Chapitre 10. Crépuscule d’une Maison
- Par Anne Graire
Pages 191 à 211
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- GRAIRE, Anne,
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- Graire, A.
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Changement de décennie et changement d’atmosphère, le milieu des années 1980 amène un bouillonnement créatif mâtiné d’agressivité, volontiers mis au service des publicitaires. Le temps est venu de pulvériser les codes de la vieille génération et surtout de ses conventions. Accédant aux postes de pouvoir, les jeunes figures des années 1970 mettent à l’ordre du jour le principe de « jouir sans entraves » qui infuse dans toute la société. Naissent de nouvelles normes esthétiques aux lignes tranchantes, à la palette cisaillée de nuances criardes : du noir et jaune au rouge et noir, les créatifs – terme en vigueur – imposent des tonalités primaires que le fluo, les paillettes, les bijoux surdimensionnés viennent électriser. Le règne de la nuit et de ses « boîtes » qui la décennie précédente étaient réservées à une clientèle « sélecte » influence la mode. Sur la piste et sa multitude frénétique flashées d’éclairs artificiels, seules les tenues voyantes, l’outrance se font remarquer ; des sous-sols à la rue il n’y a qu’un pas. Les pastels veloutés et la douceur romantique sont passés de mode. Toute la société désormais s’habitue à la fureur d’un certain clinquant et, plus inédit encore, aux signes ostentatoires de réussite jugés vulgaires jusqu’ici ; l’on prend goût à un affichage décomplexé de soi-même popularisé par les médias. La génération respectable qui a connu l’ère de Gaulle, pétrie de discrétion, rejoint le statut d’ancêtre. Ces nouvelles tendances étaient-elles totalement étrangères à Madame Grès …
Date de mise en ligne : 28/11/2025
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