Article de revue

Lamiel, conte dépolitisé ?

Pages 35 à 50

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  • Ansel, Y.
(2009). Lamiel, conte dépolitisé ? Revue d'histoire littéraire de la France, . 109(1), 35-50. https://doi.org/10.3917/rhlf.091.0035.

  • Ansel, Yves.
« Lamiel, conte dépolitisé ? ». Revue d'histoire littéraire de la France, 2009/1 Vol. 109, 2009. p.35-50. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-d-histoire-litteraire-de-la-france-2009-1-page-35?lang=fr.

  • ANSEL, Yves,
2009. Lamiel, conte dépolitisé ? Revue d'histoire littéraire de la France, 2009/1 Vol. 109, p.35-50. DOI : 10.3917/rhlf.091.0035. URL : https://shs.cairn.info/revue-d-histoire-litteraire-de-la-france-2009-1-page-35?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/rhlf.091.0035


Notes

  • [*]
    Université de Nantes.
  • [1]
    Lucien Leuwen, dans Stendhal, Œuvres romanesques complètes, t. II, Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade, 2007, p. 934.
  • [2]
    Stendhal, Lamiel, édition de Anne-Marie Meininger, Gallimard, coll. « folio », 1983, p. 240-242. Toutes les références au texte de Lamiel données entre parenthèses renvoient à cette édition, qui comprend un utile « Journal de Lamiel » (p.225-314) permettant de reconstituer la chronologie de la rédaction du roman.
  • [3]
    Travail « de tête » plus que travail sur « pilotis », Lamiel, tout comme La Chartreuse de Parme, appelle moins d’éclaircissements historiques précis, ponctuels, comme le prouve par l’exemple le volume de l’apparat critique dans les éditions savantes. Quelques pages seulement de notes paraissent nécessaires à H. Martineau (Romans et nouvelles, t. II, Gallimard, Pléiade, 1952, notes p. 1463-1469), à A.-M. Meininger (éd. cit., 103 notes, p. 327-340), ou à J.-J. Hamm (Lamiel, Garnier-Flammarion, 1993, notes p. 363-369), et à juste titre.
  • [4]
    Lucien Leuwen, Le Chasseur vert, IV, ORC II, p. 748-749.
  • [5]
    M. Bardèche, Stendhal romancier, éd. de la Table Ronde, 1947, p. 377.
  • [6]
    M. Bardèche, op. cit., p. 447.
  • [7]
    L’adjectif « terrible » figure 15 fois ; 8 occurrences renvoient à Du Saillard, et une seule à Sansfin (p. 144).
  • [8]
    M. Crouzet, « Les Français du king ???????? », dans Le dernier Stendhal 1837-1842, éd. Eurédit, 2000, p. 367.
  • [9]
    La phrase figure dans De l’Amour (chap. I, à la rubrique « amour de vanité » ), éd. V. Del Litto, Gallimard, coll. « folio classique », 1980, p. 28.
  • [10]
    Voir le Journal de Lamiel (mars 1841), p. 279-289.
  • [11]
    Ibid. (mars 1841), p. 300.
  • [12]
    Journal (7 décembre 1840), dans Œuvres intimes, t. II, éd. V. Del Litto, Gallimard, Pléiade, 1982, p. 402.
  • [13]
    Données chiffrées tirées des Concordances de Lamiel, op. cit., et des Concordances de Le Rouge et le Noir, éditées par G. Lassard et J.-J. Hamm, Olms-Weidmann, Hildesheim-Zürich-New-York, 1998.
  • [14]
    Dans Lamiel, l’unique occurrence (p. 123) du terme est amenée par la mention du jeune Fédor, élève de la « républicaine » École polytechnique, ce qui effraie fort sa mère : « Un duc de Miossens républicain !… »
  • [15]
    C’est là un point de vue qui fait de Lamiel le plus flaubertien des romans de Stendhal. Dans la mesure où il n’y a aucune prise de position qui vaille plus qu’une autre (« tout » est également ridicule), où aucun personnage n’incarne plus un idéal auquel il tient obstinément, les valeurs, « le » politique sont, de facto, dévalorisés, ridiculisés, farcesques, et, pire : insignifiants.
  • [16]
    « Le curé et son ami politique le docteur se dirent des douceurs… » (p. 63).
  • [17]
    Voir sur ce point la thèse de X. Bourdenet, « 1830 dans Lamiel ou l’événement comme farce », dans « Ô dix-neuvième siècle ! » Historicité du roman stendhalien : Armance, Le Rouge et le Noir, Lucien Leuwen, thèse dactylographiée, vol. 2, Université de Besançon, 2004, p. 729-740.
  • [18]
    Lucien Leuwen, éd. cit., p.403.
  • [19]
    Voilà qui est très clair, mais sans doute pas assez, puisque la portée sentimentale, sociale, idéologique, politique, des actrices et demoiselles de l’Opéra dans Lucien Leuwen, chastement occultée, est demeurée largement invisible pour les commentateurs. Voir sur ce point Y. Ansel, « Stendhal et la femme “en deux volumes” », article à paraître dans L’Année Stendhalienne, n° 8, Champion, 2009.

En marge de Lucien Leuwen, Stendhal se recommande très souvent d’éviter la satire, d’être « prudent » parce que ce qu’il raconte est à ce point greffé sur « les petits faits vrais », est souvent si proche des « modèles » que le romancier doit se garder des censeurs. Et Stendhal compte alors sur l’écart (environ cinq ans) entre la rédaction (1834-1835) et la date de publication (programmée, dans les marges, en 1838-1839), pour que les faits relatés dans Leuwen, appartiennent au passé : alors « le temps aura passé sa patine ». Tout autre est le rapport de Lamiel à l’actualité, au contexte historique. Pour deux raisons essentielles, inscrites dans le texte même : Lamiel est un récit rétrospectif, le narrateur est un notaire.
Censé être relaté par un narrateur qui conte des événements ayant eu lieu de nombreuses années auparavant (« j’écris ceci en 1840, vingt-deux ans après »), Lamiel, récit dégagé des débats de l’heure, est bien moins incisif, moins « âpre » que les trois autres romans précédents traitant sans recul de la France de la Restauration et de la monarchie de Juillet ; l’écrivain n’a donc pas trop à se soucier de se montrer « prudent », de masquer les modèles, de « dérouter » la personnalité et l’application. La Restauration n’est pas saisie dans la vie quotidienne, dans les menus événements ponctuels du moment, à travers le prisme des dernières nouvelles de tel ou tel journal, mais en quelque sorte dans son essence, telle que la postérité l’a déjà cataloguée, imagée…


Date de mise en ligne : 17/02/2009

https://doi.org/10.3917/rhlf.091.0035