9. L’immigration est l’avenir du monde
- Par Bertrand Badie
Pages 59 à 61
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- BADIE, Bertrand,
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- Badie, B.
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La présentation devant le Parlement du projet de loi Sarkozy sur l’immigration relance un débat déjà ancien, fort prisé d’une bonne partie de la classe politique qui pense tirer les dividendes des grandes frayeurs qui travaillent l’opinion publique. Comme toujours, la peur est mauvaise conseillère : ce sujet complexe, pavé de souffrances humaines, mérite un autre traitement. Partons d’abord d’une remarque d’apaisement : l’immigration ne ressemble en rien aujourd’hui à ce torrent nouveau et menaçant ; elle ne concerne qu’à peine 3 % de la population du monde, 5 % en Europe, 5,6 % en France, tandis que les clandestins ne représentent qu’entre 0,2 % et 0,4 % de la population mondiale. En réalité, le robinet de l’immigration est fermé en Europe depuis 1975, par des lois et des pratiques répressives qui conduisent, par exemple, à rejeter, de l’espace Schengen, 83 % des demandes d’asile.
On devrait s’en étonner et se demander pourquoi l’immigration reste à ce point limitée, alors que la communication ne cesse de s’intensifier par-delà les frontières, que les conditions de transport et de mobilité s’améliorent si vite, que les imaginaires circulent avec une densité croissante du Nord vers le Sud. L’attraction qu’exercent les pays développés sur les autres ne saurait être abolie : elle est comme mécanique. L’Europe représente 35 % du PNB mondial pour seulement 6,5 % de la population du globe. La population active atteint péniblement les six cents millions dans le monde développé, alors qu’elle dépasse les deux milliards sept cents millions dans les pays en développement…
Date de mise en ligne : 10/12/2025
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