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16. Anatomie des théories de la croyance magique

Pages 643 à 683

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  • Sanchez, P.
(2007). 16. Anatomie des théories de la croyance magique. La Rationalité des croyances magiques (p. 643-683). Librairie Droz. https://shs.cairn.info/la-rationnalite-des-croyances-magiques--9782600003667-page-643?lang=fr.

  • Sanchez, Pascal.
« 16. Anatomie des théories de la croyance magique ». La Rationalité des croyances magiques, Librairie Droz, 2007. p.643-683. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/la-rationnalite-des-croyances-magiques--9782600003667-page-643?lang=fr.

  • SANCHEZ, Pascal,
2007. 16. Anatomie des théories de la croyance magique. In : La Rationalité des croyances magiques. Genève : Librairie Droz. Travaux de Sciences Sociales, p.643-683. URL : https://shs.cairn.info/la-rationnalite-des-croyances-magiques--9782600003667-page-643?lang=fr.

Notes

  • [1]
    Raymond Boudon, « Théories, théorie et théorie », in La crise de la sociologie, Genève, Droz, 1971, pp. 159-204.
  • [2]
    Ce terme n’a pas ici le sens plus ou moins restrictif que lui accorde Thomas Kuhn. Il a une signification plus lâche, il renvoie à l’existence d’un cadre dont le contenu méta-théorique entoure et détermine la portée explicative des propositions théoriques. Il évoque plutôt la notion de « catégorie » au sens kantien du terme, à savoir la table des concepts fondamentaux qui, au sein de la pensée discursive, assument des fonctions essentielles.
  • [3]
    Pierre Duhem, La théorie physique, son objet, sa structure, Paris, Librairie M. Rivière et Cie, 1914, pp. 395-396.
  • [4]
    Alexande Koyré, Du monde clos à l’univers infini, Paris, Tel Gallimard, 1990. Voir aussi Etudes d’histoire de la pensée scientifique, Paris, Tel Gallimard, 1985.
  • [5]
    Voir en particulier Le nouvel esprit scientifique, Paris, P.U.F., collection Quadrige, 1987, et La philosophie du non, Paris, P.U.F., collection Quadrige, 1983.
  • [6]
    « C’est la dimension des themata, de ces préconceptions fondamentales, stables et largement répandues, qu’on ne peut réduire directement à l’observation ou au calcul analytique, ni ne les en dériver ». Gerald Holton, L’invention scientifique, themata et interprétation, traduit de l’anglais par Paul Scheurer, Paris, P.U.F., 1982, p. 22.
  • [7]
    Voir en particulier L’imagination symbolique, Paris, P.U.F., collection Quadrige, 1984, et Les structures anthropologiques de l’imaginaire, Paris, Dunod, 1992.
  • [8]
    Michel de Certeau, L’écriture de l’histoire, Paris, Gallimard, 1975, p. 219. Voir en particulier le chapitre : « ethnographie, l’oralité, ou l’espace de l’autre : Léry », pp. 215-248.
  • [9]
    Jean de Léry, Histoire d’un voyage en terre de Brésil, texte établi et annoté par Frank Lestringant, Paris, Le Livre de Poche, 1999. La première édition date de 1578.
  • [10]
    Claude Lévi-Strauss, Tristes tropiques, Paris, Plon, collection Presses pocket, 1984, p. 87.
  • [11]
    Jean de Léry, Histoire d’un voyage en terre de Brésil, op. cit., pp. 211-236.
  • [12]
    Ibid., p. 214.
  • [13]
    Ibid., p. 211.
  • [14]
    Michel de Certeau, L’écriture de l’histoire, op. cit., p. 238.
  • [15]
    Jean de Léry, Histoire d’un voyage en terre de Brésil, op. cit., p. 379.
  • [16]
    Ibid., pp. 398-425.
  • [17]
    Voir sur l’application de cette catégorie aux croyances religieuses des sauvages, Carmen Bernand et Serge Gruzinski, De l’idolâtrie, une archéologie des sciences religieuses, Paris, Seuil, 1988.
  • [18]
    Georges-Louis Leclerc de Buffon, Histoire naturelle de l’homme, in Œuvres philosophiques, Tome XLI, édition de Jean Piveteau, Paris, P.U.F., 1954, p. 296. La première édition date de 1749.
  • [19]
    Ibid., p. 296.
  • [20]
    Ibid., p. 312.
  • [21]
    Michèle Duchet, Anthropologie et histoire au siècle des Lumières, Paris, Albin Michel, 1995, p. 237.
  • [22]
    Denis Diderot, Supplément au voyage de Bougainville, ou dialogue entre A. et B. sur l’inconvénient d’attacher des idées morales à certaines actions physiques qui n’en comportent pas, in Le Neveu de Rameau et autres dialogues philosophiques, textes établis et présentés par Jean Varloot, Paris, Folio Gallimard, 1983, pp. 283-336. La première édition date de 1772.
  • [23]
    Ibid., p. 326.
  • [24]
    Ibid., p. 290.
  • [25]
    Ibid., p. 292.
  • [26]
