« Rester dans notre voie » : les artistes juifs et leurs réseaux à Paris au lendemain de la Shoah
Pages 106 à 124
Citer cet article
- HOBSON FAURE, Laura,
- Hobson Faure, Laura.
- Hobson Faure, L.
https://doi.org/10.3917/aj1.591.0106
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- Hobson Faure, Laura.
- HOBSON FAURE, Laura,
https://doi.org/10.3917/aj1.591.0106
Notes
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[1]
Une version plus longue et sensiblement différente de cet article sera publiée au début de l’année 2026 dans Yad Vashem Studies avec l’autorisation de cette revue. L’autrice remercie ce périodique, ainsi que l’équipe du musée d’Art et d’Histoire du judaïsme où elle a pu effectuer une résidence de recherche dans le cadre d’un programme CNRS en 2024 et en 2025. Elle remercie également le CASIP-COJASOR, notamment l’ancienne responsable des archives Laure Politis qui lui a parlé des vifs débats sur les artistes dans ces archives, ainsi que l’ancienne archiviste Chloé Sivy. Cet article a également bénéficié des commentaires des organisateurs et des participants de l’atelier « La période d’après-guerre reflétée à travers l’art », organisé par Yad Vashem en octobre 2022, en particulier Sharon Kangisser-Cohen et Eliad Moreh Rosenberg.
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[2]
Les estimations de la démographie juive pour l’avant-guerre sont problématiques. Le chiffre présenté ici est tiré de Serge Klarsfeld, Vichy-Auschwitz, Le rôle de Vichy dans la Solution finale, 1943-1944, Paris, Fayard, 1985, p. 179. Pour l’après-guerre, voir : Doris Bensimon et Sergio Della Pergola, La population juive de France : socio-démographie et identité, Jérusalem, The Institute of Contemporary Jewry, The Hebrew University of Jerusalem, Centre national de la recherche scientifique, 1984, p. 35 ; Annette Wieviorka, « Les Juifs en France au lendemain de la guerre : état des lieux », Archives juives, revue d’histoire des Juifs de France, 1995/1 (vol. 28), p. 5-6.
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[3]
Annette Wieviorka, art. cit.
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[4]
Paula Birnbaum, Sculpting a Life. Chana Orloff between Paris and Tel Aviv, Waltham, Brandeis University Press, 2022, p. 133. Sur les artistes juifs de l’École de Paris, voir : Nadine Nieszawer, Deborah Princ et al. (dir.), Histoires des artistes juifs de l’École de Paris, 1905-1939, Paris, Somogy, 2015 ; Kenneth Silver et Romy Golan (dir.), The Circle of Montparnasse. Jewish Artists in Paris, Jewish Museum, New York, 1985 ; Hersh Fenster, Nos artistes martyrs, Paris, MAHJ, [1951] 2021 ; Pascale Samuel, Chagall, Modigliani, Soutine… : Paris pour école, 1905-1940, Paris, MAHJ, 2022 ; Richard Sonnhers, Modernist Diaspora. Immigrant Jewish Artists in Paris, 1900-1945, London, Bloomsbury Visual Arts, 2022.
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[5]
Chagall, Kisling, Lipchitz, Mané-Katz et Zadkine ont reçu l’aide du comité de Fry. Varian Fry, Surrender on Demand, Boulder, Johnson Books, [1945] 1997 ; Andy Marino, A Quiet American. The Secret War of Varian Fry, New York, St. Martin’s Griffin, 1999, p. 54 et 284 ; Richard Sonn, Modernist Diaspora, op. cit., p. 308. Sur Mané-Katz, voir Nadine Nieszawer, Deborah Princ et al. (dir.), op. cit., p. 225-226 ; Noa Tarshish (dir.), Mané-Katz, Ukraine Paris Eretz-Israel, Mané Katz Museum, Haïfa, 2011.
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[6]
Richard Sonn, Modernist Diaspora, op. cit., p. 311. L’ouvrage de Hersh Fenster, Unzdere farpaynikte kinstler [Nos artistes martyrs], publié à Paris en 1951 en yiddish à petit tirage avec l’aide du Joint et le soutien d’autres artistes, rend hommage à 84 artistes juifs déportés de France et assassinés. Le livre mentionne également Naoum Aronson, décédé en 1943 à New York. Il a récemment été traduit en français par Nadia Déhan-Rotschild et Évelyne Grumberg et réédité par le MAHJ : Hersh Fenster, Nos artistes martyrs, op. cit. À propos de cet ouvrage, voir Rachel Perry, « Inserting Hersh Fenster’s Undzere Farpainikte Kinstler into Art History », Images, vol. 14, no 1, 2021, p. 1-27.
