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Le magicien et le réactionnaire À propos des « Dissidents de l’islam »

Pages 199 à 214

Citer ce chapitre


  • Brahimi, M.-A.
(2015). Le magicien et le réactionnaire À propos des « Dissidents de l’islam » Dans
  • Sous la direction de P. Durand
  • et S. Sindaco
Le discours « néo-réactionnaire » : Transgressions conservatrices (p. 199-214). CNRS Éditions. https://doi.org/10.3917/cnrs.duran.2015.01.0199.

  • Brahimi, Mohamed Amine.
« Le magicien et le réactionnaire À propos des “Dissidents de l’islam” ». Le discours « néo-réactionnaire » Transgressions conservatrices, CNRS Éditions, 2015. p.199-214. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/le-discours-neo-reactionnaire--9782271088987-page-199?lang=fr.

  • BRAHIMI, Mohamed Amine,
2015. Le magicien et le réactionnaire À propos des « Dissidents de l’islam » In :
  • Sous la direction de DURAND, Pascal
  • et SINDACO, Sarah,
Le discours « néo-réactionnaire » Transgressions conservatrices. Paris : CNRS Éditions. Culture et société, p.199-214. DOI : 10.3917/cnrs.duran.2015.01.0199. URL : https://shs.cairn.info/le-discours-neo-reactionnaire--9782271088987-page-199?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/cnrs.duran.2015.01.0199


Notes

  • [1]
    Daniel Lindenberg, Le Rappel à l’ordre. Enquête sur les nouveaux réactionnaires, Paris, Seuil, coll. « La République des idées », 2002, p. 37. Voir particulièrement la section « Le procès de l’islam ».
  • [2]
    Cette catégorie indigène est mobilisée par les acteurs eux-mêmes pour se décrire. À titre d’exemple : Ayaan Hirsi Ali, « Je suis une dissidente de l’islam », Le Monde, 15 février 2006. Voir, sur ce sujet, Olivier Moos, « Lénine en djellaba : néo-orientalisme et critique de l’islam », Cahiers de l’Institut Religioscope, n° 7, p. 25.
  • [3]
    Le mot « nouvelle » est placé entre guillemets, car il renvoie à des considérations d’ordre chronologique plutôt que thématique.
  • [4]
    Voir sur le sujet le livre de Vincent Geisser, La Nouvelle Islamophobie, Paris, La Découverte, coll. « Sur le Vif », 2003 ou, plus récemment, Abdellali Hajjat et Marwan Mohammed, Islamophobie. Comment les élites françaises fabriquent le « problème musulman », Paris, La Découverte, coll. « Cahiers libres », 2013.
  • [5]
    Edwards Said, L’Orientalisme. L’Orient créé par l’Occident, Paris, Seuil, 1980.
  • [6]
    Jean-François Bayard, L’Illusion identitaire, Paris, Fayard, 1996, p. 74.
  • [7]
    Dag Tuastad, « Neo-Orientalism and the new barbarism thesis : Aspects of symbolic violence in the Middle East conflict(s) », Third World Quarterly, vol. 24, n° 4, 2003, p. 591-599.
  • [8]
    Maxime Rodinson, La Fascination de l’islam, Paris, Maspero, 1980, p. 21-22.
  • [9]
    Voir Olivier Roy, « Les islamologues ont-ils inventé l’islamisme ? », Esprit, août-septembre 2001, p. 116-136.
  • [10]
    Voir Vincent Geisser et Aziz Zemouri, Marianne et Allah. Les politiques français face à la « question musulmane », Paris, La Découverte, 2007, p. 15-41.
  • [11]
    Laurent Mucchielli, « L’islamophobie : une myopie intellectuelle ? », Mouvements, vol. 1, n° 31, 2004, p. 94.
  • [12]
    Voir Sanna Maria Eleonora, « Ces corps qui ne comptent pas : les musulmanes voilées en France et au Royaume-Uni », Cahiers du Genre, vol. 1, n° 50, 2011, p. 111-132.
  • [13]
    Jocelyne Dakhlia, « La “culture nébuleuse” ou l’islam à l’épreuve de la comparaison », Annales. Histoire, Sciences sociales, vol. 6, n° 56, 2001, p. 1184.
  • [14]
    Cette position paradoxale se rapproche de celle des intellectuels conservateurs telle qu’elle est décrite par Bourdieu dans « Le champ littéraire », Actes de la recherche en sciences sociales, vol. 89, 1991, p. 10.
  • [15]
    Bernard Pras et Catherine Vaudour-Lagrace, « Marketing et islam. Des principes forts et un environnement complexe », Revue française de gestion, vol. 2, n° 171, 2007, p. 200.
  • [16]
    Soraya El-Alaoui, Les Réseaux du livre islamique. Parcours parisiens, Paris, CNRS Éditions, coll. « CNRS sociologie », 2006.
  • [17]
    Voir P. Bourdieu, « Une révolution conservatrice dans l’édition », Actes de la recherche en sciences sociales, n° 126-127, 1999, p. 3-28, ou Jean-Marie Bouvaist, Crise et mutation de l’édition française, Paris, Ministère de la Culture, 1993.
  • [18]
    30 ouvrages, soit 37,5 % de cette production.
  • [19]
    P. Bourdieu, « Une révolution conservatrice dans l’édition », art. cité, p. 15.
  • [20]
    Djamal Bouras, Combat vers la lumière, Paris, Stock, coll. « Essais documents », 2000.
  • [21]
    Alice Bromel, Pourquoi j’ai refusé la religion de mon mari, Paris, Éditions Boîte a pandore, 2013.
  • [22]
    Said Oujibou, Fier d’être arabe et chrétien, Paris, Éditions Première Partie, 2010.
  • [23]
    Latifa, Le Visage volé : avoir vingt ans à Kaboul, Paris, Le Livre de poche, 2004.
  • [24]
    Voir par exemple le cas de Ayaan Hirsi Ali : « Ayaan Hirsi Ali, l’icône déboulonnée », RFI, 16 mai 2006.
  • [25]
    Vincent Geisser, « Des Voltaire, des Zola musulmans… ? Réflexion sur les “nouveaux dissidents” de l’islam », Revue internationale et stratégique, vol. 1, n° 65, 2007, p. 161.
  • [26]
    Voir P. Bourdieu, La Distinction. Critique sociale du jugement, Paris, Minuit, 1979.
  • [27]
    Voir Françoise Chamozzi, « Risques de l’immigration et déclassement professionnel », Hommes et migrations, n° 1281, 2009, p. 112-121.
  • [28]
    Notamment dans le site arabophone, hébergé aux États-Unis, « An-naqed » : http://www.annaqed.com/.
  • [29]
    Voir Max Weber, Sociologie de la religion, trad. Kalinowski, Paris, Champs-Flammarion, 2006.
  • [30]
    Libération, 22 octobre 2007.
  • [31]
    Ibid.
  • [32]
    Notamment autour de la candidature de Nicolas Sarkozy.
  • [33]
    Caroline Fourest opère dans le même répertoire lors de ses débats avec Tariq Ramadan. Voir Sadri Khiari, Sainte Caroline contre Tariq Ramadan. Le livre qui met un point final à Caroline Fourest, Paris, La Revanche, 2011.
  • [34]
    Pierre-André Taguieff, « Retour sur la Nouvelle Judéophobie », Cités, n° 12, 2002, p. 124.
  • [35]
    Pascal Bruckner, La Tyrannie de la pénitence, Paris, Grasset, 2006.
  • [36]
    Il y aurait une analyse plus fine à faire sur l’alignement d’un parti de la gauche sur des positions « néo-réactionnaires » dans le but de contrer la menace islamiste. Voir Thierry Pech, « L’“islamo-totalitarisme” et ses ennemis », La Vie des Idées, n° 14, juillet-août 2006, p. 11.
  • [37]
    Pascal Bruckner, « Pour Ayaan Hirsi Ali », Le Soir.be, 26 octobre 2007.
  • [38]
    Pascal Bruckner, « En finir avec le multiculturalisme », Le Monde, 20 février 2007.