    Jean-Jacques Rousseau, Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes, Paris, GF Flammarion, 1971, p. 158. La première édition date de 1755.
  • [27]
    Ibid., p. 151.
  • [28]
    En particulier, selon l’énumération de Jean-Jacques Rousseau, les « Hottentots » du Cap de Bonne Espérance, les peuples des Caraïbes et les Indiens de Buenos Aires.
  • [29]
    Joseph-Marie de Gérando, Considérations sur les diverses méthodes à suivre dans l’observation des peuples sauvages, in Jean Copans, Jean Jamin, Aux origines de l’anthropologie française, les Mémoires de la Société des Observateurs de l’Homme en l’an VIII, Paris, Le Sycomore, 1978, pp. 129-169. La première publication du Mémoire date de l’an VIII (1800).
  • [30]
    Joseph-Marie de Gérando, Considérations sur les diverses méthodes à suivre dans l’observation des peuples sauvages, op. cit., p. 130.
  • [31]
    Jean Copins, Jean Jamin, Aux origines de l’anthropologie française, les Mémoires de la Société des Observateurs de l’Homme en l’an VIII, op. cit., p. 42.
  • [32]
    Karl Marx, L’idéologie allemande, traduction de l’allemand sous la responsabilité de Gilbert Badia, Paris, Les éditions Sociales, 1982, p. 78. La première édition date de 1845-1846.
  • [33]
    Voir Michel de Certeau, L’écriture de l’histoire, op. cit., pp. 236-241
  • [34]
    Comme le dit si délicieusement le Docteur H. Baruk dans sa préface au livre d’Henri Aubin, « l’étude des peuples, que l’on qualifie de peuples primitifs est très féconde pour le psychiatre et le psychologue parce que l’on peut observer chez ces peuples, les sentiments fondamentaux de la nature humaine qui sont moins masqués, moins compliqués, moins refoulés ». In Henri Aubin, L’homme et la magie, Paris, Desclée de Brouwer & Cie, 1952, p. 9.
  • [35]
    Christian Marouby, Utopie et primitivisme, Paris, Editions du Seuil, 1990, p. 125.
  • [36]
    Jean-Bruno Renard, « Les croyances aux extraterrestres », Revue française de sociologie, volume 27, 1986, pp. 221-229. Voir aussi « Le merveilleux et l’homme contemporain », in Michel Meslin, Le merveilleux, l’imaginaire et les croyances en Occident, Paris, Bordas, 1984, pp. 44-49.
  • [37]
    Marc Augé, « Ces sauvages ne sont qu’une idée », in Jean-Loup Amselle (dir.), Le sauvage à la mode, Paris, éditions Le Sycomore, 1979, p. 23.
  • [38]
    Voir en particulier Claude Lévi-Strauss, Race et histoire, Paris, Denoël, 1986, chapitre 4.
  • [39]
    Claude Lévi-Strauss, La pensée sauvage, Paris, Plon, collection Presses Pocket, 1990, pp. 30-36.
  • [40]
    Claude Lévi-Strauss, La pensée sauvage, op. cit., p. 36.
  • [41]
    Robin Horton, Patterns of thought in Africa and the West, Essays on magic, religion and science, Cambridge, Cambridge University Press, 1995.
  • [42]
    Robert A. Nisbet a signalé toute l’importance de ce courant dans la formation des méthodes de la sociologie. Voir Robert A. Nisbet, La tradition sociologique, traduit de l’américain par Martine Azuelos, Paris, P.U.F. collection Quadrige, 1993.
  • [43]
    Edmund Burke, Réflexions sur la Révolution de France, traduction de l’anglais par Pierre Andler, Paris, Hachette, collection Pluriel, 1989, p. 78. La première édition date de 1790.
  • [44]
    Bronislaw Malinowski, Trois essais sur la vie sociale des primitfs, traduit de l’anglais par S. Jankélévitch, Paris, Payot, 1968, pp. 11-12.
  • [45]
    Bronislaw Malinowski, Trois essais sur la vie sociale des primitfs, op. cit., p. 53.
  • [46]
    Pour un résumé critique de cette approche, voir Jacques Lombard, Introduction à l’ethnologie, Paris, Armand Colin, 1998, pp. 64-80 et Raymond Boudon, François Bourricaud, Dictionnaire critique de la sociologie, Paris, P.U.F., collection Quadrige, 2002, pp. 141-148.
  • [47]
    Margaret Mead, Mœurs et sexualité en Océanie, traduit de l’américain par Georges Chevassus, Paris, Plon, collection Presses Pocket, 1993.
  • [48]
    Georges Balandier, Sociologie des Brazzavilles noires, Paris, Armand Colin, 1955.
  • [49]
    Frank Hagenbucher-Sacripanti, Santé et rédemption par les génies du Congo, Paris, Publisud, 1992.
  • [50]
    Ibid. p. 12.
  • [51]
    Ibid., p. 52.
  • [52]
    Ibid., p. 143.
  • [53]
    Cet emprunt à la terminologie d’Imre Lakatos ne signifie pas pour autant que cette discussion se situe dans le prolongement de la « méthodologie du programme de recherche » telle qu’elle a été formulée par ce philosophe. L’usage de l’expression « noyau dur » est ici métaphorique. Voir Imre Lakatos, Histoire et méthodologie des sciences, traduit de l’anglais par Catherine Malamound et Jean-Fabien Spitz, Paris, P.U.F., 1994.
