ; 25,3 × 19,6 cm ; musée Boij mans Van Beuningen (inv. F.I. 279) ; cat. exp. Five centuries of European drawings: the former collection of Franz Koenigs, Moscou, musée Pouchkine, 1995-1996, no 236.
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[24]
Toile ovale ; 39,5 × 31,5 cm ; Mexico, Museo Nacional de San Carlos (inv. 8934). Dupuy-Vachey 2007-2008, op. cit. à la note 7, p. 69-70, no 25.
-
[25]
Pierre noire, sanguine, rehauts de blanc, sur papier bleu ; 30,2 × 21,1 cm ; Marseille, château Borély, musée des Arts décoratifs et de la Mode (inv. 68-70). M. Roland-Michel, Maurice et Pauline Feuillet de Borsat collectionneurs. Dessins français et étrangers du xviie au xixe siècle, Marseille 2001, p. 62, no 45 (Fragonard).
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[26]
Voir par exemple Jeffares op. cit. à la note 2, 323.15, 323.152, 323.155.
-
[27]
Selon Jeffares (http://www.pastellists.com/Articles/PETITjb.pdf) il pourrait s’agir de Jean-Baptiste-César-Gabriel Petit, dit l’aîné (vers 1758-1837).
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[28]
Nouvelles de la République des Lettres et des Arts, 11 décembre 1782, no xxxvi, p. 286, nos 21 et 22. Les sujets de ces pastels pourraient correspondre à ceux d’une paire de tableaux dont il existe plusieurs répétitions par l’artiste et d’innombrables copies : L’Amour en sentinelle et L’Amour folie (Cuzin 1987, op. cit. à la note 5, nos 254-260bis, nos 391-394 ; Rosenberg 1989, op. cit. à la note 15, nos 280-292).
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[29]
Vente Paris, 11 décembre 1783, no 45. D’après la description, il pourrait s’agir d’une copie d’après La fuite à dessein, tableau gravé la même année par Macret et Couché et dont une version appartient aux Harvard Art Museums, Fogg Museum, Cambridge (Cuzin 1987, op. cit. à la note 5, p. 310, no 263 ; Rosenberg 1989, op. cit. à la note 15, p. 96, no 230).
-
[30]
Il s’agit probablement de Bihi-Almaric de Bréhan de Plélo, comte de Bréhan (1734-1808) ; voir la notice de Jeffares http://www.pastellists.com/Articles/Brehan.pdf
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[31]
Vente succession E. M. Hodgkins, Londres, Christie’s, 29 juin 1934, no 1. L. Réau les mentionne dans la collection Cailleux et en reproduit une dans « L’influence de Fragonard », La Renaissance, janvier-février 1935, p. 4, 7.
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[32]
Toile, 54 × 43 cm ; Paris, musée Jacque_ mart-André (Cuzin, 1987, op. cit. à la note 5, p. 290-291, no 166 ; Rosenberg, 1989, op. cit. à la note 15, p. 91, no 184). Copie au pastel, 55 × 47 cm, localisation inconnue (P. Rosenberg, cat. exp. Fragonard, Paris-New York, 1987-1988, p. 203, fig. 1).
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[33]
Cuzin et Salmon (2007, op. cit. à la note 18, p. 42, fig. 54) s’interrogent sur la possible attribution à Fragonard, ou à Bréhan, ou encore à un copiste du xviiie siècle, d’un pastel reproduisant la Tête de vieillard du musée Jules-Chéret de Nice (Cuzin, 1987, op. cit. à la note 5, p. 291, no 167 ; Rosenberg, 1989, op. cit. à la note 15, p. 91, no 185), conservé au château de Morlanne (Pyrénées). Nous ne connaissons cette œuvre que par sa reproduction, mais la touche grasse et lourde, comme le fond uniformément gris nous paraissent devoir exclure une attribution à Fragonard.
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[34]
Paris, AN/MC/XVIII/899, inventaire publié en partie par G. Wildenstein, « L’abbé de Saint-Non artiste et mécène », Gazette des Beaux-Arts, 1959, p. 225-244. Sur Saint-Non pastelliste voir Jeffares : http://www.pastel-lists.com/Articles/SAINTNON.pdf
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[35]
Wildenstein, 1959, op. cit. à la note 34, p. 239, sous nos 35-37.
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[36]
Vente H. M. Lévy, Paris, 25 mai 1905, nos 37 et 38 (école française xviiie siècle) : Jeune fille tenant une marmotte dans une boîte et Petit garçon accoudé sur une cage. Pour les œuvres de Fragonard sur ce thème : Rosenberg dans cat. exp. Paris-New York, 1987-1988, op. cit. à la note 32, p. 565-567 ; Cuzin, 1987, op. cit. à la note 5, p. 302, no 217, p. 314-315, nos 286-289 ; Rosenberg, 1989, op. cit. à la note 15, p. 115, nos 383-388.
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[37]
Pastel de Saint-Non, 80,3 × 63,5 cm ; New York, The Metropolitan Museum of Art (inv. 1977.383) ; K. Baetjer et M. Shelley, cat. exp. Pastel Portraits. Images of 18th-Century Europe, New York, The Metropolitan Museum of Art, 2011, p. 24-25, no 14. La date a été interprétée comme étant plutôt 1779 par d’autres auteurs. Huile sur toile de Fragonard, 71,8 × 55,9 cm ; New York, The Metropolitan Museum of Art (inv. 53.61.5) ; Cuzin, 1987, op. cit. à la note 5, p. 296-297, no 195 ; Rosenberg, 1989, op. cit. à la note 15, p. 103-104, no 294.
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[38]
Sur la relation peinture/dessin dans l’œuvre de l’artiste, voir notre étude : « Every possible combination. Between Inspiration and Finish in Fragonard’s Oeuvre », cat. exp. Fragonard: Drawing Triumphant, New York, The Metropolitan Museum, 2016-2017, p. 15-45.
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[39]
Cuzin dénote l’influence de la technique du pastel dans la délicatesse du coloris d’une Fillette en buste peinte sur toile (1987, op. cit. à la note 5, p. 323, no 330 ; Rosenberg, 1989, op. cit. à la note 15, p. 95, no 220).
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[40]
Cuzin date le Portrait d’enfant en Amour vers 1785 ; quant au pastel de Besançon, il le situa vers 1785-1790 (« Fragonard dans les musées français, quelques tableaux reconsidérés ou discutés », La Revue du Louvre et des Musées de France, février 1986, no 1, p. 65), puis « vers 1785 ? » en 1987 (op. cit. à la note 5, p. 231), datation qui paraît un peu tardive à P. Rosenberg (2006, op. cit. à la note 3, p. 166).
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[41]
Voir une courte notice biographique sur cet auteur dans Mémoires… de l’Académie royale des Inscriptions et Belles-Lettres, Paris, 1808, t. L, p. 682-683. Selon Villenave (Biographie universelle… Supplément, Paris, 1837, t. 62, p. 488), le véritable auteur de l’Histoire de la Maison de Bourbon serait Antoine Dingé (1759-1832), parent de Desormeaux. Si c’était le cas, étant né en 1759, il ne pourrait être que l’auteur des derniers volumes.
