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Article de revue

L'Art du chant : un indicateur économique et social ?

Pages 144 à 151

Citer cet article


  • Oussenko, S.
(2013). L'Art du chant : un indicateur économique et social ? Cités, 54(2), 144-151. https://doi.org/10.3917/cite.054.0144.

  • Oussenko, Sylvie.
« L'Art du chant : un indicateur économique et social ? ». Cités, 2013/2 n° 54, 2013. p.144-151. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-cites-2013-2-page-144?lang=fr.

  • OUSSENKO, Sylvie,
2013. L'Art du chant : un indicateur économique et social ? Cités, 2013/2 n° 54, p.144-151. DOI : 10.3917/cite.054.0144. URL : https://shs.cairn.info/revue-cites-2013-2-page-144?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/cite.054.0144


1Lors d’un gala à l’Opéra de Paris – lorsque les chefs d’État jugeaient encore bon de fréquenter ces établissements – le général De Gaulle, Président de la République, s’étant rendu au foyer des artistes pour les saluer, interrogeait l’un de nos plus illustres chanteurs lyriques, Gabriel Bacquier, en ces termes : « Dites-moi, Bacquier, le ballet se porte-t-il bien ? ». Réponse : « Oui, Monsieur le Président »... et le Général de jeter avec sa superbe habituelle : « Alors, si le ballet va, tout va ! ». Ainsi passa la haute silhouette dans les couloirs de l’une des deux maisons qui formaient, avec l’Opéra-Comique / Salle Favart, la RTLN ou Réunion des Théâtres Lyriques Nationaux, une entité jacobine au parisianisme jaloux.

2Nous étions aux lendemains de la création du Ministère de la Culture, cadeau du Général fait à André Malraux, Ministre d’État, et à la veille de l’implosion du nombre des théâtres lyriques en France sous les efforts conjugués – le Général ayant alors rendu son âme à Dieu – d’un Président de la République agrégé des Lettres (classiques), d’un Ministre aux ordres et d’un Directeur de la Musique, compositeur qui ne révolutionna pas le monde de la création, soucieux, ainsi que nous l’avons écrit ailleurs, de laisser son nom dans l’Histoire, serait-ce au prix d’une déconfiture ; nous évoquons les mânes respectivement de Georges Pompidou, Jacques Duhamel, passé de l’Agriculture à la Culture tout court - l’ENA, Sciences Po. et l’Université (sociologie) ne lui ayant pas appris que plus on agitait le mot fascinant de « Culture », moins il y en avait - et Marcel Landowski.

