Les sciences de gestion comme sciences cliniques : l’apport du DBA
Pages 1 à 3
Citer cet article
- BENGHOZI, Pierre-Jean,
- Benghozi, Pierre-Jean.
- Benghozi, P.-J.
https://doi.org/10.3917/ravs.005.0001
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- Benghozi, P.-J.
- Benghozi, Pierre-Jean.
- BENGHOZI, Pierre-Jean,
https://doi.org/10.3917/ravs.005.0001
La médecine ne se pratique pas sans les patients. Ses savoirs se construisent au contact des corps, des symptômes, des réponses aux traitements. On peut étudier la pathologie dans les livres ; on ne peut pas former un médecin sans la clinique. Les sciences de gestion obéissent à la même logique. Elles sont des sciences cliniques. Non pas par analogie commode, mais par nécessité structurelle : leur objet ne se donne pas à voir indépendamment des situations dans lesquelles il prend forme, qu’il s’agisse des organisations, des décisions, des pratiques de management. On ne peut pas théoriser la gestion depuis une position déconnectée du réel. Du moins, pas longtemps et pas utilement.
Cette proposition n’est pas une posture militante. C’est une affirmation épistémologique sur la nature de la connaissance en gestion. Celle-ci engage une conception précise de ce que signifie « produire » dans ce champ : observer des pratiques effectives, comprendre comment elles s’opérationnalisent, puis théoriser le sens de ces transformations. Ces trois dimensions sont indissociables. La théorisation sans observation produit des constructions qui flottent. L’observation sans théorisation produit de la description. C’est leur articulation qui constitue la connaissance.
La clinique impose une présence. Elle suppose d’être exposée aux phénomènes qu’on étudie, d’avoir traversé les transformations dont on parle, d’être capable de mobiliser une réflexivité sur sa propre expérience comme matériau épistémologique…
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