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[7]
Cet article s’appuie sur des recherches archivistiques menées au Joint Distribution Committee à New York (JDC-NY), au COJASOR, ainsi que dans les collections du « Groupement d’artistes juifs en France-Omanouth » et du « musée d’Art juif » au musée d’Art et d’Histoire du judaïsme à Paris (MAHJ).
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[8]
Laurent Joly arrive au chiffre de 75 000 victimes en additionnant le nombre de personnes déportées depuis les zones occupées et non occupées de France (74 150), en soustrayant celles qui ont survécu (4 000) et en ajoutant les 1 000 Juifs du nord de la France déportés via la Belgique (depuis la Caserne Dossin) ainsi que ceux qui sont morts ou assassinés en tant que Juifs sur le sol français (4 000). Laurent Joly, L’État contre les juifs, Paris, Grasset, p. 218-219. Le chiffre longtemps avancé de 2 560 survivants juifs des camps a récemment été révisé. Voir Alexandre Doulut, Serge Klarsfeld et Sandrine Labeau, Mémorial des 3 943 rescapés juifs de France, Paris, Fondation Beate Klarsfeld, FFDJF, Après l’oubli, 2018.
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[9]
Sur les départs vers les Amériques, voir Michael Marrus et Robert Paxton, Vichy France and the Jews, Palo Alto, Stanford University Press, [1981] 1995, p. 247 ; Renée Poznanski, Les Juifs en France pendant la Seconde Guerre mondiale, Paris, Pluriel/Hachette Littératures, 1997, p. 209-213 ; Laura Hobson Faure, Who Will Rescue Us? The Story of the Jewish Children who Fled to France and America during the Holocaust, New Haven, Yale University Press, 2025, p. 183-251. Sur la Suisse : Ruth Fivaz-Silbermann, La fuite en Suisse. Les Juifs à la frontière franco-suisse durant les années de la « Solution finale », Paris, Calmann-Lévy, 2020 ; sur les Antilles : Eric Jennings, Escape from Vichy: The Refugee exodus to the French Caribbean, Cambridge, Harvard University Press, 2018 ; sur l’Espagne et la Palestine mandataire : Haim Avni, Spain, the Jews and Franco, Philadelphie, Jewish Publication Society of America, 1982 ; Pedro Correa Martin Arroyo, « Europe’s Bottleneck: the Iberian Peninsula and the Jewish Refugee Crisis », thèse de doctorat, London School of Economics, 2018, p. 214-218.
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[10]
Si le pogrom de Kielce (juillet 1946) fit 42 morts et de nombreux blessés, un millier de Juifs furent assassinés entre la Libération et le milieu de l’année 1947, ce qui poussa environ 100 000 Juifs à quitter le pays ; Yehuda Bauer, Out of the Ashes. The Impact of American Jews on Post-Holocaust European Jewry, New York, Pergamon, 1989, p. 81-82 ; Audrey Kichelewski, Les survivants : les Juifs de Pologne depuis la Shoah, Paris, Belin, 2018.
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[11]
JDC-Israël, France, 5A1 43.055, COJASOR, « Dix ans d’action sociale, 1945-1955 », 1956. Le chiffre de 37 000 comprend 5 000 personnes originaires d’Afrique du Nord ; Doris Bensimon et Sergio Della Pergola, La population juive de France, op. cit., p. 36. Sur les migrations d’après-guerre, voir Constance Pâris de Bollardière et Simon Perego, « Les migrations juives d’Europe centrale et orientale en France au lendemain de la Shoah. Introduction », Archives juives, revue d’histoire des Juifs de France, 2021/1 (vol. 54), p. 4-24. Parmi les premiers travaux : Julia Maspero, « Itinéraires de Juifs polonais immigrés en France entre 1945 et 1951 », mémoire de master, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, 2005 ; Id., « French Policy on Postwar Migration of Eastern European Jews through France », Kwartalnik Historii Żydów/Jewish History Quaterly, 246/2, juin 2013, p. 319-339 ; David Weinberg, « A Forgotten Postwar Jewish Migration: East European Jewish Refugees and Immigrants in France, 1946-1947 », in Françoise Ouzan & Manfred Gerstenfeld (dir.), Postwar Jewish Displacement and Rebirth, 1945-1967, Leiden, Brill, 2014, p. 137-149 ; Laure Fourtage, « Et après ? Une histoire du secours et de l’aide à la réinsertion des rescapés juifs des camps nazis (France, 1943-1948) », thèse de doctorat, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, 2019, p. 22-25 et 465-524.
