Chapitre d’ouvrage

L’Erreur et la Rationalité. Les Paradoxes de la Théorie des Jeux

Pages 185 à 211

Citer ce chapitre


  • Kirman, A.
(2002). L’Erreur et la Rationalité. Les Paradoxes de la Théorie des Jeux. Dans
  • D. Rousseau
  • et M. Morvan
Le Code (p. 185-211). Odile Jacob. https://doi.org/10.3917/oj.rouss.2002.01.0185.

  • Kirman, Alan.
« L’Erreur et la Rationalité. Les Paradoxes de la Théorie des Jeux ». Le Code, Odile Jacob, 2002. p.185-211. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/le-code--9782738111296-page-185?lang=fr.

  • KIRMAN, Alan,
2002. L’Erreur et la Rationalité. Les Paradoxes de la Théorie des Jeux. In :
  • ROUSSEAU, Dominique
  • et MORVAN, Michel,
Le Code. Paris : Odile Jacob. Le Temps des savoirs, p.185-211. DOI : 10.3917/oj.rouss.2002.01.0185. URL : https://shs.cairn.info/le-code--9782738111296-page-185?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/oj.rouss.2002.01.0185


Notes

  • [*]
    Je remercie Ken Binmore qui a beaucoup influencé mes idées concernant la théorie des jeux et Sylvie Thoron pour ses commentaires et suggestions.
  • [1]
    Voir pour une discussion détaillée, K. Binmore, Essays on the Foundations of Game Theory, Basil Blackwell, Oxford, 1990.
  • [2]
    La notion porte le nom de celui qui l’a formalisé, un des fondateurs de la théorie des jeux John Nash, mathématicien de Princeton, à qui a été attribué le prix Nobel d’économie en 1994.
  • [3]
    Nous faisons ici l’hypothèse implicite que un euro donne la même satisfaction aux deux joueurs, ce qui évidemment n’est pas toujours le cas !
  • [4]
    J. Harsanyi, « Games with incomplete information played by Bayesian players : Part. 1 : The Basic Model », Management Science (1967), p. 159-182, a donné ce que lui considérait comme une liste exhaustive des possibles lacunes d’information que peuvent avoir les individus. Il n’a pas envisagé la possibilité que les individus ne tiennent pas compte des actions de tous leurs adversaires. Brousseau et Kirman (voir V. Brousseau and A.P. Kirman, « The dynamics of learning in n-person games with the wrong n », en K. Binmore, A.P. Kirman and P. Tani (eds), Frontiers of Game Theory, MIT Press (1993)), montrent que les joueurs peuvent très bien se trouver dans une situation où ils considèrent qu’ils agissent optimalement et où le résultat est ce qu’ils prévoient mais où ils auraient agi tout à fait différemment s’ils avaient tenu compte des actions de tous les individus.
  • [5]
    Binmore analyse en détail les conséquences logiques des deux approches dans sa contribution récente (K. Binmore, Just Playing, MIT Press, Cambridge, Mass. (1999)).
  • [6]
    H.P. Young and D. Foster, « Cooperation in the short and in the long run », Games and Economic Behavior, vol. 3 (1991), p. 145-156.
  • [7]
    Voir A. Banerjee and J.W. Weibull, « Evolutionary Selection and Rational Behaviour », in A. Kirman and M. Salmon (eds), Learning and Rationality in Economics, Oxford, Blackwells Publishers, 1995.
  • [8]
    Voir J. Bjornestedter, M. Dufwenberg, P. Norman and J. Weibull (1997), « Evolutionary Selection Dynamics and Irrational Survivors », in W. Alber et al. (eds), Understanding Strategic Interaction. Essays in Honour of Reinhard Selten, Springer-Verlag, Berlin.
  • [9]
    Voir L. Blume et D. Easley, « Evolution and Rationality in Competitive Markets », in A. Kirman et M. Salmon (eds), Learning and Rationality in Economics, Blackwell Publishers, Oxford, 1995.
  • [10]
    Voir Banerjee, « A simple model of herd behaviour », Quarterly Journal of Economics, vol. 108, 797-817 (1992).
    S. Bikhchandani, D. Hirschleifer and I. Welch (1992), « A Theory of Fads, Fashion, Custom and Cultural Change as Informational Cascades », Journal of Political Economy, vol. 100, p. 992-1026.
    R. Day and B. Huang, « Bulls, bears and market sheep », Journal of Economic Behavior and Organization, 14,3, December, p. 299-329 (1990). Welch (1992), Hirschleifer (1993).
    A P. Kirman, « Epidemics of opinion and speculative bubbles in financial markets », chap. 17, in M. Taylor (ed.), Money and Financial Markets, Macmillan, Londres, 1991, p. 354-368.
    A.P. Kirman (1993), « Ants, rationality and recruitment », The Quarterly Journal of Economics, vol. 108, February, p. 137-156.
  • [11]
    La critique de cette approche dans le contexte évolutionniste reste que l’ensemble de stratégies est défini dès le départ et qu’aucune nouvelle stratégie n’apparaît. Il y a un auteur qui a tenu compte de ceci. Lindgren (voir K. Lindgren (1991), « Evolutionary Phenomena in Simple Dynamics », in Artificial Life II, C.G. Langton, C. Taylor, J.D. Farmer, & S. Rasmussen (eds), Addison-Wesley, Redwood City, CA) a utilisé un algorithme génétique afin de générer de nouvelles stratégies dans un « dilemme du prisonnier répété ». Il a démontré que le système a tendance à rester longtemps dans un état et puis de temps en temps l’introduction d’une nouvelle stratégie le perturbe et il y a une période de volatilité. Ceci correspond aux « punctuated equilibria » de certains biologistes et est peut-être le modèle le plus proche d’une vraie approche évolutionniste.
  • [12]
    Voir A. Rubinstein, « Perfect Equilibrium in a Bargaining Model », Econometrica, vol. 50, 1982, p. 97-109.

Errare humanum est : Écrire quelques lignes sur l’erreur sans utiliser cet aphorisme semble difficile. Mais sachant que ce numéro de la revue est consacré à l’erreur, il faut tout au contraire éviter de le citer car, sans aucun doute, tous les autres auteurs auront la même idée. Un instant de réflexion et l’on constate que si les autres auteurs sont intelligents ils auront fait le même raisonnement et, par conséquent, n’utiliseront pas cette phrase. On peut alors l’utiliser en toute tranquillité. Néanmoins, si l’on pousse le raisonnement un peu plus loin, il est clair que tout le monde arrivera à la même conclusion et risque d’utiliser cette phrase classique. Dans ce cas, il faut absolument éviter de devenir un membre banal du groupe. Mais les autres auront eu les mêmes réflexions et vont aussi éviter cette phrase, alors finalement on peut l’utiliser sans problème. Mais les autres ne seront-ils pas arrivés à la même conclusion ? Ce processus sans fin est au cœur des problèmes analysés par la théorie des jeux.
Tout ce raisonnement présuppose une rationalité extrême de la part des participants, dans une situation où ils doivent prendre des décisions en tenant compte des réactions des autres à leurs propres actions. La théorie des jeux analyse de telles situations où des individus interagissent et réfléchissent sur les conséquences de cette interaction sachant que les autres réfléchissent pareillement. On attribue le qualificatif de « stratégique » à tout comportement calculé de façon à obtenir le meilleur résultat possible en tenant compte des réactions des autres « joueurs » qui font le même type de calcul…


Date de mise en ligne : 22/12/2021

https://doi.org/10.3917/oj.rouss.2002.01.0185

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