46. Le verbe peint : la voie intérieure du Tao
- Par Daniel Boorstin
Pages 494 à 503
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- BOORSTIN, Daniel,
- VIERNE, Béatrice
- et BOORSTIN, Daniel,
- Boorstin, Daniel.
- Boorstin, D.
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- Boorstin, D.
- Boorstin, Daniel.
- BOORSTIN, Daniel,
- VIERNE, Béatrice
- et BOORSTIN, Daniel,
Nous avons vu l’Occident, tout près de succomber à l’assaut des iconoclastes lors du IIe concile de Nicée en 787, en réchapper de justesse, de sorte que le christianisme continua à inspirer pendant des siècles des générations de peintres. L’expérience chinoise nous montre qu’il existait une autre voie, qui aurait pu tout changer pour les artistes occidentaux. En Chine, où le grand progrès que fut la fabrication du papier survint dès le iie siècle et se répandit très vite, la calligraphie (à l’aide de pinceaux et d’encre dont l’usage remontait à l’Antiquité) devint rapidement un art et s’unit à la peinture – union qui devait marquer l’art chinois pendant des siècles. En Europe, ce mariage n’eut jamais lieu, et ce fut la plume grattant le papier qui remplaça le style et le roseau taillé que les anciens habitants de la Mésopotamie utilisaient pour graver des inscriptions sur leurs tablettes d’argile tendre. La peinture occidentale emprunta donc la voie du pinceau, alors que l’écriture prenait celle de la plume.
En Chine, il n’y eut qu’une seule voie, celle du pinceau, à la fois pour la peinture et pour l’écriture, et cela devait avoir d’importantes conséquences pour la poésie et les arts graphiques. Les peintres chinois, tout en obéissant à des aspirations philosophiques beaucoup plus élevées que les artistes occidentaux, produisaient des œuvres dont les sujets, la couleur et les matériaux étaient beaucoup moins variés, et n’éprouvèrent jamais cette tentation de la nouveauté qui caractérisait leurs confrères occidentaux…
Date de mise en ligne : 01/04/2025
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