  • [54]
    Sur cette interprétation de la thèse d’Emile Durkheim, voir Raymond Boudon, « Emile Durkheim : l’explication des croyances religieuses, in Etudes sur les sociologues classiques, II, Paris, P.U.F., collection Quadrige, 2000, p. 114.
  • [55]
    Max Weber, L’éthique protestante et l’esprit du capitalisme, traduction de l’allemand sous la direction d’Eric de Dampierre, Paris, Plon, collection Agora, 1985.
  • [56]
    Voir en particulier J. Middleton et E. H. Winter (eds.), Witchcraft and Sorcery in East Africa, Londres, Routledge and Kegan Paul, 1963.
  • [57]
    Une grande partie de ces débats se retrouve dans Bryan R. Wilson (ed.), Rationality, Oxford, Basil Blackwell, 1986.
  • [58]
    Parménide dit la chose suivante : « Apprends donc toutes choses, et aussi bien le cœur exempt de tremblement propre à la vérité bellement circulaire, que les opinions des mortels, dans lesquelles il n’est rien qui soit vrai ni digne de crédit », Les Ecoles présocratiques, édition établie par Jean-Paul Dumont, Paris, Folio Gallimard, 1991, p. 323.
  • [59]
    Sur cette distinction fondamentale entre contenu et opérations de la croyance, voir Paul Ricœur, « Croyance », Encyclopaedia Universalis, Paris, 1968, volume V, pp. 171-176.
  • [60]
    Platon, Théétète, traduction par Emile Chambry, Paris, GF Flammarion, 1987, 189 e-190 c.
  • [61]
    Emmanuel Kant, Critique de la raison pure, traduction de l’allemand par A. Tremesaygues et B. Pacaud, Paris, P.U.F., 1980, pp. 551-557. La première édition date de 1781.
  • [62]
    Emmanuel Kant, Critique de la raison pure, op. cit., p. 543.
  • [63]
    Sur la liberté du croyant et sur la thématique de l’assentiment chez Emmanuel Kant, voir la préface de la Critique de la raison pratique, Paris, P.U.F., collection Quadrige, 1985 [1788], en particulier les pages 9-11.
  • [64]
    Pierre Aubenque, La prudence chez Aristote, Paris, P.U.F., Collection Quadrige, 2002, pp. 68-69.
  • [65]
    Sur ces développements à propos du stoïcisme et de la philosophie cartésienne, voir Philippe Fontaine, La croyance, Paris, Ellipses, 2003, pp. 43-53.
  • [66]
    Sur la critique humienne de la causalité et sur la proximité de la science et de l’opinion, voir le commentaire éclairant de Frédéric Brahami, Introduction au Traité de la nature humaine de David Hume, Paris, P.U.F., collection Quadrige, 2003, pp. 76-118.
  • [67]
    Ces contributions ont fait l’objet, pour la plupart, d’une présentation dans le chapitre 5. En ce qui concerne A. R. Radcliffe-Brown, la conception particulière de la notion de structure qu’il défend l’amène au sujet du totémisme à la réduction suivante : « quand la société se différencie en segments ou groupes sociaux séparés, dotés chacun de sa solidarité et de son individualité propres, un principe plus largement répandu que le totémisme entre en jeu… Plus que l’unité du clan, le totémisme exprime l’unité de la société globale par les relations mutuelles des clans avec cette unité ». A. R. Radcliffe-Brown, « Théorie sociologique du totémisme », Structure et fonction dans la société primitive, traduction de l’anglais par Françoise et Louis Marin, Paris, Seuil, 1972, pp. 200-202.
  • [68]
    Monica Wilson, « Witch beliefs and social structure », The American Journal of Sociology, Volume LVI, numéro 4, Janvier 1951, pp. 307-313.
  • [69]
    M. G. Marwick, « The social context of Cewa witch beliefs », Africa, 22, 1952, pp. 120-135 et pp. 215-233.
  • [70]
    Clyde Mitchell, The Yao Village, Manchester, Manchester University Press, 1956.
  • [71]
    Meyer Fortes, Œdipe et Job dans les religions ouest-africaines, traduit de l’anglais par Roger Renaud, Paris, Bibliothèque Repères-Mame, 1974.
  • [72]
    John Middleton, «  Witchcraft and sorcery in Lugbara », in J. Middleton and E. H. Winter (eds.), Witchcraft and Sorcery in East Africa, Londres, Routledge and Kegan Paul, 1963, pp. 257-275.
  • [73]
    E. H. Winter, « The enemy within : Amba witchcraft and sociological theory », in J. Middleton and E. H. Winter (eds.), Witchcraft and Sorcery in East Africa, London, Routledge and Kegan Paul, pp. 227-299.
  • [74]
