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15. Éléments d’une « bonne théorie » des croyances magiques

Pages 613 à 641

Citer ce chapitre


  • Sanchez, P.
(2007). 15. Éléments d’une « bonne théorie » des croyances magiques. La Rationalité des croyances magiques (p. 613-641). Librairie Droz. https://shs.cairn.info/la-rationnalite-des-croyances-magiques--9782600003667-page-613?lang=fr.

  • Sanchez, Pascal.
« 15. Éléments d’une “bonne théorie” des croyances magiques ». La Rationalité des croyances magiques, Librairie Droz, 2007. p.613-641. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/la-rationnalite-des-croyances-magiques--9782600003667-page-613?lang=fr.

  • SANCHEZ, Pascal,
2007. 15. Éléments d’une « bonne théorie » des croyances magiques. In : La Rationalité des croyances magiques. Genève : Librairie Droz. Travaux de Sciences Sociales, p.613-641. URL : https://shs.cairn.info/la-rationnalite-des-croyances-magiques--9782600003667-page-613?lang=fr.

Notes

  • [1]
    Raymond Boudon, « Théories, théorie et théorie », in La crise de la sociologie, Genève, Droz, 1971, pp. 159-204.
  • [2]
    Pour cette approche, voir à nouveau Marie-Jeanne Borel, « La schématisation descriptive : Evans-Pritchard et la magie », in Jean-Michel Adam et al., Le discours anthropologique, Paris, Méridiens Klincksieck, 1990, pp. 169-226.
  • [3]
    Philippe Laburthe-Tolra, Critique de la raison ethnologique, Paris, P.U.F., 1998, p. 84.
  • [4]
    Voir la deuxième partie de ce travail.
  • [5]
    Karl Popper, Misère de l’historicisme, traduction de l’anglais par Hervé Rousseau, revue et corrigée par Renée Bouveresse, Paris, Plon, collection Agora, 1988, p. 39.
  • [6]
    James George Frazer, Le Rameau d’Or : Le roi magicien dans la société primitive, tome I, traduit de l’anglais par Pierre Sayn, Paris, Robert Laffont, collection Bouquins, 1993, p. 41.
  • [7]
    « Cette notion est en effet la condition même de l’expérimentation magique… En fait, elle échappe elle-même à tout examen. Elle est une donnée a priori, préalablement à toute expérience ». Marcel Mauss, Henri Hubert, « Esquisse d’une théorie générale de la magie », in Marcel Mauss, Sociologie et anthropologie, Paris, P.U.F., 1989, p. 111.
  • [8]
    Max Weber, « L’objectivité de la connaissance dans les sciences et la politique sociales », in Essais sur la théorie de la science, traduction de l’allemand par Julien Freund, Paris, Plon, collection Press Pocket, 1992, p. 144.
  • [9]
    Cette distinction, d’inspiration kantienne, entre connaissance du réel et connaissance de phénomènes délimités par des questions et par une méthode, est au cœur de l’épistémologie des sciences sociales développée par Raymond Boudon. Voir en particulier, La place du désordre, Paris, P.U.F., 1991, pp. 201-208.
  • [10]
    L’importance des énigmes dans la dynamique scientifique a été très bien mis en exergue par Thomas Kuhn dans son livre La structure des révolutions scientifiques, traduction de l’anglais par Laure Meyer, Paris, Champs Flammarion, 1983.
  • [11]
    Friedrich von Hayek, Scientisme et sciences sociales, traduit de l’anglais par Raymond Barre, Paris, Plon, collection Agora, 1986.
  • [12]
    Friedrich von Hayek, Scientisme et sciences sociales, op. cit., p. 83.
  • [13]
    Karl Popper, Conjectures et réfutations, traduit de l’anglais par Michelle-Irène et Marc B. de Launay, Paris, Payot, 1985, p. 64.
  • [14]
    Raymond Boudon, « Emile Durkheim : l’explication des croyances religieuses », in Etudes sur les sociologues classiques, II, Paris, P.U.F., collection Quadrige, 2000, pp. 63-123.
  • [15]
    Raymond Boudon, « Emile Durkheim : l’explication des croyances religieuses », op. cit., p. 113.
  • [16]
    Cette opposition est radicale du point de vue de l’orientation méthodologique, du point de vue de l’esprit qui anime les recherches en sciences sociales. Cette opposition n’est toutefois pas aussi nette dans les textes eux-mêmes qui peuvent combiner des explications par les raisons avec des explications par les causes. Les Formes élémentaires de la vie religieuse de Durkheim fournit, par exemple, une bonne illustration d’un mélange des deux approches.
  • [17]
    Voir en particulier La religion comme phénomène naturel, traduit de l’anglais par Christian Cler, Paris, Bayard, 1997 Et l’homme créa les dieux, comment expliquer la religion, Paris, Robert Laffont, 2001.
  • [18]
    Pascal Boyer, La religion comme phénomène naturel, op. cit., p. 6.
  • [19]
    Pascal Boyer, Et l’homme créa les dieux, comment expliquer la religion, op. cit., pp. 293-326.
  • [20]
    Voir à nouveau la critique des postulats du fonctionnalisme, chapitre 12, section 1.
  • [21]
    Voir, à ce sujet, les travaux de Michael Cole, de Sylvia Scribner, de Jack Goody, de A. R. Luria et d’Eleanor Rosch présentés chapitre 10.
  • [22]
    Voir à ce sujet Dan Sperber, « Apparently irrational beliefs », in Martin Hollis et Steven Lukes, Rationality and Relativism, Cambridge, MIT Press, 1989, pp. 149-180.
  • [23]
    Raymond Boudon, « Relativisme et modernité », Revue européenne des sciences sociales, Tome XXXIV, n° 106, 1996, pp. 169-192.
  • [24]
    Peter Winch, « Understanding a primitive society », in Bryan R. Wilson (ed.), Rationality, Oxford, Basil Blackwell, 1986, pp. 78-111. L’intérêt de l’article de Peter Winch est de soutenir une thèse relativiste radicale permettant de dévoiler ce qui est au cœur de cette approche.
  • [25]
    Peter Winch, « Understanding a primitive society », op. cit., p. 79.
  • [26]
    Ibid., p. 80.
  • [27]
    Ibid., p. 82.
  • [28]
    Ibid., p. 86.
  • [29]
    Ibid., p. 86.
  • [30]
    Ibid., p. 89.
  • [31]
    Ibid., p. 94.
  • [32]
    Peter Winch, « Understanding a primitive society », op. cit., p. 88.
  • [33]
    Voir le passage consacré par Bruno Latour à Evans-Pritchard, « Comment distribuer le Grand partage », Revue de synthèse, III, n° 110, avril-juin 1983, pp. 210-211.
  • [34]
    Cette attention à la lettre plutôt qu’à l’esprit d’un texte est souvent caractéristique des lectures prétendument radicales. Un autre exemple est fourni par Hildred Geertz qui s’est attachée à démolir la thèse de Keith Thomas sur les raisons du déclin historique de la magie en Europe. Sur cette polémique, voir Hildred Geertz, « An Anthropology of Religion and Magic, I », Journal of interdisciplinary History, VIII, été 1975, pp. 71-89. Et la réponse de Keith Thomas, « An Anthropology of Religion and Magic, II », Journal of interdisciplinary History, VIII, été 1975, pp. 91-109.
  • [35]
    Il est facile de faire tomber Peter Winch sous les coups de sa propre critique. Récuser la théorie de la vérité comme adéquation d’une proposition à la réalité sous prétexte qu’elle est culturellement rattachée à la tradition philosophique occidentale est une thèse auto-réfutante. En effet, la théorie de la cohérence comme expression de la vérité à laquelle se réfère implicitement Peter Winch à travers la notion de « jeu de langage » appartient elle aussi, sans conteste, à cette tradition. Voir sur cette question des théories de la vérité l’ouvrage synthétique de Pascal Engel, La vérité, réflexions sur quelques truismes, Paris, Hatier, 1998, pp. 24-28.
  • [36]
    Voir à ce propos le recensement de ces stratégies établi par Evans-Pritchard dans Sorcellerie, oracles et magie chez les Azandé, traduction de l’anglais par Louis Evrard, Paris, Gallimard, 1972, pp. 537-540.
  • [37]
    Dan Sperber, « Apparently irrational beliefs », op. cit., p. 157.

