Les politiques : Charron, Vanini, Naudé
Pages 81 à 96
Citer ce chapitre
- CHARLES-DAUBERT, Françoise,
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- CHARLES-DAUBERT, Françoise,
Notes
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[1
]
G. Naudé, Apologie pour tous les grands personnages qui ont esté faussement soupçonnez de magie, Paris, Targa, 1625, p. 61-62.
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[2]
Quillet et Duncan sont des médecins appelés pour examiner des possédées et qui ont conclu à la supercherie ou à la maladie mentale, excluant l’action des diables. Naudé partage cette analyse et dénonce les procès en sorcellerie.
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[3]
Jean Wier (de Weyer latinisé en Wierus puis Wier) est né à Grave dans le nord du Brabant. Médecin, il étudia à Bonn sous la direction de Corneille Agrippa de Netteisheim, accusé de magie pour s’être opposé aux procès de sorcellerie. Wier en parle avec la plus grande estime. Naudé, dans L’Apologie pour tous les grands hommes, prendra la défense d’Agrippa. Wier consacre le troisième chapitre de son œuvre De prœstigiis dœmonum et incantationibus ac veneficiis (1563), aux sorcières pour dénoncer l’absurdité des accusations dont elles faisaient l’objet et mettre en évidence une imagination malade là où l’on voulait voir l’action des démons. Il publie de son œuvre des versions simplifiées destinées au plus large public ; suivi par les doctes, il attaque durement les inquisiteurs de son temps. Il fut naturellement accusé de sorcellerie, notamment par Jean Bodin, mais les protections dont il jouissait lui évitèrent les procès.
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[4]
Lettres du P. Mersenne à Peiresc du 23 mai 1635 et du jour de l’Ascension 1635 : « Une damoiselle de Bourgogne est ensorcelée, et les sorciers étant pris, un médecin par mon conseil a enfoncé un trancheplume jusques au manche dans la marque, sans que le sorcier ait senti. »
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[5]
G. Naudé, Jugement de tout ce qui a esté imprime contre le Cardinal de Mazarin depuis le 6 janvier jusqu’à la déclaration du 1 avril 1649 ou Le Mascurat. s.l.n.d.
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[6]
J.-C. Vanini. Dialogues, in Œuvres philosophiques. op cit..p 259.
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[7]
Selon l’expression de Naudé dans les Considérations politiques sur les coups d’États. Rome. 1639,
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[8]
J.-C. Vanini, ibid., p. 228.
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[9]
Ibid., p. 219.
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[10]
Ibid., p. 219-220.
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[11]
Ibid., p. 220.
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[12]
G. Naudé. Considérations politiques sur les coups d’État, Rome, 1639, p. 161 et 163-164
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[13]
Zalmoxis : nom d’un philosophe de Thrace, législateur des Gètes ; voir Apulée, Apologia, 26.
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[14]
P. Beurrier. Mémoires, Bibliothèque Sainte-Geneviève. Réserve, mss. 1886. f° 96 v. Il poursuit ainsi : « Jésus-Christ était le plus subtil et le plus adroit de tous. Aussi y a-t-il mieux réussy dans son entreprise, ayant tellement leurré le simple peuple et surtout ses disciples. qui estoient sans esprit, sans lettres, et sans jugement, par des menaces de l’enfer imaginaire et les promesses d’une vie bienheureuse éternellement et par ses faux miracles, qu’ils ont répandu partout sa doctrine et sa religion. »
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[15]
G. Naudé, Considérations politiques sur les coups d’État, op. cit., p. 65.
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[16]
G. Naudé, Considérations politiques sur les coups d’État, op. cit.. p. 156.
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[17]
Qui ne sait dissimuler ne sait régner.
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[18]
F. La Mothe le Vayer. « De la Politique traitée sceptiquement ». in Cinq autres Dialogues, op. cit., p. 310.
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[19]
F. La Mothe le Vayer. « De la Patrie & des Étrangers », in Œuvres complètes, A. Courbé, 1654. p. 29.
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[20]
F. La Mothe le Vayer, « De la politique traitée sceptiquement ». Cinq autres Dialogues, in Dialogues faits à l’imitation des Anciens, op. cit., p. 244.
Les libertins décrivent le peuple ignorant, impressionné par des phénomènes naturels dont il ne peut rendre compte, et qu’il attribue, tout naturellement, à l’action d’esprits bénéfiques ou maléfiques, à Dieu ou au Diable ; miracle ou sorcellerie, il imagine la nature parcourue par des forces occultes et redoutables. L’analyse d’Épicure et de Lucrèce est reprise à leur compte par les libertins et appliquée aux croyances et superstitions populaires : les « esprits faibles et superstitieux » sont disposés par nature à la crédulité, et cette disposition est encore aggravée par l’ignorance et la malveillance, qui les amènent à voir dans les savants, qui produisent des effets qu’ils ne peuvent comprendre, des sorciers ou des mages. Naudé, dans L’Apologie pour tous les grands personnages qui ont esté faussement soupçonnez de magie, entreprend de montrer que les grands hommes de l’Antiquité et de la Renaissance qui ont été accusés de magie n’étaient que des politiques, des mathématiciens, des philosophes, les hommes les plus savants de leur temps, dont la science ne devait rien à la fréquentation des démons, contrairement à ce qu’avaient tenté de montrer des esprits populaires et pervers, comme De Lancre, Del Rio, Le Loyer, et autres jurisconsultes prompts à dénoncer la sorcellerie.
« Ces grands esprits – écrit Naudé à propos des savants – s’élevèrent à un tel degré de perfection, que l’ignorance de leurs siècles, fâchée de ce qu’ils s’émancipent davantage que les autres, les a toujours soupçonnés d’impiété en leurs Spéculations et Théories et de Magie en leurs actions…
Date de mise en ligne : 01/12/2016
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