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[42]
Seul le portrait de Charles de Bourbon, duc de Vendôme (no 10) est gravé par Charles Gaucher (1741-1802). Tous les autres sont gravés par Simon-Charles Miger (1736-1820), qui exposa au Salon de 1779 trois des cinq planches d’après Fragonard (Explications des peintures, sculptures et gravures…, Paris, 1779, nos 270-272 : « Ces portraits ont été dessinés par M. Fragonard, d’après les originaux »). Celui de Charles III de Bourbon avait été publié dans le deuxième volume (fig. 8), mais ceux de François de Bourbon (no 12, fig. 20) et de Louis ier de Bourbon (no 14, fig. 22) étaient encore inédits en 1779. Par ailleurs, si le dessinateur du portrait d’Henry Ier, second prince de Condé (vol. IV, 1786), n’est pas indiqué, il pourrait s’agir de Jean-Marie Ribou (1744-1817), auteur d’une quarantaine de portraits en médaillon dont cinq copient ceux de Fragonard auquel l’ensemble fut longtemps attribué (N. Garnier-Pelle, Chantilly, musée Condé. Peintures du xviiie siècle, Paris, 1995, p. 108-111, 116-117, nos 55- 57, 75-76). Enfin, d’après Pognon et Bruand (Inventaire du fonds français, T. IX, 1962, p. 482, no 71), les cuivres appartenaient à l’Imprimerie nationale, mais au moment où nous rédigeons cet article, ils n’avaient pu encore être localisés.
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[43]
L’indication « pinx. » sur la lettre des gravures d’après les portraits dont Lemonnier est l’auteur peut désigner autant des tableaux que des pastels (voir note 13). La même remarque vaut pour deux des trois portraits donnés par Vincent (J.-P. Cuzin, Vincent entre Fragonard et David, Paris, 2013, p. 145-146, 450, no 440D, 441P et 442P). Le Portrait d’Henri de Bourbon, roi de Navarre semble s’inspirer d’un dessin de Pierre Dumonstier (1545 ?-1601) (Paris, Bibliothèque nationale de France, département des Estampes et de la Photographie, Rés. NA 22(12)), tandis que celui de Marguerite de France reprend curieusement un portrait d’Anne d’Autriche par Rubens, dit autrefois portrait d’Élisabeth de Bourbon, connu par une copie (Paris, musée du Louvre, inv. 1794).
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[44]
Volume II, p. 3. Le modèle pourrait être un tableau qui revient, selon H. E. Wethey, à Giovanni Pietro Silvio (1490/1500-1551), (The Paintings of Titian. II The Portraits, Londres, 1971, p. 156, X-14 et pl. 219), connu par la gravure de Lucas Vorsterman (1595-1675) dont la lettre précise que le connétable a été peint par Titien. Fragonard a considérablement adapté le modèle en ajoutant une armure d’où dépasse une fraise et en supprimant le volumineux couvre-chef. Mais il a retenu les caractéristiques du visage – nez pointu, barbe et moustache – et l’expression de défiance soulignée par un regard sourcilleux.
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[45]
Vente Huot-Fragonard, Paris, 19-20 mai 1876, no 25 : « Tête d’homme portant une cuirasse. Dessin au crayon noir rehaussé de blanc. Ovale. 26 × 20 cm » (adjugé 16 francs). Vente, Paris, 8 mai 1886, no 163 : « Soldat vu en buste. Dessin au crayon noir, rehaussé de blanc, sur papier bleu » (adjugé 90 francs).
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[46]
Un seul a été reproduit, par nous-même : « Zeichnung – Malerei – Zeichnung. Echos, Korrespondenzen und Verwandtschaften im Œuvre Fragonards », cat. exp. Karlsruhe, 2013, p. 241, fig. 19, et dans cat. exp. New York, 2016, op. cit. à la note 38, p. 44-45, fig. 40.
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[47]
Nous renvoyons à l’Annexe II pour le descriptif des dessins numérotés par nousmême. Ces dessins ont été acquis dans les années 1990 par leur propriétaire actuel, que nous remercions pour son autorisation de publication et pour ses indications concernant l’iconographie de certains d’entre eux. Il est tentant de les rapprocher des œuvres décrites dans la vente Anisson-Duperron de 1795 (Annexe I). Cependant il convient d’être prudent puisque Baudouin et Philippe-Jacques de Loutherbourg (1740-1812) y sont également cités alors qu’ils n’ont pas collaboré à l’ouvrage de Desormeaux. Comme le suggère Cuzin (2013, op. cit. à la note 43, p. 508, no 766D) les dessins de cette vente sont peutêtre des « projets finis destinés aux graveurs ». Nos pastels proviennent plus certainement de la vente du grand bibliophile Jérôme Bignon (4 décembre 1848, no 58) : « Dix-neuf dessins au crayon noir, rehaussé de blanc, sur papier bleu. Plusieurs par Fragonard fils, représentant Saint-Louis Bayard, et des princes et princesses du sang des Bourbons sous Henri IV. Un volume in-fol., maroquin vert dentelle, doublé de tabis, aux armes de France, avec étui ». Si la confusion avec Alexandre-Evariste Fragonard – auteur de nombreux portraits historiques et scènes troubadour – peut se comprendre, le chiffre de dix-neuf dessins interroge. Cinq autres portraits resteraient-ils à découvrir ?
-
[48]
Certains des portraits (nos 11 et 13) qui seront gravés apparaissent légèrement plus pâles, comme s’ils avaient été estompés uniformément. Les manipulations opérées pour les besoins de la gravure – calque ? contre-épreuvage ? – sont peut-être à l’origine de cet aspect. La matière de seulement trois portraits (nos 11, 12 et 13) a un peu déchargé sur les feuilles les protégeant.
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[49]
Nous tenons à remercier André Le Prat qui a examiné avec nous cette série, nous apportant ses grandes connaissances, notamment en ce qui concerne la technique employée par Fragonard.
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[50]
L’inexactitude ou l’anachronisme des costumes ne peut être en cause, comme le prouve la manière dont sont vêtus les personnages dans les vignettes dessinées par Moreau.
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[51]
Archives de Chantilly, Registre de la Maison de Condé, citées dans Henri d’Orléans duc d’Aumale, Le Cabinet des livres. T. 3, Histoire, Manuscrits, Paris, 1911, p. 390.
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[52]
Le tableau, en grisaille, est réapparu récemment (F. Joulie, François Boucher. Fragments d’une vision du monde, Paris, 2013, p. 64-65, no 18). On note aussi que quatre dessins de Moreau reproduits dans le premier volume (1772) sont datés de 1769 (Moscou, musée Pouchkine, inv. P-3989-3992 ; cat. exp. Le Musée Pouchkine. Cinq cents ans de dessins de maîtres, Paris, Fondation Custodia, 2019, p. 170-173, no 67).
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[53]
Le travail d’identification est facilité par les inscriptions à la plume figurant au verso de deux portraits (nos 1 et 10) et par celles, d’une graphie différente, portées à la pierre noire sur les feuilles de fin papier ivoire, pliées en deux de manière à protéger chaque dessin. La formule récurrente : « paroit représenter », suivie du nom du personnage, laisse entendre un léger doute de la part de l’auteur de ces annotations, lequel n’a pas été identifié.
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[54]
Pour les différentes sources auxquelles Fragonard a pu puiser, nous renvoyons à la rubrique « élément de comparaison » de chacun des portraits, dans l’Annexe II.
-
[55]
Les portraits gravés ne convaincront pas pour autant la critique qui jugea « ces œuvres toutes plus ou moins risibles » (J. Niel, Portraits des personnages français les plus illustres du xvie siècle, Paris, 1856, p. 6).