Les constats ne sont pas des polémiques

3Le trio que nous évoquons était déterminé : l’Opéra de Paris (mais que fera-t-on de l’Opéra-Comique ?) devait rivaliser, sous leur règne, avec les grandes scènes internationales, ce qu’il faisait d’ailleurs depuis de nombreuses années, voire depuis le siècle précédent. Relire les comptes-rendus et critiques de l’époque est instructif. Mais cela ne suffisait pas à nos héros qui proposèrent le poste d’Administrateur de la RTLN à un Suisse, directeur de l’Opéra de Hambourg qu’il menait fort bien avec une programmation d’« alternance », Rolf Liebermann, bon musicien et compositeur estimable plus qu’inspiré. Passer de Hambourg à Paris dût échauffer la tête de Liebermann qui demanda un salaire si élevé qu’il fallut que la RTLN s’amputât, sans vraiment l’avouer, de l’Opéra-Comique / Salle Favart « pour y arriver », l’État n’attribuant qu’une subvention de consolation à la seconde scène nationale parisienne qui possédait et servait son propre répertoire (Carmen, Werther, Tosca, Les Noces de Figaro, Pelléas et Mélisande, etc…) – que l’on fit bientôt passer à l’Opéra -, connaissait une fréquentation non négligeable et dont l’histoire est (toujours) prestigieuse. Rappelons les faits : toute la troupe des solistes, les chœurs, l’orchestre, etc. furent balayés. Il fut demandé aux vedettes des deux Maisons d’auditionner, car, étrangement, et comme on ne l’attendrait pas de la part d’un directeur d’Opéra, Liebermann, paraît-il, ne connaissait pas les chanteurs qui faisaient les délices de l’Académie nationale de Musique et de Danse, et de la Salle Favart ! Évidemment, ces vedettes-là refusèrent d’auditionner – comprenons-les ! ; on créa, sous un nom inapproprié une « troupe », une poignée de chanteurs souvent contestables (cela ne dépassait pas la douzaine) qui assurèrent les doublures et les seconds plans comme ils le purent. Les quelques stars internationales, françaises pourtant, ne connurent pas cet affront car elles étaient (Crespin, Bacquier, Eda-Pierre…), depuis au moins une dizaine d’années, reconnues comme telles sur les plateaux les plus prestigieux et occupaient les sillons des enregistrement dits (sottement) de référence ! Cela se passait en des temps proches et lointains à la fois, en 1972, annus horribilis, les théâtres de provinces passant de la concession à la régie municipale, se contentant de donner par an ce qu’ils donnaient par mois auparavant, sacrifiant du même coup chanteurs, danseurs, chœurs, orchestre et tout le personnel que demande un théâtre. La majorité se sabordera : de cent, n’en survivront que dix ! Étrangement, on constate que cette même année Gabriel Dussurget, fondateur du Festival d’Aix-en-Provence et conseiller artistique de la RTLN (Paris), fut remercié pour l’un et l’autre de ces deux postes et que… le Gaumont-Palace fut mis à bas pour laisser la place à un centre commercial ! Au fil des heures consacrées à son séminaire de psychologie sociale, le professeur Roger Daval (1911-1994), arrivé en fin de carrière, affichait un pessimisme qu’il exprimait à son petit groupe d’étudiants, venus de disciplines très diverses : chroniqueur de la mort annoncée de l’Université française et de ses critères d’excellence, comme pouvait l’être feu le Doctorat d’État, conscient que les spectacles « nationaux » allaient subir le même sort. La France, ton café fout le camp… et le reste aussi.

Une politique absurde

4Donc, on ne réserve plus à l’art lyrique qu’une portion congrue, on fusille les troupes, l’alternance est assassinée pour être remplacée par la stagione ou séries de représentations, avec ou sans vedettes, avec des résultats artistiques divers ; cependant les deux Conservatoires Nationaux Supérieurs de Musique (Paris et Lyon : Ministère de tutelle, la Culture) continuent de former des chanteurs, avec des professeurs encore compétents à l’époque – et encore ? -, chanteurs à l’avenir incertain, sans expérience d’un métier qu’ils ne peuvent acquérir qu’au sein des troupes, principalement à l’Opéra-Comique mais aussi en province, établissant leur répertoire, sûrs du lendemain. Quant aux autres conservatoires, écoles de musique ou tout ce que l’on veut dans ce genre (avec pour Ministère de tutelle, l’Intérieur), ils étaient destinés au rôle de vitrine municipale, cantonale, régionale, dans le but avoué de « favoriser la pratique amateur ».

5L’état d’esprit changea du tout au tout, tant chez trop de professionnels du spectacle que dans le public. On ne peut s’en étonner : la musique se banalisa et devint une « activité », perdant le lustre qu’elle avait jusque- là pour faire rêver toutes les couches de la société qui y accédaient un peu partout en France, grâce au nombre des théâtres et à la modicité des prix des billets. Rappelons, avec un coup d’œil nostalgique sur « la Quatrième » - cela n’est pas interdit – que, sous la constitution de « la Cinquième » ce qu’il est convenu de nommer la Culture, appartenait au Ministère de l’Éducation nationale ET DES BEAUX-ARTS. On estimait alors que les arts avaient plus à voir avec l’éducation qu’avec la communication : question de point de vue !

