Chapitre XIII - Jour J - 1
- Par Henri Calef
Pages 379 à 417
Citer ce chapitre
- CALEF, Henri,
- Calef, Henri.
- Calef, H.
Citer ce chapitre
- Calef, H.
- Calef, Henri.
- CALEF, Henri,
Notes
-
[1]
Abbé Desgranges, Journal d’un prêtre député, p. 393.
-
[2]
Déposition à la Commission d’enquête, t. VII, p. 2224.
-
[3]
Dans : Hier... demain, aucune trace d’émotion sur ce point.
-
[4]
L’écrivain colonial et animalier André Demaison, qui sait mieux observer les bêtes que les hommes, écrit dans la Revue des Deux Mondes du 1er août 1940, parlant de Léon Blum sans le nommer (manifestation de grand courage sans doute !) : « On y voit revenir des hommes auxquels la France doit directement ses malheurs, surtout l’un d’eux qui s’était réfugié chez un de ses coreligionnaires dans ce même département de l’Allier. » La connotation, en plus de ce qu’elle a de péjoratif, est mensongère. Mais est-on à un mensonge près ?
-
[5]
Jules Moch, op. cit., p. 274.
-
[6]
Le Moniteur. Comme on retrouve la même expression dans différents quotidiens, on peut penser qu’il s’agit de la reproduction d’une formule gouvernementale diffusée par une dépêche d’agence.
-
[7]
Louis Noguères, déposition Commission d’enquête.
-
[8]
André Février, le ministre de ce département, a prévu une oblitération commémorative pour la journée « historique » du lendemain.
-
[9]
Personne ne se souvient – si tant est que quiconque garde le souvenir de tous les propos de celui qui fut un des chefs du radicalisme – de l’une de ses déclarations fondamentales faite à Lyon le 30 décembre 1934 : « A la fin de la vie, moi qui reste un doctrinaire, je crois qu’il y a des précautions à prendre pour que les doctrines ne nous dispensent pas d’avoir des idées. » On pourrait facilement lui objecter d’autres déclarations, contradictoires. L’étude générale de la doctrine herriotiste reste à faire.
-
[10]
Éd. Herriot traitera, par la suite, Philippe Pétain de « fourbe ». Signification du mot « vénération » telle qu’elle est donnée dans le « Robert » (éd. 1984) : « Honneur qu’on rend aux personnes et aux choses que l’on vénère. » Cette définition est illustrée de la citation de Paul Valéry : « Je vénère ces amants de la poésie qui vénèrent trop lucidement la Déesse pour lui dédier la mollesse de leur pensée. »
-
[11]
Le Populaire, 1er septembre 1944, « Rachetés par leurs actes ».
-
[12]
Le Populaire, 14 novembre 1945, Décision du Congrès SFIO.
-
[13]
Le Temps, daté 10 juillet 1940. Cette intervention ne figure pas dans le compte rendu officiel.
-
[14]
Louis Noguères, Commission d’enquête.
-
[15]
A l’issue des élections de 1936 ce groupe comptait trois élus : A. Albert, Lucien Camus de Seine-et-Oise et René Chateau. Il s’était agglutiné à celui de la Gauche Indépendante dont A. Cayrel était un élément turbulent, au groupe Frontiste (deux élus) de G. Bergery, au groupe du parti de l’Union Européenne (6 membres), à la Jeune République (4 élus) enfin au triumvirat Bouisson, Doriot, Marquet.
-
[16]
Journal officiel, 20 juin 1937, p. 2045.
-
[17]
Vendémiaire, 3 août 1940.
-
[18]
Archives nationales, FI a 3730.
-
[19]
Archives nationales AG II 516.
-
[20]
Le procès-verbal de la séance ne donne aucune indication sur les circonstances ni les conditions de ce choix. Le p.v. se trouve aux Archives de la Chambre des députés à Versailles.
