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Conclusion

Pages 110 à 115

Citer ce chapitre


(1998). Conclusion. Les Libertins érudits en France au XVIIe siècle (p. 110-115). Presses Universitaires de France. https://shs.cairn.info/les-libertins-erudits-en-france-au-XVIIe-siecle--9782130493457-page-110?lang=fr.

« Conclusion ». Les Libertins érudits en France au XVIIe siècle, Presses Universitaires de France, 1998. p.110-115. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/les-libertins-erudits-en-france-au-XVIIe-siecle--9782130493457-page-110?lang=fr.

1998. Conclusion. In :
  • CHARLES-DAUBERT, Françoise,
Les Libertins érudits en France au XVIIe siècle. Paris cedex 14 : Presses Universitaires de France. Philosophies, p.110-115. URL : https://shs.cairn.info/les-libertins-erudits-en-france-au-XVIIe-siecle--9782130493457-page-110?lang=fr.

Notes

  • [1]
    On appelle auteur-source, l’une des sources maintes fois citée ou utilisée, sans être citée, par des auteurs libertins ou des auteurs de manuscrits clandestins. L’auteur-source est celui dont l’utilisation est si transparente (texte paraphrasé, argumentation reproduite...) qu’elle est immédiatement aperçue du lecteur averti qui reconnaît l’origine du passage sans qu’il soit nécessaire d’en mentionner l’auteur. Cette pratique de citer de mémoire sans référence explicite est commune aux libertins érudits, et caractérise précisément cet usage spécifique de l’érudition qui est à l’origine de textes à plusieurs niveaux de lecture et contribue à resserrer les liens intellectuels entre l’auteur qui peut procéder par allusions et le lecteur. Pour certains auteurs (auteurs-relais) l’œuvre, généralement un passage très bref, n’est utilisée que dans la mesure où elle véhicule la pensée d’un autre auteur, de l’Antiquité ou de la Renaissance le plus souvent. Elle n’est pas alors visée dans sa spécificité mais pour la synthèse particulièrement claire ou concise qu’elle présente. Ainsi dans le Traité des trois imposteurs, manuscrit clandestin libertin dans son inspiration. Hobbes longuement cité (traduction de la version latine du Léviathan) n’a d’autre fonction que de relayer des thèses propres au libertinage érudit, sans que l’attention se porte sur ce qui fait l’originalité du Léviathan.
  • [2]
    Il convient toutefois de distinguer le contrat hobbésien du contrat spinoziste. Spinoza, dans la lettre 50 à Jarig Jelles, s’explique lui-même fort clairement de cette différence : « Vous me demandez quelle différence il y a entre Hobbes et moi quant à la politique, écrit-il : cette différence consiste en ce que je maintiens toujours le droit naturel et que je n’accorde dans une cité quelconque droit au souverain sur les sujets que dans la mesure où, par la puissance, il l’emporte sur eux ; c’est la continuation de l’état de nature. »

La thématique commune aux auteurs libertins s’organise donc en un ensemble de thèmes et « lieux » communs aux différents auteurs, dont on a vu que chacun les traite suivant son style et sa méthode propres. Ces thèmes, néanmoins, constituent l’armature de la pensée libertine et les lieux communs, une sorte de passage obligé de la démonstration qui donne à l’ensemble sa tonalité. S’il est clair que le refus du système comme tentation dogmatique est partout présent dans un mouvement de pensée qui prend la forme d’essais sur des sujets particuliers et multiplie les points de vues critiques, cela ne signifie nullement que cette pensée ne réponde à aucune forme d’organisation interne. C’est cette systématicité des termes dépendant les uns des autres et constituant un tout, entendue comme la solidarité et la complémentarité d’approches singulières, qui est constitutive de l’unité du mouvement. Ces thèmes qui apparaissent, semble-t-il, au fil de la plume et au gré de la fantaisie des auteurs, structurent de manière sous-jacente ce mouvement de pensée même. Il est clair que l’unité postulée par le mot « libertinage » et l’expression : « libertinage érudit », est à chercher derrière les différentes manifestations d’une pensée protéiforme et volontairement déconcertante, dans une thématique commune, qui peut s’organiser selon différentes lignes de forces, mais parvient toujours à la mise en crise des dogmes et des certitudes de l’École. Critique antireligieuse et antithéologique, le libertinage érudit suit dans son argumentation, et présente comme en négatif, l’examen des thèmes fondamentaux de la théologie chrétienne…


Date de mise en ligne : 01/12/2016

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