La polyphonie : analyses littéraire et linguistique
- Par Henning Nølke
Pages 59 à 73
Citer ce chapitre
- NØLKE, Henning,
- Nølke, Henning.
- Nølke, H.
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Notes
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[1]
Cet article reprend et développe un certain nombre de points présentés dans Nølke (1998). Je tiens à remercier Pierre Etienne qui après lecture d’une version préliminaire du présent article m’a fait de nombreuses remarques tant sur la forme que sur le contenu.
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[2]
Ce livre a reparu dans une version révisée en 1963 ayant pour titre : Problemy poètiki Dostoevskogo. Les deux éditions ont été réunies dans Bachtine (1994).
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[3]
C’est ainsi que la linguistique russe depuis les années quatre-vingts s’est orientée vers des problèmes pragmatiques et énonciatifs. Cela est notamment vrai des travaux de M. V. Kitagorodskajas, mais aussi de ceux de Ju. Apresjan og E. Padutjeva, par exemple.
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[4]
Ducrot parle cependant aussi des travaux de Genette (1972) et du linguiste Alain Berrendonner (1981) qui serait le premier à avoir songé à développer une théorie linguistique de la polyphonie. Cet auteur n’a cependant jamais poursuivi ses recherches dans cette direction.
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[5]
La théorie de la polyphonie a été esquissée pour la première fois par Ducrot dans son livre datant de 1984 (ch. VII.). Ce texte reste à nos jours la seule introduction rédigée par Ducrot. La présente introduction se base sur la variante de la théorie présentée dans Nølke (1994a). Ce travail présente une introduction plus technique et plus développée de la théorie.
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[6]
C’est là une différence très importante entre les langues naturelles et (la plupart des) langues artificielles, différence qui n’est que trop souvent négligée par les sémanticiens.
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[7]
Cet exemple est l’exemple classique dans la littérature portant sur la polyphonie. Il révèle d’ailleurs une autre source d’inspiration. En effet, l’exemple est emprunté aux travaux du philosophe Henri Bergson qui analyse en détail l’exemple Cette table n’est pas blanche (1957 : 288). D’une manière générale, ce n’est pas par hasard que la théorique polyphonique linguistique s’est développée en France où on connaît depuis Bally et en passant par Benveniste jusqu’à nos jours une forte tradition pour une linguistique énonciative.
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[8]
Les protagonistes physiques de l’énoncé n’intéressent pas le linguiste (en tant que linguiste).
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[9]
Il règne une confusion terminologique considérable dans ce domaine, mais indépendamment des termes utilisés il semble qu’on puisse repérer un certain consensus quant à l’existence de ces quatre types principaux, voir l’article précédent où l’analyse esquissée ici est développée.
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[10]
Il ne s’agit ici que d’un seul aspect de l’analyse polyphonique du conditionnel. Pour une analyse plus complète, voir l’article précédent.
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[11]
On notera que, sans l’adjonction de la conditionnelle, l’énoncé est en fait ambigu se prêtant aussi bien à une lecture de citation qu’à une lecture hypothétique, cf. l’exemple (6).
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[12]
Plus précisément, il faut distinguer le ‘locuteur-en-tant-qu’individu’ qui a une existence indépendante de l’énonciation en question, du locuteur-en-tant-que-tel, qui n’existe que par le fait d’être responsable de cette énonciation. Le locuteur-en-tant-que-tel est une image particulière du locuteur-en-tant-qu’individu, qui, lui, assure la cohérence discursive, cf. Nølke (1994a).
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[13]
C’est précisément cette propriété de la théorie que Kjersti Fløttum a exploitée dans sa tentative de faire de la polyphonie un moyen pour typologiser les textes (Fløttum à paraître).
Il est bien connu que les textes véhiculent, dans la plupart des cas, beaucoup de points de vue différents et provenant de différents côtés. La situation normale est que plusieurs voix se font entendre dans le même texte : les textes sont polyphoniques.
Cela est peut-être particulièrement évident lorsqu’il s’agit de textes littéraires, et le terme même de ‘polyphonie’ se présente en effet pour la première fois dans les travaux de Bachtine dans son livre célèbre sur Dostoïevski datant de 1929 : Problemy tvorcestvo Dostoevskogo. Dans ce livre, Bachtine étudie les relations réciproques entre l’auteur et le héros dans l’œuvre de Dostoïevski, et il résume sa description dans la notion de polyphonie.
Avec l’intérêt croissant en linguistique pour des aspects pragmatiques et textuels qui s’est manifesté durant la dernière vingtaine d’années, le travail de Bachtine a été redécouvert dans certains cercles de linguistes. En France Oswald Ducrot et ses étudiants et collègues ont développé une théorie proprement linguistique sur la polyphonie, et ils reconnaissent explicitement les travaux de Bachtine comme leur source principale d’inspiration. Il faut cependant souligner que leur notion de polyphonie diffère fondamentalement sur plusieurs points de celle de Bachtine, ce qui découle directement du fait que la polyphonie de Bachtine concerne plutôt les textes entiers (en principe), alors que celle de Ducrot ne concerne que les énoncés particuliers. C’est pourquoi il me semble bien justifié de parler de deux types de polyphonie : l…
Date de mise en ligne : 03/10/2016
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