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Chapitre 14. Navigation dans un univers matériel

Pages 247 à 260

Citer ce chapitre


  • Plagnol, A.
(2019). Chapitre 14. Navigation dans un univers matériel. Principes de navigation dans les mondes possibles : Tome I Fondations (p. 247-260). Éditions Terra Cotta. https://shs.cairn.info/principes-de-navigation-dans-les-mondes-possibles--9782954102252-page-247?lang=fr.

  • Plagnol, Arnaud.
« Chapitre 14. Navigation dans un univers matériel ». Principes de navigation dans les mondes possibles Tome I Fondations, Éditions Terra Cotta, 2019. p.247-260. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/principes-de-navigation-dans-les-mondes-possibles--9782954102252-page-247?lang=fr.

  • PLAGNOL, Arnaud,
2019. Chapitre 14. Navigation dans un univers matériel. In : Principes de navigation dans les mondes possibles Tome I Fondations. Éditions Terra Cotta. Esprit & Cognition, p.247-260. URL : https://shs.cairn.info/principes-de-navigation-dans-les-mondes-possibles--9782954102252-page-247?lang=fr.

Notes

  • [1]
    Cf. § 5.4, § 11.2 et § 11.3.
  • [2]
    Soulignons qu’il ne s’agira dans ce chapitre que de ce qui concerne la navigation mentale dans (la représentation d’)un espace matériel et non la navigation physique effective, et ceci uniquement relativement à quelques points généralisables à toute navigation mentale. Certes, dans la mesure où la navigation physique implique déjà un traitement mental, nous aurons l’occasion de mentionner des travaux s’y rapportant. Toutefois certains concepts importants pour rendre compte de la navigation physique, comme celui de spatial reference frame (e.g., Carlson et al., 2010), n’auront pas lieu d’être évoqués en détail ici.
  • [3]
    Un fragment quelconque d’espace matériel est en principe simple, mais de multiples causes (lacunes informatives, stratégies conscientes, temps disponible limité, mécanismes de défense, catégories spatiales liées tant à la structuration perceptive « low-level » qu’à l’apprentissage conceptuel et aux influences sociales [Holden et al., 2010 ; Uttal et al., 2010]…) peuvent limiter l’unification analogique et imposer des sauts (déf. 5.3). A titre de simplification (!), nous supposerons néanmoins dans ce chapitre qu’un fragment d’espace matériel familier peut être de principe représenté mentalement dans un dépli. (Cette supposition n’aura aucune incidence sur les considérations développées dans ce chapitre.)
  • [4]
    Ceci est a fortiori vrai si le fragment d’espace matériel concerné n’est pas représenté mentalement par un dépli (cf. note précédente et remarque 1 du § 11.2).
  • [5]
    Le rôle-clé des landmarks pour trouver son chemin en navigation spatiale est attesté par de multiples recherches empiriques (e.g., Nardini et al., 2009 ; Newman et al., 2007 ; Ruddle et al., 2011).
  • [6]
    Cf. déf. 17.3.
  • [7]
    D’autres mécanismes que la « rencontre » d’objets remarquables peuvent déclencher des focalisations — par exemple, une instruction indiquant une direction peut induire la formation d’un modèle de situation emboîté au sein d’un modèle plus global (voir Radvansky, 2009).
  • [8]
    Rappelons qu’en informatique un onglet est une étiquette active dans une fenêtre d’un navigateur web permettant de réactiver immédiatement le contenu d’une page web.
  • [9]
    Pour Trope et Liberman, il s‘agit non seulement de la distance spatiale mais de toute distance psychologique en général. (Cf. « Généralisation » dans ce § 14.2 infra).
  • [10]
    L’expérimentation confirme que la représentation de l’espace matériel peut reposer sur une hiérarchie de modèles de situation (Radvansky, 2009, p. 804).
  • [11]
    « Trame verticale » est à comprendre au sens étendu du § 11.2.
  • [12]
    De même, en compréhension de texte, un « cue-based mechanism » permet de retouver des informations spatiales hors focus (Smith & O’Brien, 2012). Pensons aussi à la navigation sur le world wide web qui repose sur de simples liens Hypertext.
  • [13]
    Les nœuds de plis mentaux se distinguent ici fonctionnellement des liens Hypertext sur le web dont l’activation déclenche en principe toujours le même contenu.
  • [14]
    L’activation de O agit comme une clef ouvre une porte à ceci près que ce qui est ouvert ici varie selon l’environnement actif de O.
  • [15]
    A contrario, des stuctures symboliques trop renforcées peuvent altérer la dé-couverte de solutions lors de la confrontation à de nouveaux types de problèmes, même chez les experts — par exemple, l’Einstellung effect est aussi insidieux qu’universel : la première idée venant à l’esprit devant un problème aux caractéristiques qui semblent familières peut freiner ou empêcher l’obtention de la bonne solution (Bilalić et al., 2008). (Voir aussi le danger de la sclérose, chapitre 29 du Tome 2 [Déf. 29.6].)
  • [16]
    Une théorie iconique de la mémoire et des représentations (e.g., la théorie des perceptual symbols de Barsalou, 1999) se révèle précieuse pour rendre compte d’une telle flexibilité, par exemple les simulations en mémoire de travail associées à l’usage des concepts, et plus généralement, de la mémoire sémantique, peuvent être « taillées sur mesure » en fonction du contexte (Dove, 2009, p. 415 ; van Dantzig et al., 2008, p. 580 ; van Elk et al., 2009, p. 79).
  • [17]
    Un autre exemple sera ici peut-être éclairant. Supposons que, publicain honteux, je fréquente Notre-Dame de Paris en me tenant toujours dans le narthex, tourné face à l’autel, sans jamais m’approcher de celui-ci : il m’est alors difficile d’inverser mentalement ma perspective et de me situer dos à l’autel pour déployer la nef avec le nartex au fond. Les performances mnésiques sont d’ailleurs dépendantes d’une orientation de référence, comme de multiples expérimentations l’ont confirmé, même si ces expérimentations reposent généralement sur notre capacité à imaginer un environnement dans des orientations différentes de celle selon laquelle cet environnement a été encodé initialement (Kelly & McNamara, 2010 ; Marchette et al., 2011 ; Mou et al., 2008, 2009).
  • [18]
    Les catégories qui structurent la représentation de l’espace se modifient avec l’apprentissage cognitif et les influences sociales (Uttal et al., 2010).