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[12]
Le financement du JOINT atteint son apogée en 1947, mais cette organisation et plusieurs autres, dont l’American Jewish Committee, sont restées actives en France jusqu’à la fin des années 1950. Voir Laura Hobson Faure, A “Jewish Marshall Plan”: The American Jewish Presence in Post-Holocaust France, Bloomington, Indiana University Press, 2022, p. 113-141.
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[13]
Sur les premiers travaux du Joint en France, voir Laura Hobson Faure, A « Jewish Marshall Plan », op. cit., p. 76-112. Pour une perspective paneuropéenne, voir Yehuda Bauer, Out of the Ashes, op. cit. ; Avinoam Patt et al., The JDC at 100: A Century of Humanitarianism, Detroit, Wayne State University Press, 2019.
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[14]
Alex Grobman, Rekindling the Flame: American Jewish Chaplains and the Survivors of European Jewry, 1944-1948, Detroit, Wayne State University Press, 1993 ; sur leur rôle en France, voir Laura Hobson Faure, A « Jewish Marshall Plan », op. cit., p. 40-75.
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[15]
Pascale Samuel, « Les années d’Occupation, Paris, la Suisse et le pillage de l’atelier », in Cécile Champy-Vinas et Pauline Créteur (dir.), Chana Orloff, une sculptrice dans son temps, Paris, musée Zadkine et MAHJ, 2023, p. 133-141 ; Kenneth Silver, « Jewish Artists in Paris, 1905-1945 », in Kenneth Silver et Romy Golan (dir.), The Circle of Montparnasse, op. cit., p. 13-59 ; Nadine Nieszawer et Deborah Princ et al. (dir.), Histoires des artistes juifs de l’École de Paris, op. cit., p. 380-381.
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[16]
Avram Harmon Oral History Division, Université hébraïque de Jérusalem, 47 (119), entretien avec Meyer Miller mené par Alex Grobman, 1975, p. 5.
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[17]
Sur la mission américaine de récupération des œuvres d’art volées par les nazis, voir https://www.beauxarts.com/vu/lhistoire-vraie-des-monuments-men-et-de-rose-valland-sauveteurs-dart-de-la-seconde-guerre-mondiale/
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[18]
JDC-NY, France, 1945/54, dossier 256, lettre de Mme Randall-MacIver (American Association for Assistance to French Artists Inc.) au JDC J. Hyman, 19 décembre 1944. David Randall-MacIver fait partie de l’équipe, au sein de l’armée américaine, envoyée en Europe après-guerre afin de retrouver les œuvres d’art volées par les nazis, autrement connue comme les « Monuments men ».
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[19]
J’utilise ici l’orthographe qu’il pratique dans son autobiographie ultérieure, plutôt que celle de la lettre qu’il a envoyée à Mané-Katz en 1944. Schinezer explique son nom dans son autobiographie : « Les frontières et les embûches franchies, la peur reste tenace. Voilà pourquoi beaucoup ont changé ou changent de patronyme dans ma famille. Dans le train qui, d’arrêt en arrêt, nous a conduit jusqu’en France, on contrôlait nos identités. Mon nom fut francisé en Schinezer, ce qui au fond ne faisait guère gallois… ». Henri Morez avec Henriette Chardak, L’air était saturé de peur. Le Juif qui parlait yiddish à l’oreille d’un nazi, Paris, Le Cherche Midi, 2015, p. 84.
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[20]
Il ne précise pas quelle organisation gère le centre. Cependant, en 1948, ce centre semble devenir le musée d’Art juif. Henri Morez avec Henriette Chardak, L’air était saturé de peur, op. cit., p. 268 : https://www.mahj.org/fr/ressources/fonds-du-musee-dart-juif, consulté le 28 mai 2024.
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[21]
JDC-NY, France, 1945-54, dossier 256, lettre d’Henri Schinzer [sic] à son « maître », l’artiste Mané-Katz, 19 novembre 1944. Le texte original n’est pas accentué.
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[22]
À propos d’Aberdam, membre du « groupe des quatre » (Aberdam, Sigmund Menkès, Léon Weissberg, Joachim Weingart), voir Nadine Nieszawer et Deborah Princ et al. (dir.), Histoires des artistes juifs de l’École de Paris, op. cit., p. 38-39.
