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Article de revue

Le phare

Pages 471 à 482

Citer cet article


  • Gutton, P.
(2005). Le phare. Adolescence, T. 23 n°2(2), 471-482. https://doi.org/10.3917/ado.052.0471.

  • Gutton, Philippe.
« Le phare ». Adolescence, 2005/2 T. 23 n°2, 2005. p.471-482. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-adolescence-2005-2-page-471?lang=fr.

  • GUTTON, Philippe,
2005. Le phare. Adolescence, 2005/2 T. 23 n°2, p.471-482. DOI : 10.3917/ado.052.0471. URL : https://shs.cairn.info/revue-adolescence-2005-2-page-471?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/ado.052.0471


Notes

  • [1]
    Penot B. (2004). Le face à face regarde le psychanalyste. Adolescence, 22 : 481-486. Richaud R.-L., Scharmann G. (2004). La vision flottante. De la vision du face à face à l’adolescence. Adolescence, 22 : 487-502.
  • [2]
    Gutton Ph. (2000). Psychothérapie et adolescence. Paris : PUF. 2ème partie, chapitre I, très inspiré de J.-L. Donnet (1996). Le divan bien tempéré. Paris : PUF.
  • [3]
    Voici le début d’un récit de cas fort psychanalytique. Khan M. (1976). Le soi caché. Paris : Gallimard.
  • [4]
    Gutton Ph. (1991). Le pubertaire. Paris : PUF.
  • [5]
    Disait un adolescent dans la première scène du Roméo et Juliette de Shakespeare.
  • [6]
    Au sens de l’article de S. Freud (1937a). Constructions dans l’analyse. In : Résultats, idées, problèmes, T. II. Paris : PUF, 1985, pp. 269-281.
  • [7]
    Gutton Ph., Aubray M.-C. (2002). Entre nous. Adolescence, 20 : 105-114.
  • [8]
    Je souligne au passage la disposition de l’adolescent à développer, souvent fort rapidement, un transfert vers l’analyste et fort peu un transfert sur la séance elle-même.
  • [9]
    Gutton Ph. (2000). Psychothérapie et adolescence. Op. cit.
  • [10]
    Lacan J. (1964). Les quatre concepts fondamentaux de la psychanalyse. Le séminaire. Livre XI. Paris : Seuil, 1973.
  • [11]
    Les travaux de G. Bonnet sont princeps dans ce domaine. L’œil tel le sexe est le lieu où sous l’effet du regard (pulsion) l’objet et le moi sont vus et voient. La pulsion scopique va au-delà du champ perceptif dans lequel elle se réalise, le regard va au-delà de la vision. L’interaction entre le moi et l’objet est (M. Merleau-Ponty développe la question du regard ; J.-P. Sartre, Le regard de l’autre) bien entendu inscrite dans l’ordre du manque. Je renvoie précisément au texte récent de G. Bonnet (2004). Le regard. Le signal avant-coureur de l’énigme. Adolescence, 22 : 453-479.
  • [12]
    J’y reviens plus loin.
  • [13]
    La séance serait comparable au rite initiatique sur lequel veille l’ancêtre.
  • [14]
    Je retrouve clairement l’argument principal de la quatrième partie de Psychothérapie et adolescence. Op. cit. À ce que l’on nomme bien à tort supervision, est substituée la construction de texte oral, narratif sur lequel il est associé, reconstruit entre analystes.
  • [15]
    Belliard S. (2004). Regard et couleur de peau. Adolescence, 22 : 585-593.
  • [16]
    Gutton Ph. (2000). Psychothérapie et adolescence. Op. cit., 2ème partie.
  • [17]
    Positionné comme le primum movens de l’élaboration de l’archaïque génital dans tous mes travaux depuis Le pubertaire. Je précise que l’analyste ne saurait être le sujet parental de transfert comme j’ai pu au début de mes réflexions sur le pubertaire (parce qu’il est et précisément la neutralité bienveillante) le laisser entendre. Il est l’occasion de sa création. Pour le définir sous l’angle de ce texte, il pourrait être ce qui se laisse entendre de commun (mutuel) entre l’autre de l’adolescent et de l’analyste lors de leur relation réciproque d’objet.
    Je rapproche ce constat d’un travail que j’avais fait concernant le journal intime à l’adolescence, quelle jeune fille écrirait, si elle n’avait en tête un lecteur potentiel, un interlocuteur privilégié qui n’est pas a priori dans la réalité. Les parents, si par une curiosité mal placée lisaient le journal, ils seraient en position de voyeurs, déclencheurs de conflits intergénérationnels, et ne seraient pas alors ce secret « sujet-parental de transfert » auquel toute écriture intime est adressée. Gutton Ph. (2002). Lisible et non lu. L’écriture adolescente. In : J.-F. Chiantaretto (Éds.), Écriture de soi et narcissisme. Ramonville Saint-Agne : Érès, pp. 121-140.
  • [18]