La classification des théories sociologiques et anthropologiques de la croyance magique forme une première étape dans l’analyse des conditions d’émergence d’une théorie. En ramenant la masse des écrits à quelques principes explicatifs implicitement présents dans l’abondante littérature consacrée aux croyances magiques, un premier pas a été accompli en direction de la compréhension de la formation d’un discours scientifique. Le chapitre précédent a ainsi pu indiquer que les théories anthropologiques et sociologiques de la magie se distinguent les unes des autres en sillonnant principalement deux axes, celui de la rationalité ou de l’irrationalité et celui de la continuité ou de la discontinuité.
Cette étape préparatoire était importante dans la mesure où elle a permis d’introduire un ordre au sein de la littérature anthropologique et sociologique. Cependant, cet effort de classification, bien qu’utile, demeure insatisfaisant aux yeux d’un lecteur critique. Au-delà de la question de la distribution des théories au sein d’un espace se dresse une autre interrogation plus essentielle : peut-on hiérarchiser les théories en fonction de leur aptitude à proposer une interprétation convaincante des conditions d’adhésion aux croyances magiques ? Répondre à une telle question ne peut se faire, bien évidemment, en ayant recours à l’intuition ou en se contentant d’un sentiment diffus issu de la lecture de textes. Pour se hisser à la hauteur de la question posée, il est d’abord impératif de révéler les critères susceptibles d’identifier ce qu’est une « bonne théorie » comparativement à des théories incertaines ou hasardeuses…


Date de mise en ligne : 13/05/2015

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