    Le cas de Mary Douglas est intéressant en ce qu’il traduit l’adoption d’une position tempérée à l’égard de la problématique de la production. Dans un premier temps, Mary Douglas rejette les thèses hyperfonctionnalistes qui tentent d’associer mécaniquement l’apparition de la sorcellerie au degré de structuration du pouvoir. Toutefois, elle relie l’émergence de la sorcellerie aux différents usages sociaux de l’autorité exerçant ici le rôle de conditions de possibilité de cette croyance. Mary Douglas, De la souillure, études sur la notion de pollution et de tabou, traduction de l’anglais par Anne Guérin, Paris, éditions La Découverte, 1992.
  • [75]
    Faire de la pensée symbolique le lieu de production des croyances en ce qu’elle déploie des schémas cohérents et globaux restituant la place et la signification de l’homme se retrouve, entre autres, dans les approches de Marcel Griaule, de Mircea Elliade et de Maurice Leenhardt exposées au chapitre 6.
  • [76]
    Longue, en effet, est la liste des auteurs qui ont voulu rattacher substantiellement la magie au domaine des désirs. Henri Bergson, Bronislaw Malinowski, S. F. Nadel, Clyde Kluckhohn, Gregory Bateson, R. F. Fortune, Michel Leiris, Lucien Lévy-Bruhl, etc., dont les thèses ont été discutées dans la première partie de ce travail, ont tous, à des degrés divers, mobilisé l’hypothèse de l’univers foisonnant des désirs pour rendre compte, en dernière instance, de l’existence et de la dynamique des croyances magiques.
  • [77]
    On retrouve ici la liste des auteurs ayant rattaché la croyance à ses conditions de production : John Middleton, E. H. Winter, Clyde Mitchell, M. G. Marwick, Monica Wilson, Mary Douglas, mais aussi Meyer Fortes, Max Gluckman, Clifford Geertz, Edmund Leach.
  • [78]
    Bronislaw Malinowski, Les Argonautes du Pacifique occidental, traduit de l’anglais par André et Simone Devyver, Paris, Tel Gallimard, 1989. Voir aussi Magic, Science and Religion and other essays, Prospect Heights, Waveland Press, 1992.
  • [79]
    Clyde Kluckhohn, Navaho witchcraft, Boston, Beacon Press, 1996.
  • [80]
    Emile Durkheim, Max Weber, Robin Horton, E. E. Evans-Pritchard et Raymond Boudon ont produit des œuvres qui ont eu pour principe essentiel de relier la magie à un ordre cognitif, c’est-à-dire principalement à des mécanismes d’inférence justifiant et validant l’adoption de croyances.
  • [81]
    Alain Testart, « L’Australie dans l’Année Sociologique (1898-1913) », Année Sociologique, 1998, 48, n° 1, pp. 163-191.
  • [82]
    Raymond Boudon a particulièrement insisté sur les différences engendrées par le choix de la notion de « cause » ou de « bonnes raisons » dans l’explication des croyances. Voir en particulier, Bonnes raisons, Paris, P.U.F., 2003, et L’art de se persuader, Paris, Fayard, 1990.
  • [83]
    Voir à ce sujet le chapitre précédent qui a indiqué que seules les théories continuistes et rationalistes pouvaient prétendre fournir un modèle adéquat de l’explication des croyances magiques.
  • [84]
    Bronislaw Malinowski, Les argonautes du pacifique occidental, traduction de l’anglais par André et Simone Devyver, Paris, Gallimard, 1989, p. 67.
  • [85]
    Paul-Laurent Assoun, Introduction à l’épistémologie freudienne, Paris, Payot, 1990, pp. 51-66.
  • [86]
    A. R. Radcliffe-Brown, Structure et fonction dans la société primitive, traduction de l’anglais par Françoise et Louis Marin, Paris, Seuil, 1972, p. 196.
  • [87]
    Au sens où Auguste Comte parle, dans les Cours de philosophie positive (1830-1842), de physique sociale pour désigner la sociologie.
  • [88]
    Claude Lévi-Strauss, « L’efficacité symbolique », Anthropologie structurale, Paris, Plon, collection Agora, 1985, pp. 230-231.
  • [89]
    La question de savoir si les sciences de la nature relèvent encore que cette représentation de l’objectivité sous forme de loi et de causalité n’entre pas dans le champ de cette discussion. En revanche, l’analogie avec les sciences de la nature vient buter sur une différence majeure. En effet, les sciences expliquent dans la mesure où, en grande partie, elles prédisent. Or, la prédiction est une dimension qui n’existe véritablement pas dans les théories fonctionnalistes ou psychanalytiques de la croyance magique.
  • [90]
    Friedrich von Hayek, Scientisme et sciences sociales, traduction de l’anglais par Raymond Barre, Paris, Plon, collection Agora, 1986, pp. 65-80.
  • [91]
    Sur cette proximité méthodologique des deux fondateurs de la sociologie, voir Raymond Boudon, « Durkheim et Weber : convergence de méthodes », Etudes sur les sociologues classiques, Paris, P.U.F., collection Quadrige, 1998, pp. 93-136.
  • [92]
    Voir sur ces points le chapitre 12, sections 8 à 10.
  • [93]
    Voir chapitre 14.