Et la musique…

6On sait qu’André Malraux (1901-1976) détestait la musique et que sa famille en souffrait. Non seulement sa famille mais tout ce qui touchait à cet art. Il fit pour l’Opéra de Paris une action esthétisante, en 1964 : il commanda pour ce théâtre un plafond au peintre Marc Chagall (1887-1985). Je me rappelle un article de l’époque dont le titre ne mâchait pas la position de son auteur, dont j’ai malheureusement oublié le nom, Un plafond pour rien. Il est vrai qu’à cette période, la RTLN avait besoin d’être repensée, malgré le succès qu’elle connaissait, n’ayant plus de directeur bâti sur le modèle de Jacques Rouché (1862-1957), à la fois Administrateur et mécène avisé : cette période bénie dura de 1914 à 1945, du commencement d’une guerre à la fin d’une autre ! On remarquera que le poste d’Administrateur de la RTLN devint, à la fin de la Seconde Guerre Mondiale, une récompense : ce n’était plus un sacerdoce. Le Comité de Lecture continuait cependant à œuvrer pour découvrir de nouveaux talents et monter leurs opéras. Pendant ce temps, les concerts publics ou privés battaient leur plein, la Radio et la Télévision produisaient nombre d’émissions lyriques, l’édition musicale était florissante, on créait à pleine voix, les « commandes » motivaient les compositeurs, enfin tout le cycle vital pour la musique en général, vocale en particulier, s’épanouissait à l’envi.

7La création de ce Ministère d’État, la Culture, avec l’arrivée de « la Cinquième », fit grand bruit mais accoucha d’une souris, car ce Ministère-là ne fut bientôt plus « d’État », devenu la lanterne rouge lors de la répartitions des budgets, sacrifié par un appareil confié à des gestionnaires contestables à l’inculture manifeste. Depuis le Président Giscard d’Estaing, aucun de ses successeurs n’est venu poser son postérieur sur les velours de l’Opéra Garnier ni même sur les fauteuils sinistres de la sinistre Bastille, alors que le Général, pourtant peu musicien, se dérangeait pour entendre (et certainement écouter), même à l’église de la Madeleine, le Requiem de Verdi dirigé par un chef français de renom international !

Alors…

8« Tout est dit ! » pour citer le divin marquis. L’ère Liebermann pris fin en 1980 : les Pompidou, Duhamel avaient rendu leur âme à Dieu… Lorsqu’il fut question de renouveler le contrat de Rolf Liebermann, en 1979, le président Giscard d’Estaing poussa un cri d’orfraie financier – il avait bien raison -, disant qu’à un tel train, la France ne pouvait plus faire face aux dépenses outrancières de l’homme de Hambourg et qu’il fallait arrêter l’hémorragie initiée par le règne précédent. Liebermann et Landowski survécurent à ce tardif réflexe de bon sens.

9À un règne succède un autre règne : 1981, arrivée de François Mitterrand, souverain et énigmatique. Tous les espoirs étaient permis pour voir refleurir les troupes, revivre les théâtres lyriques de province qui se sabordaient. Heureuse époque encore malgré tout : sur la lancée des décennies précédentes et des traditions séculaires, les concerts survivaient avec bonheur… Mais un ministre veillait… : le « n’importe quoi », l’amateurisme le moins reluisant, les fausses annonces et les vraies débâcles, tout pourvu que l’encensoir parfume la vanité d’un homme qui aurait eu de grandes qualités s’il avait mieux cultivé les plates-bandes de l’humilité. La pratique amateur fut largement favorisée, malheureusement non dans le sens de l’acquisition d’une réelle connaissance, de la maîtrise, même relative, d’un art complexe et exigeant comme l’est la musique et, en particulier, l’art vocal. Les fins électoralistes n’étaient guère déguisées. Les monarques du post-mitterrandisme ne corrigèrent rien à la chute vertigineuse de l’art vocal : scandales financiers de directeurs en régie voraces, théâtres fermés, subventions (excepté pour l’Opéra de Paris qui avait entre-temps lâché l’Opéra-Comique officiellement en 1978 : plus de RTLN) en berne, etc. Tout était réuni pour subir en 1990 l’inauguration ratée d’un nouvel Opéra parisien raté, bâti moyennant d’énormes sommes afin, selon de fausses déclarations de Jack Lang, d’offrir au public une jauge enfin compatible avec sa soif inextinguible de drames lyriques. Résultat, une maison mal fagotée, des procès à la pelle et un Gabriel Bacquier péremptoire auquel on demanda son avis des plus autorisés sur les qualités de cette nouvelle et coûteuse salle : « Votre Opéra est une faillite acoustique… Et puis…, si ça ne marche pas, vous pourrez en faire une prison, le lieu s’y prête… ».