-
[56]
Vente Paris, 22 avril 1776, no 171 : « La femme de Pierre le Cruel, prosternée contre l’Autel qu’elle atteste de son innocence ; on voit le peuple attendri repousser les gardes qui la conduisoit en prison. Ce dessin, composé avec génie, par Fragonard, est à la pierre noire, sur papier gris, rechaussé [sic] de blanc ». La scène est relatée par Desormeaux, vol. I, 1772, p. 300.
-
[57]
Cuzin 1987, op. cit. à la note 5, p. 300, no 209 (voir éd. anglaise corrigée) ; Rosenberg, 1989, op. cit. à la note 15, p. 98, no 251 ; Dupuy-Vachey 2007-2008, op. cit. à la note 7, p. 119, no 54.
-
[58]
Malgré les opinions contraires qui se sont exprimées (cat. exp. Fragonard. The Fantasy Figures, Washington, National Gallery of Art, 2017, éd. Y. Jackall), notre conviction, étayée par de nombreux indices, est que cette série de portraits vêtus en costumes « à l’espagnole » était destinée à orner un lieu unique (M.- A. Dupuy-Vachey, « Fragonard’s “fantasy figures”: prelude to a new understanding », The Burlington Magazine, clvii, avril 2015, p. 241-247).
-
[59]
Désormeaux, tout comme Champfort (1741-1794), secrétaire du prince de Condé, font partie des hommes de lettres amis de Saint-Non (G. Brizard, Notice sur Jean-Claude Richard de Saint-Non, 1792, p. 34).
-
[60]
Cuzin, 1987, op. cit. à la note 5, p. 293, no 181 ; Rosenberg, 1989, op. cit. à la note 15, p. 93, no 203.
-
[61]
Rosenberg dans cat. exp. Paris-New York, 1987-1988, op. cit. à la note 32, p. 138.
-
[62]
Reproduit dans Washington, 2017, op. cit. à la note 58, p. 74, et dans Dupuy-Vachey, 2015, op. cit. à la note 58, p. 242, fig. 7.
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[63]
Une annotation sur l’exemplaire du British Museum indique : « m’a couté à la vente de Mr de Vassal de St. Hubert en 1779 16.# » (http://piprod.getty.edu/starweb/pi/servlet.starweb). Il doit s’agir d’une confusion avec la vente Vassal de Saint-Hubert de 1783.
1 « Dans l’œuvre de Frago., le pastel est fort rare », regrette Paul Ratouis de Limay, auteur de nombreux ouvrages de référence sur les pastellistes et leurs œuvres [1]. Plus récemment, Neil Jeffares, dans son incontournable Dictionnary of pastellists before 1800, établit le même constat [2]. Si l’on ne s’en tient qu’aux pastels conçus comme tels, c’est-à-dire aux œuvres très abouties, entièrement exécutées au moyen des bâtonnets de pâtes colorées, sur papier tendu sur châssis, deux seulement sont aujourd’hui admis sans conteste. Le premier est un Portrait de femme [3] (fig. 1) dont une inscription portée sur le carton d’encadrement, probablement de la main d’Hippolyte Walferdin (1795-1880), premier propriétaire connu de l’œuvre [4], identifie le modèle :
« Honoré Fragonard/Portrait de Sophie/sa ménagère/qu’il a eu[e] toute sa vie. Je tiens ce détail de son petit-fils [Théophile Fragonard (1806-1876)] ».
3 À n’en pas douter, le peintre fixe ici les traits d’une femme appartenant à son cercle le plus intime, posant sans coquetterie, un simple fichu clair drapé autour de la gorge tempérant à peine l’austérité de la palette. Le regard, empreint d’une tendre bonté, trahit la complicité unissant l’artiste à son modèle. Le second pastel fit sensation lors de son apparition en vente publique en 2011 [5] (fig. 2). Il représente un petit angelot aux boucles blondes, sans doute un portrait d’enfant allégorisé, mariant harmonieusement des tons bleus et rose clair traités tout en transparence. Ces deux portraits, si différents dans leur conception, seraient-ils des exceptions ? On peine à identifier des œuvres pouvant soutenir la comparaison. Plus fréquentes sont en revanche les feuilles où le pastel sert à rehausser une esquisse tracée à la pierre noire et à la craie blanche. L’artiste « arrache l’effet », selon l’éloquente formule des Goncourt, possesseurs d’un de ces dessins :
« […] brutalement crayonnés de noir, balafrés d’écrasis de crayons de couleur, de blanc, de bleu, de rouge, ayant la largeur, la traînée d’une large brosse [6] ».
5 Dans L’Amour de l’or, une jeune péronnelle tente d’arracher sa bourse à un avare [7] (fig. 3) ; des mèches ébouriffées de cheveux blancs et une barbe laineuse dévorent le visage du vieux grippe-sou, à l’exception du nez et des pommettes teintés du même rose qui façonne ses doigts ; le carmin du drapé enveloppant ses épaules ravive un peu plus l’ébauche prestement enlevée. Le plus souvent, les rehauts sont très minimes, limités à la coloration des lèvres, réchauffant le visage blafard d’une Jeune Fille avec bonnet [8] ou celui d’une autre pressant son sein, à laquelle s’ajoute la note discrète d’un ruban bleu ciel [9]. Dans ces œuvres, décrites dans les ventes anciennes comme « trois crayons », il n’est pas toujours facile d’identifier les interventions au pastel [10]. Leur point commun avec les feuilles entièrement exécutées dans cette technique est le support : un papier un peu fort, bleu ou gris, dont la texture particulière permet d’approcher les effets poudrés du pastel. Les « crayons[s] noir[s] rehaussé[s] de blanc » bénéficiant d’un papier teinté semblable peuvent aussi être des pastels et sont donc pris en compte dans cette étude.
Rosalba Carriera, un modèle de pastelliste
6 Si Fragonard put s’initier au maniement des fragiles bâtons dès son apprentissage dans l’atelier de François Boucher (1703-1770), on ne situe aucune œuvre de cette technique avant son départ pour l’Académie de France à Rome en 1756 et son retour à Paris cinq ans plus tard. Mais on relève que, lors de son passage à Venise, il copie au crayon l’un des plus fameux pastels de Rosalba Carriera (1675-1757) de la collection du consul Smith : L’Hiver, figuré sous les traits d’une femme regardant le spectateur d’un air faussement pudique, une fourrure couvrant à peine sa nudité [11] (fig. 4). Bien qu’il s’agisse d’une des centaines de copies réalisées par Fragonard à l’initiative de son mécène, l’abbé de Saint-Non (1727-1791), il est tentant de l’interpréter comme un hommage à la célèbre pastelliste. Semble le corroborer la présence, dans la partie inférieure de la même feuille, d’une autre copie, celle-ci d’après Sebastiano Ricci (1659-1734) : ce détail d’un jeune dessinateur assis par terre, la tête renversée en arrière, comme en admiration devant l’œuvre de la Rosalba, paraît n’avoir été retenu que pour mieux mettre en valeur la figure de L’Hiver [12].
