BRIGITTE DIAZ, Stendhal en sa correspondance ou « L’Histoire d’un esprit ». Paris, Honoré Champion, 2003. Un vol. de 460 p.
- Par Didier Philippot
Pages 231j à 253j
Citer cet article
- PHILIPPOT, Didier,
- Philippot, Didier.
- Philippot, D.
https://doi.org/10.3917/rhlf.051.0231j
Citer cet article
- Philippot, D.
- Philippot, Didier.
- PHILIPPOT, Didier,
https://doi.org/10.3917/rhlf.051.0231j
Les correspondances ont beau avoir été extirpées du « purgatoire » où les avait bannies une critique hostile à toute forme d’intérêt biographique, il s’en faut de beaucoup que celle de Stendhal ait profité, autant que d’autres, de l’essor récent des recherches épistolaires. Aussi le livre de Brigitte Diaz arrive-t-il à point nommé, après la publication de la Correspondance générale par le regretté Victor Del Litto, non pas pour réhabiliter une correspondance qui n’en a nul besoin (tel n’est pas de toute façon son propos), mais pour réévaluer la place et la fonction de l’écriture épistolaire dans l’opus stendhalien, et tenter de cerner son irréductible singularité, par la comparaison, constamment maintenue, avec les grands textes du « genre ». D’ailleurs, l’avant-propos aide bien à cerner les raisons de la relative désaffection dont pâtit, aujourd’hui comme hier, la correspondance de Beyle : jugée atypique, et même indigente, par les amateurs de confidences épistolaires du siècle dernier, avides de surprendre l’homme « en déshabillé », et déçus de trouver la personne si conforme à son personnage, elle souffre peut-être aujourd’hui d’une autre singularité, son « déficit en littérarité », qui la dérobe au critère génétique dominant et l’éloigne des grands duos épistolaires, Flaubert/Sand, Flaubert/ Maupassant, Hugo/Vigny, etc. Ni document biographique brut, ni avant-texte ou brouillon de l’œuvre, la correspondance de Stendhal oblige à reconsidérer non seulement les paradoxes stendhaliens d…