Illusions perdues…

10D’aucuns avaient nourri – à commencer par des artistes célèbres comme Gabriel Bacquier - le fol espoir qu’un règne socialiste, bâtissant un Opéra « populaire », aurait eu deux objectifs : la renaissance de la troupe, donc l’alternance, ce qui induit l’autre objectif, le prix des places compatible avec un budget moyen, les salaires n’étant en France guère mirifiques pour le gros de la population active, le chômage de plus prenant des proportions alarmantes ! On sait qu’il n’en fut rien. Et que cet état de choses est toujours d’actualité.

11De son côté, la Radio se mit à restreindre les apparitions de son prestigieux cadre de chœur qui connut de moins en moins l’occasion de montrer son excellence : on l’emploie presque à regret et les salaires ne suivent plus les grilles précédemment établies pour les magnifiques musiciens qui le composent.

12La crise économique pointe son nez, conséquence logique d’une incongruité, celle d’offrir les rênes du pouvoir à des mains de personnes formées à servir l’État, non à le diriger : le troisième millénaire entre en scène, passage douloureux à un euro dévastateur, certitudes illusoires. Tout était déjà joué : l’art vocal est sacrifié sur l’autel de l’Économie triomphante. Pourquoi ? La passion qui l’animait, les éminents musiciens qui le servaient pour la plupart balayés par des tractations financières évidentes, s’en étaient allés. Et les charges sociales ? Elle doublent le montant du cachet d’un artiste français ou résidant en France, tandis qu’elles n’affectent que peu le « prix » d’un artiste venant d’ailleurs. Pas d’ostracisme, certes, mais pourquoi en frapperait-on les Français et ceux qui résident en France ? N’oublions pas que l’Angleterre, les États-Unis, l’Italie et quelques autres pays pratiquent la politique des quotas pour protéger les artistes nationaux, et que les syndicats ont l’œil sur les engagements des responsables de programmation afin que ne s’installe pas chez ceux-ci des filières par trop visibles entre eux et les agences artistiques, charges sociales ou non.

Les syndicats…

13À l’image des autres secteurs, ils ne sont pas représentatifs. Il est vrai que les musiciens solistes sont des… solitaires, des individualistes, chanteurs ou instrumentistes. Les orchestres et les chœurs ont un autre mode de fonctionnement. Demeurons- en aux chanteurs solistes. Il existe dans chacun des syndicats des personnes dévouées et compétentes, mais qui n’ont pas l’autorité qu’un Gérard Philipe avait à la tête du SFA (CGT) : les artistes très en vue n’ont plus l’énergie de mener une carrière et de se pencher à la fois sur des textes peu inspirants pour défendre les professions du spectacle en général et les chanteurs lyriques en particulier.

Où en sommes-nous ?

14Un constat fut effectué par la Direction de la Musique en 2000, à la demande de madame Sylvie Hubac qui en était responsable : il fallait tout refondre, de l’enseignement du chant jusqu’au fonctionnement des théâtres, passés de cent à la fin des années soixante, donnant alors chacun trois cents représentations ou peu s’en fallait par an, à dix, comme nous le disions plus haut, offrant chacun trente représentations annuelles programmées par le directeur de l’établissement en régie. Les orchestres privés disparaissent peu à peu, les orchestres nationaux connaissent bien des tribulations, les troupes lyriques n’existent plus, les concerts d’oratorios fondent, l’argent manque pour la Culture en général et pour l’art vocal en particulier comme si, quelle que soit sa forme, cette expression artistique était la mal aimée de la musique.