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[23]
JDC-NY, France, 1945-54, dossier 256, lettre d’Alfred Aderdam à Mané-Katz, 18 novembre 1944.
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[24]
Ibid.
-
[25]
Il cite comme déportés : Feder [sic], Mandelbaum, Weinbaim [sic], Weingart, Epstein, Iber, Kazan (sculpteur), Kazan (peintre), Hart, Cytrenowitch, Sehejehel, Granowski. JDC-NY, France, 1945-54, dossier 256, lettre d’Alfred Aderdam à Mané-Katz, 18 novembre 1944. L’original est en français mais sans accents.
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[26]
Des recherches supplémentaires seraient nécessaires pour mieux comprendre l’organisation des artistes juifs en tant que Juifs pendant l’entre-deux-guerres. Henri (Schinezer) Morez évoque les cours de peinture gratuits qu’il a suivis près de la place de la République dans les années 1930, organisés par Mané-Katz, Alfred Aberdam et Shapiro. Henri Morez, L’air était saturé de peur, op. cit., p. 87-88 ; le YIVO dans le Paris de l’entre-deux-guerres souhaitait créer une section artistique. Voir Nick Underwood, Yiddish Paris. Staging Nation and Community in Interwar France, Bloomington, Indiana University Press, 2022, p. 72-73 et 82. Voir plus généralement Kenneth Silver, « Jewish Artists in Paris, 1905-1945 », op. cit., p. 13-59 ; Pascale Samuel, Chagall, Modigliani, Soutine, op. cit. Ces deux ouvrages documentent les publications des artistes, notamment Makhmadim (vers 1912) et Khaliastra (1924). Voir aussi Richard Sonn, Modernist Diaspora, op. cit.
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[27]
Le procès-verbal du COJASOR du 19 mars 1945 indique que le critique d’art Waldemar-George était le président du GAJEF. Or, cette information n’est pas confirmée par la lettre d’Aberdam à Mané-Katz datée du 18 novembre 1944. Aberdam y fournit la liste des membres fondateurs du conseil d’administration : Perelman (président), Tennenbaum (président d’honneur), Aberdam (secrétaire), Sterling et Schreter (trésoriers). Voir Nadine Nieszawer et Deborah Princ et al. (dir.), Histoires des artistes juifs de l’École de Paris, op. cit., p. 364-365 et p. 383. Ce texte indique qu’il a été président du GAJEF de 1946 à 1955. Sur Perelman, voir Steven et Hassia Kanitz, Mordechai Perelman 1901-1955 : un hommage de sa fille Hassia, Israël, 1997. Sur Waldemar-George, voir Yves Chevrefils-Desbiolles, Waldemar-George, critique d’art : cinq portraits pour un siècle paradoxal, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2015.
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[28]
Voir infra.
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[29]
JDC-NY, France, 1945-54, dossier 256, lettre d’Alfred Aderdam à Mané-Katz, 18 novembre 1944.
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[30]
Ibid.
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[31]
Le Comité juif d’action sociale et de reconstruction (COJASOR), fondé en 1945, organisme d’aide sociale aux personnes en difficulté, succède au Comité de bienfaisance israélite de Paris, fondé en 1809 et dissous en 1942 par le gouvernement de Vichy.
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[32]
Une grande partie de l’aide a été financée par le Joint et distribuée par le COJASOR au GAJEF, qui a ensuite réparti l’aide mensuelle entre environ 90 artistes. Voir Laura Hobson Faure, « After the Shoah: Art! », Yad Vashem Studies, à paraître en 2026.
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[33]
Mon analyse initiale du financement des artistes, basée sur les données d’un mois de 1949 (trouvées dans les archives CASIP-COJASOR), met en évidence ces divisions spécifiques. Les archives du MAHJ sur les associations d’artistes sont minimes et ne donnent pas une image complète de leur travail. Les recherches futures devraient inclure les descendants des artistes afin de recueillir les traces archivistiques et les témoignages utiles.
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[34]
Laura Hobson Faure, Base de données sur le financement des artistes juifs à Paris par le GAJEF.
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[35]
JDC-NY, France 1945-1954, dossier 256, Henri Schinezer à son « Maître », novembre 1944.
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[36]
Morechai Perelman, « Guerre et art », sans date, réimprimé dans Steven et Hassia Kanitz, Mordechai Perelman, op. cit., p. 20-21. Sans connaître la date de cet article, il est impossible de savoir s’il faisait référence à la Première Guerre mondiale ou à la Shoah.