Les sources anciennes
7 C’est en 1770 qu’apparaît pour la première fois un pastel de Fragonard en vente publique. Il s’agit d’une « tête de Vieillard » ayant appartenu à son confrère et ami, le peintre Pierre-Antoine Baudouin (1723-1769). Bien que la technique ne soit pas précisée et qu’il ait été catalogué parmi les tableaux, il s’agit très certainement d’un pastel puisque mentionné « sous verre [13] ». Un examen des ventes effectuées jusqu’en 1795 permet de recenser une trentaine d’œuvres (Annexe I). Ce chiffre paraît d’autant plus modeste que certaines sont plusieurs fois livrées aux enchères durant cette période. Ainsi ces « deux jeunes filles à demi cachées par un rideau verd, & jettant des roses », ayant figuré à la vente après décès de l’éditeur Laurent-François Prault (1780), puis à celle d’Auguste-Gabriel Godefroy (1785) et encore à celle du graveur Nicolas Delaunay (1792). Les deux dernières listent l’œuvre parmi les dessins, sans plus de précisions sur leur technique, suggérant ainsi que d’autres pastels ont pu échapper à l’attention des catalogueurs. Une reproduction ancienne de ces « deux jeunes filles » laisse deviner des rehauts de pastel plutôt qu’une œuvre entièrement exécutée dans cette technique [14]. La composition, titrée Les Curieuses, fut aussi traitée par l’artiste dans un format légèrement inférieur, à l’huile sur panneau de bois [15].
8 À cette même veine éroticogalante appartiennent trois pastels connus par l’intermédiaire de leurs gravures. Celles de Gabriel Marchand (né vers 1755) d’après Le Baiser donné et Le Baiser reçu sont annoncées en janvier 1773 [16] (fig. 5). Quelques mois après, L’Avant-Coureur mentionne la gravure du Baiser dangereux par Charles-François Flipart [17] (1730-1773) qui sera bien entendu citée lorsque le pastel passera en vente, à deux reprises, en janvier et novembre 1778 (fig. 6). Mais en dehors de ces quelques scènes de séduction, d’une copie d’après Baroche [18] (1781), d’un intrigant « Tombeau du comte d’Harcourt [19] » (1784) ou encore d’une « jeune femme vue de face & donnant à tetter à son enfant » (1786), les pastels cités dans les catalogues de vente représentent des « têtes », majoritairement féminines. Deux enfants seulement sont mentionnés, dont un « portant des cerises dans son bonet [sic] » (1785). Cette œuvre a disparu, mais à l’instar des Curieuses, il en existe une version de moindres dimensions, peinte sur toile, qui appar-tint à Prault, décidemment amateur de ces petits sujets [20]. Outre le pastel de la vente Baudouin (1770), on ne rencontre que deux autres têtes masculines dont, à nouveau, celle d’un « vieillard » à la vente Calonne de 1788. Son prix de 101 livres se justifie sans doute par sa taille imposante (81 × 64,9 cm), alors que la valeur de ces œuvres se situe généralement dans une fourchette nettement plus basse et assez large, entre 6 et 70 livres. Le prix ordinaire tourne autour de 20/30 livres, un peu plus pour les scènes galantes (environ 37/48 livres), bien que de plus petites dimensions. Une « Tête de jeune fille avec chapeau » décrite pourtant comme une simple « étude… au crayon noir rehaussé de blanc » atteint à la vente Desmarets (1778) la somme record de 120 livres.
9 Signalons aussi, parmi les rares sources de l’époque, « Un amour au pastel » exposé au Salon de Toulouse en 1786, sans précision de dimensions [21]. Il serait hasardeux d’y reconnaître notre Portrait d’enfant en Amour (fig. 2) pour lequel aucune provenance ancienne n’est connue, d’autant que le thème est récurrent dans l’œuvre de Fragonard. On aimerait pourtant mettre en relation les descriptions des ventes avec les quelques feuilles parvenues jusqu’à nous. Le beau portrait de femme de l’ancienne collection Doistau [22] (fig. 7), dont l’attribution à Fragonard n’est pas improbable, malgré des avis partagés, pourrait-il provenir de la vente Vassal de Saint-Hubert (1783) ? Le Premier baiser de l’ancienne collection Franz Koenigs [23] se confond-il avec l’« esquisse au pastel » de la vente Nogaret (1782) ? Tous deux sont sur papier bleu dans un format ovale et les dimensions concordent à quelques centimètres près. Mais la feuille Koenigs est-elle bien de Fragonard ? Le visage rond et lourd de la femme aux grands yeux écarquillés, les traits épais, noirs et rouges, repris de manière brouillonne à la craie blanche, sont difficilement compatibles avec la désinvolte élégance de l’artiste. Ne s’agirait-il pas plutôt d’un pastiche de la petite toile de Mexico où la jeune femme affiche une attitude plus subtilement suggestive [24] ? Nous éprouvons les mêmes réserves concernant l’étude aux trois crayons supposée préparer cette dernière [25]. On sait combien ce genre de figures au regard ambigüe et au décolleté généreux furent appréciées à l’époque des Goncourt et même avant, et l’on ne compte plus les pastels répétant ce type de sujets [26].
Fragonard, un modèle pour pastellistes amateurs
10 Du vivant même de l’artiste, les amateurs se plaisent à copier ses tableaux au pastel. Au Salon de la Correspondance de 1782, un certain « J. B. Petit [27] » expose « Deux copies d’après M. Fragonard […] représentant deux Amours ; au Pastel [28] ». L’année suivante c’est une « Jeune fille se sauvant des poursuites d’un Jeune Homme, au pastel, d’après H. Fragonard » qui passe, anonymement, à la vente du duc de Caylus [29]. Le comte de Bréhan [30] signa plusieurs copies dont deux d’après les fameux portraits dits de fantaisie. Datées de 1773, elles ne sont plus localisées depuis 1935 [31], tout comme celle d’après le Buste de vieillard à la toque [32] qui serait signée et datée de 1778 [33]. Enfin, dans l’entourage immédiat de Fragonard, Saint-Non multiplie les pastels d’après ses amis artistes, ce dont témoigne son inventaire après décès [34]. Y figurent notamment :
« […] deux petits dessins coloriés par M. de St Nom représentant un jeune savoyard qui montre la curiosité et une marmotte, copies d’après Fragonard [35] ».
12 Il pourrait s’agir des pastels de la vente Lévy qui répètent des compositions déclinées par l’artiste sur différents supports et dans différents médiums [36]. Une autre copie de l’abbé, datée de 1770, a le mérite de nous restituer l’entière composition du tableau intitulé Les Deux Sœurs, avant que la toile de Fragonard n’ait été réduite de moitié [37].
Le pastel, un passe-temps occasionnel et tardif ?
