4. Pour un multilatéralisme humanisé
- Par Bertrand Badie
Pages 171 à 173
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- BADIE, Bertrand,
- Badie, Bertrand.
- Badie, B.
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Entre la nouvelle session de l’Assemblée générale qui s’est ouverte il y a quelques jours et le départ prochain de Kofi Annan, entre le renforcement de la Finul au Liban et les incertitudes au Kosovo, l’ONU revient sous les feux de l’actualité, affichant un bilan en demi-teinte. À son passif, on retiendra l’échec d’une réforme très attendue et qui devait être scellée lors de son soixantième anniversaire : le résultat fut plutôt maigre, aucun accord ne se profilant notamment sur la recomposition tant réclamée du Conseil de Sécurité.
On semble oublier que la charte de l’Organisation date de 1945, reflétant un contexte aujourd’hui dépassé. Il s’agissait à l’époque de contenir la rivalité qui risquait d’opposer les grandes puissances du Nord, vainqueurs de l’Allemagne. Il convenait alors de définir un savant équilibre entre une sécurité collective forgée à quelques-uns et le droit dérogatoire des Grands légalement érigés en aristocratie du monde. De nos jours, cent quatre-vingt-douze États, majoritairement issus du Sud, composent une communauté internationale qui ne parvient pas à se formaliser ; la puissance est mise au défi des formes nouvelles de conflictualité ; l’insécurité humaine, économique, environnementale, sanitaire, alimentaire, sociale se substitue à la dialectique passée du diplomate et du soldat.
Pire, ce qu’on a tenu un moment pour le nouveau fleuron du système onusien est gravement en échec : l’intervention multilatérale au nom de la « responsabilité de protéger » ne convainc plus…
Date de mise en ligne : 10/12/2025
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