4. Peut-on dire que l’inconscient c’est la politique ?
- Par Roland Chemama
Pages 25 à 29
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Notes
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[1]
J. Lacan, Le Séminaire, Livre XIV (1966-1967), La logique du fantasme, publication de l’Association lacanienne internationale réservée à ses membres. Notons que Lacan a bien dit « l’inconscient c’est la politique » et non pas l’inconscient c’est le politique. Cela pourrait étonner en tant que « la politique » renvoie le plus souvent, pour nous, au quotidien des petites luttes et des petits arrangements que l’on connaît bien dans le monde des politiciens, alors que « le politique » concerne davantage le souci de la cité. Il faut croire que cette distinction n’était pas fixée au moment où Lacan parlait. On peut en tout cas conserver la formule qu’il emploie !
-
[2]
E. Bergler, La névrose de base, Paris, Payot, 1963.
Reconnaître que la politique – ou le politique, comme on préfère dire aujourd’hui – est fondamentalement impliquée dans ce qui détermine les rapports entre les sexes, cela devrait faciliter la compréhension d’une formule souvent citée de Lacan : « L’inconscient, c’est la politique. » On conçoit aisément que des changements profonds dans l’institution du mariage, ces changements qui se sont trouvés au centre des conflits politiques, puissent avoir des effets subjectifs, ne serait-ce que parce que cela confronte les enfants à de nouvelles représentations du couple.
Mais attachons-nous d’abord à la phrase de Lacan en elle-même. En fait, il faut bien le dire, les analystes l’ont souvent citée de façon approximative, faisant comme si Lacan avait dit : « L’inconscient, c’est le social. » Cette dernière formule paraissait sans doute moins dérangeante, en tant qu’elle mettait seulement l’accent sur le fait que le sujet auquel nous avons affaire, celui qui vient nous consulter, est un être qui a une existence sociale, et que celle-ci est à prendre en compte. La politique, elle, semble moins nécessairement liée à la subjectivité, surtout si nous la ramenons au quotidien des conflits partisans. Mais c’est bien de la politique que Lacan parle, et il faut ici s’attarder un peu sur la façon dont il l’introduit.
« L’inconscient, c’est la politique » est une phrase extraite du séminaire La logique du fantasme (leçon du 10 mai 1967). C’est en fait un fragment d’une phrase beaucoup plus longue dont on peut citer deux lignes de plus : « Il y a peut-être un moment où, quand on sera revenu à une saine perception de ce que Freud nous a découvert, on dira, je ne dis même pas “la politique c’est l’inconscient”, mais tout simplemen…
Date de mise en ligne : 11/10/2019
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