La laïcité réactionnaire : une tentative de déconstruction
- Par Marc Jacquemain
Pages 185 à 198
Citer ce chapitre
- JACQUEMAIN, Marc,
- Sous la direction de DURAND, Pascal
- et SINDACO, Sarah,
- Jacquemain, Marc.
- Jacquemain, M.
- Sous la direction de P. Durand
- et S. Sindaco
https://doi.org/10.3917/cnrs.duran.2015.01.0185
Citer ce chapitre
- Jacquemain, M.
- Sous la direction de P. Durand
- et S. Sindaco
- Jacquemain, Marc.
- JACQUEMAIN, Marc,
- Sous la direction de DURAND, Pascal
- et SINDACO, Sarah,
https://doi.org/10.3917/cnrs.duran.2015.01.0185
Notes
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[1]
Jean Baubérot, L’Intégrisme républicain contre la laïcité, Paris, L’Aube, 2004 ; Joan Wallach Scott, The Politics of the Veil, Princeton, Princeton University Press, 2007 ; Henri Goldman, Le Rejet de l’islam. Une souffrance républicaine, Paris, Presses Universitaires de France, coll. « Souffrance et théorie », 2012.
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[2]
Zaki Laïdi, Un monde privé de sens, Paris, Hachette, coll. « Pluriel », 2006.
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[3]
Elle vient bien à point aussi, dans un certain nombre de pays, pour justifier le maintien des budgets militaires.
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[4]
Il faut voir ce film notamment parce qu’il présente une vision non encore contaminée du rapport entre les sexes parmi les moudjahidines. Les femmes sont présentées comme des combattantes déterminées et certainement pas comme des victimes.
-
[5]
On utilisera ici « imaginaire » non au sens d’un récit inventé ou fictif, mais d’une représentation globalisante et contingente du monde, à la manière de Cornélius Castoriadis.
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[6]
Popularisée notamment par l’essayiste anglo-égyptienne Bat Ye’or.
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[7]
Christian Joppke, Veil, Mirror of Identity, Cambridge, Polity Press, 2009. Joppke compare essentiellement la France, l’Allemagne et la Grande-Bretagne : chaque pays développe un « syndrome du voile », mais axé sur des questions différentes.
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[8]
Joan Wallach Scott, The Politics of the Veil, op. cit. Sur le féminisme, voir Christine Delphy, Un universalisme si particulier, Paris, Syllepse, 2010.
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[9]
Jean Baubérot, Micheline Milot, Laïcités sans frontières, Paris, Seuil, coll. « La couleur des idées », 2011. Sur l’histoire de la laïcité française, on peut s’appuyer aussi sur Jean Baubérot, L’intégrisme républicain contre la laïcité, op. cit. et du même, La Laïcité falsifiée, Paris, La Découverte, 2012.
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[10]
Cécile Laborde, Critical Republicanism. The Hijab Controversy and Political Philosophy, Oxford, Oxford University Press, 2008.
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[11]
Thomas Deltombe, L’islam imaginaire. La construction médiatique de l’islamophobie en France, 1975-2005, Paris, La Découverte, 2007 ; Raphaël Liogier, Le Mythe de l’islamisation. Essai sur une obsession collective, Paris, Seuil, 2012.
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[12]
On n’entendra pas ici par « racisme » le racisme biologique (au sens de la croyance d’une hiérarchie de races humaines définies par des traits biologiques), même si ce type de racisme est plus vivant qu’on ne le croit généralement. Le racisme auquel nous pensons est celui qui assigne les individus à des cultures conçues comme des totalités homogènes, normativement hiérarchisées, et qui définissent ces individus de manière essentielle.
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[13]
Henri Peña-Ruiz, Dieu et Marianne. Philosophie de la laïcité (1999), Paris, Presses Universitaires de France, coll. « Quadrige », 2012.
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[14]
Résistance républicaine. La France face à la barbarie du xxie siècle. Livre collectif paru aux éditions Riposte laïque en 2010. Pas de lieu d’édition. La responsabilité éditoriale est assurée par « Cyrano et l’équipe de riposte laïque ». Vu la nature de l’objet, nous avons choisi de le traiter comme un document plutôt qu’un ouvrage. Mais les contributions sont signées. Les citations des p. 8 et 10 sont extraites de l’introduction signée « Cyrano ». L’extrait de la p. 59 est tiré d’une contribution de Chantal Crabère « Les démarches d’une citoyenne pour convaincre les élus de voter cette loi nécessaire ». Les citations des p. 93, 95, 97 et 98 et 102, sont extraites d’une contribution de Brigitte Bé Bayle « Qui sont ces prétendus progressistes qui tolèrent le voile et la burqa ? ». La citation de la p. 172 est extraite de la contribution de Maurice Vidal, « De la honte d’être français ». Tous les auteurs sont des contributeurs importants du site, en particulier Cyrano, avec près de 1500 entrées sur le site lui-même. Le livre comporte aussi une dimension iconographique (des caricatures de personnages publics) que nous ne pouvions aborder ici.
