Chapitre 0. Éléments de théorie de la représentation
- Par Arnaud Plagnol
Pages 29 à 41
Citer ce chapitre
- PLAGNOL, Arnaud,
- Plagnol, Arnaud.
- Plagnol, A.
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- Plagnol, A.
- Plagnol, Arnaud.
- PLAGNOL, Arnaud,
Notes
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[1]
Nous demandons instamment au lecteur de n’accorder au terme de « représentation » que le sens retenu dans cet ouvrage (cf. notamment définitions 0.1-0.2 et 0.11-0.12 infra) et de tout oublier des interprétations de ce terme développées dans d’autres contextes.
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[2]
La notion de fragment analogique peut être rapprochée de celle d’« icône pure » chez Peirce.
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[3]
Voir par exemple le Théétète de Platon (vers 369 av. J.-C./1976) et son interprétation par Heidegger (1931-1932/2001), Hume (1739-1740/1983) et ses commentaires par Millgram (1995, 1997), Husserl (1939/1970) et la conclusion de Plagnol (2005). Rappelons aussi Kant : « Sans la sensibilité, nul objet ne nous serait donné […] les pensées sans contenu sont vides » (Kant, 1787/1976, B75 — traduction modifiée par nous).
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[4]
En fait, la notion de système de représentation dépend de celle de capacité limitée de codéploiement et réciproquement. En termes de théorie de l’information, une représentation mnésique peut être considérée comme une information dégradée en raison d’une capacité limitée de « transmission » (e.g., Sims et al., 2012). 11.
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[5]
Il ne s’agit pas nécessairement d’un instant objectif. Par exemple, les systèmes perceptifs humains semblent traiter l’infomation par chunks en l’intégrant sur de brefs intervalles temporels (Newman et al., 2008 — ces chunks seraient en rapport avec l’iconic time span). L’importance empirique de tels chunks ou snapshots (e.g., Nardini et al., 2009) pour la cognition humaine atteste d’ailleurs de la validité d’une construction des espaces de représentation à partir de « plis élémentaires », même si cette notion peut de prime abord paraître artificielle pour des systèmes de représentation dont la fenêtre de présence paraît phénoménalement évoluer continûment dans le temps.
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[6]
Voir Kant (1787/1976). Bien entendu, cela ne signifie pas que les représentations mentales et « cartes » cognitives humaines pour l’espace matériel ont de façon générale un format euclidien — l’expérimentation permet d’ailleurs de mettre en évidence de nombreux aspects s’en écartant (e.g., Jeffery et al., 2013 ; Vishwanath, 2014) et notre « géométrie naturelle » (Descartes, 1637/1953a) pourrait ne pas être innée (Spelke et al., 2010). Cependant, l’espace matériel « vécu » qui nous intéresse dans cet ouvrage relève de ce format : dans mon intuition, l‘espace matériel a trois dimensions et la ligne droite est le plus court chemin d’un point à un autre.
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[7]
On peut montrer que la théorie de la fondation analogique est la seule théorie susceptible de répondre au problème de la reconstitution de mondes étendus par des systèmes de représentation (Plagnol, 2005).
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[8]
La seule exception à cette règle survient lorsqu’une fonction sémantique attribue tout ou partie du contenu direct pour contenu indirect — e.g., la fonction sémantique définie par les marques de citation dans un langage naturel —, car dans ce cas, composante analogique et composante symbolique se superposent. (Mais, en général, l’intérêt de définir une fonction sémantique est précisément de permettre la représentation d’entités qui « ne sont pas là » et le contenu indirect diffère donc du contenu direct.)
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[9]
Les mécanismes mentaux sous-jacents à une opération de projection sont complexes, mais on peut se représenter leur effet par analogie avec ce que produit comme déploiement visuel l’ouverture d’une porte à l’aide d’une clef (ou d’un ensemble de clefs).
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[10]
La notion de pli élémentaire abstrait sera précisée dans le chapitre 14. (Déf. 14.4.)
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[11]
Par exemple, soit l’humain daltonien Tommy : on peut considérer que le système visuel de Tommy lui offre un autre univers visuel que celui pour lequel en principe la Nature forge les systèmes visuels humains. (Voir la remarque 2 du § 1.)
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[12]
Les propriétés de complétude et de fidélité seront abordées dans le chapitre 6 (§ 2).
Comment une entité E quelconque (humain, machine…) peut-elle se donner un univers U qui ne lui est pas entièrement présent immédiatement ? Par re-présentation, c’est-à-dire que E doit disposer d’un système de représentation qui lui permet de présentifier U par fragments tout en unifiant potentiellement ces fragments de façon à pouvoir reconstituer pleinement U au moins virtuellement.
Dans ce chapitre préliminaire, nous introduisons quelques éléments de la théorie de la représentation indispensables pour aborder la navigation dans des univers étendus dont un système mental est capable.
Sauf exception triviale, un univers n’est pas donné totalement dans une présence immédiate. Ainsi, le monde sensible n’apparaît à un système mental humain que par fragments infimes et via des processus perceptifs. Pour se donner, un univers doit être représenté :Notation. Dans la suite de ce chapitre, « S » désignera un système quelconque de représentation.Scolie 1. La fonction de représentation peut n’être qu’implicite. Par exemple, pour tous les systèmes naturels de représentation (e.g., les systèmes perceptifs), la fonction de représentation est implicite.
Tout univers représenté, pour être reconstituable, au moins virtuellement, doit être présentifiable par fragments.Scolie 2. L’usage empirique de la notion de représentation recèle une dualité bien connue entre : (a) les composantes analogiques de représsentation dont le format semble impliquer une similarité à ce qui est représenté (percepts, images, cartes, statues, maquettes, ombres…), et (b) les composante…
Date de mise en ligne : 29/03/2024
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