13 Le terme d’« étude », fréquemment employé dans les catalogues de vente, désigne probablement une œuvre seulement ébauchée plutôt qu’une étude préparatoire au sens propre du terme. Si l’on a vu qu’un même sujet peut être traité tantôt au pastel et tantôt à l’huile, on ne peut guère en conclure que l’un est l’étude ou le riccordo de l’autre, tant les pratiques de l’artiste sont affranchies des méthodes classiques [38]. Le passage d’un médium à l’autre s’inscrit moins dans une progression visant à une œuvre achevée que dans l’exploration de nouveaux effets [39]. Le « portrait » de la vente Baudouin tend à prouver que Fragonard maîtrisait le pastel bien avant 1770 ; nous avons aussi vu qu’un certain nombre d’œuvres utilisant cette technique sont antérieures à 1773 et au second voyage de Fragonard en Italie (1773-1774). Pourtant, c’est à l’autre versant de sa carrière que sont habituellement situés le Portrait d’enfant en Amour (fig. 2) et l’émouvant pastel de Besançon [40] (fig. 1). Ce dernier est souvent désigné comme le portrait d’une « femme âgée » ou d’une « vieille femme ». Son visage est certes marqué, mais il reflète à nos yeux davantage sa condition modeste qu’un âge très avancé que contredit la chevelure épaisse et sombre, grisonnante seulement aux racines. Le commentaire de Théophile, précisant que son grandpère eut « toute sa vie » la dénommée Sophie à son service, aurait-il influencé notre vision de ce portrait, l’âge prêté au modèle et la datation tardive de l’œuvre ? L’exécution à la fois franche et virtuose, n’est-elle pas plutôt en résonnance avec les figures de vieillards multipliées par l’artiste dans les années 1760 et avec les portraits dits de fantaisie peints à la fin de cette décennie-là ? On ne possède pas une masse critique d’œuvres suffisante pour répondre de manière irréfutable à ces questions. La très récente découverte de toute une série de portraits confirme toutefois que l’artiste s’est consacré sérieusement au pastel dès le tournant des années 1760-1770.
Fragonard portraitiste des Bourbons
14 La collaboration de Fragonard à l’Histoire de la Maison de Bourbon était connue jusqu’à ce jour par six portraits gravés dans les deuxième (1776) et troisième (1782) volumes de cet imposant ouvrage.
15 Son auteur, Joseph Louis Ripault-Desormeaux [41] (1724-1793), bibliothécaire de Louis-Joseph de Bourbon, prince de Condé (1736-1818), reçut le titre d’historiographe de la Maison de Bourbon en 1772, l’année même où le premier volume consacré à cette lignée vit le jour. Quatre autres s’égrèneront jusqu’en 1788. La Révolution interrompit définitivement l’ouvrage, qui s’achève sur l’assassinat d’Henri III en 1589, sans avoir pu relater l’avènement d’Henri IV, premier Bourbon à monter sur le trône de France. Contrairement aux précédentes publications de Desormeaux, celle-ci bénéficie d’une ornementation conséquente. Chaque chapitre s’ouvre sur une vignette dessinée par Jean-Michel Moreau le jeune (1741-1814) et se clôt par un cul-delampe de Pierre Philippe Choffard (1731-1809), auteur également des cinq fleurons de titre. Quatorze portraits par Fragonard, François-André Vincent (1746-1816), Anicet Charles Gabriel Lemonnier (1743-1824) et un anonyme complètent l’illustration [42]. Quelques lignes en tête de chaque volume décryptent les scènes des vignettes et décodent les savantes allégories composées par Choffard, tant pour les culsde-lampe que pour les superbes encadrements des portraits. Peu de précisions sont en revanche données concernant l’origine de ces derniers [43]. Le modèle d’un seul des six portraits de Fragonard est indiqué : le Portrait de Charles III de Bourbon (fig. 8) serait « dessiné d’après le tableau du Titien [44] ». Le dessin, cependant, ne figure pas dans la suite que nous allons étudier. Nous pensons le repérer dans une vente des descendants de l’artiste, en 1876, puis à une autre dix ans plus tard, avant de perdre sa trace [45].
Quatorze portraits inédits [46]
16 La découverte d’une suite de quatorze portraits de la main de Fragonard en relation avec cet ouvrage – dont cinq seulement ont été gravés – est aussi surprenante que riche d’enseignements [47] (Annexe II et fig. 9-22). Ces dessins frappent par leur état de fraîcheur et leur grande homogénéité stylistique autant que technique [48]. Ils sont tous exécutés au pastel noir, gris et blanc sur papier bleu [49]. Les fonds sur lesquels chaque effigie se détache, traités en dégradés des mêmes tons, parachèvent l’exceptionnelle qualité de ces grisailles. Un soin tout particulier a été porté aux rendus des détails. Les parures féminines, les ciselures des armures, comme les plis et godrons des fraises sont décrits avec minutie. On observe ici et là l’utilisation du pinceau pour, par exemple, modeler l’arrondi d’une épaulière ; de légers empâtements de blanc captent les reflets de la lumière sur une armure ou un ruban moiré. Ces effets picturaux sont moins perceptibles dans les cinq derniers portraits (fig. 18-22) où les tons clairs et foncés se fondent de manière plus nuancée ; l’aspect velouté de la matière ainsi obtenu atteste d’une maîtrise plus accomplie du pastel.
17 La probabilité que tous les portraits ont été réalisés au même moment, afin d’être gravés dans l’ouvrage de Desormeaux – et non dessinés a posteriori –, est confirmée par plusieurs indices. L’artiste, chantre de la couleur, s’est astreint à travailler en bichromie de manière à anticiper la transposition de ses dessins en gravure. Le tracé des contours, bien visible sur les deux seuls portraits qui n’ont pas été découpés au droit de l’ovale (nos 1 et 2, fig. 9-10), prouve qu’ils furent conçus dès l’origine dans cette forme correspondant à celle des gravures. Se pose alors la question de savoir pour quelles raisons neuf dessins ne furent pas retenus [50] et celle de la datation de l’ensemble de la série.
18 Les archives conservent la trace d’un paiement du prince de Condé à Desormeaux « pour lui écrire l’histoire de sa maison », datant de 1769 [51]. La conception de l’ouvrage remonte cependant au plus tard à l’année précédente, comme l’indique le frontispice gravé en 1768 par Augustin de Saint-Aubin (1736-1807) d’après un tableau de François Boucher de la même année [52]. C’est très vraisemblablement à la fin de cette décennie qu’appartiennent les dessins de Fragonard, comme l’examen des personnages dont le portrait n’a pas été gravé le démontre [53] (nos 1 à 9, fig. 9-17). En effet, ceux-ci se rapportent à la période comprise entre Louis IX, « tige de la branche royale de Bourbon », et Charles III. Six d’entre eux auraient donc dû figurer dans le premier volume de Desormeaux (1772) et les trois autres dans le suivant (1776). Des raisons financières auraient-elles conduit à publier le premier sans les portraits et le deuxième avec seulement celui du connétable de Bourbon (fig. 8) ? Desormeaux, novice en matière de livres illustrés, n’aurait-il pas maîtrisé les délais nécessaires au travail des graveurs? Une autre explication serait que les dessins de Fragonard n’aient pas plu, voire qu’ils aient été jugés inappropriés. On constate, par exemple, qu’il a portraituré des personnages occupant une place mineure dans le texte, laissant entendre un travail sans grande concertation avec l’historiographe : ainsi de Blanche de Bourbon (no 5, fig. 13) et du chevalier Bayard (no 8, fig. 16) – personnage hautement chevaleresque fait pour le séduire. Le portrait dit, selon une inscription, de Beatrix de Bourgogne (no 2, fig. 10a) interpelle aussi. Il n’est en effet question de l’épouse de Robert Le Fort, dernier fils de saint Louis, que de manière allusive dans l’ouvrage de Desormeaux. De plus, sa coiffe très sophistiquée correspond à celle affichée par Marguerite de Provence dans certains de ses portraits (fig. 10b). Est-ce une confusion de Fragonard ou, plus vraisemblablement, de l’annotateur ? Qu’il s’agisse bien de l’épouse de Louis IX paraît confirmé par la manière dont les deux portraits se font face, comme s’ils avaient été conçus en pendants, outre le fait qu’ils sont les seuls à ne pas avoir été découpés.