    J’insiste sur le fait suivant : la proximité sensorielle du regard n’est pas perdue lors de la traduction en mots ; ceux-ci gardent ou doivent garder l’ancrage corporel et sa richesse : ainsi pas de sensorialité ou d’émotion à vif et pas de « mot valise » : entre corps et mot, l’aller et retour des processus tertiaires (A. Green), voies des affects principalement (J. Guillaumin). Dans Psychothérapie et adolescence, je relate le cas de cette adolescente méconnaissable tant elle était obèse et garçonne. Cette figure dirigea en « sous mots » la cure vers des débats assez abstraits jusqu’au moment où surgit un passage à l’acte homosexuel impulsif dont l’insertion violente dans le transfert était évidente. Lorsque la sensualité est tenue à l’écart (déniée), elle fait retour au galop.
  • [19]
    La confiance dans le discours partagé gère la coupure entre générations qui est un obstacle fort de la cure à l’adolescence. Certains considèrent que la cure y est impossible tant le lien transfert-contre-transfert est perverti par la différence de génération, l’actualisation dirais-je statutaire des figures parentales. Pour ma part je n’en crois rien, mais ce point mérite assurément un travail d’auto-analyse.
  • [20]
    Safouan M. (1996). Pour une théorie psychanalytique du regard. Cliniques méditerranéennes, 51/52 : 63-71.
  • [21]
    J’adapte ici une partie du discours d’Elgreide Jehnek (prix Nobel de littérature, 2004) montrant le renversement de son acte d’écriture. Le texte traîne à sa suite l’auteur tel un chien son propriétaire. Elle n’écrit pas, mais quelque chose lui écrit, elle devient écriture.
  • [22]
    Observation analysée dans : Gutton Ph. (1991). Le pubertaire. Paris : PUF.
  • [23]
    Gutton Ph. (2005). Solitude-Désolation. Adolescence, 23 : 9-24.
  • [24]
    Winnicott D. W. (1971). Jeu et réalité. Paris : Payot, 1978, p. 102.
  • [25]
    Stern D. (2003). Le moment présent en psychothérapie : Un monde dans un grain de sable. Paris : Odile Jacob. L’auteur engagé de longue date dans des travaux sur le couple mère-bébé, les accordages affectifs entre ces derniers, l’attachement cherche à appliquer son expérience dans le monde adulte. Il s’avance sur les traces de la phénoménologie en particulier de M. Merleau-Ponty avec un souci à la fois de décrire ce qu’il nomme « le moment présent d’une rencontre » et l’intersubjectivité. On sent dans la démarche l’éloge des sensations.
  • [26]
    Redisons-le ; n’interrogeons pas directement l’adolescent. À titre d’exemple S. Lesourd et V. Dufour révèlent l’impact contre-transférentiel provoqué par l’évocation parlée par Clarisse d’un tatouage sur son corps, caché et de sa symbolique essentielle pour elle. Lesourd S., Dufour V. (2004). Les scarifications, Traces du rien. Adolescence, 22 : 273-279.
  • [27]
    Gutton Ph. (2000). Adolescence et psychothérapie. Op. cit.
  • [28]
    Gutton Ph. (1975). Le jeu chez l’enfant. Paris : GREUPP, 2003.
  • [29]
    La conception mutualiste de la séance à la Ferenczi dans laquelle la vie privée de l’analyste entre dans le jeu, n’est pas dans mon propos. Elle blesserait la demande de reconstruction narcissique qui mène l’adolescent à la cure. Hormis sans doute certains éléments majeurs de notre vie ; ainsi un adolescent arrêta une cure bien investie, parce qu’il avait appris par les journaux le décès de mon père : « Comment avez-vous pu ne pas m’en parler, au moins me l’annoncer? … » Il se décrivit comme sans importance pour moi ; il était blessé.
  • [30]
    Mélanie Klein allongeait des adolescents dès douze/treize ans, ailleurs les gardait en face à face et interprétait, dès le début de ses cures, les gestes et comportements. Je renvoie également à la pratique « classique » des Laufer (1984). Adolescence et rupture du développement. Une perspective psychanalytique. Paris : PUF, 1989. Je suis partisan, je l’ai écrit, de la plus grande souplesse de cet aspect du cadre selon les propositions de l’adolescent. Même lorsqu’il varie lui-même les positions. Le débat fauteuil/divan ou fauteuil/fauteuil ne concerne pas l’adolescence.
  • [31]
    Pensons à certains passages à l’acte provoquant un excès d’images : l’exhibition inattendue en séance de scarifications sur tout le corps, ailleurs le récit d’événements dramatiques dont l’adolescent se trouve la cause.
  • [32]
    Thèse de M. et E. Laufer dans l’ensemble de leurs travaux. Adolescence et rupture du développement. Une perspective psychanalytique. Op. cit.
  • [33]
    L’auto-sabotage est un concept fondamental de Ph. Jeammet, cf. l’analyse qu’en fait Ph. Givre (2004). L’auto-sabotage : mode d’être adolescent. Adolescence, 22 : 355-363.
Français

