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Le conditionnel : niveaux de modalisation (avec Hanne Korzen)

Pages 35 à 58

Citer ce chapitre


  • Nølke, H.
(2001). Le conditionnel : niveaux de modalisation (avec Hanne Korzen) Le regard du locuteur 2 : Pour une linguistique des traces énonciatives (p. 35-58). Éditions Kimé. https://shs.cairn.info/le-regard-du-locuteur-2--9782841742326-page-35?lang=fr.

  • Nølke, Henning.
« Le conditionnel : niveaux de modalisation (avec Hanne Korzen) ». Le regard du locuteur 2 Pour une linguistique des traces énonciatives, Éditions Kimé, 2001. p.35-58. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/le-regard-du-locuteur-2--9782841742326-page-35?lang=fr.

  • NØLKE, Henning,
2001. Le conditionnel : niveaux de modalisation (avec Hanne Korzen) In : Le regard du locuteur 2 Pour une linguistique des traces énonciatives. Paris : Éditions Kimé. Linguistique, p.35-58. URL : https://shs.cairn.info/le-regard-du-locuteur-2--9782841742326-page-35?lang=fr.

Notes

  • [1]
    Comme l’exprime Hans Kronning (1996), le conditionnel dénote des « modalités distales ».
  • [2]
    Cette présentation sera forcément brève. Pour plus de détail, on est renvoyé à Korzen & Nølke (1990) et surtout à INTERNET, où nous publierons aussi notre corpus intégral.
  • [3]
    Sauf dans des cas spécifiques comme par exemple l’ironie.
  • [4]
    Plus précisément un nouveau locuteur-en-tant-que-tel. Comme l’exemple (5) le montre, il peut s’agir de deux instances différentes du même locuteur en tant qu’individu. Pour une définition de ces notions, voir Nølke (1994a : 152).
  • [5]
    Ou Dieu, ou la nature, ou ?
  • [6]
    Pour une analyse polyphonique plus poussée du conditionnel temporel objectif, voir INTERNET, où nous essayerons de caractériser de façon plus explicite cet emploi du conditionnel par rapport au futur historique » et aux autres temps illustrés dans (12). Il est cependant intéressant de remarquer à quel point l’analyse proposée ici du conditionnel objectif et du futur historique » semble correspondre à l’intuition de Wagner et Pinchon. En effet, ces auteurs commentent ce dernier emploi en disant : « Par ce tour, le narrateur crée un décalage expressif dans un récit dont les verbes sont à un temps du passé ou au présent historique. Fort de ses connaissances, il évoque au moyen du futur des faits qui sont passés par rapport à lui, mais qui étaient à venir par rapport au moment où se situe l’histoire racontée. » (1962 : 424 ; c’est nous qui soulignons). D’autre part, le conditionnel objectif reçoit le commentaire suivant : « Comme le futur, il traduit une relation chronologique de postériorité entre le fait qu’il exprime et celui qu’exprime le verbe avec lequel il est mis en rapport. A la différence du futur il présente ce fait comme étranger à l’actualité soit du narrateur, soit du personnage mis en scène » (ib. : 447 ; c’est nous qui soulignons).
  • [7]
    Cet emploi du conditionnel a connu beaucoup de dénominations dans la littérature linguistique. Certains parlent du « conditionnel des rumeurs », d’autres du « conditionnel de rapport » et Martin (19922) le nomme « conditionnel de l’information d’emprunt ». Dans le présent volume on rencontre notamment les termes « emplois de la non-prise en charge » (Abouda), « de ouï-dire » (Dendale & Tasmowski), « d’altérité énonciative » (Haillet) et « journalistique » (Abouda, Gosselin).
  • [8]
    Voir aussi Riegel et alii (1996 : 317) : « La valeur fondamentale du conditionnel se manifeste le plus nettement en corrélation avec l’expression d’une hypothèse, le plus souvent formulée dans une subordonnée introduite par si (ou dans une structure équivalente) ».
  • [9]
    Il est bien connu que la condition peut être exprimée d’une foule d’autres manières que par une conditionnelle introduite par si (syntagmes prépositionnels, attributs libres, syntagmes verbaux infinis etc., un type spécial étant constitué par ce que P. Kreutz, ce volume même, a baptisé : « énoncés auto-conditionnels »). L’expression de la condition peut aussi carrément être sous-entendue.
  • [10]
    Au sens de Wittgenstein, cf. Nølke (1994a : 113-114).
  • [11]
    Un énoncé est dit pertinent ou non pertinent dans son contexte. Les conditions de pertinence d’une phrase indiquent dans quels contextes l’énoncé de la phrase en question sera pertinent. Pour une définition de la notion de condition de pertinence, voir Nølke (1994a : 81).
  • [12]
    Que nous avons présentée pour la première fois en 1990, cf. Korzen & Nølke (1990 : 279). Voir aussi les articles par Abouda, Gosselin, Haillet dans Densdale & Tasmowski (éd) (2000).
  • [13]
    Voir aussi Korzen & Nølke (1990 : 292), où toutes les classes sont discutées.
  • [14]
    Ce qui permet, rappelons-le au passage, de « citer » une instance antérieure de soi-même.
  • [15]
    Hors contexte cet exemple est ambigu. Cependant, le contexte montre clairement qu’il ne peut pas s’interpréter comme (20′). Le narrateur vient de dépeindre (sur deux pages) toutes les difficultés que lui cause un certain projet. Mais ses « efforts sont vains ».
  • [16]
    Expression suggérée par notre collègue Lilian Stage.
  • [17]
    Pour des analyses poussées de cet adverbe voir Nølke (1993 : 145-180).
  • [18]
    Nous avons surpris le bout de conversation suivant à Paris : A, qui vient d’apprendre que la maison de B a brûlé et que celui-ci a tout perdu : « C’est plutôt un coup dur. »
  • [19]
    Rappelons que la paraphrase doit être vue comme une paraphrase métalinguistique, ce qui explique sa nature parfois peu naturelle.
  • [20]
    Essai de traduction de la notion anglaise « evidence ».
  • [21]
    Nous appliquons là la terminologie proposée pour la première fois par Co Vet (1988) et reprise par Dendale (1991) et par Dendale & Tasmowski (1994 : 3). Le terme est un calque du terme anglais évidential. Les évidentiels concernent les sources du savoir. L’idée de considérer que le conditionnel fonctionne comme évidentiel dans certains de ses emplois date de Dendale (1991). Ainsi Guentcheva mentionne explicitement le conditionnel dans son étude portant sur « les manifestations de la catégorie du médiatif [son terme pour évidentialité] en français » (1994).
  • [22]
    Pour plus d’exemples de ce type, voir INTERNET.
  • [23]
    Dans ce cas, l’emploi du conditionnel (ainsi que de l’imparfait corrélatif) est « De Dicto » (cf. Martin 1987 : 116). Pour l’aspect « futural » de cet emploi modal, voir aussi Korzen & Nølke (1990 : 290) et Martin (1992 : 147).
  • [24]
    Voir aussi Donaire (1998).