Fragonard iconographe
19 La lettre des gravures d’après les portraits de Fragonard souligne l’importance accordée à l’authenticité – supposée – des modèles, en spécifiant à chaque fois : « dessiné[s] d’après l’original ». Pour les époques les plus reculées, Fragonard a peut-être fait davantage appel à son imagination plutôt qu’à des sources reconnues. Si l’on repère des dessins ou gravures ayant pu l’inspirer, force est de constater qu’il a procédé à un travail de transposition et d’interprétation considérable. Au-delà de l’éventuelle conformité des traits, le portraitiste s’est en effet attaché à révéler les caractères et même à suggérer, à travers les expressions, l’empreinte des destins. En parallèle à ses propres recherches iconographiques et historiques [54], il a fait poser des modèles, chargeant ainsi ces portraits d’une présence très forte. Elle est particulièrement saisissante dans la vivacité des regards, tel celui en coin de Louis IX (no 1, fig. 9), quasi malicieux, qui aura peut-être été jugé irrévérencieux. Sur ces visages bien vivants, l’artiste a projeté les particularités physiques ou morales des personnages historiques. Les cicatrices et grains de beauté qui émaillent les effigies traditionnelles de Bayard (fig. 25) sont traduits avec un relief criant de vérité sous les doigts de Fragonard. Le duc Pierre II de Bourbon (no 7, fig. 15), désigné par Desormeaux « prince de la paix & de la concorde », est incarné par un vieillard chenu, au regard pénétré de sagesse et de bonté, dont la silhouette n’est pas sans évoquer certains modèles greuziens. Le visage émacié de Jean Ier duc de Bourbon (no 6, fig. 14), le front traversé de veines saillantes, son regard inquiet sous d’épais sourcils, trahissent le sort funeste de celui qui, fait prisonnier à Azincourt, mourra dans les geôles londoniennes après dix-neuf ans de captivité.
20 Les portraits auraient-ils été perçus comme trop réalistes ou d’un caractère trop familier pour figurer dans un ouvrage célébrant la dynastie ? Ceux qui ont donné lieu à des gravures apparaissent, il est vrai, plus sages, empreints d’une certaine retenue, en accord avec le ton hagiographique de l’ouvrage. Les costumes sont moins chargés de détails pittoresques pouvant détourner l’attention ; les poses plus stables comme les regards moins intenses se conforment mieux aux conventions du portrait officiel. Que nous ayons là une des raisons, sinon la raison majeure, de l’abandon des neuf premiers dessins trouve sa confirmation dans l’existence de deux portraits du connétable de Bourbon. Dans le premier (no 9, fig. 17) – qui fut donc refusé –, Fragonard dépeint un personnage volontaire, en pleine action, les cheveux et le col de sa cape battant au vent. Peut-être à dessein, étant au fait de la trahison dont le connétable se rendit coupable, l’artiste lui confère un regard dur et des lèvres dédaigneuses inspirant la crainte. Le portrait gravé (fig. 8), quant à lui, offre une image plus calme et classique sans rien enlever du caractère guerrier du personnage. Cette légère inflexion du mode de représentation perceptible dans les cinq derniers portraits, par ailleurs d’une technique plus maîtrisée comme observée plus haut, n’a pas empêché Fragonard de poursuivre sa méthode qui combine à la fois gravures ou autres sources anciennes et recours à des modèles vivants [55]. À l’évidence, un seul aura été sollicité pour portraiturer les trois frères, Antoine, François et Louis de Bourbon (fig. 19, 20 et 22). L’artiste effectue ici un véritable tour de passe-passe en intervertissant le sens des effigies et en distribuant habilement les accessoires – ici un col en dentelle, là une fraise, une armure ou encore un béret empanaché – permettant de les distinguer.
Des portraits historiques aux « portraits de fantaisie »
21 Fragonard s’est manifestement passionné pour la geste des Bourbons, au point même d’avoir envisagé de dessiner les vignettes, comme le laisse supposer une composition mettant en scène Blanche de Bourbon dont le destin tragique et la beauté légendaire ont décidemment ému l’artiste. Ce dessin, hélas perdu, était à la pierre noire sur papier gris rehaussé de blanc, c’està-dire techniquement semblable aux portraits [56]. Dans ce contexte, il n’est pas si étrange de voir notre artiste féru d’histoire(s) livrer une seconde version du Portrait de François de Bourbon, identique en tout point à celui exécuté au pastel (fig. 20), mais cette fois peint sur toile et dans un format bien supérieur [57] (fig. 23). La prouesse s’est apparemment limitée à cet unique portrait. Le raffinement de son exécution et son degré de finition, à la même époque où Fragonard brosse d’un pinceau énergique la série des portraits dits de fantaisie [58], ne laisse pas d’étonner. La contemporanéité de ces deux « galeries » de portraits mettant en scène des personnages en costumes de « l’ancien temps », dans des poses variées et animées, est-elle une coïncidence ? Rappelons que Saint-Non, un des personnages dont l’identité ne fait pas débat parmi ceux représentés en costumes « à l’espagnole », est un proche de Desormeaux [59]. Le Portrait de Blanche de Bourbon (fig. 13) ne trouve-t-il pas un écho dans celui de la Femme tenant une partition de musique [60] ? Pierre Rosenberg avait comparé cette dernière au pastel de la collection Doistau [61] (fig. 7). Ce rapprochement paraît encore plus pertinent depuis la réapparition d’une feuille [62] montrant un croquis de la belle cantatrice arborant, au lieu d’un collier de perle, un petit ruché autour du cou, à l’instar du mystérieux modèle du pastel. Ce n’est pas le lieu de débattre plus avant des points de convergence entre ces deux séries, spectaculaires chacune à leur manière. Mais l’on ne manquera pas d’y voir les preuves supplémentaires de l’étendue du génie de l’artiste et de son extraordinaire capacité à adapter son talent aux spécificités d’un projet. On peut regretter que la place du portrait dans l’œuvre de Fragonard n’ait été abordée jusqu’à présent que de manière superficielle, les portraits de fantaisie ayant accaparé toute l’attention. L’intrigante suite Bourbon invite à explorer plus en profondeur ce domaine où le pastel occupe un rôle que l’on n’avait pas encore soupçonné.
22 Nous remercions Guillaume Faroult de nous avoir encouragée à rédiger cet article et Christel Lance-Haffner pour ses conseils précieux et ses relectures attentives.
