3. Qu’est-ce qui est politique ?
- Par Roland Chemama
Pages 21 à 24
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- CHEMAMA, Roland,
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Reprenons. Les psychanalystes ne se font certainement pas les tenants d’une identité qui exclurait toute altérité, celle que revendiquent, par exemple, les partis politiques nationalistes. Ceux-ci, de fait, ne cessent d’en appeler à une tradition, un héritage, à commencer par celui du christianisme ou de l’islam, et finalement à un Père, celui qu’on put appeler, dans un tout autre contexte, le Père de la nation. Mais ce que j’ai voulu montrer, dans le précédent chapitre, c’est qu’en prétendant libérer le sujet de toute identité, on risque de le mettre dans une position instable, où nul désir ne peut vraiment se maintenir dans la durée.
On voit qu’il ne s’agit pas ici de morale. Certains pourtant ont cru, ou feint de croire, que l’insistance sur la limitation nécessaire de la jouissance faisait de nous des nostalgiques d’un temps où chacun savait quelle loi lui était prescrite – à charge pour lui de la respecter ou de la transgresser. Cette loi, de plus, on la rabattit sur le quotidien des relations familiales. Puisque la mère, ordinairement engagée dans les premiers soins à l’enfant, peut avoir du mal à le déprendre d’un idéal de satisfaction totale et permanente, on insista sur le fait que cette fonction est à rapporter au père. Et il est vrai que certains s’alarmèrent alors du fait que dans la réalité de la famille contemporaine celui-ci paraissait voir sa place sans cesse plus réduite, ils ont semblé par là même regretter une époque que nous ne pouvons pourtant pas louanger sans restriction…
Date de mise en ligne : 11/10/2019
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