Résumé

La séance et son continuum dans la vie quotidienne est à réfléchir bien sûr comme une relation tierce ; « deux personnes se regardant » s’y trouvent réunies et compromises sous un même regard autre ; un groupe se constitue, confiance (ou illusion) partagée. Le phare d’abord inconnu (étranger) inspire des échanges de plus en plus familiers : parler remplace être regardé. Les interactions qui définissent le site pourraient grâce à cette construction tierce être dès lors interprétées ou « reconstruites ».

Mots-clés

  • cure
  • regard
  • langage
  • interaction

Mots-clés éditeurs : cure, interaction, langage, regard


English

Summary

The session and its continuum in everyday life must of course be considered as a third-party relation; in it, « two people looking at each other » are brought together and compromised under the same «other» gaze ; a group is formed, trust (and illusion) shared... The lighthouse, initially unknown (a stranger), inspires exchanges that are more and more familiar: talking replaces being looked at. Thanks to this third-party construction, the interactions that define the site can henceforth be interpreted or « reconstructed ».

Keywords

  • treatment
  • gaze
  • language
  • interaction

Mots-clés éditeurs : gaze, interaction, language, treatment


Español

Resumen

La sesión y su continuum en la vida cotidiana se debe pensarla como una relación en la tiercidad ; « dos personas se miran », se encuentran unidas y comprometidas sobre una misma mirada de otro ; un grupo se constituye la confianza o la ilusión compartida. El faro al principio desconocido (extranjero) inspira cambios cada vez más y más familiares : Hablar remplaza el ser mirado. Las interacciones que definen el lugar, podrían gracias a esta construcción tercera ser interpretadas y reconstruidas.

Palabras claves

  • cura
  • mirada
  • lenguaje
  • interacción

Mots-clés éditeurs : cura, interacción, lenguaje, mirada

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