Annexes
Annexe I
23 Pastels de Fragonard passés en ventes publiques à Paris de son vivant
- Vente du peintre Pierre-Antoine Baudouin, 15 février 1770
No 38 : « Une autre tête de Vieillard, vue de trois quarts, elle est sous verre. Hauteur 13 pouces 6 lignes ; largeur onze pouces. » - Vente Le Brun, 23 décembre 1771-11 janvier 1772
No 319 : « Une jolie tête de femme très-finie, aux trois crayons, par Fragonard, & une étude de tête d’homme très-bien touchée, par le même. »
No 443 : « Une jolie tête de femme, aux trois crayons & très finie, par Fragonard. »
No 493 : « La tête d’une jeune fille faite au pastel et très finie, par Fragonard. » - Vente M. de La Tour d’Aigues, 15 mai 1777 No 138 : « Une tête de femme avec chapeau de paille, aux trois crayons. »
- Vente [Lebrun & Lerouge], 19 janvier 1778
No 127 : « L’Amour donnant un baiser à une jeune fille & appuyant son flambeau sur son sein. Hauteur 9 pouces, largeur 7 pouc. Ce joli pastel oval a été gravé par Flipart. » - Vente [Desmarets], 24 avril 1778
No 130 : « L’étude d’une Tête de jeune fille avec chapeau, au crayon noir rehaussé de blanc. 15 po. sur 10 de large. »
No 146 : « Une tête de jeune fille, aux trois crayons. 8 sur 7 de large. » - Vente [Cossé], 11 novembre 1778
No 111 : « Un joli pastel représentant l’Amour qui appuie son flambeau sur le sein d’une jeune fille, connu par l’estampe qu’en a gravée Flipart, sous le titre du baiser dangereux. Haut. 7 pouc. larg. 6 pouc. » - Vente Laurent-François Prault, 27 novembre 1780
No 34 : « Un Dessin au pastel sur papier bleu, représentant deux jeunes filles à demi cachées par un rideau verd, & jettant des roses. Hauteur 7 pouces, largeur 5 pouces, sous verre. » - Vente anonyme, 2 mai 1781
No 123 : « Une tête de femme de grosseur naturelle, coëffée en cheveux, faite au pastel. »
No 124 : « Autre tête, idem. au pastel, représentant une jeune fille la gorge découverte, & coëffée d’un bonnet un peu chiffonné ; touchée avec art. »
No 125 : « Une tête de jeune fille vue de profil, dessinée au crayon noir rehaussé de blanc. »
No 126 : « Deux très-jolies têtes d’enfans sur une même feuille ; dessinées au pastel, d’après le Barroche. » - Vente anonyme, 5 novembre 1781
No 143 : « La Tête d’un jeune enfant, vue de face, avec fraise & un grand chapeau, à la pierre noire réhaussée de blanc. » - Vente Sireul, 3 décembre 1781
No 244 : « Un Dessin au pastel & d’un effet singulier, représentant une jeune Servante coîffée & ajustée d’une maniere pittoresque. Hauteur 17 pouces, largeur 13 pouces. »
No 245 : « Un autre Dessin dans le même genre, & représentant le buste d’une Femme la tête nue & les cheveux retroussés. Hauteur 17 pouces, largeur 13 pouces. » - Vente [Nogaret], 18 mars 1782
No 115 : « Une Esquisse au pastel sur papier bleu représentant un jeune homme qui embrasse une femme. Hauteur 8 pouces, largeur 7 pouces, de forme ovale. » - Vente anonyme, 25 novembre 1782
No 236 : « Le Baiser, au pastel, de forme ovale.
Hauteur 8 pouces, largeur 6 pouces & demi. » - Vente Vassal de Saint-Hubert, 24 avril 1783
No 102 : « Le Buste d’une jeune femme orné d’une fraise. Ce morceau, fait de goût par Honoré Fragonard, porte 11 pouces 9 lignes de haut, sur 8 pouces de large. » - Vente anonyme, 23 mars 1784
No 106 : « Une Tête de Femme au pastel, vue de trois quarts, coëffée d’un chapeau. Hauteur 14 pouces, largeur 12 pouces. » - Vente anonyme, 11 novembre 1784
No 157 : « Tombeau du Comte d’Harcourt : ce dessin est ingénieusement composé ; l’Hymen & l’Amour plongent leurs flambeaux dans les cendres du Comte, & le recréent ; sa Femme se jette dans ses bras, tandis que l’Hymen & l’Amour repoussent la Mort : aux crayons noir & blanc, sur papier gris. Haut. 16 pouc. larg. 20. » - Vente anonyme, 18-23 avril 1785
No 59 : « Une Tête de Femme, coëffée d’un chapeau orné d’un ruban, étude au pastel ; 13 pouces 6 lignes par 11 pouces de large. »
No 60 : « Un Enfant, vu à mi-corps, portant des cerises dans son bonet ; étude au pastel, par le même. Hauteur 15 pouces, largeur 12 pouces. » - Vente Auguste-Gabriel Godefroy, 15 novembre 1785
No 97 : « Deux jeunes filles se cachant derriere un rideau. » - Vente Debesse, 12 janvier 1786
No 148 : « Une jeune femme vue de face & donnant à tetter à son enfant ; il est aux trois crayons sur papier bleu, & touché au pastel. » - Vente [Calonne], 21 avril 1788
No 247 : « Un Vieillard à mi-corps couvert d’un manteau rouge. Cette Tête ; peinte au pastel, soutient la comparaison avec la plus vigoureuse couleur à l’huile, tant pour la correction que pour la hardiesse de la touche. Hauteur 2 pieds & demi, largeur 2. » - Vente du C[harteaux et autres], 2 mai 1791
No 320 : « Buste d’une jeune fille, ayant une fraise au col, en pastel, par Honoré Fragonard. Hauteur 11 pouces 9 lignes ; largeur 8 pouces [63] » - Vente [Brongniart et autres], 22-24 mars 1792
No 35 : « Une tête de jeune Femme couronnée de fleurs, très-belle Etude faite au pastel. Haut. 24. p. larg. 20. »
No 36 : « Une belle autre tête de Vieille Femme, aussi peinte au pastel. Haut. 24. p. larg. 20. » - Vente Nicolas Delaunay, 7 mai 1792
No 22 (partie de) : « …des jeunes filles, cachées derrière un rideau et jouant avec des fleurs. » - Vente Etienne-Alexandre-Jacques Anisson-Duperron, 10 septembre 1795
No 2 : Jean-Marie Moreau, Pierre-Philippe Choffard, &c. Collection de soixante-quatre dessins représentans les faits historiques de la maison de Bourbon. Cette suite précieuse est composée avec le génie ordinaire aux ouvrages de ces artistes, &exécutés à la plume, lavés à l’encre &au bistre ; la plupart des portraits sont dessinés d’après les tableaux &monumens du temps, par Fragonard &
Vincent. On y a joint une suite des épreuves terminées &partie des eaux fortes.
No 4 : Neuf portraits d’hommes &femmes, dessinés aux crayons noir &blanc par Fragonard &Vincent. Ils étoient pareillement destinés à orner l’édition de la maison de Bourbon. »
Annexe II
25 Les portraits dessinés par Fragonard pour l’Histoire de la Maison de Bourbon
26 Les dessins sont numérotés dans l’ordre chronologique des personnages qui correspond, pour ceux qui ont été gravés, à celui dans lequel ils apparaissent dans les volumes ii et iii.
27 Tous les dessins sont au pastel. Nous n’avons pas retranscrit les inscriptions, en grande partie effacées, portées sur les feuilles de protection des portraits ayant été gravés. Pour ce que l’on peut en deviner, elles reprennent les noms des personnages figurant sur les gravures elles-mêmes.
28 No 1 – Louis IX ou saint Louis (1214-1270) (fig. 9)
29 22,3 × 18 cm
30 Inscription au verso, à la plume et encre brune : « St Louis mort devant Tunis / le 25.août 1270, agé de 56. ans / (par Fragonard) »
31 Inscription au crayon sur la feuille de protection : « Ce dessin n’a pas été employé / il paroit representer / Saint Louis »
32 Élément de comparaison : gravure d’Étienne Jehandier Desrochers (1668-1741), Recueil de portraits…, 1726, p. 50. (fig. 24).
