13. Préalables philosophiques
- Par Emmanuel Brassat
Pages 181 à 186
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- BRASSAT, Emmanuel,
- Brassat, Emmanuel.
- Brassat, E.
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Notes
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[1]
Le texte de cette étude découle d’une intervention faite au colloque Place et raison de la pulsion de mort dans le schématisme de la psychanalyse, qui s’est tenu à Berlin du 7 au 10 juin 2019, organisé par les associations Freuds Agora et Psychoanalytische Bibliothek, dans le cadre de la Biennale de la psychanalyse à partir du travail de René Lew.
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[1]
Spinoza, Éthique, Partie III, Proposition 43, Paris, Gallimard, 1954, réimpression « Folio-Essais », 2014, p. 222, trad. R. Caillois.
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[2]
Hegel, La raison dans l’histoire, Paris, uge, coll.10/18, 1965, p.54.
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[3]
S. Freud, Considérations actuelles sur la guerre et sur la mort, nouvelle traduction, Paris, Payot, p. 40.
Si l’on définit ladite pulsion de mort comme un désir potentiel de destruction et de cruauté, ou comme une forme de haine dirigée à la fois contre soi et contre l’autre, père ou mère, frère ou sœur, amant ou amante, homme ou femme, enfants, la violence criminelle et meurtrière de l’être humain contre son semblable n’en est peut-être pas séparable, et l’histoire humaine collective atteste fortement de ses présence et réalité. Spinoza affirmait a contrario, mais comme Freud d’ailleurs, que l’amour est plutôt rationnellement toujours vainqueur de la haine. Il peut l’envelopper et la supprimer, disait Spinoza, parce que sa puissance comme facteur d’affirmation vitale d’existence lui est toujours supérieure, la haine étant portée par la tristesse, qui nous diminue, et l’amour par la joie, qui nous augmente. Ainsi, écrit Spinoza, si « la haine est augmentée par une haine réciproque, et peut, au contraire, être détruite par l’amour ». Mais on peut douter que cela se produise avant que la destructivité mutuelle, ou la haine et ses dégâts ne se soient déjà manifestés. Conciliation et réconciliation viennent le plus souvent après la guerre, pas avant. Quant à la criminalité de l’humain envers l’autre être humain, on peut rappeler que le premier des génocides de l’histoire occidentale moderne ayant conduit à l’extinction définitive d’un peuple entier s’est produit aux Canaries, dès le xvie siècle, ledit sauvage se voyant détruit par ledit civilisé, ce dernier agissant au nom de sa prétendue supériorité ou orgueil…
Date de mise en ligne : 30/10/2025
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