Article de revue

« L’instinct intérieur »

L’Esprit saint et ses dons dans le sacrement de confirmation

Pages 41 à 51

Citer cet article


  • Perrin, D.
(2026). « L’instinct intérieur » L’Esprit saint et ses dons dans le sacrement de confirmation. Communio, 303(1), 41-51. https://doi.org/10.3917/commun.303.0042.

  • Perrin, David.
« “L’instinct intérieur” : L’Esprit saint et ses dons dans le sacrement de confirmation ». Communio, 2026/1 n° 303, 2026. p.41-51. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-communio-2026-1-page-41?lang=fr.

  • PERRIN, David,
2026. « L’instinct intérieur » L’Esprit saint et ses dons dans le sacrement de confirmation. Communio, 2026/1 n° 303, p.41-51. DOI : 10.3917/commun.303.0042. URL : https://shs.cairn.info/revue-communio-2026-1-page-41?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/commun.303.0042


Notes

  • [1]
    Rituel de la confirmation, Chalet-Tardy, n° 49, 1015, p. 53. La formule latine est : « Accipe signaculum doni Spiritus Sancti ». On pourrait traduire littéralement : « Reçois le sceau du don de l’Esprit saint. »
  • [2]
    Les problèmes posés par sa nomination l’expliquent en partie. Comme le rappelle E. Perrier : « Les noms propres du Saint-Esprit soulèvent une difficulté particulière parce qu’ils sont empruntés à des noms communs. Par exemple, les noms Esprit et Saint conviennent aux trois personnes, car ils signifient des perfections de l’essence divine commune : Dieu est esprit et Dieu est saint. S’ils ont changé de statut, c’est en vertu de l’usage de l’Écriture sainte puis de l’Église, qui a attiré l’expression composée Esprit saint vers la signification propre d’un nom personnel. Thomas parle d’une ‘‘accommodation” de la signification, modifiée pour intégrer la relation et donc pour signifier une personne divine dans ce qui la distingue ». Emmanuel Perrier, « De Deo ut trino : Dieu la pluralité de ses personnes », dans Théologie de saint Thomas d’Aquin. Synthèse et thèmes, sous la direction de Ph.-M. Margelidon, Paris, Le Cerf (coll. « Patrimoines thomistes »), 2025, p. 173.
  • [3]
    Le Catéchisme de l’Église catholique cite cette formule au n° 1290.
  • [4]
    Voir Jean-Philippe Revel, « L’achèvement du baptême », Communio 7/5 (1982), p. 13-32.
  • [5]
    Prenons, à titre d’exemple, cette édition des catéchèses du pape François : Reçois l’Esprit Saint : la confirmation, les 7 dons du Saint-Esprit, Paris, Éditions de l’Emmanuel, 2022.
  • [6]
    Bonaventure, In IV Sent., d. 7, a. 2, q. 2, c.
  • [7]
    Jean-Paul II, Allocution pour l’approbation du catéchisme de l’Église catholique, 25 juin 1992, Documentation Catholique, n° 2055, p. 719.
  • [8]
    le catéchisme détermine ici la substance de la grâce baptismale sans parler des effets spéciaux propres au sacrement du baptême, comme celui de la naissance à la vie spirituelle. La grâce sacramentelle est toujours la grâce des vertus et des dons du Saint-Esprit mais elle est enrichie, augmentée, en vue d’une vie chrétienne et ecclésiale accomplie.
  • [9]
    Les vertus théologales ou théologiques ordonnent directement le sujet à Dieu qui se révèle. Elles lui donnent de le croire, de l’aimer, de l’espérer. Les vertus morales donnent, quant à elles, de bien agir. La tradition chrétienne a dégagé quatre vertus morales principales ou cardinales : la prudence, la justice, la force et la tempérance. Une vie bonne et heureuse exige l’exercice de ces quatre vertus. Mais il faut distinguer, même si celles-ci peuvent coexister chez un même sujet, les vertus morales infusées par Dieu et les vertus morales que l’on peut acquérir par ses propres forces naturelles.
  • [10]
    La thèse de la distinction réelle des vertus théologales, des vertus morales et des dons du Saint-Esprit fut très tôt contestée dans les milieux franciscains, retouchée et infléchie dans les milieux thomistes. Voir Odon Lottin, « Les dons du Saint-Esprit du XIIe siècle à l’époque de saint Thomas d’Aquin », dans Psychologie et morale aux XIIe et XIIIe siècles, t. III, vol. 1, Abbaye du Mont César, Louvain, J. Duculot, Gembloux, 1949, p. 327-456 ; Id., « Les dons du Saint-Esprit de saint Thomas d’Aquin à Pierre Auriol », dans Psychologie et morale aux XIIe et XIIIe siècles, t. IV, vol. 2, Abbaye du Mont César, Louvain, J. Duculot, Gembloux, 1954, p. 667-736. O. Lottin adopte la critique scotiste dans Morale fondamentale, vol. I, Tournai, Desclée (coll. « Bibliothèque de théologie », II), Tournai, 1954, p. 403-434.
  • [11]
