Chapitre III. Le Temps des troubles. Phase sociale (1606-1610)
Pages 89 à 114
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- BERELOWITCH, André,
- Berelowitch, André.
- Berelowitch, A.
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- Berelowitch, A.
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- BERELOWITCH, André,
Notes
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[1]
PSRL, 34, p. 212, f. 650 v°. Avec Procope Ljapunov, le plus en vue des deux frères (voir à son sujet : SKKDR, III/2, p. 312-316), Zacharie s’était déjà révolté contre Théodore Godunov (mai 1605) pour soutenir le Faux Dimitri, et une seconde fois contre Basile Šujskij (été-automne 1606), lorsqu’il se joint à l’armée d’Istoma Paškov. Puis il se rallie à Šujskij le 16 novembre 1606, et fait la guerre aux partisans du deuxième Faux Dimitri (1607-1608). En 1610, il complote activement contre Šujskij, et contribue de façon décisive à son renversement. Il favorise ensuite la candidature polonaise, et prend part enfin à la première milice dirigée contre les Polonais. Ces retournements successifs sont loin d’être exceptionnels.
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[2]
PSRL, 34, p. 214, f. 655 v° – 656. Cf. Margeret, f. 46 v° : « [Ce] bâton [est] une espèce de crosse que nul ne porte que les empereurs ».
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[3]
Margeret, loc. cit. La commune, c’est « le commun du peuple », c’est-à-dire la populace, selon Furetière. Mais Margeret l’emploie dans un sens légèrement différent : « le peuple de Moscou », à l’exclusion des nobles de la cour et de tous les serviteurs directs du monarque. Je l’ai suivi dans ma traduction de mir.
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[4]
AAE, II, nº 48, p. 106, (envoyée le 6 juin à Perm‘).
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[5]
Perrie, Pretenders, p. 109-115.
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[6]
Ibid., p. 106. Ce sont des étrangers, Bussow et le Hollandais Isaac Massa, qui rapportent cette version macabre du miracle.
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[7]
Platonov, Očerki Smuty, p. 342.
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[8]
Ibid., p. 353-354 ; Perrie, Pretenders, p. 120, 170.
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[9]
Platonov, Očerki Smuty, p. 313, citant l’Autre Récit.
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[10]
Margeret, f. 46-46 v°.
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[11]
Perrie, Pretenders, p. 190-192, 214-217.
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[12]
Cf. P. V. Sedov, « Pomestnye i denežnye oklady kak istočnik po istorii dvorjanstva v Smutu », Arxiv russkoj istorii, 3 (1993), p. 227-241.
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[13]
PLDR [9], p. 533-535 ; traduction anglaise partielle dans S. Zenkovsky, Medieval Russia’s epics, chronicles and tales, New-York, 2e éd., 1974, p. 487-489. L’auteur en est sans doute Ivan Vasil‘evič Funikov.
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[14]
AAE, II, nº 81/II, p. 173-175. Chute de Tula : Perrie, Pretenders, p. 151, note 102.
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[15]
Cf. Margeret : « Les cosaques […] tirent paie égale aux strelits [arquebusiers], avec du grain, et outre ce sont fournis de poudre et plomb par l’empereur. Il y en a d’autres qui ont des terres, lesquels ne bougent des garnisons » (f. 27 v°).
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[16]
Alexandre Œxmelin, Histoire des aventuriers qui se sont signalés dans les Indes…, 1686 ; réimpr. P., 1990.
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[17]
Perrie, Pretenders, p. 90-97.
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[18]
Ibid., p. 179.
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[19]
Il ne s’ensuit pas nécessairement que les cosaques aient considéré le Faux Dimitri comme un imposteur. Mais sa candidature, les preuves avancées contre lui par Boris Godunov, les controverses sur son authenticité, ne pouvaient manquer de rendre familière à la population l’idée même de l’imposture (ibid., p. 94).
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[20]
Cf. Margeret, f. 41-41 v°.
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[21]
Il y a certainement là une allusion à Il‘ja Muromec, héros des chansons de geste russes, mentionné dès 1574 dans un document polonais (Byliny v zapisjax i pereskazax XVII-XVIII vekov, A. M. Astaxova et alii (éd.), M.-L., 1960, p. 29).
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[22]
Que ce soit dans la Russie ou la France du xviie siècle, ou en anglais moderne (qui a gardé surname), ce que nous appelons « nom de famille » est assimilé à un sobriquet. Le nom véritable est celui du saint (notre « prénom »), donné au moment du baptême. Le surnom permet de distinguer les homonymes les uns des autres.
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[23]
AAE, II, p. 175.
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[24]
Veselovskij, D‘jaki, p. 318 ; Pavlov 1988, p. 199.
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[25]
Voir Perrie, Pretenders, p. 120-130.
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[26]
Popov, Izbornik, p. 331.
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[27]
Perrie, Pretenders, p. 134-139.
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[28]
Platonov, Očerki Smuty, p. 326.
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[29]
Ibid., p. 355-356.
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[30]
Perrie, Pretenders, p. 174-181 ; arbre généalogique incluant les imposteurs, p. 177.
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[31]
Ibid., p. 127.
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[32]
Par exemple Platonov, Očerki Smuty, p. 352-353.
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[33]
Si l’on compte la campagne de Bolotnikov, c’est la troisième fois qu’une armée marche sur Moscou au nom de Dimitri.
