Compte rendu

Comptes rendus. Nicholas Thomas

Océaniens. Histoire du Pacifique à l’âge des empires, trad. par P. Dardel, Toulouse, Anacharsis, 2020, 512 p.

Pages 628 à 630

Citer cet article


  • Druais, M.
(2023). Comptes rendus. Nicholas Thomas Océaniens. Histoire du Pacifique à l’âge des empires, trad. par P. Dardel, Toulouse, Anacharsis, 2020, 512 p. Annales. Histoire, Sciences Sociales, 78e année(3), 628-630. https://doi.org/10.1017/ahss.2023.124.

  • Druais, Maud.
« Comptes rendus. Nicholas Thomas : Océaniens. Histoire du Pacifique à l’âge des empires, trad. par P. Dardel, Toulouse, Anacharsis, 2020, 512 p. ». Annales. Histoire, Sciences Sociales, 2023/3 78e année, 2023. p.628-630. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-annales-2023-3-page-628?lang=fr.

  • DRUAIS, Maud,
2023. Comptes rendus. Nicholas Thomas Océaniens. Histoire du Pacifique à l’âge des empires, trad. par P. Dardel, Toulouse, Anacharsis, 2020, 512 p. Annales. Histoire, Sciences Sociales, 2023/3 78e année, p.628-630. DOI : 10.1017/ahss.2023.124. URL : https://shs.cairn.info/revue-annales-2023-3-page-628?lang=fr.

https://doi.org/10.1017/ahss.2023.124


Notes

  • [1]
    Epeli Hauʻofa, « Our Sea of Islands », The Contemporary Pacific, 6-1, 1994, p. 147-161.
  • [2]
    Pour reprendre le titre de l’ouvrage fameux de RomainBertrand, L’histoire à parts égales. Récits d’une rencontre, Orient-Occident (xvie-xviie siècle), Paris, Éd. du Seuil, 2011.

Fruit de trois années de travail et surtout d’une vie universitaire passée à étudier les populations insulaires du Pacifique, le présent ouvrage de Nicholas Thomas ne peut laisser les lecteurs indifférents, qu’ils soient ou non familiers de cette région. Cet espace maritime doit ici être envisagé comme une « mer d’îles », pour reprendre la terminologie d’Epeli Hauʻofa, dont la perspective du livre se revendique. En restituant reliefs et couleurs aux espaces océaniens et en donnant chair à l’histoire des populations qui les parcourent, l’auteur s’attache à complexifier ou plutôt à épaissir l’histoire du Pacifique durant un long xixe siècle (fin xviiie-début xxe siècle). Pour ce faire, il rompt radicalement avec les conceptions européocentriques ayant longtemps relégué le Pacifique à des confins anhistoriques. Le regard porté sur les Océaniens déconstruit avec la même force l’imaginaire exotique et raciste hérité de ce xixe siècle et (encore) projeté sur eux.
N. Thomas n’est ni le premier ni le seul anthropologue à se positionner épistémologiquement pour une prise en compte de la profondeur historique des populations insulaires. Comme le rappelle la préface d’Éric Wittersheim, cet ouvrage s’inscrit dans une filiation, un « projet intellectuel » : celui de la Research School of Pacific Studies de l’Australian National University (Canberra) à partir des années 1980, dont il constitue « l’aboutissement » (p. 12). S’il n’est aujourd’hui plus d’anthropologue faisant l’économie d’une analyse historiquement circonstanciée de son objet d’étude, cet ouvrage, en ce qu’il vise à produire une histoire connectée de l’ensemble de la région sur une période couvrant environ 150 ans, manifeste une ambition à part…


Date de mise en ligne : 13/03/2024

https://doi.org/10.1017/ahss.2023.124

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