44. Souverain du monde visible
- Par Daniel Boorstin
Pages 468 à 480
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- BOORSTIN, Daniel,
- VIERNE, Béatrice
- et BOORSTIN, Daniel,
- Boorstin, Daniel.
- Boorstin, D.
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- Boorstin, D.
- Boorstin, Daniel.
- BOORSTIN, Daniel,
- VIERNE, Béatrice
- et BOORSTIN, Daniel,
La perspective d’Alberti n’offrait qu’un cadre – « une fenêtre ouverte à travers laquelle on voit l’objet à peindre ». En remplissant cet espace vierge, l’artiste devenait souverain de tout le monde visible. Dans une des histoires notées dans ses carnets, Léonard de Vinci (1452-1519) défend avec délectation la souveraineté de l’artiste. Le roi Mathias de Hongrie (1443-1490) reçut deux cadeaux pour son anniversaire : un poète lui apporta un recueil de vers composés pour l’occasion, et un peintre le portrait de sa bien-aimée. Le roi ferma aussitôt le recueil pour s’absorber dans la contemplation du tableau. « Ô roi, s’écria le poète indigné, lisez, mais lisez donc, et vous apprendrez des choses bien plus importantes que tout ce que peut vous révéler une image muette ! » À quoi le souverain répondit : « Cela ne satisfait pas l’esprit de celui qui écoute ou qui regarde comme les proportions des formes superbes qui reproduisent les divines beautés du visage que j’ai là devant moi, lesquelles en faisant un tout et en réagissant simultanément me donnent un plaisir infini par leur céleste proportion. » Puis il demanda : « Qu’est-ce qui est plus proche de l’homme véritable : son nom ou son image ? […] La peinture qui s’étend ainsi aux œuvres de Dieu est plus noble que la poésie qui n’a trait qu’à des histoires inventées rapportant les faits et gestes des hommes. »
La peinture était donc sans conteste un des arts libéraux, parce qu’« elle traite non seulement les ouvrages de la nature, mais s’étend à un nombre infini de choses que la nature n’a jamais créées…
Date de mise en ligne : 01/04/2025
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