-
[21]
Pierre Tremintin écrira (lettre du 6 juin 1950) au président de la Commission d’enquête : « Monsieur Laval m’a répondu en ergotant sur le terme “ légalité républicaine ” qui se trouvait dans l’exposé des motifs. A quoi j’avais répondu que c’était le dispositif qui comptait puisqu’il allait devenir texte de loi. »
-
[22]
Le procès-verbal de cette séance porte en final de ce paragraphe et entre parenthèses le mot « approbation » au singulier, ce qui peut être interprété de diverses façons.
-
[23]
Ce matin du 9 juillet, seul celui de Roumanie trône dans une baignoire. La Roumanie a eu les honneurs de la presse parce qu’elle a promulgué des mesures antisémites draconiennes. Les autres occupants des baignoires affectées au corps diplomatique sont de simples chargés d’affaires. Il en sera autrement le lendemain.
-
[24]
On parle beaucoup de « l’honneur » du Parlement depuis le matin du 9 juillet 1940. Trop pour que cela ne trahisse pas une tactique. Le Parlement, honni depuis le 16 juin, recouvre son honneur. Serait-ce parce que le vote d’une Assemblée sans honneur ôterait toute valeur à sa décision ! Les pleins pouvoirs, attribués par des gens sans honneur, seraient entachés de déshonneur.
-
[25]
Il demeure ainsi fidèle à sa déclaration électorale de 1936 qui se terminait par : « Je sonne le rappel de toutes les forces éprises de liberté politique, d’égalité civique, de fraternité sociale ! Vive la République ! »
-
[26]
P. Tremintin rappellera que le 14 septembre 1940 la Dépêche de Brest et de l’Ouest, reproduisant un communiqué émanant de Paris, publiait les passages d’une interview de Pierre Laval et de son chef de cabinet Jean Montigny accordée au correspondant spécial à Vichy du journal belge la Légion. P. Laval disait : « La République a cessé d’exister » et J. Montigny déclarait que le gouvernement poursuivait une politique de collaboration avec les puissances de l’Axe et s’efforçait, sous la direction du maréchal Pétain, de reconstruire la France. Dix ans plus tard, P. Tremintin protestera avec force, auprès du président de la Commission d’enquête, contre la rédaction du procès-verbal de la séance de la Commission qui « a été faite à Vichy avec la collaboration de M. Cayrel, dont l’attitude en faveur du régime de Vichy était manifeste et même scandaleuse », affirmant qu’il était tronqué.
-
[27]
C’est l’heure qui figure sur le procès-verbal officiel. Elle diffère de celle figurant au Journal officiel.
-
[28]
P. Tremintin, « Le sang des Martyrs », l’Aube du 20 octobre 1944. C’était l’avis du sénateur Halna du Fretay constatant amèrement, en juin 1941, que la proportion des anglophiles varie de 80 à 100 % de la population.
-
[29]
Archives nationales A.G. II.
-
[31]
Témoignage écrit de J. Crouan à l’auteur.
-
[32]
Anatole de Monzie, qui fut à plusieurs reprises ministres de l’Éducation nationale et l’initiateur de l’Encyclopédie, connaît la valeur des mots. Ce n’est pas par inadvertance qu’il utilise celui de « fieffés ».
-
[33]
Abbé Desgranges, op. cit.
-
[34]
L’abbé Desgranges fait allusion au vote pour la présidence de la République de 1939 où F. Bouisson s’était présenté contre Lebrun.
-
[35]
Dans l’Aurore du 17 novembre 1944, Louis L’Héveder, dans une mise au point, fera savoir qu’il n’était pas à Vichy le 8 juillet 1940. Il y était le 9 juillet.
-
[36]
Souvenirs de Louis Cren, ancien adjoint au maire de Lorient (Archives du comité d’Histoire de la Seconde Guerre mondiale).
-
[37]
Vincent Auriol, op. cit., p. 115.
-
[38]
Bernard Auffray, Sur mon chemin j’ai rencontré, p. 33.
-
[39]
Aux écoutes, 16 juillet 1938.
