7. L’impossible dénucléarisation partielle
- Par Bertrand Badie
Pages 93 à 96
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- Badie, B.
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Le Moyen-Orient est vraiment devenu le cratère du monde, à mesure que se multiplient les enjeux conflictuels qui prolifèrent dangereusement de la Méditerranée à l’Indus. Déjà le conflit israélo-palestinien trouvait son écho dans une crise irakienne aujourd’hui vieille de seize ans. La crise libanaise, et maintenant syro-libanaise, ajoutait un axe supplémentaire de même nature : la question du nucléaire iranien complète désormais le quadrillage des tensions.
Le risque est d’autant plus grand que ce nouveau conflit est solidement installé dans une impasse, aggravée par une certaine myopie diplomatique. On a d’abord gravement sous-estimé la détermination iranienne de poursuivre et réaliser un ambitieux programme nucléaire, dont les prémices avaient déjà été posées par le shah lui-même, dès les années soixante-dix. L’objectif avait un sens : sur le plan civil, car la géographie et la démographie de l’Iran ne permettaient pas au pétrole de couvrir tous les besoins énergétiques ; mais aussi, de manière tactiquement inavouée, sur le plan militaire, car le pays est pratiquement encerclé, comme peu de ses semblables, d’armées dotées de moyens nucléaires : Israël, à l’ouest ; Russie, au nord ; Pakistan, à l’est et,de facto, États-Unis sur son flanc occidental. L’équation nucléaire avait toute chance de devenir ainsi l’instrument d’un réveil national-populiste quasi consensuel dont Mahmoud Ahmadinejad sut fort bien profiter.
Seconde erreur, on a cru que le TNP pourrait assurer un régime de non-prolifération durable et stable…
Date de mise en ligne : 10/12/2025
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