33 No 2 – Marguerite de Provence (1221-1295) (fig. 10a)
34 20,5 × 16,3 cm
35 Inscription au crayon sur la feuille de protection : « Ce dessin n’a pas été employé / il paroit representer / Beatrix de Bourgogne, fille de Jean Duc de / et d’Agnes de Bourbon, epouse de Robert/ comte de Clermont fils de Saint Louis. C’est de / ce mariage, qu’est issue la Branche de Bourbon »
36 Élément de comparaison : B. de Montfaucon (Les Monumens de la Monarchie françoise, Paris, 1730, vol. II, p. 160 et pl. XXVI, fig. 3) reproduit un portrait tiré d’un armorial manuscrit de Gaignières et commente ainsi l’effigie de Marguerite de Provence : « Sa coëffure fort extraordinaire a tout l’air de n’être qu’un caprice du Peintre » (fig. 10b).
37 No 3 – Louis ier duc de Bourbon (1279-1341) (fig. 11)
38 23,2 × 18,5 cm
39 Inscription au crayon sur la feuille de protection : « Ce Dessin n’a pas été employé / il paroit representer / Louis I. Duc de Bourbon »
40 Élément de comparaison : étant donné le nez et le menton assez caractéristiques, Fragonard a pu s’inspirer du portrait d’un Bourbon plus récemment portraituré, par exemple celui de Louis de France (1682-1712), par Hyacinthe Rigaud (1659-1743), bien connu par la gravure de Pierre Drevet (1663-1738).
41 No 4 – Louis II duc de Bourbon (1337-1410) (fig. 12)
42 29 × 23,2 cm
43 Inscription au crayon sur la feuille de protection : « Ce dessin n’a pas été employé / il paroit representer : / Louis II duc de Bourbon »
44 Élément de comparaison : portrait de la collection Gaignières (Paris, Bibliothèque nationale de France, département des Estampes et de la Photographie, Rés. Oa-13 fo 25).
45 No 5 – Blanche de Bourbon (1339-1361) (fig. 13)
46 28,1 × 22,9 cm
47 Inscription au crayon sur la feuille de protection : « Ce Dessin n’a pas été employé / et paroit Représenter : / Blanche de Bourbon, femme de Pierre le Cruel / Roi de Castille / elle mourut dans les prisons de Siguenca / en 1366 »
48 No 6 – Jean ier duc de Bourbon (1381-1434) (fig. 14)
49 25,4 × 19,7 cm
50 Inscription au crayon sur la feuille de protection : « Ce dessin n’a pas été employé / il paroit representer / Jean I. duc de Bourbon, mort en Angleterre / après 19 ans de captivité »
51 No 7 – Pierre II de Beaujeu, duc de Bourbon (1438-1503) (fig. 15)
52 29 × 23,6 cm
53 Inscription au crayon sur la feuille de protection : « Ce dessin, qui n’a pas été employé / paroit representer / Pierre II Duc de Bourbon »
54 No 8 – Pierre du Terrail, dit le chevalier Bayard (v. 1473-1524) (fig. 16)
55 26,8 × 21,4 cm
56 Inscription au crayon sur la feuille de protection : « Ce Dessin n’a pas été employé / il paroit [re]presenter / le Ch. Bayard »
57 Et au verso de la même feuille : « Ce portrait n’a pas été employé / c’est le Ch. Bayard »
58 Éléments de comparaison : gravure de Léonard Gaultier (1561-1635) (fig. 25).
59 No 9 – Charles III de Bourbon, dit le connétable de Bourbon (1490-1527) (fig. 17)
60 29 × 22,5 cm
61 Inscription au crayon sur la feuille de protection : « Ce Dessin qui n’a pas été employé / paroit representer / Ch. Connetable de Bourbon »
62 Elément de comparaison : gravure de Lucas Vorsterman (1595-1675) dite d’après Titien No 10 – Charles de Bourbon, duc de Vendôme (1489-1536) (fig. 18)
63 29 × 22,5 cm
64 Inscription au verso, à la plume et encre brune : ch. de Bourbon Ier du nom / duc de Vendome
65 Gravé en sens inverse par Charles Gaucher, avec la lettre : « Dessiné d’après l’Original par Fragonard. Peintre du Roi. Gravé par Ch. Gaucher, de l’Académie des arts d’Angleterre. 1774 » (vol. III, face page 1).
66 Élément de comparaison : portrait de l’ancienne collection de la duchesse de Montpensier, au château d’Eu, connu de nos jours par la copie d’Henri Linssen de 1835 (château de Versailles, inv. MV 6755).
67 No 11 – Antoine de Bourbon, roi de Navarre (1518-1562) (fig. 19)
68 29,8 × 23,1 cm
69 Marque d’une pliure traversant en biais et en hauteur la partie droite de la feuille
70 Gravé en sens inverse par Simon-Charles Miger, avec la lettre : « Dessiné d’après l’original par Fragonard peintre du Roy. Gravé par Miger » (vol. III, face p. 99).
71 Éléments de comparaison : gravure de Thomas de Leu (1560-1612) ; tableau attribué à l’atelier de François Clouet, 1557 (J. Perot, Musée national du château de Pau. Quinze années d’acquisitions, 1970-1984, Paris, 1985, p. 29, no 1).
72 No 12 – François de Bourbon, comte d’Enghien (1519-1545) (fig. 20)
73 29,2 × 23,2 cm
74 Gravé en sens inverse par Simon-Charles Miger, avec la lettre : « Dessiné d’après l’original par Fragonard Ptre du Roi Gravé par Miger » (vol. III, face p. 113).
75 Élément de comparaison : Léonard Gaultier (1561- ap. 1635), Pourtraicts de plusieurs homme illustres qui ont flory en France depuis l’an 1500 jusques a Present ou Chronologie collée, 1601 (premier portrait à gauche de la seconde rangée en partant du haut) ; Paris, Bibliothèque nationale de France, Rés. FT6-QB-201 (172).
76 No 13 – Jeanne d’Albret, reine de Navarre (1528-1572) (fig. 21)
77 29 × 23,1 cm
78 Gravé en sens inverse par Simon-Charles Miger, avec la lettre : « Dessiné d’après l’original par Fragonard Peintre du Roy Gravé par Miger » (vol. III, face page 205).
79 Éléments de comparaison : Gravure de Thomas de Leu (1560-1612), 1597 ; gravure d’Étienne Jehandier Desrochers (1668-1741), Recueil de portraits…, 1726, pl. 86 (fig. 26).
80 No 14 – Louis Ier de Bourbon, prince de condé (1530-1569) (fig. 22)
81 29 × 23,2 cm
82 Inscription au verso, à la plume et encre brune : L. de Bourbon / 1e. du nom Pce. de Condé / tome 3
83 Gravé en sens inverse par Simon-Charles Miger, avec la lettre : « Dessiné d’après l’original par Fragonard Peintre du Roy Gravé par Miger » (vol. III, face page 299).
84 Éléments de comparaison : gravure de Thomas de Leu (1560-1612) ; tableau de l’école française du xvie siècle, attribué à François Clouet (Chantilly, musée Condé, inv. P-596), anciennement identifié comme portrait d’Anne duc de Joyeuse (L. de Groer, « Les portraits de Louis ier de Bourbon Prince de Condé (1530-1569) », Le Musée Condé, avril 1976, no 10, p. 1-6).