-
[40]
Au lendemain de sa déposition, Wladimir d’Ormesson écrira dans le Figaro, 21/22 mars 1942 : « Après avoir lutté sur la Sambre, à Charleroi, à Mons, sur l’Escaut, la formation de reconnaissance motorisée qu’il commandait fut envoyée devant Cambrai. Elle s’y battit trois jours sans arrêt. L’ordre de repli arrive. On fait soixante-dix kilomètres d’un seul trait, sans perdre un homme, sans un traînard. Mais, à Lille, les Allemands débordent de toutes parts. Le groupe de reconnaissance est encerclé ». Il fallait faire preuve de courage pour publier l’éloge d’un homme courageux, député de surcroît.
-
[41]
Jules Moch, Rencontres avec Léon Blum, p. 274, Paris, Plon. 2, 3. Témoignage de M. Roland de Moustier à l’auteur, 6 juillet 1981.
-
[42]
Roger Langeron, Paris, juin 1940, p. 202-203, Paris, Flammarion.
-
[43]
Document au Musée de la Résistance de Besançon.
-
[44]
Organisation de Résistance dans l’Armée.
-
[45]
Archives nationales 72. AJ. 236.
-
[46]
Georges Villiers, Témoignages, Paris 1978, p. 87, Éd. France-Empire.
-
[47]
Journal officiel, 4 octobre 1945, p. 6222.
-
[48]
Ce document a été publié par Charles Pomaret dans le Dernier Témoin, p. 240-241, Pion.
-
[49]
C’est l’indication qui figure au Journal officiel – Débats parlementaires n° 42 – Compte rendu in extenso – séance du mardi 9 juillet 1940 – p. 814, Ire. col. in fine. Or, nous l’avons signalé (voir p. 395), la Commission a achevé ses discussions à 11 h 20.
-
[50]
Louis Noguères, témoignage à la Commission d’enquête p. 2244.
-
[51]
Déclaration de Louis Noguères à l’Assemblée consultative, 15 février 1945.
-
[52]
Les points de suspension sont dans le texte original.
-
[53]
Le général Buhrer, chef d’état-major des Colonies, note dans son agenda à la date du 9 juillet 1940 : « J’attire l’attention du général Weygand sur coup de téléphone du ministre des Colonies de midi protestant contre l’opération projetée qui “ peut conduire à la guerre ”. »
-
[54]
Lettre autographe de Léon Blum du 19 juillet 1945, de Beaufort, dans le Puy-de-Dôme, au juge d’instruction (Archives nationales W III).
-
[55]
Déposition du général Buhrer le 5 juillet 1945 à 17 heures devant le juge résident de l’arrondissement judiciaire de Bourgoin agissant sur commission rogatoire. (Archives nationales W III).
-
[56]
La loge n° 11.
-
[57]
« Résistance Parlementaire (10 juillet 1940) » – Brochure de G. Manent.
-
[58]
Ce n’est donc pas sans un certain étonnement qu’on trouve dans la déclaration faite par Louis Noguères à la séance du 27 décembre 1944 de l’Assemblée consultative : « (je ne) connaissais pas personnellement celui qui devait prendre la parole devant l’Assemblée Nationale ».
-
[59]
Parmi lesquels les sénateurs Marcel Plaisant, Labrousse, Michel, Bruguier, Perrot, Jean Odin.
-
[60]
Le Petit Parisien, 10 juillet 1940, article de F. Feugère.
-
[61]
Ci-devant p. 257.
-
[62]
Dans ce qui a été publié du Journal politique de Jules Jeanneney, aucune mention n’est faite de cette visite à Herriot.
-
[63]
Le Progrès de l’Allier, 10 juillet 1940, rapportant l’état d’esprit de la journée du 9 juillet.
-
[64]
Léon Blum le raconte dans ses Mémoires, le tenant d’A. Varenne.
-
[65]
Roger de Fleurieu, Joseph Caillaux au cours d’un demi-siècle de notre histoire, p. 261, Paris 1951, R. Clavreuil.
-
[66]
Journal politique, Annexes p. 339-343.
-
[67]
Le texte de cette protestation sera lu par lui en début de séance, le lendemain 10 juillet. Voir infra p. 430.
-
[68]
Détail donné par le journaliste du Petit Journal.
-
[69]
Les journaux parlent de « scénario ».
-
[70]
« Quelles belles paroles », écrit Maurice Martin du Gard dans Chronique de Vichy, Paris, 1948, Flammarion.