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[15]
Résistance républicaine, op. cit., p. 10.
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[16]
Ibid., p. 8.
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[17]
Ibid., p. 59.
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[18]
Ibid., p. 93
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[19]
Ibid., p. 97.
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[20]
Ibid., p. 98.
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[21]
Ibid., p. 95.
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[22]
Ibid., p. 102.
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[23]
Marc Jacquemain et Jérôme Jamin, L’Histoire que nous faisons. Contre les théories de la manipulation, Bruxelles, Éditions Espaces de Liberté, coll. « Liberté j’écris ton nom », 2007.
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[24]
Résistance républicaine, op. cit., p. 97.
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[25]
Ibid., p. 172.
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[26]
Précisons que cette carte blanche, revendiquée au nom du groupe, est de plus signée nominativement par les principaux animateurs du collectif, ce qui lui donne évidemment un poids particulier. Elle a été publiée en page d’accueil du site le 27 mai 2014. Près d’un an plus tard (février 2015), elle est toujours autant en évidence.
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[27]
La citation mêle personnalités belges et françaises.
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[28]
De manière plus générale, les autres textes du Rappel que nous avons pu lire expriment tous la même vision d’un espace public autoritairement « neutralisé » mais la thématique de « l’invasion » en est absente ou beaucoup moins marquée. Le présent texte semble marquer une radicalisation du groupe.
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[29]
M. Jacquemain, « Henri Peña-Ruiz ou la France éclairant le monde », Politique, Revue de débats, n° 77, 2012, p. 74-80.
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[30]
Publié le 14 mars 2014 sur le site Les Mots sont importants.
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[31]
Qu’il ne confond pas avec le Démos, peuple concret : on peut accuser Peña Ruiz d’une position métaphysique lourdement platonicienne, mais pas de naïveté philosophique.
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[32]
H. Peña-Ruiz, Dieu et Marianne, op. cit., p. 231.
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[33]
Ibid., p. 213.
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[34]
Ibid., p. 246.
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[35]
Ibid., p. 168.
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[36]
Z. Laïdi, Un monde privé de sens, op. cit.
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[37]
Joan Wallach Scott, The Politics of the Veil, op. cit. ; François Dubet, L’Ecole des chances. Qu’est-ce qu’une école juste ?, Paris, Seuil, 2004.
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[38]
C. Laborde, Critical Republicanism. The Hijab Controversy and Political Philosophy, op. cit..
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[39]
Pour voir fonctionner, côte à côte, la laïcité réelle et l’islam réel, voir le reportage passionné et passionnant du journaliste Claude Askolovitch, Nos mal-aimés. Ces musulmans dont la France ne veut pas, Paris, Grasset, 2013.
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[40]
Guy Haarscher propose par exemple une interprétation rawlsienne de Peña-Ruiz où le Laos désignerait le peuple « sous voile d’ignorance ». Cette interprétation nous paraît excessivement charitable. Non seulement Rawls est totalement absent de Dieu et Marianne mais le vocabulaire de Peña Ruiz évoque un républicanisme lourdement perfectionniste (et paternaliste) qui semble incompatible avec la perspective rawlsienne. On peut donc se demander si Haarscher ne substitue pas sa propre conception du Laos (nettement plus sympathique à nos yeux) à celle de Peña-Ruiz. Voir Guy Haarscher, La Laïcité, Paris, Presses Universitaires de France, coll. « Que sais-je ? », 2008.
Il est difficile d’imaginer ce que les historiens du futur écriront sur la conjoncture idéologique qui en est venue à progressivement dominer le débat public français en ces toutes premières années du millénaire : une obsession de « l’invasion musulmane » qui non seulement prend le pas sur la plupart des enjeux sociaux, politiques et économiques, mais en outre se focalise sur un symbole a priori anodin, le hijab porté par certaines femmes musulmanes.
À vrai dire, la peur de l’islam est devenue une obsession publique majeure dans quasiment tout le monde occidental, sous des formes et avec des vocabulaires différents. Un imaginaire puissant s’est constitué, qui fait de l’islam l’ennemi premier de la « civilisation occidentale », la forme nouvelle de la barbarie, au point que les musulmans dans leur ensemble se voient parfois comparés aux nazis. Cet imaginaire, pratiquement tous les commentateurs l’ont montré, est bien antérieur à l’attentat de 2001 contre les Twin Towers. En France, les premières « affaires de foulard » sont généralement datées de 1989, moment où deux jeunes filles musulmanes se font éjecter de leur école parce qu’elles portent le hijab et refusent de l’enlever. Cette année est évidemment extrêmement symbolique : elle voit à la fois le deux centième anniversaire de la Révolution française et la chute du mur de Berlin. L’Europe, en particulier, entre dans ce que le politologue Zaki Laïdi appellera plus tard « un monde privé de sens ». La bipolarité du monde s’effrite…
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