45. « Divin Michel-Ange »
- Par Daniel Boorstin
Pages 480 à 494
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- BOORSTIN, Daniel,
- VIERNE, Béatrice
- et BOORSTIN, Daniel,
- Boorstin, Daniel.
- Boorstin, D.
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- Boorstin, D.
- Boorstin, Daniel.
- BOORSTIN, Daniel,
- VIERNE, Béatrice
- et BOORSTIN, Daniel,
Héritée de la Renaissance, la foi dans le génie – qui est autre chose que l’adresse ou le talent – allait transformer les arts. Elle nous a fait passer du respect pour le travail qui manipule l’expérience à l’effroi devant une inspiration à nulle autre pareille. De l’admiration à l’effroi ; de l’imitation de la nature à sa re-création ; de l’artiste exécutant les ordres de son protecteur au protecteur attendant les créations de l’artiste. « Le talent, observa James Russell Lowell, est au pouvoir de l’homme ; alors que le génie tient l’homme en son pouvoir. »
Dans la religion de la Rome antique, le « génie » (du latin genius, qui signifie « ce qui engendre ») était l’esprit souverain qui perpétuait un foyer ou une famille. Le mot en vint à désigner l’esprit qui protégeait une confrérie, un endroit ou un individu, et que chacun pouvait vénérer le jour de son anniversaire. À partir d’Auguste, on allait vénérer le « génie » d’un empereur. L’esprit d’une femme ou d’une déesse portait, lui, le nom de « junon ».
L’Europe médiévale ne prisait guère l’originalité. Si l’on avait prouvé, à l’époque, que Léonard de Vinci avait copié sur d’autres livres les inventions figurant dans ses carnets, cela n’aurait fait qu’accroître le respect pour son savoir et n’aurait jamais donné lieu à des accusations de plagiat. Le mot individualisme – « une expression nouvelle à laquelle une idée nouvelle a donné naissance » – ne fit son apparition dans la langue qu’en 1835, lorsque Tocqueville s’en servit pour décrire ce qu’il avait trouvé en Amérique…
Date de mise en ligne : 01/04/2025
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