Les mondes possibles offrent un paradigme utile pour caractériser une trame verticale car ils définissent des contextes clairs et dont la prise en compte s’impose dans la navigation mentale (sous peine de contradiction), mais des principes de navigation analogues sont valables pour tout contexte dans un univers mental. Dans le chapitre 13, nous avons montré qu’un réseau d’activation avec des nœuds de monde et des liens modaux permettait d’assurer une compartimentation fonctionnelle et un repérage dans la trame modale. Avant de préciser comment l’usage de tels outils peut être généralisé, nous étudions dans ce chapitre certains aspects élémentaires de la navigation mentale dans un univers matériel. Deux raisons motivent cette étude préliminaire : (1) la structuration contextuelle d’un univers matériel peut s’appuyer sur des éléments objectifs clairement identifiables (e.g., des monuments) tout en étant susceptible de variations subjectives considérables, (2) les changements d’échelles définissent des variations de contexte qu’un sujet doit souvent prendre en compte dans sa navigation « matérielle » et permettent facilement de mettre en évidence des fragments de trame verticale. Nous pourrons dégager ainsi certains processus à l’œuvre dans toute navigation mentale.Comment pouvons-nous déployer mentalement aussi bien de vastes pays que notre mansarde d’étudiant ou notre laboratoire en changeant d’échelle à une vitesse stupéfiante ? Quels outils cognitifs nous permettent de nous déplacer mentalement à grande allure dans des espaces aussi variés que notre maison, notre ville ou la planète entière …


Date de mise en ligne : 29/03/2024

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