    Voir Thomas d’Aquin, Somme de Théologie (Sum. theol.)., Ia-IIae, q. 68, a. 4, ad 3 ; a. 8. Pour Thomas, les dons dérivent des vertus théologales. Sa position sur la nature des dons et leur relation aux vertus a évolué entre ses œuvres de jeunesse et la Somme de Théologie et sur certains points entre la Ia-IIae et la IIae-IIae de la Somme de Théologie. Voir Edward O’Connor, « Appendix 4. The evolution of St Thomas’s thought on the gifts », in Thomas Aquinas, Summa Theologiae, Vol. 24, Londres, Blackfriars, 1975, p. 110-130.
  • [12]
    Thomas d’Aquin, Sum. theol., Ia-IIae, q. 68, a. 2, c.
  • [13]
    Le mot instinctus se trouve dans un texte de l’Éthique à Eudème et traduit le grec ἐνθουσιασμόν : « Le Philosophe aussi dit, dans un chapitre sur la bonne fortune, qu’il n’est pas expédient à ceux qui sont mus par un instinct divin de tenir conseil selon la raison humaine, mais qu’ils n’ont qu’à suivre l’instinct intérieur, parce qu’ils sont mus par un principe meilleur que n’est la raison humaine. » Thomas d’Aquin, Sum. theol., Ia-IIae, q. 68, a. 1, c. Le « chapitre de bona fortuna » que Thomas cite ici n’est pas encore, selon I. Costa, le Liber de Bona fortuna qui est une compilation plus tardive de deux textes traduits par Guillaume de Moerbeke vers 1265 : un chapitre tiré du deuxième livre des Magna moralia (1206b30–1207b19), puis un autre tiré du huitième livre de l’Éthique à Eudème (1246b37 – 1248b11). Voir Iacopo Costa, « L’Éthique à Eudème et la Grande morale dans l’œuvre de Thomas d’Aquin », Documenti e studi sulla tradizione filosofica medievale 32 (2021), p. 73-134.
  • [14]
    Voir Jean de Saint-Thomas, Les dons du Saint-Esprit [1664], traduction par R. Maritain, Juvisy, Le Cerf, 1930, p. 40 : « C’est d’une manière différente que nous sommes conduits à notre fin surnaturelle et divine par nos propres efforts et la régulation de notre raison même aidée par les vertus infuses, ou par la régulation de l’Esprit saint — comme c’est d’une manière différente que le navire est conduit par le travail des rameurs, ou par le vent qui emplit ses voiles, bien que dans les deux cas il tende au même terme à travers les ondes ».
  • [15]
    Pour l’histoire de cette théologie, son désenveloppement progressif, ses sources scripturaires, patristiques grecques et latines et philosophiques, nous renvoyons à l’étude d’Ambroise Gardeil dans le Dictionnaire de théologie catholique, t. IV/2, col. 1748-1781 et pour une étude plus précise de la période médiévale, aux deux études déjà citées d’Odon Lottin qui prennent saint Thomas pour tournant.
  • [16]
    Beaucoup de traités médiévaux ne sont malheureusement pas encore traduits en français. Le lecteur pourra se rapporter pour saint Thomas à la question 68 de la Prima secundae de la Somme de Théologie et à ce qu’il dit de chaque don en particulier dans la Secunda secundae et pour saint Bonaventure à deux ouvrages : le Breviloquium, Partie V, La Grâce du Saint-Esprit (Éditions franciscaines) et les Conférences sur les sept dons du Saint-Esprit (Le Cerf).
  • [17]
    Thomas d’Aquin, Somme de Théologie, Ia-IIae, q. 68, a. 4, ad 1.
  • [18]
    Sur la théologie des missions divines, qui comportent deux aspects constitutifs (la procession éternelle des personnes/ un rapport de la personne divine à la créature qui bénéficie d’une nouvelle présence de cette personne), voir Philippe-Marie Margelidon, Yves Floucat, « Missions divines » (art), dans Dictionnaire de philosophie et de théologie thomistes, Paris, Parole et Silence (coll. « Bibliothèque de la Revue thomiste »), 20233, p. 346-348.
  • [19]
    Les dons intellectuels, comme celui de sagesse, d’intelligence ou de science, sont appropriables davantage à la personne du Fils, qui est la sagesse engendrée, conçue éternellement du Père, qu’à la personne de l’Esprit.
  • [20]
    Voir Thomas d’Aquin, Sermo XI, Emitte spiritum.
  • [21]
    Voir Thomas d’Aquin, Sermo XII, Seraphim stabant ; Sum. theol., IIaIIae, q. 81, a. 8, c.
  • [22]
    Rituel de la confirmation, n° 45, op. cit., p. 50.
Français

Les sept dons du Saint-Esprit ne sont pas exclusifs à la confirmation puisqu’ils sont déjà reçus avec la grâce baptismale. Cependant la confirmation leur donne une actualité nouvelle en conférant à l’âme une sorte « d’instinct divin » approprié à la personne du Saint-Esprit.


English

“The inner instinct”: the Holy Spirit and his gifts in the sacrament of Confirmation

The seven gifts of the Holy Spirit are not exclusive to Confirmation, since they are already received with baptismal grace. However, Confirmation gives them new relevance by conferring on the soul a kind of “divine instinct” appropriate to the person of the Holy Spirit.


Date de mise en ligne : 19/02/2026

https://doi.org/10.3917/commun.303.0042

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