5. Coûteuse obsession hégémonique
- Par Bertrand Badie
Pages 115 à 118
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- BADIE, Bertrand,
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- Badie, B.
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On a cru que l’hégémonie à l’échelle mondiale était aussi naturelle qu’inévitable. Puis, on a pensé qu’elle était garante de l’ordre, mettant ainsi la crise de 1929 sur le compte d’une période de transition qui n’était soutenue par aucune hégémonie incontestée. On a ensuite pensé qu’elle était protectrice, au risque d’être partagée, notamment au temps de la bipolarité, lorsque l’aigle américain défendait son camp contre les ambitions de l’ours soviétique, et peut-être réciproquement. On a enfin suggéré qu’elle était bonne et morale, lorsque les néoconservateurs en faisaient le vecteur des valeurs de liberté dans un monde en péril.
On est surpris de constater que la campagne présidentielle américaine ne remet pas le débat sur le tapis : le modèle néoconservateur s’est effondré, tout au long des deux mandats de George W. Bush, mais pour autant nul ne se livre à un examen critique du leadership américain, de ce qu’il peut être et devrait être pour mieux s’adapter aux données nouvelles du globe… On notera pourtant que la mondialisation exerce un long travail de sape sur les catégories familières de la domination. Nous sommes entrés, avec elle, dans le temps de l’interdépendance qui rompt avec les règles de la hiérarchie. Financièrement, économiquement, socialement, tout le monde dépend désormais de tout le monde : chacun dépend de ses financiers, de ses fournisseurs, mais aussi des grands équilibres démographiques, et plus encore du jeu de désordre, que le plus petit et le moins doté hésite d’autant moins à déployer qu’il n’a rien à perdre…
Date de mise en ligne : 10/12/2025
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