Relevant plus du domaine de la rhétorique que de la réalité objective, le discours des « nouveaux réactionnaires » se caractérise entre autres par une vision critique du fait musulman. L’objet des pages qui suivent est de décrire comment se structure ce discours négatif sur l’islam, à travers une approche sociologique de la pratique intellectuelle des acteurs concernés. Une figure constitutive de cet espace a été prise pour objet principal, celle des « dissidents musulmans ». Les liens que ces « dissidents » entretiennent avec les « nouveaux réactionnaires » seront mis en évidence, ainsi que le processus d’articulation entre ces figures. Une certaine complémentarité se dessine en effet entre ces deux types d’acteurs, le « dissident musulman » se positionnant en tant que faire-valoir du « nouveau réactionnaire » dans le partage d’une même lecture essentialiste et alarmiste de ce qui a trait à l’islam. L’un et l’autre sont associés, de plus, aux mêmes tribunes et aux mêmes réseaux intellectuels, malgré des caractéristiques sociales et des trajectoires différentes.
Le positionnement de ces « dissidents » relève d’une certaine forme de résistance face au danger d’une « islamisation » de la société, ainsi que de la défense des valeurs laïques, constitutives, à leurs yeux, de l’identité nationale et de la modernité. Leur discours essentialiste sur l’islam se structure principalement autour d’une opposition entre un espace occidental émancipateur et un espace islamique répressif…


Date de mise en ligne : 04/10/2024

https://doi.org/10.3917/cnrs.duran.2015.01.0199

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