Article de revue

« Un peu trop grande et trop maigre »

Pages 51 à 60

Citer cet article


  • Rey, P.-L.
(2009). « Un peu trop grande et trop maigre » Revue d'histoire littéraire de la France, . 109(1), 51-60. https://doi.org/10.3917/rhlf.091.0051.

  • Rey, Pierre-Louis.
« “Un peu trop grande et trop maigre” ». Revue d'histoire littéraire de la France, 2009/1 Vol. 109, 2009. p.51-60. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-d-histoire-litteraire-de-la-france-2009-1-page-51?lang=fr.

  • REY, Pierre-Louis,
2009. « Un peu trop grande et trop maigre » Revue d'histoire littéraire de la France, 2009/1 Vol. 109, p.51-60. DOI : 10.3917/rhlf.091.0051. URL : https://shs.cairn.info/revue-d-histoire-litteraire-de-la-france-2009-1-page-51?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/rhlf.091.0051


Notes

  • [*]
    Université de Paris III-Sorbonne nouvelle.
  • [1]
    Les numéros de pages placés entre parenthèses renvoient à l’édition de Lamiel présentée, établie et annotée par Anne-Marie Meininger, Folio Classique, Gallimard, 1983.
  • [2]
    Les italiques signalent, pour toutes ces expressions, le style indirect libre.
  • [3]
    De l’amour, édition de Victor Del Litto, Folio, Gallimard, 1980, p. 209.
  • [4]
    « Une jeune fille de douze ans », lit-on pourtant dans La Chartreuse de Parme quand apparaît Clélia.
  • [5]
    « Lamiel née en 1824 », puis « née en 1814 » (deux fois), puis « née en 1813 » (p. 311-313).
  • [6]
    Voir André Doyon et Yves du Parc, De Mélanie à Lamiel ou D’un amour d’Henri Beyle au roman de Stendhal, Aran, éditions du Grand Chêne, 1972, p. 208-209.
  • [7]
    Théorie de la démarche, La Comédie humaine, édition de Pierre-Georges Castex, Pléiade, Gallimard, t. XII, 1981, p. 262. Au contraire de Balzac, Stendhal paraît avoir peu pratiqué Lavater.
  • [8]
    De l’amour, édit. citée, p. 50.
  • [9]
    Voir ibid., p. 208.
  • [10]
    À la recherche du temps perdu, édit. de Jean-Yves Tadié, Pléiade, Gallimard, t. I, 1987, p. 1022.
  • [11]
    Journal littéraire, 29 janvier 1803, I, Cercle du Bibliophile, 1974, p. 184.
  • [12]
    Chroniques italiennes, édit. de Béatrice Didier, GF-Flammarion, 1977, p. 71.
  • [13]
    Nous soulignons.
  • [14]
    De l’amour, édit. citée, p. 47.
  • [15]
    Voir A. Doyon et Y. du Parc, ouvrage cité, p. 110-111.
  • [16]
    Cette biche a « la bouche d’un brochet »… Ailleurs, relevant l’insulte de « fille du diable », Lamiel se pose hardiment comme un serpent. Elle compose décidément un bestiaire étonnant, auquel Philippe Berthier suggère d’ajouter la figure de l’aigle, peut-être dessiné sur les brouillons par allusion au nom du copiste, mais qui pourrait aussi bien faire référence aux « dents de carnassier », aux « serres de rapace » de la jeune fille (Lamiel ou la Boîte de Pandore, PUF, 1994, p. 93). (Est-ce une gueule de brochet que, parmi les figures d’aigles, Stendhal dessine sur ses brouillons ? Voir p. 243.) On croirait qu’est naturellement donné à Lamiel ce « privilège » dont rêve Stendhal, vers l’époque où il compose son roman, de se changer quatre fois par an, « en l’animal qu’il voudra » (Privilèges. Article 7).
  • [17]
    Œuvres romanesques complètes, édit. d’Yves Ansel et Philippe Berthier, Pléiade, Gallimard, t. I, 2005, p. 299.
  • [18]
    Voir entre autres Valentine dans Féder, Romans abandonnés, édit. de Michel Crouzet, 10/18,1968, p. 287.
  • [19]
    « Stendhal pseudonyme », dans L’Œil vivant, Gallimard, 1961, p. 202 et suiv.

Dans un premier jet du roman alors intitulé Amiel (daté du 1er octobre 1839), Stendhal a, contrairement à son habitude, placé avant le commencement de l’intrigue un portrait de son héroïne : « Une coupe de visage singulière et gentille, des yeux bleus d’une vivacité parlante, une peau superbe, une bouche souriante […] » (p. 232 ). Ce portrait, limité au visage, doit au point de vue choisi par le romancier d’être exempt de tout défaut : les « jeunes garçons de dix lieues à la ronde » sont en effet insensibles aux incongruités de traits ou de maintien qui ressortiront lorsque la jeune fille élargira le cercle de ses admirateurs. À la date où il compose cette ouverture, Stendhal a déjà imaginé Amiel, « grande, bien faite », mais « un peu maigre », et marchant « trop vite » dans les rues (p. 228). « Un peu trop grande et trop maigre », précise-t-il quand il la voit « de la Bastille à la porte de Saint-Denis et dans le bateau à vapeur de Honfleur au Havre ». Est-ce la même jeune fille qu’il a aperçue sur ces deux parcours, ou deux jeunes filles différentes dont les concordances de traits l’aideront à composer son personnage ? L’épreuve de la réalité l’incite, en tout cas, à aggraver les défauts du portrait : « Sa tête est la perfection de la beauté normande : front superbe et élevé, cheveux d’un blond cendré, un petit nez admirable et parfait, yeux bleus pas assez grands, menton maigre, mais un peu trop long [note : vrai] ; la figure forme un ovale parfait et l’on ne peut y blâmer que la bouche qui a un peu la forme et les coins abaissés de la bouche d’un brochet » (p…


Date de mise en ligne : 17/02/2009

https://doi.org/10.3917/rhlf.091.0051