15Ainsi l’exigence artistique se perd-elle, l’enseignement va-il à vau-l’eau, n’étant plus qu’un simulacre de pédagogie destiné à faire survivre des chanteurs sans travail. Nous regardons avec nostalgie les carrières des grands artistes français (Germaine Lubin, André Pernet, Georges Thill… et, plus près de nous, Régine Crespin, Liliane Berton, Gabriel Bacquier – encore lui -, Michel Roux, Jacques Mars, Xavier Depraz …) mais, ainsi que nous le disions plus haut, un état d’esprit s’est perdu, et pas uniquement en France, ce qui n’est guère consolant.

Enfin…

16Les artistes, les musiciens, les chanteurs par voie de conséquence, sont depuis, toujours, citoyens du monde. En leur temps, Gluck eut des interprètes italiens, Mozart des interprètes anglais, Verdi aimait confier ses œuvres à des chanteurs français, Debussy eut une « Mélisande » écossaise… ; depuis, le caractère international des distributions est connu de tous. Cependant, si les chanteurs français étaient si recherchés, c’est parce qu’ils avaient fourbi leurs armes dans les troupes, à l’Opéra- Comique et à l’Opéra de Paris, en passant souvent par le Théâtre Royal de la Monnaie, à Bruxelles. Munis de leurs prix de Conservatoire (Natio- nal Supérieur), ils apprenaient leur métier dans ces troupes, conseillés par les anciens, eux le sang neuf venus à leur tour exceller dans leurs emplois pour passer le témoin aux générations futures. Or, tout s’est arrêté il y a une quarantaine d’années, comme nous l’avons vu plus haut. Plus de planches pour faire ses débuts, plus de scène pour vous permettre d’être entendu…

17Observons que cette déconfiture est contemporaine de l’arrivée des baroqueux sans lesquels la musique n’existerait pas à les en croire. Héritiers autoproclamés de Monteverdi, Purcell, Rameau, Bach, Haendel, etc., ils oublient que cette musique a toujours été jouée, éditée, puis enregistrée, que Mozart prenait des leçons avec les fils de Bach, que Mendelssohn dirigeait la Passion selon saint Matthieu, que Saint-Saëns (1835-1921) éditait Rameau, qu’Antoine Geoffroy-Dechaume (1905-2000) écrivit, dans la seconde moitié du xxe siècle un traité d’interprétation de ce qu’on appelait encore la musique ancienne, que Wanda Landowska (1879-1959) donnait à Pleyel les Variations Goldberg, et que Nadia Boulanger (1887-1979) et son ensemble vocal enregistraient les Madrigaux de Monteverdi, juste avant la Seconde Guerre mondiale… Pour ne citer qu’eux – qui exigeaient alors des voix !

18Deux chevaux de bataille signent la décadence de l’art vocal en général : la malhonnêteté intellectuelle et l’ignorance dans laquelle se tient un public qui cependant dispose – gratuitement – de toutes les sources d’information qu’il nous fallait aller chercher dans les pages des livres et des partitions, dans les bibliothèques, ou que nous buvions comme nectar et ambroisie aux lèvres de nos professeurs admirés et respectés. Signe des temps : comme l’on sait tout, on n’apprend plus rien.

19Pleurez, vous, les Muses, il n’y a pas que le Grand Pan qui soit mort. Apollon, Orphée, sainte Cécile, l’ont suivi. Plus de dieux, plus de saints, plus rien que l’or que Baudelaire stigmatisait : « L’or, je le hais, comme vous haïssez Dieu… ! ».


Date de mise en ligne : 13/09/2013

https://doi.org/10.3917/cite.054.0144