Chapitre 3. « Or vraiment j’étais un tout » Ambroise et Augustin (384-386)
Pages 47 à 54
Citer ce chapitre
- BOUCHERON, Patrick,
- Boucheron, Patrick.
- Boucheron, P.
Citer ce chapitre
- Boucheron, P.
- Boucheron, Patrick.
- BOUCHERON, Patrick,
Notes
-
[1]
Peter Brown, La Vie de saint Augustin (éd. or. 1971), trad. franç., Paris, Éd. du Seuil, 2001, p. 43.
-
[2]
Ibid., p. 356, en français dans le texte.
-
[3]
Au sens évidemment de Paul Veyne, L’Empire gréco-romain, Paris, Éd. du Seuil, 2005.
-
[4]
Augustin, Confessions, V, 13, 23.
-
[5]
Ibid., VIII, 12, 29.
-
[6]
Lettre aux Romains, 13,13. Je reprends ici la traduction de Frédéric Boyer dans saint Augustin, Les Aveux, Paris, POL, 2013, p. 286.
-
[7]
Sur ce sujet, la bibliographie est immense et il serait ridicule de prétendre y renvoyer exhaustivement. Voir toutefois, pour un bilan complet mais déjà un peu ancien, Agostino a Milano e il Battesimo. Agostino nelle terre di Ambrogio (22-24 aprile 1987), Palerme, Edizioni Augustinus, 1988.
-
[8]
Augustin, Confessions, V, 13, 23.
-
[9]
Umberto Betti, « A proposito dell conferimento del titolo di Dottore della Chiesa », Antonianum, 13, 1988, p. 278-291. Sur cette iconographie : Pierre Courcelle, Recherches sur saint Ambroise. « Vies » anciennes, culture, iconographie, Paris, Études augustiniennes, 1973, p. 156-157.
-
[10]
À ce sujet, voir le catalogue de l’exposition du Museo Diocesano Paolo Pasini (dir.), 387 d. C : Ambrogio e Agostino. Le sorgenti dell’Europa, Milan, Olivares, 2003, p. 136-141.
-
[11]
Augustin, Confessions, V, 13 : « Un sujet proposé fit goûter mon éloquence au préfet Symmaque, qui m’envoya à Milan. » C’est ce que Stéphane Ratti appelle la « compromission de Milan » : Stéphane Ratti, Le Premier Saint Augustin, Paris, Les Belles Lettres, 2016, p. 153-172.
-
[12]
Lellia Cracco Rugini, « Nascita e morte di una capitale », Quaderni Catanesi di Studi Classici e Medievali, 2, 1990, p. 5-51.
-
[13]
Rita Lizzi Testa, « The Famous “Altar of Victory Controversy” in Rome. The Impact of Christianity at the End of the Fourth Century », in Johannes Wienand (éd.), Contested Monarchy : Integrating the Roman Empire in the Fourth Century AD, Oxford, Oxford UP, 2015, p. 405-419.
-
[14]
Jean-Rémy Palanque y voyait une tentative d’arracher au paganisme son statut de religion établie et une politique dictée par l’influence d’Ambroise (Jean-Rémy Palanque, Saint Ambroise et l’Empire romain. Contribution à l’histoire des rapports de l’Église et de l’État à la fin du quatrième siècle, Paris, De Boccard, 1933, p. 119). L’historiographie a aujourd’hui une position bien plus mesurée (voir par exemple Alan Cameron, The Last Pagans of Rome, Oxford, Oxford UP, 2011, p. 33-51).
-
[15]
Voir sur ce point les travaux de Rita Lizzi Testa, notamment « Christian Emperor, Vestal Virgins and Priestly Colleges : Reconsidering the End of Roman Paganism », Antiquité tardive, 15, 2007, p. 251-262 et Senatori, popolo, papi : il governo di Roma al tempo dei Valentiniani, Bari, Edipuglia, 2004, notamment p. 447 et sq.
-
[16]
Maurice Testard, « Saint Ambroise de Milan », Bulletin de l’association Guillaume-Budé, 51, 1992, p. 367-394 : p. 384.
-
[17]
Ambroise, Epist. 72 (17 M), cité par Gérard Nauroy, Ambroise de Milan. Écriture et esthétique d’une exégèse pastorale. Quatorze études, Berne, Peter Lang, 2003, « Recherches en littérature et spiritualité », 3, p. 20.
-
[18]
Symmaque, Relatio, 3, 8, in Jean-Pierre Callu (éd. et trad.), Discours, rapports, Paris, Les Belles Lettres, CUF, 394, 2009, p. 81. Voir aussi le commentaire de Domenico Vera, Commento storico alle “Relationes” di Quinto Aurelio Simmaco, Pise, Giardini, « Bibliotheca di studi antichi », 1981, notamment p. 12-53.
-
[19]
Pour un portrait d’ensemble de ce grand personnage, voir Cristiana Sogno, Q. Aurelius Symmachus : A Political Biography, Ann Arbor, University of Michigan Press, 2006. Voir aussi Peter Brown, À travers un trou d’aiguille, op. cit., p. 93-119.
-
[20]
Id., ibid., p. 93 : « Loin d’être un vestige solitaire du passé, Symmaque représentait une autre option toujours vivante par rapport aux versions chrétiennes de ce à quoi l’Empire romain et ses cités devaient ressembler. »
-
[21]
Ambroise, Epist. 73 (18 M), 8.
-
[22]
Hervé Savon, Saint Ambroise devant l’exégèse de Philon le Juif, 2 vol., Paris, Éditions augustiniennes, 1977.
-
[23]
Peter Brown, La Vie de saint Augustin, op. cit., p. 104.
-
[24]
Augustin, Confessions, V, 10, 18.
-
[25]
Id., ibid., VIII, 10, 22.
Augustin a sans doute commencé à écrire les Confessions en 397, l’année de la mort d’Ambroise. C’est d’abord par le récit de son admiration pour celui qui va précipiter sa conversion en 386 que l’Occident chrétien se souviendra de l’évêque de Milan, le confondant avec cette figure solennelle, majestueuse et erratique qui impressionnait tant le jeune rhéteur (Augustin était né en 354 à Thagaste, aujourd’hui Souk Ahras en Algérie, Ambroise était donc de quatorze ans son aîné). Il faut se souvenir ici des pages magnifiques que Peter Brown lui consacre dans sa biographie : Augustin fut à Carthage cet enfant baigné d’éclatantes lueurs, inondé par le soleil d’Afrique qu’il ne cessera de célébrer dans sa prose si sensible aux vibrations de la lumière, sans cesse distrait des lettres par le monde sensible. Mais il fut également l’incarnation d’« un échec catastrophique du système pédagogique de la romanité tardive. Augustin sera le seul philosophe latin de toute l’Antiquité à ignorer pratiquement le grec ». Il ne l’appréhendera qu’à tâtons, par une littérature d’extraits. Ce mince bagage linguistique en fait un « cosmopolite manqué », qui de ce fait ne s’intègre jamais totalement à l’« internationale culturelle du christianisme » – tout le contraire d’Ambroise, en somme, qui fut pleinement un homme de l’Empire gréco-romain, grec de culture et latin d’administration.
Voici également pourquoi Augustin fut attiré, comme aimanté par l’éloquence d’Ambroise. Ils étaient tous deux des lecteur…
Date de mise en ligne : 27/09/2022
Ce chapitre est en accès conditionnel
Acheter cet ouvrage
25,00 €