Chapitre d’ouvrage

Chapitre XIV - Jour J

Pages 419 à 438

Citer ce chapitre


  • Calef, H.
(1988). Chapitre XIV - Jour J. Le Sabordage de la IIIe République (p. 419-438). Perrin. https://shs.cairn.info/le-sabordage-de-la-iiie-republique--9782262005191-page-419?lang=fr.

  • Calef, Henri.
« Chapitre XIV - Jour J ». Le Sabordage de la IIIe République, Perrin, 1988. p.419-438. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/le-sabordage-de-la-iiie-republique--9782262005191-page-419?lang=fr.

  • CALEF, Henri,
1988. Chapitre XIV - Jour J. In : Le Sabordage de la IIIe République. Paris : Perrin. Vérités et légendes, p.419-438. URL : https://shs.cairn.info/le-sabordage-de-la-iiie-republique--9782262005191-page-419?lang=fr.

Notes

  • [1]
    Récit inédit de Marcel Vardelle, député de la Haute-Vienne, combattant de 14-18, deux fois blessé, membre de la CAP de son parti (SFIO) jusqu’à sa dernière séance tenue le 7 juin à Paris. En juin 1941, après la visite de Pétain à Limoges et l’accueil chaleureux que lui réservera la population, M. Vardelle écrira à Léon Blum, à Bourrassol, pour lui dire que « ses amis de toujours, ceux qui l’avaient acclamé lors de son passage, restaient fidèles à lui et à ses enseignements ». Léon Blum lui répondra le 30 juin pour le remercier.
  • [2]
    New York Time, 9 juillet 1940.
  • [3]
    Le Midi socialiste. Ce journal fera l’objet d’un rapport adressé à Londres (JAX/6ter/36702) en novembre 1943.
  • [4]
    Joseph Rous manifestera son hostilité farouche au régime de substitution qui s’impose à la France. Il sera arrêté le 22 mai 1943 et déporté à Buchenwald. Son article ne paraîtra que dans le numéro du 25 juillet 1940. Il sera précédé du chapeau suivant : « Cet article nous avait été adressé par la poste avant la réunion de l’Assemblée nationale qui a modifié le gouvernement. La correspondance s’est égarée. Notre ami, de passage à Toulouse, a bien voulu nous en remettre la copie, que nous reproduisons en toute objectivité. » Ajoutons que le thème des « écuries d’Augias » sera repris par l’éditorialiste de Marseille-Matin. Celui-ci, Henri Giraud, se proclame « bon Français » et est acquis corps et âme à Pétain et Laval.
  • [5]
    Le Petit Parisien, 11 juillet, « Sur la terrasse du Casino », E. Quinche.
  • [6]
    Maurice Martin du Gard parle de « soleil tiède encore et supportable ».
  • [7]
    Charles Morice dans le Petit Parisien (10 juillet) s’attend à assister à une « grande lessive ».
  • [8]
    L’expression est d’Anatole de Monzie, op. cit.
  • [9]
    Abbé Desgranges op. cit., p. 347.
  • [10]
    « Après une discussion qui avait duré plus de deux heures, Laval me promit de réfléchir sur ce sujet et de me communiquer sa décision. » Éd. Herriot, Épisodes.
  • [11]
    Jules Jeanneney, Journal politique, 8 juillet 1940.
  • [12]
    Son nom est cependant lancé à la cantonade.
  • [13]
    Cette photo paraît dans le Jour-Écho de Paris, 10 juillet 1940 (n° de censure 150026). Ajoutons que sur la même première page figure le portrait du maréchal Pétain avec la citation de Jules Jeanneney : « J’atteste enfin à M. le maréchal Pétain notre vénération et la pleine reconnaissance qui lui est due » et le portrait d’Albert Lebrun, avec la citation de Tixier-Vignancour : « Le désastre ne doit pas faire oublier les responsables. Un voile de deuil ne doit pas à la fois couvrir les victimes et les coupables. »
  • [14]
    Ce genre d’effet oratoire est un artifice de bateleur.
  • [15]
    Louis Gros, République toujours, Avignon 1945, Aubanel.
  • [16]
    Un « récit astucieux », dit Louis Noguères ; « Tout ce qu’il y a de venin, il le jette », écrit Vincent Auriol.
  • [17]
    Voir l’étude de l’auteur (à paraître) sur la question : « La nature du mal ».
  • [18]
    L’abbé Desgranges rapporte dans son livre : « En sortant, Marquet me dit : – Heureusement que les larmes de Flandin nous étaient favorables. S’il avait pleuré contre nous, nous étions foutus... »
  • [19]
    « A la suite de la séance, de nombreux parlementaires tinrent à déclarer à Pierre-Étienne Flandin lui-même que son intervention changeait leur vote. » Charles Morice, le Petit Parisien, 11 juillet 1940.
  • [20]
    Gaston Manent Résistance parlementaire, 10 juillet 1940 (Ateliers A. Hunault, Tarbes, septembre 1947).
  • [21]
    C’est la réplique à la perfidie de Laval du matin même.
  • [22]
    Ces chiffres ne correspondent pas au décompte figurant en tête du procès-verbal de la séance de la Commission. Cela s’explique par le fait que les rédacteurs ont oublié de mentionner la présence du sénateur Pierre Chaumié et du député Paul Marchandeau.
  • [23]
    Document communiqué par Mme Ch. Bertholier.
  • [24]
    Le sénateur Froget se prononcera pour les pleins pouvoirs alors que Justin Godart votera contre. Il sera déclaré démissionnaire d’office de ses fonctions de maire de Tarare par Pierre Pucheu (26 octobre 1941). Il meurt début mars 1942. Les sénateurs Depierre et Roland qui ont voté contre et Tony-Revillon, un du Massilia, l’accompagneront jusqu’à sa dernière demeure.
  • [25]
    Ce qui fera dire à Mme Marty-Capgras, invoquant le 7 avril 1946 le souvenir d’A. Malroux mort en déportation : « Il était résistant avant que la Résistance eût pris une figure et un nom. »
  • [26]
    Le compte rendu officiel de la séance indique qu’il est accueilli par des applaudissements. Au lendemain de la grande rafle des Juifs étrangers à Paris en juillet 1942, Pierre Laval répondra au pasteur Bœgner accouru lui « exprimer sa protestation en termes particulièrement durs : « ... Je fais de la prophylaxie. » (Roger Mehl, le Pasteur Bœgner, p. 148, Plon, Paris 1987).
  • [27]
    Voir supra, p. 344.
  • [28]
    Une note de Marcel Héraud dans le bulletin n° 49 de l’Association amicale des secrétaires de la Conférence des avocats de Paris (1954) rappelle avec émotion et talent des souvenirs sur Pierre Masse, notamment les circonstances de sa dernière intervention à la barre, dans le procès en diffamation intenté par Henry Bernstein, replié aux États-Unis, à Alain Laubreaux « que la reconnaissance allemande avait placé à la direction de Je suis partout ».
  • [29]
    Le 5 décembre 1941 dans son message d’ouverture de la deuxième session de la commission d’Information générale du Conseil national, Pétain dira aux membres : « Soyez mes missionnaires dans le pays. »
  • [30]
    Une lettre de Paul Giacobbi du 9 août 1950 à la Commission d’enquête précisera : « Il me semble que M. Chaumié s’est abstenu dans le vote. »
  • [31]
    Note de Gaston Monnerville au président de la Commission d’enquête du 26 avril 1950.
  • [32]
    Archives nationales – Agenda du 3e trimestre 1940 de Philippe Pétain – Entrée 2075 – Série ABXIX 3566.