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[37]
Paula Birnbaum, Sculpting a Life, op. cit., p. 228-251. Pascale Samuel, « Les années d’Occupation, Paris, la Suisse et le pillage de l’atelier », art. cit., p. 135.
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[38]
La citation provient d’un article de Marianne Colin, le 7 février 1946, cité dans Paula Birnbaum, Sculpting a Life, op. cit., p. 275 et dans Pascale Samuel, « Les années d’Occupation, Paris, la Suisse et le pillage de l’atelier », art. cit., p. 139. Voir aussi Estrella Israel Garzón et Marilda Azulay Tapiero, « Chana Orloff : la mémoire sculptée », in Béatrice Fleury, Arnaud Mercier et Angeliki Monnier (dir.), Témoignage, mémoire et histoire : mélanges offerts à Jacques Walter, Nancy, Éditions de l’Université de Lorraine, 2023, p. 227-247.
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[39]
En 1961, le procès Eichmann ravive la mémoire de la Shoah. Par ailleurs, comme le suggère Michael Rothberg, la guerre d’Algérie a relancé le débat sur la violence d’État, ce qui a ravivé l’intérêt pour la Shoah, comme l’illustre le témoignage de Marceline Loridan-Ivens dans le film Chroniques d’un été, de Jean Rouch et Edgar Morin (1961). Michael Rothberg, Multidirectional Memory: Remembering the Holocaust in the age of Decolonization, Palo Alto, Stanford University Press, 2009, p. 175-198.
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[40]
Paula Birnbaum, Sculpting a Life, op. cit., p. 270-278.
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[41]
MAHJ, collection GAJEF-Omanouth, Invitation, avril 1945.
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[42]
MAHJ, collection GAJEF-Omanouth, Catalogue des œuvres des artistes juifs en France, exposés du 16 au 30 décembre 1945, Jewish Welfare Board, 44 rue de la Victoire.
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[43]
Constance Pâris de Bollardière, « “La pérennité de notre peuple”. Une aide socialiste juive américaine dans la diaspora yiddish, le Jewish Labor Committee en France, 1944-1948 », PhD dissertation, EHESS, 2017, p. 446. Archives du Jewish Labor Committee, I B 33 F4, lettre et bulletin GAJEF no 18, 24 décembre 1947. Je remercie Constance Pâris de Bollardière de m’avoir permis de consulter ce document.
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[44]
MAHJ, collection GAJEF-Omanouth, bulletin GAJEF, janvier-février 1948.
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[45]
MAHJ, collection GAJEF-Omanouth. Seuls deux des environ 20 bulletins sont présents dans la collection, tous deux datant de 1948.
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[46]
MAHJ, collection du musée d’Art juif, lettre de l’Association ORT à Marie Chabchay, 20 février 1948.
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[47]
MAHJ, collection du musée d’Art juif, lettre de F. Munk à la direction du musée de Cluny, 22 avril 1948.
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[48]
MAHJ, collection du musée d’Art juif, lettre de la commission des archives de l’art populaire juif à Chil Aronson, 4 mars 1948.
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[49]
Sur le musée d’Art juif, voir Anne Pasques, « Le Musée de la rue des Saules. Premier musée d’art juif à Paris, 1948-1998, », mémoire de master, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, 2009 ; Judith Lindenberg, « Le musée d’art juif de Paris (1948-1998) », Archives juives, revue d’histoire des Juifs de France, 2022/2 (vol. 55), p. 118-133, et l’exposition sur l’ORT au MAHJ, sous le commissariat de Laure Fourtage et Claire Decomps, https://www.mahj.org/fr/media/de-latelier-au-musee-lort-et-la-transmission-de-la-culture-juive. Sur la tentative infructueuse des Juifs d’Europe orientale à New York de créer un musée similaire, voir Jeffrey Shandler, Homes of the Past: A Lost Jewish Museum, Bloomington, Indiana University Press, 2024. Ces efforts d’enregistrement, de préservation et de documentation doivent également être considérés en parallèle avec les commissions historiques des Juifs d’Europe orientale à travers l’Europe à la même époque ; Laura Jockusch, Collect and record! Jewish Holocaust documentation in early postwar Europe, New York, Oxford University Press, 2012. Sur les activités du YIVO à Paris entre les deux guerres, y compris l’idée de créer un musée d’art juif dans le Paris de l’entre-deux-guerres, voir Nick Underwood, Yiddish Paris. Staging Community in interwar Paris, op. cit., p. 68-91, ici p. 82 ; voir aussi Lisa Moses Leff, The Archive Thief: The Man who salvaged French Jewish History in the wake of the Holocaust, Oxford, Oxford University Press, 2015, p. 23-46.