On reconnaît au conditionnel plusieurs valeurs (ou emplois), que la tradition distingue en emplois temporels et emplois modaux. Selon nous, il est cependant possible et préférable d’attribuer au conditionnel un sens unique. En effet, de nature fondamentalement « localiste » (cf. Lyons 1977 : 718 sv.), les aspects temporels et modaux de la langue se laissent tous les deux décrire par des métaphores « spatiales ». Ainsi, on a souvent caractérisé le conditionnel comme essentiellement allocentrique (cf. Togeby 1982 : 382). Comme l’exprime si bien Togeby, là où le point de vue du futur est toujours celui du moi-ici-maintenant (le futur est nynégocentrique), le conditionnel représente « un point de vue qui a son centre ailleurs que dans le moi-ici-maintenant » (idem). Le propre du conditionnel semble donc être d’effectuer une distanciation par rapport aux coordonnées énonciatives « standard » : son emploi implique l’établissement d’un nouveau point de repère. Nous appelerons ce point de repère R.
Notre hypothèse est donc qu’on peut discerner une signification stable du conditionnel de nature localiste et que la diversité des valeurs observées s’explique par des propriétés du contexte (effets de sens). En d’autres termes, à chaque emploi correspondrait un certain type de contexte. Pour permettre une description aussi précise que possible de ces contextes, nous avons choisi de compléter les riches matériaux qui se trouvent dans la littérature grammaticale par un nouveau corpus étendu d’exemples authentiques…


Date de mise en ligne : 03/10/2016

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