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[34]
Par exemple, AAE, II, nº 93, p. 188 (lettre à Ustjužna Železopol‘skaja, 23 décembre 1608).
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[35]
Ici, « décision », « projet », « plan d’action », comme l’anglais counsel.
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[36]
En donnant la victoire aux partisans du Faux Dimitri.
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[37]
Nicétas Mixajlovič Puškin (1555 env.-1622) est alors gouverneur de la ville de Vologda. Surpris (le 29 novembre 1608) par les partisans du deuxième Faux Dimitri, ou peut-être complice, il prête, et fait prêter, serment à l’imposteur, mais revient à de meilleurs sentiments dès la seconde moitié de décembre (AAE, II, nº 91/II, 94/II, 98, 103 ; S. B. Veselovskij, Rod i predki A. S. Puškina v istorii, M., 1990, p. 148-149, 205).
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[38]
AAE, II, nº 89, p. 182-183 (30 novembre 1608).
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[39]
L’explication des catastrophes par le châtiment divin n’est évidemment pas particulière à la Moscovie. C’est une façon, pour la communauté archaïque, d’affirmer sa propre responsabilité morale (Brown, Supernatural, p. 140-141).
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[40]
Platonov, Očerki Smuty, p. 366-367, 435 sq.
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[41]
Ibid., p. 365-368.
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[42]
AAE, II, nº 88, p. 180, 27 novembre 1608 (trad. anglaise partielle, Source Book, p. 192). L’expression « gens de bien », comparable aux boni homines du Moyen Âge occidental, traduit à la fois une distinction sociale (« les meilleurs »), économique (les plus aisés) et, dans une certaine mesure, une nuance morale.
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[43]
Platonov, Očerki Smuty, p. 399-400, 412.
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[44]
Popov, Izbornik, p. 353.
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[45]
Mordovina, p. 289 (4 novembre 1611).
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[46]
AAE, II, nº 112, p. 215 (4 avril 1609). L’écrivain public remplissait, dans une certaine mesure, des fonctions notariales.
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[47]
Ibid., nº 105, p. 206.
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[48]
AAE, II, nº 91/I, p. 185, octobre 1608.
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[49]
Lettre de Požarskij au gouverneur de Perejaslavl‘ Zalesskij, dans Mordovina, p. 290-291 (seconde quinzaine de mars 1612).
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[50]
AAE, II, nº 116, p. 222 (3 mai 1609).
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[51]
DAI, I, nº 162, p. 285 (25 décembre 1611).
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[52]
AAE, II, nº 188/II, p. 323 (lettre, 8 mars 1611 au plus tôt) ; M. N. Tixomirov, Rossija v XVI stoletii, M., 1962, p. 218 (population).
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[53]
Cf. Suter, p. 557 : « Les événements historiques qui dépassent l’expérience et l’horizon d’attente des contemporains et des historiens [peuvent être] comparés à bon droit à des chefs-d’œuvre artistiques. »
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[54]
PSRL, 34, p. 214, f. 657 sq. L’Autre Récit donne le 20 octobre 1609, et le psaume 118 au lieu de l’office des morts. Heures : E. I. Kamenceva, Russkaja xronologija, M., 1960, tableau 14, p. 54-55. L’église dite « de l’Archange » servait de mausolée aux tsars, ce qui explique certaines particularités du prodige.
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[55]
PSRL, 34, p. 215, f. 661-661 v°.
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[56]
AAE, II, nº 99, p. 196.
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[57]
Platonov, Očerki Smuty, p. 518-519.
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[58]
AAE, II, nº 199, p. 347 [paginée par erreur 247] ; PSRL, 34, p. 217, f. 667.
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[59]
Platonov, Očerki Smuty, p. 384-385, 411.
Peu de règnes furent aussi malheureux que celui de Basile Šujskij, au sens étymologique de ce mot, qui fait intervenir la chance – mais chance et malchance sont liées, elles aussi, à l’intervention du monde surnaturel. La Chronique de Piskarev rapporte l’exclamation révélatrice, en 1610, de Zacharie Ljapunov : « Nous avons un empereur qui joue de malheur, et par sa faute le sang ne cesse de couler ! » Propagande ou cri du cœur, l’idée d’un « mandat du Ciel » est ici clairement exprimée. Le même chroniqueur anonyme écrit, visiblement apitoyé, au sujet de Basile Šujskij : « Sa vie sur le trône impérial fut toujours pleine d’infortunes, de chagrins, d’émotions populaires. Souvent, la commune le venait voir, lui enjoignant de renoncer à l’empire, empoignant sa crosse à pleines mains ; on l’humilia ainsi à bien des reprises. » Margeret le montre, pendant l’été 1606, s’adressant à la commune, qu’on a convoquée prétendument sur l’ordre du tsar :
[…] commença ledit Schoutsqui à pleurer, leur reprochant leur inconstance, et qu’ils ne devaient user de telle subtilité pour se défaire de lui s’ils en avaient envie, que c’était eux qui l’avaient élu, lesquels avaient le même pouvoir de le déposer s’il ne leur agréait, et que son intention n’était [pas] de s’y opposer.
Ceindre la couronne impériale en mai 1606, c’était accepter une mission écrasante, celle de rétablir le fonctionnement normal des institutions. Très vite, malgré l’habileté de Basile Šujskij, la tâche se révèle impossible…
Date de mise en ligne : 06/09/2022
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