Les développements antérieurs ont répondu à un souci majeur : ordonner et hiérarchiser les différentes théories traitant de la croyance magique. La masse des écrits consacrés à la magie apparaît tellement impressionnante, diverse et contradictoire, qu’elle suscite inexorablement le besoin d’inventer une grille de lecture instaurant, a posteriori, un ordre et une perspective de comparaison entre les différentes théories. En abordant par la suite la question des éléments constitutifs d’une « bonne théorie » des croyances magiques, une étape supplémentaire a été franchie, dont la finalité était de pouvoir jeter un regard critique sur les principales constructions intellectuelles imaginées par la sociologie et l’anthropologie en vue de saisir cette croyance. Cependant, ce travail a été mené en faisant principalement référence aux arguments explicitement ou implicitement soutenus par des théories concurrentes. En agissant de la sorte, la discussion entreprise précédemment a réduit le champ de compréhension du mot « théorie » à celui d’un ensemble de propositions articulées entre elles et connectées, plus ou moins adéquatement, à une réalité observable. Or, le mot théorie, comme l’a signalé Raymond Boudon, comporte un autre sens se rapportant plutôt au langage que les sciences sociales emploient pour forger en amont ses objets. Ce travail doit dès lors accomplir un dernier effort en procédant à la décomposition analytique du cadre métathéorique des constructions de l’anthropologie et de la sociologie…


Date de mise en ligne : 13/05/2015

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