Presque toujours objet de controverses, les chiffres sont aussi porteurs de cruelles évidences.
Celles qui assaillent les esprits, en cette veille du 10 juillet, sont accablantes. 624 parlementaires se sont prononcés en faveur de la révision de la Constitution ; 4 contre ; 295 se sont abstenus. Pour déterminer la portée de ce vote il faut, au préalable, en fixer le sens.
Est-ce le préambule à la démission des prérogatives constitutionnelles du pouvoir législatif ? Est-ce, au contraire, le tremplin à partir duquel la démocratie compte s’élancer pour récupérer une autorité qui lui coule entre les doigts ?
Une partie des 624 a déjà brûlé les vaisseaux de la République et considère la journée qui se lève comme devant être celle du coup de grâce à un régime dont ils ont hâte de se débarrasser afin de se dissocier ouvertement de lui d’une part, et d’autre part de contribuer à l’éclosion d’un « nouvel ordre ». Ils trouvent la justification de leur comportement dans l’argument suprême : l’intérêt de la France sous la houlette d’un maréchal.
Une autre partie continue de croire à la pérennité de la République. Ils ont élevé leur idéal à un niveau tel qu’il leur semble impossible à déboulonner. Peut-on renverser le cours de l’Histoire ? La raison ne peut pas être démentie par le contingent, la logique ébranlée par le hasard. L’annonce par Pierre Laval que la matinée sera consacrée à toutes les explications, à la liberté entière et complète d’expression, est, pour eux, la promesse du retour à l’équilibre politique…


Date de mise en ligne : 31/03/2020

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