FRANCESCO SPANDRI, L’« art de komiker ». Comédie, théâtralité et jeu chez Stendhal. Paris, Champion, 2003. Un vol. de 262 p.
- Par Yves Ansel
Pages 231k à 253k
Citer cet article
- ANSEL, Yves,
- Ansel, Yves.
- Ansel, Y.
https://doi.org/10.3917/rhlf.051.0231k
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- Ansel, Yves.
- ANSEL, Yves,
https://doi.org/10.3917/rhlf.051.0231k
Parce que la postérité a fait de l’auteur du Rouge et le Noir le doctrinaire du
« roman miroir », le « fondateur » du « réalisme sérieux » (E. Auerbach), l’ambition première de Beyle : apprendre l’« art de komiker » (lettre à L. Crozet du
30 septembre 1816), n’a pas reçu toute l’attention qu’elle méritait. C’est à réparer
cet oubli que s’attache l’ouvrage de Francesco Spandri, prenant au mot ce qui fut
sans doute la plus grande fixation littéraire de « l’animal » : « faire des comédies
sans fin » (marginale du 8 mars 1842).
Pas plus qu’il n’écrira de romans sans canevas ni « pilotis », le jeune Beyle
n’envisage de succéder à Molière sans savoir d’abord ce qu’il en est du comique,
du rire, du ridicule, de la satire, etc. De ses nombreuses lectures, le « comic bard »
tirera une « théorie empirique » (objet du chapitre 1) d’où ressort progressivement
l’idée d’un « comique tendre » (opposé au « comique satirique » d’un Molière ou
d’un Voltaire), ultérieurement mis en œuvre dans les romans.
Comique et comédie vont de pair. Raison pour laquelle le jeune Beyle ne
songe jamais au roman. Du théâtre, encore du théâtre, toujours du théâtre. Toutes
les lectures, tous les essais de jeunesse ont la scène pour finalité, et c’est tout naturellement que l’auteur de Racine et Shakespeare truffe ses romans de références,
d’allusions, de conversations, d’intrigues théâtrales. Dans la mesure même où le
roman est la relève de la comédie, c’est tout l’intertexte du répertoire que Stendhal
mobilise dans ses fictions (chapitre 2)…