-
[71]
« J’ai pris parti de laisser tomber mon papier. Je l’ai dans la soirée remplacé par un autre, non explosif » Journal politique, 8 juillet. Comme il est regrettable que le président du Sénat n’ait pas conservé le texte de la première rédaction de son discours. Nous aurions, ainsi, connu peut-être ses sentiments véritables !
-
[72]
Jean Odin dans son livre les Quatre-vingts, Paris 1946, Éd. Taillandier, n’explique pas son absence.
-
[73]
Discours prononcé à Carnoules, rapporté dans l’Ordre, 22 avril 1940.
-
[74]
Le Petit Parisien 20 juillet 1942 et le Rouge et le Bleu de Charles Spinasse du 22 juillet.
-
[75]
Les points de suspension sont dans le texte. Pour le texte authentique du procès-verbal analytique de la séance de la Commission : Archives nationales – AG II 646.
-
[76]
G. Boully Mémoire à mes juges établi le 15 décembre 1945, publié en mars 1946, imprimerie des Presses Universitaires de France.
-
[77]
Il sera condamné au nom de Pétain en septembre 1941 à 15 jours de prison et purgera sa peine.
-
[78]
Joseph Barthélemy, le Gouvernement de la France p. 20, 1939.
-
[79]
Dans un article du Figaro du 10 juillet 1940, consacré à l’évolution de la Constitution de 1875, Henri Charliat écrira : « La Constitution défunte avait des qualités : la brièveté, la souplesse, la crainte des entraînements démagogiques. Mais elle avait d’autre part tant de défauts qu’il ne faut pas la regretter. »
-
[80]
Notre sécurité, Paris 1935, B. Grasset.
-
[81]
Archives nationales, AG II 646.
-
[82]
Id.
-
[83]
Journal officiel, Sénat n° 42 in extenso de la séance.
-
[84]
Jerôme Tharaud, « La fin d’un monde », Candide, 17 juillet 1940.
-
[85]
Le Moniteur 10 juillet 1940.
-
[86]
Louis Noguères, Commission d’enquête, p. 2245.
-
[87]
Id..
-
[88]
Déposition de Marcel Héraud au juge d’instruction chargé du procès en Haute Cour de P.-É. Flandin, du 17 avril 1945 – Archives nationales W III.
-
[89]
Éd. Herriot, Épisodes, p. 138.
-
[90]
Alfred Mallet, Pierre Laval, t. 1, p. 181, Amiot.
Tout n’est pas dit. Tout n’est pas accompli. Le sort de la troisième République n’est pas consommé.
La somme d’intrigues, de mensonges, de traîtrises, de déloyautés, de malices, d’incorrections, de rudoiements n’a pas réussi à provoquer ce désordre si ardemment souhaité qui aurait permis et justifié une intervention coercitive.
L’ordre règne dans toute la France.
Le désordre est dans les esprits. Dans les consciences. Ou, plus exactement, le trouble. Cela ne justifie pas une prise du pouvoir par la force.
Deux réunions capitales doivent se tenir dans cette journée du 9 juillet 1940 en un même lieu : la grande salle de spectacle du casino de Vichy.
Le docte quotidien le Temps se félicite de la parfaite installation de la salle des séances :
« Les questeurs des deux Chambres ont poussé avec la plus grande activité les travaux d’installation de la salle où se tiendront les séances historiques des 9 et 10 juillet. »
Une débauche de détails envahit les amples colonnes caractéristiques de ce quotidien. On ne tait ni l’acajou de la tribune présidentielle ni la couleur verte des tapis recouvrant les tables réservées, de part et d’autre du fauteuil du Président, aux membres du bureau.
Devant la scène, six cents fauteuils attendent, le matin les députés, l’après-midi les sénateurs. On n’a pas oublié d’aménager des salles de réunion, de mettre en place les cabines téléphoniques, de poser des appareils de téléphone mobiles. Les fauteuils de balcon sont réservés à la presse…
Date de mise en ligne : 31/03/2020
Ce chapitre est en accès conditionnel
Acheter cet ouvrage
11,99 €