-
[50]
MAHJ, collection musée d’Art juif, lettre du secrétaire, archives d’art populaire juif à M. Perelman, 22 juillet 1948. Son nom est devenu officiellement « musée d’Art juif » en novembre 1950 (Anne Pasques, op. cit., p. 49).
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[51]
Anne Pasques, op. cit., p. 57.
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[52]
Judith Lindenberg privilégie l’idée que l’Association s’inscrit dans la continuité du GAJEF, mais les archives du COJASOR indiquent qu’il y avait bien deux groupes, l’un sous la direction de Mordechai Perelman et l’autre sous celle de Mané-Katz (CASIP-COJASOR, procès-verbal, 31 mars 1949). Le bulletin Omanouth fournit l’adresse du groupe (47 rue de Chabrol, 75010 Paris) et les noms de ses dirigeants : Mané-Katz, Maxa Nordau, Moussia Toulman, Mme Alden, Atlan, Philippe Hosiasson. Nous savons que Mordechai Perelman est resté président du GAJEF jusqu’à sa mort en 1955. Cela implique que les deux associations coexistent en représentant des idéologies politiques a priori différentes : Omanouth était sioniste tandis que le GAJEF était peut-être affilié aux communistes juifs (cf. infra).
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[53]
MAHJ, collection Gajef-Omanouth, bulletin Omanouth, no 8, avril-mai 1950.
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[54]
Ibid.
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[55]
Constance Pâris de Bollardière, « “La pérennité de notre peuple”… », op. cit., p. 445-447 ; correspondance par mail avec Constance Pâris de Bollardière, 20 juin 2024.
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[56]
Cela s’est produit à la fois au sein du CRIF et lors de la création du Fonds social juif unifié, auquel les communistes juifs ont refusé d’adhérer. Laura Hobson Faure, A « Jewish Plan Marshall », op. cit., p. 164-166.
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[57]
Un cinquième volume parut beaucoup plus tard, en 1972 : Nos artistes, no 5, décembre 1972. L’hébreu remplace dans ce volume le yiddish des publications précédentes.
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[58]
« Avant-propos », Nos Artistes, no 1, 1957, p. 1-2.
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[59]
Simon Perego, Pleurons-les. Les Juifs de Paris et la commémoration de la Shoah, 1944-1967, Paris, Champ Vallon, 2020, p. 75-83.
-
[60]
JDC-NY, France, 1945-1954, lettre à Mané-Katz d’Aberdam, 16 novembre 1944.
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[61]
Judith Lindenberg, art. cit., p. 125. Il est possible que d’autres expositions commémoratives aient eu lieu avant cette date.
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[62]
Voir la note 6 supra pour plus d’informations sur cette publication et son histoire.
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[63]
Léon Meiss, « Préface », Nos artistes, no 4, 1960, p. 2.
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[64]
Nathalie Adamson, Painting, Politics and the Struggle for the Ecole de Paris, 1944-1964, Surrey, Burlington, Ashgate, 2009, p. 73-114.
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[65]
Sur le genre en France après la Shoah, voir (entre autres) Karen Adler, Jews and Gender in Liberation France, Cambridge, Cambridge University Press, 2003 ; Ethel Albert, Se reconstruire après la Shoah. La Sortie de guerre des femmes et des hommes juifs secourus par le COJASOR, 1945-1945, Paris, Le Manuscrit, 2021.
“Staying on our path”: Jewish Artists and their Networks in Paris in the Aftermath of the Holocaust
Drawing on the rich historiography devoted to Jews in France during and after the Holocaust, as well as on the archives of several institutions, this article aims to enrich our knowledge of Jewish artists in Paris in the aftermath of the Holocaust from a social history perspective. In the tradition of the School of Paris between the two world wars, Jewish artists in France sought to organize themselves as Jews in the aftermath of the Holocaust. This article explores the various groups they created and, to a certain extent, examines the place of women within these networks, which were almost exclusively male-led. Women artists were not entirely absent: some received financial assistance for the purchase of materials, and three women (Maxa Nordau, Moussia Toulman and Marie Chabchay) held leadership roles beginning in 1949. This article also highlights the need for future research on the role of gender in postwar Jewish life, both in the arts and within community institutions.